Tumblr  AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

 

 

Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2  Suivant
 [Livre I - Terminé] One Way to Life
En ligne
Jean Raulne
Au revoir, à jamais
Messages : 5238
Célébrité : Christian Bale
Alias : Black Fox
Métier officiel/officieux : Market Analyst / Braqueur

Dossier Central
Equipe: Aucune
Points de Baston: 7+1
Points de Marave: 7
Au revoir, à jamais
MessageSujet: [Livre I - Terminé] One Way to Life   Ven 18 Mai - 21:19

Je suis en sueur. Je titube un moment. Puis je suis assis. Quoiqu’il en soit, le goût métallique dans le fond de ma bouche ne me quitte pas, et transperce mon palais, imprègne ma langue. Je n’ai pas eu à tant forcer, pour ouvrir la porte. Ce n’était pas dur. Ca n’était jamais dur. Ce qui avait été dur là-bas, c’était le soleil. Il m’avait cuit. IL m’avait cramé. Des heures durant. C’était pire pour les prisonniers ; moi j’avais mon casque qui me tenait certes chaud, mais m’empêchait de rôtir tout à fait, ou de faire une insolation. Les gardes du yang-tsé, une unité d’appelés, étaient restés huit heures durant debout en plein soleil, sans haut. Petit à petit, ils étaient tombés à genoux. Les uns après les autres. Mes hommes avaient battu, parfois à mort, ceux qui ne parvenaient pas à se remettre debout. Ceux qui ne réagissaient pas aux coups étaient de toute façon abattus d’une balle dans la tête, suscitant sursauts, sanglots et tremblements chez les autres. Aucun n’avait voulu nous donner les axes d’entrée souterrains, que l’on connaissait par imagerie satellite, avec les énormes ventaux de ventilation. Les vingt derniers survivants avaient été mis à genoux. Forcés de me regarder, par Oppenheimer ou McHall qui leur tirait la tête en arrière par les cheveux. Une question, simple. Relayée par un interprète de l’unité ; je ne causais pas mandarin. Peu savaient. Peu voulaient parler. Un par un, je leur tirais une balle dans le ventre. Et les laissais crever la tête dans la poussière, baignant dans leur jus, leurs suppliques et gémissements comme autant d’appels à la raison pour leurs derniers camarades. L’affaire avait duré dix heures, du matin au dernier survivant qui avait complété les informations de ses camarades. Avant d’être tué à son tour. Comme tous les autres.


J’ai bu, plus que de raison. Je pensais fêter le fait que je sois devenu millionnaire. Mais l’alcool, la fatigue, le stress, la folie… Tout remonte. L’alcool sert de catalyseur. De détonateur. Je me suis battu deux fois. J’ai failli payer une pute, plus tôt dans la soirée. Mais je n’avais pas envie de ça. Pas ce soir. Les tremblements de ma main gauche avaient repris. Avec force. J’avais dû serrer et desserrer le poing à de nombreuses reprises pour chasser la sensation, et réactiver la circulation sanguine. Fourmis sans arrêt dans la main, je savais ce que ça voulait dire. Mais ça m’indifférait. J’étais là. Assis sur la table. J’avais compris que quelque chose clochait. La connasse ramenée chez moi deux mois plus tôt, que j’avais cherchée et trouvée grâce à son nom et son prénom, n’était pas ce qu’elle semblait être. Ce matériel…


Il me rappelait le yang-tsé, mais à l’intérieur. Ou ce centre d’essais, en périphérie de Moscou. Les mecs en tenues NBC complètes. Injections de marqueurs radioactifs et de matériel biologique. A petite échelle, bien sûr. J’avais pensé payer le champagne, faire étalage de ma réussite. Ma femme ne me répondait plus. Mes filles m’ignoraient. Tout le monde me détestait. Mais cette fille, avant de se tirer, elle avait eu l’air de m’apprécier, non ? J’aurais eu besoin d’un rien de compagnie normale. Rien qu’une soirée. Une seule. Je voulais fêter ma réussite, ce vibrant témoignage de ma survie, de mon succès. Mais c’était trop tard.


Cette pute m’avait menti, elle aussi.


Pour qui elle travaillait ? Qu’est ce qu’elle faisait ? Je ne croyais pas aux hasards. Elle avait succombé un peu trop facilement. Et s’était tirée avant mon réveil. Ca sentait l’espionnage. La paranoïa, incarnée par une prudence exacerbée, me rendait maintenant amer, et nauséeux. Je n’avais pas mis longtemps à trouver ce qu’il me fallait. Une paire de ciseaux. Un cutter. Fourrés dans la poche arrière de mon pantalon. J’avais chaud. Et j’avais soif. J’attendais dans le noir. Patiemment. Sans un bruit. Presque sans un geste. Elle mit un moment à rentrer. Et la lumière m’aveugle presque.



| Salut, chérie. |

_________________





I've become impossible holding on to when
When everything seemed to matter more
The two of us
All used and beaten up
Watching fate as it flow down the path
We have chose
You and me
We're in this together now
None of them can stop us now
We will make it through somehow



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://bloody-crown.forumactif.org/
avatar
Invité
Invité
MessageSujet: Re: [Livre I - Terminé] One Way to Life   Sam 19 Mai - 20:58


One Way to Life

Aélia Berkelay & Jean Raulne


Cette journée de travail était éprouvante. Mon esprit était bien loin de mes recherches en cours car mes nuits étaient agitées depuis que j'étais revenue vivre chez moi après quelques semaines de collocation avec celui que je considérais désormais comme un ami, Henry. Il m'avait sorti d'une galère sans nom dans laquelle je m'étais fourrée toute seule, comme une grande ou comme une idiote en fonction du point de vue. L'horloge placardée en face de mon bureau affichait enfin 19h, l'heure de battre en retraite et de prendre gentiment la route jusqu'à chez moi. Sur le chemin, je décidais de faire une halte au bar dans lequel travaillais une bonne amie, Kate Ward. La jeune femme était toujours présente lors de mes coups de moins bien et l'idée de prendre un verre à ses côtés me réjouissait d'avance. Je poussais la porte de l'établissement avec un sourire radieux avant de m'installer près d'elle et de commander un verre de rouge. Décompresser quelques instants avant de retrouver mon amie, la solitude, était une vraie bouffée d'air. Nous échangions donc quelques discussions futiles, mais apaisantes en même temps avant que les fêtards du week-end ne prennent d'assaut l'établissement et monopolise la jeune femme. C'était donc le moment de rentrer, malheureusement.

J'arrivais enfin dans l'allée de la résidence où je vivais de nouveau et me garais tout proche pour m'éviter une traversée angoissante dans la ruelle à peine éclairée et très souvent mal fréquentée. Mon petit trafic de drogues commençait à s'ébruiter ici et là et les agressions devenaient de plus en plus nombreuses, de quoi amplifier ma paranoïa légendaire. Je devais déménager et ne plus recevoir de patients à domicile, c'était inévitable : LA bonne résolution de l'année. La tête dans les nuages, je ne me rendis même pas compte que le portail d'entrée du petit jardin était entrouvert, persuadée d'avoir oublié de le fermer en partant travailler ce matin. C'est donc sans la moindre appréhension que j'entrais les clés dans la serrure de la porte d'entrée, elle aussi ouverte. Décidément, l'imprudence était ma meilleure alliée ! Alors que j'appuyais sur il'nterrupteur pour rompre ma peur viscérale du noir, une voix familière résonna dans mes oreilles. Sans même soulever le regard, je savais à qui elle appartenait, je l'aurais reconnue parmi des dizaines d'autres sans le moindre mal. A la fois sexy et terrifiante, elle me rappelait le meilleur, mais aussi le pire. Je relevais le menton pour m'assurer de ne pas devenir complètement folle et aperçue la silhouette de celui que je tentais de fuir depuis des mois : Jean Raulne.

J'avais naïvement espéré que cette histoire, née d'une nuit d'inscoucience soit une affaire classée comme il n'avait pas donné signes de vie depuis longtemps, je m'étais trompée. Assis sur la table du salon, un sourire narquois sur le visage l'air de dire «  Et oui Berkelay, je suis là. » Faisait grandir en moi une colère sombre. De quel droit s'était-il permis de rentrer ici ? Si seulement j'avais écouté cette fameuse Ariel pour investir dans une arme, celle-ci m'aurait été d'une grande utilité pour le faire dégager d'ici en vitesse.

«Jean Raulne. Tiens donc... que fais-tu là !? » Lui dis-je avec froideur.

Je n'étais pas d'humeur à plaisanter et je priais intérieurement pour que l'un ou l'une de mes fidèles protecteurs rode dans les parages, prêt à intervenir si besoin. Ce putain de cauchemars qui me hantait toutes les nuits était en train de se réaliser en live, sous mes yeux pétrifiés de peur. Voulait-il se venger ? Discuter ? Impossible de percevoir la moindre intention dans son visage, bonne ou mauvaise, il restait de marbre, juché sur la table : MA table !  

« Il ne me semble pas t'avoir invité. Sors d'ici, nous n'avons rien à nous dire. »

Je tentais le coup, par principe, même si je savais pertinemment qu'il n'allait pas partir aussi facilement sous un simple ordre de ma part. Pendant quelques secondes à peine, je le quittais des yeux pour jeter un coup d’œil sur l'état de l'appartement. La nuit précédente avait été mouvementée avec une blessée par balles arrivée à 3h du matin. Le désordre régnait en Maître dans toutes les pièces, mon « laboratoire » de soins clandestins était grand ouvert et des gants encore rouge de sang pendait sur le bord de l 'évier. Cette scène de chaos me mettait nez à nez avec un second problème de taille, une porte grande ouverte sur un chantage dont je serai sans nul doute la seule victime. J'offrais le bâton pour me faire battre sur un plateau de verre à un homme que j'estimais être redoutable...



(c) elephant song.


Dernière édition par Aélia Berkelay le Ven 1 Juin - 19:00, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
En ligne
Jean Raulne
Au revoir, à jamais
Messages : 5238
Célébrité : Christian Bale
Alias : Black Fox
Métier officiel/officieux : Market Analyst / Braqueur

Dossier Central
Equipe: Aucune
Points de Baston: 7+1
Points de Marave: 7
Au revoir, à jamais
MessageSujet: Re: [Livre I - Terminé] One Way to Life   Sam 19 Mai - 23:40

Je ne devrais pas être là. Je n’aurais pas dû bouger mon cul. Mais je n’y ai repensé que tardivement. En arrivant jusqu’ici. Et si le fait qu’elle se soit barrée ne faisait pas d’elle une salope, mais un véritable danger ? Je veux dire, j’avais tué des tas de gens dans ma vie. Il ne fallait jamais penser qu’on était tiré d’affaire. On ne l’était jamais tout à fait. Peu importe les précautions qu’on prenait, les sécurités… Il y avait toujours une part de risques. Un travail mal fini. Des survivants qui trouvaient un canal public pour dénoncer les crimes dont ils avaient été victimes. Un ancien soldat qui se perdait dans sa propre culpabilité, et qui se montrait incapable de montrer plus de loyauté que de remords. Un politicien véreux qui voyait une chance de faire avancer sa cause personnelle. Tout pouvait nous pousser à nous prendre les pieds dans le tapis. Alors cette fille, c’était qui ? La fille d’un type que j’avais tué ? Elle n’avait pas d’accent russe. Mais ça ne voulait rien dire. Finalement, des mecs, j’en avais tellement tué que retrouver à tous leur nationalité ne serait pas une sinécure. Ou la petite sœur d’un ancien frère d’armes ? Aucune idée. Mais il y avait des chances pour qu’elle soit venu me baiser au sens figuré, et pas seulement littéral. Et j’avais foncé dedans tête baissée. Comme ce soir. Un coup dans le nez. La folie qui faisait battre mon cœur au rythme erratique des traçantes et bombardements au mortier de jadis.


Je perdais de plus en plus souvent pied avec la réalité. Et de plus en plus fort.


J’en avais conscience mais je ne savais pas m’arrêter pour autant. C’était plus fort que moi. C’était dans mes tripes. Dans ma tête. Dans mon cœur. Tout partout. La violence était un cancer qui m’avait rongé lentement des années durant. Et qui maintenant, faisait basculer pour de bon mon âme.


La jeunette me demande ce que je fous là. Elle ne se laisse pas démonter. Son arrogance alors qu’elle ne maîtrisait pas grand-chose de la situation m’enjoignait à lui faire payer chacun de ses mots. Et elle me dégageait. Je pouvais me barrer. Et dire ce que j’avais vu ici à qui voudrait l’entendre. Ca la mettrait forcément dans de sales draps. Tout ce matériel… J’avais été suffisamment touché dans ma vie pour savoir reconnaître du matériel médical. Et je ne connaissais pas de praticiens qui exerçaient chez eux comme ça, sans plaque ni rien d’officiel. Le criminel que j’étais soufflait que tout ceci était illégal, le tueur en moi me disait qu’elle devait soigner des gens touchés dans des crasses. Je la toise. De façon totalement neutre. Pas indifférente, non. Mais neutre. Neutre comme la mort le serait si elle était incarnée de chair et de sang.



| Tu t’es barrée, la dernière fois. Je ne pense pas que ça soit anodin. Pas vrai ? Surtout pas avec ce que j’ai trouvé chez toi, ce soir. |


Je regarde le plafond. J’inspire à pleins poumons, totalement ivre. Le monde tourne et chancelle autour de moi, mais même s’il s’effondrait sur lui-même, je ne pourrais qu’emporter le maximum de fils de putes autour de moi.


| Tu pourrais crier. Appeler à l’aide. Je ne te conseille vraiment pas de faire ça. |


Mon regard coule à nouveau sur elle.


| On peut faire ça rapidement, et sans douleur. Commençons par la raison de ta fuite. Ensuite, tu me diras ce que tu fais vraiment ici. Et si je suis content de tes réponses, je me casse. |


_________________





I've become impossible holding on to when
When everything seemed to matter more
The two of us
All used and beaten up
Watching fate as it flow down the path
We have chose
You and me
We're in this together now
None of them can stop us now
We will make it through somehow



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://bloody-crown.forumactif.org/
avatar
Invité
Invité
MessageSujet: Re: [Livre I - Terminé] One Way to Life   Lun 21 Mai - 19:09


One Way to Life

Aélia Berkelay & Jean Raulne


Visiblement, je n'étais pas la seule à être alleé faire un petit tour dans un bar à la sortie du travail. Un seul et unique verre avait suffit à apaiser mes maux ce qui n'était pas le cas de l'homme en face de moi. A peine eus-je fais un pas en avant dans sa direction, l'enivrante, mais aussi nauséabonde odeur du whisky était venue me chatouiller les narines. Il était ivre et tous ses pores laissaient émaner ses excès de la soirée. Rien de très rassurant. A mes yeux, cet homme était dangereux sobre alors il le devenait d'autant plus avec des grammes dans le sang, perdant le peu de lucidité qui lui restait. Le soir de notre rencontre, nous avions aussi enchaîné les verres avec légèreté, jusqu'à succomber l'un pour l'autre. Son côté mystérieux et inaccessible l'avait rendu irrésistiblement séduisant à mes yeux, mais aujourd'hui, le mystère me faisait plus peur qu'autre chose. Je ne savais rien de lui, rien de son passé ci n'est qu'il était un ancien soldat dans l'armée encore traumatisé par ce qu'il avait vécu !

L'air de rien, avec l'ignorance la plus totale, je m'installais chez moi comme tous les soirs. Faisant abstraction à la présence du combattant. Je déposais mes affaires dans un coin du salon, retirais mes escarpins qui me faisaient un mal de chien et commençais à ranger tout le bazar encore en place de la nuit précédente. J'allais lui répondre, oui, mais quoi ? Que j'étais la bonne cruche qui soignait des criminelles pour sa bonne conscience ? Très belle explication, non ? De quoi me faire passer le pallier suivant sur l’échelle de la vulnérabilité. S'il y avait bien une chose dont j'étais absolument certaine, c'était bien le fait que Jean se servirait de mes points faibles sans scrupule si je ne collaborais pas avec lui. J'ôtais les gants maculés de sang de l'évier et rinçais celui-ci brièvement avant de revenir prêt de mon invité surprise, un verre de rouge à la main pour me mettre dans des conditions optimales. Je m'installais en face de lui, assise à sa hauteur sur l'un des hauts tabourets du bar qui faisait aussi office de plan de travail.

« Tu es certain que c'est le soir pour discuter ? Tu pues l'alcool à plein nez. T'as bu combien de verre avant de venir ?»

Aussi étrange que cela puisse paraître, moi, la pétoche de Berkelay, affichait une assurance déconcertante. Puisée au plus profond de moi-même, je provoquais sans peur le soldat. Depuis quelques mois, j'avais en moi cette étrange volonté de faire monter l'adrénaline dans mon corps. Mieux qu'une piqûre de drogue, bien qu'aussi dangereuse, je me jetais dans la gueule du loup à bras ouverts. Ça me rendait vivante. Courageuse. Et toujours stupide, certes. Je portais le verre à mes lèvres en lui adressant un clin d'oeil l'air de dire « à la tienne, mais t'as pas besoin de plus, toi . ». Le vin était délicieux, idéal pour des retrouvailles, non ?

« T'es plus que tourmenté Raulne. Je ne me suis pas barrée pour rien ! T'aurais été capable de me frapper dans ton sommeil... »

Les souvenirs de cet épisode revinrent en flash-back dans ma mémoire, l'homme était suant au sol du salon, profondément endormi et pourtant si vivant... Il se débattait, criait, bougeait. Ses paroles étaient très peu compréhensibles, mais le mélange de peur et de colère qui s'échappait de sa voix m'avait terrifiée.

« Je ne vais pas crier, je ne crie pas dans ce genre de cas . » dis-je, légèrement amusée malgré la situation. Il valait mieux en rire qu'en pleurer.

En réalité, j'aurais pu. Cela aurait été inutile. La vétuste résidence n'était presque pas habitée et mes voisins jouaient les sourdes oreilles. D'autres trafics se tramaient à chaque étage du bâtiment et personne ne l'ouvrait pour dénoncer quoi que ce soit. Nous faisions nos petites affaires avec des œillères en face des yeux, sans jamais détourner le regard sur la porte d'à côté. Avec ce « pacte » de voisinage, Jean pouvait me tuer sur place, personne ne bougerait le petit doigt pour venir à ma rescousse. Les chevaliers n'existaient que dans les films à l'eau de rose, à Europolis c'était plutôt marche ou crève...

« Je suis partie, car lorsque tu t'es endormi, tes cauchemars m'ont fait flipper...Tu bougeais, parlais, criais... Rien de très rassurant pour une conquête d'un soir qui te connaît à peine. Satisfait ?»



(c) elephant song.
Revenir en haut Aller en bas
En ligne
Jean Raulne
Au revoir, à jamais
Messages : 5238
Célébrité : Christian Bale
Alias : Black Fox
Métier officiel/officieux : Market Analyst / Braqueur

Dossier Central
Equipe: Aucune
Points de Baston: 7+1
Points de Marave: 7
Au revoir, à jamais
MessageSujet: Re: [Livre I - Terminé] One Way to Life   Ven 1 Juin - 20:20

Si je suis content, je me casse. D’habitude c’était pas vraiment dans ce sens-là que fonctionnaient les choses, c’était même plutôt tout le contraire. Mais je m’en fichais bien. Je n’étais pas vraiment capable d’anticiper les choses de façon calme et sereine. Loin de là. Je ne voyais qu’une vérité, une unique vérité, qui s’imprimait en moi au fer rouge. Le fait que je me faisais baiser de partout. Que la guerre ne s’était jamais terminée pour nous. Elle avait simplement changé de visage, et nous devions maintenant pointer notre arme vers de nouveaux ennemis. Ce que je devais anticiper quoiqu’il arrive, c’était que j’étais seul. Je l’avais toujours été, malgré la présence de soldats loyaux envers moi, pour qui je donnais tout. La responsabilité de leur vie et de celle des gens qui les croisaient avait toujours été pesante, et jamais plus qu’en cet instant. Le fait qu’on soit totalement incapables de retrouver une vie normale n’avait pas tant à voir avec nous, comme je l’avais pensé pendant des années. Ce n’étaient pas seulement nous les fautifs.


C’étaient tous les autres.


La jeune femme ne se laisse pas démonter par ma présence, par le degrès de menace que j’induis dès le départ dans la pièce. Elle fait sa vie, comme si je n’étais pas là, ou comme si j’étais son avis. Soit elle a le sentiment de maîtriser la situation, et dans ce cas elle se fourre le doigt dans l’œil jusqu’au coude, soit elle est crétine. Dans les deux cas, les choses vont mal se passer pour elle. Escarpins enlevés, verre de pinard en main, elle revient et prend place sur un tabouret de bar. Je soutiens son regard quand elle me juge. Je ne cache ni le dégoût, ni le mépris, que l’alcool et la frustration font vite naître en moi.



| Putain mais vous autres les civils, vous me foutez les boules ! Qu’est ce que ça peut te foutre, le nombre de verres que j’ai bus avant de venir te voir ? T’as des soucis plus urgents, ma grande. |


Je sors de ma poche les outils pris un peu plus tôt, dont le cutter. Que je pose à plat, bien en évidence sur la table sur laquelle je m’asseois. Et continue de la regarder. Elle me dit que je suis tourmenté, que j’aurais pu la cogner dans mon sommeil. Moment de flottement où je fronce les sourcils, mais je vois très bien de quoi elle veut parler, même si je mens comme je respire et que ça se voit jusque sur ma gueule, où le mensonge et le déni sont mes premières armes de déculpabilisation depuis que j’ai pris conscience de tout ce que j’avais fait sous l’uniforme, des années plus tôt. Son trait d’esprit ne relève mes lèvres qu’en une mince parodie de sourire.


| [color=white]Je sais faire crier les filles pour plein de raisons, alors accouche, bordel de merde.[/colo®️] |


Aélia m’explique qu’elle est partie parce qu’elle a eu peur. Je comprends que c’était le cas, parce que ce qu’elle décrit elle ne peut sans doute pas l’inventer ; ma femme me l’avait déjà elle-même dit. Mais satisfait ? le mot était fort. Je jette un regard alentours pour appuyer ma question.


| Et t’es quoi alors ? Chimiste pour la pègre ? Toubib de fortune ? Et moi qui pensais m’être envoyé une étudiante. J’imagine qu’on pensait tous les deux que c’était la meilleure idée de la soirée, hein ? |


Je me relève et avance vers elle, démarche mal assurée sur mes jambes, mais le regard fixe, droit dans le sien. La paranoïa pouvait sauver son homme, après tout.


| Dis-moi ce que tu fais ici. Et me crois pas suffisamment con pour croire à la coïncidence de la rencontre. Tu me voulais quoi ? |

_________________





I've become impossible holding on to when
When everything seemed to matter more
The two of us
All used and beaten up
Watching fate as it flow down the path
We have chose
You and me
We're in this together now
None of them can stop us now
We will make it through somehow



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://bloody-crown.forumactif.org/
avatar
Invité
Invité
MessageSujet: Re: [Livre I - Terminé] One Way to Life   Sam 2 Juin - 23:03


One Way to Life

Aélia Berkelay & Jean Raulne


Son regard était différent. Celui qu'il avait posé sur moi lors de notre rencontre m'avait fait chavirer. Il m'avait dévorer des yeux pendant de longues minutes à plusieurs reprises dans la soirée, me faisant me sentir belle et désirée, mais à présent, ses yeux ne trahissaient plus que le dégoût et l'indifférence à mon sujet. Je fronçais les sourcils face à son changement d'attitude et comprit qu'il s'était bien payé ma tête pour arriver à ses fins. Les hommes étaient fourbes, ma mère me l'avait répété en boucle avant son départ, mais je ne l'avais jamais vraiment cru jusqu'à cet instant précis. Comment était-ce possible de retourner sa veste à ce point ? De ne pas se remettre en question ? D'oser débarquer ivre mort chez une femme seule, satisfait de semer la terreur dans son esprit.... Comment...
J'avais rêvé de lui plusieurs fois pendant mon séjour chez Henry, imaginant tous les types de scénarios possibles et à aucun moment je n'avais songé au fait qu'il se pointe chez moi pendant mon absence. Ce type était encore plus dingue que ce que je pensais. Lorsque Jean déposa une lame de cutter bien en évidence sur la table, comme une mise en garde pour mes futures réponses, je compris que la plaisanterie ne serait pas la bienvenue. Mon air devint de nouveau froid, le yeux rivés sur « l'arme », je tentais de réfléchir à une issue possible qui me permettrait de sauver ma peau. Le quartier était désert, quitter la pièce en courant pour me retrouver en plein milieu de la route, seule, probablement poursuivi... mauvaise idée. Je connaissais ce scénario de la fille apeurée, j'avais déjà fais le test une première fois et avais terminé à quelques centimètres de l'avant d'une voiture.

«  Je n'ai pas de compte à te rendre à ce sujet. »

Ma voix était glaciale tout comme le regard que je lui lançais lorsque je prononçais ces paroles. Les flics étaient déjà sur moi au sujet de mes soins illégaux et un seul témoignage contre moi serait suffisant pour me faire couler. Jean en était bien conscient et je redoutais le moment où il s'en servirait contre moi si je venais à lui révéler la vérité. Mais... avais-je bien le choix finalement ? Une fois de plus, j'entendais la voix d'Ariel me hurler dessus qu'il était inconcevable que je ne sois pas armée... elle avait raison. Jean se redressa, légèrement bancal puis, il se mit à avancer vers moi. Ses yeux ne quittaient plus les miens et mon ventre se nouait à chacun de ses pas dans ma direction. Pourtant, je baissais pas le regard bien au contraire, j'étais déterminée à lui montrer que je n'avais rien à me reprocher et que sa petite vie personnelle m’intéressait guère. J'avais passé une soirée à ses côtés sans arrière pensée, malgré ce qu'il pensait.

« Je soigne. Ceux qui ont besoin de moi... Pour qui me prends-tu !? Tu imagines sérieusement que je faisais du repérage chez toi ? Je n'ai même pas regarder la route pour venir, j'ai couru pendant 1h, j'ai faillis me faire taper par une voiture... et toi, tu penses que je n'étais pas là par hasard ? … t'es encore plus dingue que ce je pensais. »

Ça m'avait échappé. Sans filtre. Je venais de traiter de dingue un ancien soldat armé qui m'avait menacé quelques minutes auparavant. Brillante idée n'est-ce pas ? Je plongeais mes lèvres dans le verre de rouge pour y trouver un genre de réconfort, comme si l'alcool allait me sortir de cette galère sans nom. Aussi étrange que cela puisse paraître, j'aimais cette situation. Depuis la révélation de ma maladie, je me confrontais sans cesse volontairement à des situations dangereuses... sentir mon cœur se décoller de ma poitrine sous l'effet de la peur, jouer les fausses guerrières pleine d'assurance et tout ça pour quoi ? Me sentir vivante.

« Arrête de te donner un genre, tu sais aussi bien que moi que mon histoire de cauchemars tient debout. Je suis certaine que ce n'était pas la première fois, n'est-ce pas ? »


(c) elephant song.
Revenir en haut Aller en bas
En ligne
Jean Raulne
Au revoir, à jamais
Messages : 5238
Célébrité : Christian Bale
Alias : Black Fox
Métier officiel/officieux : Market Analyst / Braqueur

Dossier Central
Equipe: Aucune
Points de Baston: 7+1
Points de Marave: 7
Au revoir, à jamais
MessageSujet: Re: [Livre I - Terminé] One Way to Life   Dim 3 Juin - 0:22

Je ne reculerais devant rien pour savoir. J’avais bien trop le sentiment que les choses dérapaient, que les choses se passaient mal à chaque instant de ma vie… Et que le seul moyen de m’en sortir était la seule chose que je savais faire ; rentrer dans le tas et me ménager un chemin sanglant à la moindre occasion. C’était tout ce que je savais faire. Combien de fois l’avais je entendu dans ma vie ? A l’entraînement, puis de la bouche même de ma femme ? C’était comme ça. Cela faisait bien longtemps que je ne cherchais plus à lutter. Des hommes s’épanouissaient dans les cris de leurs maîtresses, d’autres dans le premier cri de leur nouveau né. Moi, je ne me sentais jamais aussi bien, aussi en vie, qu’en entendant le cri de mes victimes. C’était comme ça. J’avais beau n’afficher que ce que je voulais, du sourire polissé à la douce bienveillance du père de famille, je savais très bien que je n’exprimais jamais autant ma nature profonde qu’en saignant quelqu’un à mort. C’était comme ça. Je sais qu’Aélia Berkelay tombe de haut, si elle avait été de bonne foi. Je n’étais pas de foutu cadre au grand cœur qui l’avait tirée d’un mauvais pas, avant de la tirer tout court. J’étais un fils de pute capable de la peler vive si ça pouvait me rapporter quelque chose. Et encore, ce fameux « gain » ne me servirait jamais que d’excuse devant ce que j’étais déjà prêt à faire.


Elle n’avait pas de compte à me rendre ? Je ne comprenais qu’à moitié. Mais elle m’aimait beaucoup moins d’un seul coup, je le sentais bien.


Cela ne me faisait ni chaud ni froid, cela faisait bien longtemps que je ne faisais plus rien pour me faire aimer, ce n’était qu’un mensonge de plus, de la poudre aux yeux servie à tous ceux qui me jugeaient en permanence. Je sens la jeune femme frémir. Ses yeux affichent de la résolution, mais elle a le même regard que tous les gens qui font les durs devant moi quand je m’approche avec l’intention évidente d’utiliser tous les moyens à ma disposition pour avoir les réponses que j’attendais. Elle comprend la situation. Pas conne, la Berkelay. Et elle me dit qu’elle soigne « ceux qui ont besoin d’elle ». Un endroit non déclaré, donc illégal, c’était forcément pour des hors la loi. Elle était gentille, mais pas mère Thérésa pour autant. Elle ne devait pas soigner les indigents. Pas d’odeurs, pas de vêtements, rien de spécial qui aurait trahi ce genre d’activité là. Je lâche, grognant dans ma barbe.



| Je te prends pour une nana qui a tout le nécessaire pour soigner des fils de pute chez elle, et qui se retrouve à coucher avec l’un d’entre eux après une bagarre de bar. Et ouais, je suis dingue. Sans doute. Mais ça devrait te mettre un peu plus sur tes gardes, nan ? Les fous sont imprévisibles. On sait jamais quelle sera la prochaine merde qu’ils pourraient provoquer. |

Je lâchais ça d’un ton presque rieur, amusé en tout cas, tandis qu’elle boit encore un peu de son verre de rouge. Et moi, malgré l’ivresse, je réfléchissais à toute vitesse. Comment vérifier qu’elle ne me sortait pas du pipeau ? Que le chef d’un gang de braqueurs tombe sur un joli petit lot qui soignait des mecs qui avaient fait de sales trucs et qui pouvaient pas fréquenter les cabinets classiques.


| Ta gueule. Tu me connais pas. T’as aucune idée de qui je suis vraiment. Mais toi et moi, si tu dis la vérité, on va apprendre à bien mieux nous connaître. |


Je tire les ciseaux de ma poche. Les admire dans ma main. Serre le poing autour d’une des lames, braque l’autre entre nous. Je ricane. L’ivresse me rend fier de moi, et de ce qui va suivre. Putain, tout va vraiment mal. Je retourne la lame contre moi et me la plante dans le bide. Une fois. Deux fois. Trois fois. Les mains pleines de sang, j’y laisse mon arme improvisée, et coule un regard plein de défi et de douleur vers Aélia. Et titubais déjà, pris de vertiges, me tenant les plaies avec ma main qui était déjà toute poisseuse d’hémoglobine. Elle ne peut rien louper dans mon regard ; la promesse muette que me laisser crever lui attirerait beaucoup d’emmerdes, et que je mets son histoire, et ses compétences déduites de cet environnement, à l’épreuve de ma propre vérité. Je ne mets pas longtemps dans mon état, à glisser dans l’inconscience. Et à me cogner la tête contre la table contre laquelle je tombe.


M’enfonçant dans le brouillard, je me dis que mon subconscient pourrait au moins me faire voir mes filles avant de crever, cet enculé.



[HJ t’as le droit d’appeler à l’aide ou tout ce que tu veux, même les flics xD]

_________________





I've become impossible holding on to when
When everything seemed to matter more
The two of us
All used and beaten up
Watching fate as it flow down the path
We have chose
You and me
We're in this together now
None of them can stop us now
We will make it through somehow



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://bloody-crown.forumactif.org/
avatar
Invité
Invité
MessageSujet: Re: [Livre I - Terminé] One Way to Life   Dim 3 Juin - 19:04


One Way to Life

Aélia Berkelay & Jean Raulne (intervention Shawn Sharps)


Ce discours moralisateur, je l'avais entendu en boucle. « Méfie-toi des gens Aélia » « Tu vas avoir des ennuis si tu donnes ta confiance comme ça Aé », « Soit prudente, ferme à clé ». Ce que toutes ces personnes n'avaient pas compris, c'est que mon imprudence était partiellement volontaire. J'aimais ça, les imprévus. Quitte à avoir une épée de Damoclès constamment au-dessus de la tête, je préférais vivre trois années pleinement que dix merdiques. Regarder cet homme tourmenté en face de moi, les yeux dans le vide et toutefois foncièrement mauvais, le regard d'un homme blessé... ça ne me faisait pas rêver. Je ne voulais pas finir comme lui, entourée d'ennemis, paranoïaque, mauvaise...

Ses injures m'affectèrent plus que je l'aurais pensé, j'avais en effet cet infime espoir qu'il ait un brin d'affection et de respect à mon égard. Je m'étais trompée. Je n'étais qu'une femme d'un soir à ajouter à son palmarès. La suite des évènements pris une tournure que je ne maîtrisais pas, l'homme ivre sorti de sa veste une lame de ciseau aiguisée à souhait, tranchante comme un couteau neuf. J'eus tout d'abord le sentiment que la vie de la gentille Berkelay allait s'arrêter plus rapidement que prévue, mais il détourna le bout pointu dans sa direction, visant son abdomen tout en rigolant amèrement.

« Ne fais pas ça Raulne. Calme t... »

Je n'eus pas le temps de finir ma phrase qu'il s'était déjà planté le ventre à trois reprise. Son arme tombait au sol tout comme les litres de sang qu'il commençait à perdre. Ses yeux narquois me lançaient un défi, il voulait la preuve que ce que j'avançais était vrai. Que je n'étais pas une sale espionne, mais bel et bien une soigneuse telle que je le prétendais. Toutefois, j'avais l'habitude de guérir des plaies bénignes et les bains de sang comme celui-là ne m'étaient pas familiers... Devais-je le laisser crever ? Impossible. Premièrement, ma conscience ne me le pardonnerait jamais. Deuxièmement, j'étais certaine qu'une armée complète serait prête à me décimer à l'annonce de sa mort. Troisièmement, malgré moi, je tenais à cet homme. Je n'avais pas le temps de tergiverser 4h à ce sujet, car le liquide rougeâtre qui le faisait vivre était en train de se répandre sur le sol. J'avais besoin d'aide pour le déplacer en vitesse. Face à moi, se trouvait l'impensable : la carte de Shawn Sharps, posée sur le petit buffet de l'entrée. Cette montagne que j'avais tenté de droguer, d'espionner et que je soupçonnais de me cacher sa véritable identité. Il était la seule solution à mes problèmes pour déplacer Jean jusqu'à ma table d'opération, de plus, il avait déjà assisté aux soins de son collègue sans tourner de l'oeil à la moindre goutte de sang... son aide me serait... vitale. J'attrapais mon téléphone portable que je plaçais en haut-parleur tout en commençant à ôter la chemise du blessé. Les multiples sonneries me semblèrent interminables, mon coeur voulait s'échapper de ma poitrine et les larmes commençaient à se déverser sur mon visage devenu encore plus pâle. Enfin, j'entendis sa voix.

« Shawn, ne raccroche pas je t'en supplie. C'est Aélia.. Berkelay. Pitié, ne coupe pas ce fichu téléphone, j'ai besoin de toi... Je suis foutue... Combien de temps te faut-il pour venir jusqu'à chez moi ? Aide moi... »

Ma voix était pleine de sanglots et mon message n'était rien de plus qu'un appel à l'aide. J'espérais de tout coeur qu'il ne s'imagine pas une nouvelle escroquerie de ma part. De mon côté, je m'activais pour ne pas laisser Jean s’enfoncer trop loin en enfer, car il n'avait aucune chance de finir au paradis. Mes mains tremblaient sur son torse rouge vif, les compresses se remplissant à une vitesse folle. Si je le laissais un instant seul pour récupérer tout le nécessaire pour le soigner, il allait se vider et crever en moins de temps qu'il n'en fallait pour le dire, je devais donc me contenter du minimum pour le maintenir en vie avant de m'atteler à le recoudre. La réponse de Shawn était une question de vie ou de mort, deux pour le prix d'une. Comme les promotions à Carrefour.

« Putain, mais que t'es con... tiens le coup. » Murmurais-je, dévastée d'avoir sous les mains, le corps inerte du premier homme à m'avoir fait sourire depuis longtemps.


(c) elephant song.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Invité
Invité
MessageSujet: Re: [Livre I - Terminé] One Way to Life   Dim 3 Juin - 19:54


One Way to Life

Aélia Berkelay & Jean Raulne (intervention Shawn Sharps)


Il était tranquillement dans son canapé, à regarder les informations tout en buvant un verre de vieux bourbon qu'il avait dégoté quelques semaines plus tôt. Il se reposait, pour une fois. La veille, il avait eut une sacrée expérience sensorielle et physique avec Nora, celle en qui il avait pleinement et totalement confiance. Ils avaient passés un cape dans leur relation, ils avaient craqués, pour le meilleur et pour le pire. Pour Shawn, ce moment physique ne changeait rien à leur situation, pour un Atlante, c'était presque normale, mais il devrait en discuter plus en profondeur avec elle plus tard, qu'il n'y ait pas d’ambiguïté entre eux deux. Fatigué, il profiter du calme du loft pour ne pas à avoir à discuter avec quelqu'un. La solitude avait du bon de temps en temps et il en profitait bien à présent. Les filles avaient pas mal de travail, tout comme lui, mais il s'autorisait des poses, surtout lorsqu'il n'y avait pas trop de boulot pour lui, pas aujourd'hui, ni demain également. Après, ce serait le Rush pendant quelques jours et ça continuerait pendant un bon moment, il l'espérait, car même s'il appréciait ce calme, il fallait bien qu'il bouge à un moment donné.

Son portable sonna et il reconnu le nom de la personne. Il posa le téléphone, il ne voulait pas lui répondre. Après ce qu'elle avait fait, il ne se voyait pas lui répondre comme ça. Elle avait jouée à un double jeux très dangereux et elle avait perdue. Elle semblait toucher du bout des doigts les origines étranges de Shawn, mais également d'une autre personne, Ariel, qu'il ne connaissait pas mais qui était tout comme lui : Une Atlante. Il se demandait jusqu’où elle pourrait aller pour trouver leurs origines et ça lui faisait en quelque sorte peur. Le temps que ça n'arrive à la dernière sonnerie, il prit la décision de lui répondre, approuvant l'appel. Il n'eut pas le temps de répondre qu'elle lui envoya une vague de paroles pour lui demander de ne pas raccrocher, qu'elle était dans la merde, qu'elle avait besoin de son aide. Et c'était rapide, apparemment, au ton qu'elle employée, il sentait vraiment la détresse à travers le téléphone. « Moins de dix minutes. Si c'est un piège, tu le regrettera. » Il ne pouvait pas dire non à un appel à l'aide, il le savait et apparemment, elle le savait parce qu'il avait la main sur le cœur.

Il décolle de son canapé, prend les escaliers pour descendre plus rapidement au garage et enfourche sa moto pour rejoindre la jeune femme à son appartement, hôpital de fortune.  Il se pourrait qu'il y soit arrivé plus tôt que prévu vu l'allure qu'il prit, il appela tout de même Nora pour l'avertir, histoire de se couvrir et fonça. La porte s'ouvrit rapidement et il découvrit une Aélia recouverte de sang, mais surtout le gars sur lequel elle était penché ne semblait pas en bonne forme non plus. Ca semblait même être critique. Remontant ses manches, la montagne s'approcha. « En quoi j'peux t'aider ? » Il s’accroupit à côté des deux, prêt à aider, même s'il n'y connaissait rien, il se doutait qu'elle ne l'avait pas appelé à l'aide pour manger un bout et regarder le type se vider de son sang comme un couillon. Il poserait les questions plus tard, comme par exemple, pourquoi il était dans cet état ? Il n'y avait pas de trace de sang tout autour, alors il avait reçu la blessure ici. Légitime défense ? Agression ? Ça attendrait.


(c) elephant song.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Invité
Invité
MessageSujet: Re: [Livre I - Terminé] One Way to Life   Lun 4 Juin - 15:22


One Way to Life

Aélia Berkelay & Jean Raulne (intervention Shawn Sharps)


J’aurais aimé que cela soit un nouveau piège, mais ce n’était pas le cas. J’étais dans une véritable galère et Shawn était mon seul espoir pour m’en sortir. Quand le bruit d’une moto se fit entendre, suivit de l’ouverture de la porte d’entrée, le soulagement fut extrême. Je lui serai redevable de ce service,car après tout ce que j’avais manigancé contre lui lors de notre soirée tous les deux, il aurait eu toutes les excuses du monde pour refuser de venir m’aider et pourtant, il était bel et bien là. Je lui adressais un sourire en guise de remerciement et devais à présent me reprendre en main pour driver la suite des opérations.



« Pourrais-tu le porter jusqu’à la table, dans la pièce de soin ? Et maintenir les compresses sur son abdomen le temps que je prépare mon matériel ? »


Pour une fois, nous allions faire exception des codes d’hygiènes que j’avais pour habitude de respecter à la lettre. Nous n’avions plus beaucoup de temps pour réagir si nous ne voulions pas avoir un cadavre sur les bras. Je me désinfectais les mains et enfilais une paire de gants propres. Par chance, malgré le chantier qu’avait laissé derrière elle mon intervention de la veille, il me restait suffisamment d’outils désinfectés pour me mettre au travail de suite. Je lui installais un cathéter pour y brancher de quoi limiter les risques d’infections. Il me restait quelques comprimés d’anti douleur dont il aurait bien besoin à son réveil. Je me mis à nettoyer chacune des trois plaies et m’assurais qu’il n’ait rien abimé à l’intérieur. Par chance, ses organes vitaux étaient indemnes. Avec minutie et rigueur, je commençais à le recoudre le plus proprement possible pour que l’hémorragie stop enfin. Les mains de Shawn tout comme les miennes donnaient l’impression d’une vraie scène de crime clandestine…



« Ça va, tu tiens le coup avec tout ce sang ? » Demandais-je à la montagne de muscle, imperturbable.


En peu de temps, ses blessures furent de nouveau fermées. Les points étaient propres et ne lui laisseraient que de petites cicatrices qu’il pourrait ajouter à sa collection, car son corps était parsemé d’anciennes blessures. Son pouls était lent et il ne récupérait pas aussi bien que prévu, l’alcool qu’il l’avait ingéré avant ne devait pas aider son organisme à lutter et nous n’avions plus d’autre choix que de patienter et croiser les doigts pour qu’il s’en sorte. Je retirais mes mains de mes gants blancs et m’asseyais en boule, les genoux contre ma poitrine, sur une chaise dans un coin de la petite pièce avant de m’effondrer une nouvelle fois. J’avais cette faculté à garder mon professionnalisme lors des soins que j’effectuais, mais mon naturel fragile revenait très vite au galop une fois l’adrénaline retombée. Mes nerfs étaient à vifs et craquaient, malgré la présence de Shawn qui me voyait sous une nouvelle facette, loin de celle qu’il avait connu l’autre soir. La Aélia Berkelay intrépide, blagueuse et manipulatrice n’était plus qu’une jeune femme désemparée par les évènements.


« Merci d’être venu Shawn… Je ne savais pas qui appeler. Je m’excuse de te mêler à cette affaire ».



(c) elephant song.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Invité
Invité
MessageSujet: Re: [Livre I - Terminé] One Way to Life   Mar 5 Juin - 13:59


One Way to Life

Aélia Berkelay & Jean Raulne (intervention Shawn Sharps)


Il n'y avait pas de temps à perdre et Shawn l'avait bien rapidement compris quand il avait vu le blessé sur lequel était Aélia. Le sang perlait, la compresse était déjà maculée de sang, le gars, il avait plus qu'une tête d’enterrement. Se retroussant les manches, il ne se fit pas prier pour choper le gars dans ses bras, tenant la compresse, faisant pression sur sa blessure pour pas qu'il perde encore plus de sang et fila vers la chambre de soin qu'il avait déjà vu. Ca semblait être une de ces opérations critiques qui allait débuter et il ne savait toujours pas pourquoi il avait répondu à ce fichu appel téléphonique. Sûrement espérait il que depuis le temps, elle viendrait lui parler pour s'excuser et tenter de faire amande honorable. Dommage, c'était un appel de détresse, comme si Shawn était un ange qui descendait du ciel pour aider son prochain ! Il avait beau se dire et se répéter qu'il n'était pas intéressé par les problèmes des Humains, il se retrouvait tout de même assez souvent à les aider, à sa façon certes, mais à les aider comme maintenant.

Posant l'homme le plus délicatement possible, il remit rapidement deux mains sur la blessure, cherchant à empêcher le sang de couler jusqu'à ce qu'Aélia soit prête et commence ses petites affaires. Soigner la blessure, la refermer, faire en sorte que le type aussi blanc que le linge ne passe l'arme à droite. Il ne lui dit rien le gonze, mais il a pas l'air commode d'à ce qu'il peut voir maintenant qu'on lui a découpé ses fringues au niveau de son blessure. Shawn reste imperturbable à côté, attendant de voir en quoi il pouvait aider. Aélia lui demanda si tout allait bien avec tout le sang qu'il y avait en face d'eux. « Ne t'inquiète pas pour moi. Reste plutôt concentrée sur ce que tu fais. » Manquerait plus qu'elle se manque en étant déconcentrée par la présence et la discussion de l'Atlante. Lorsque la jeune femme eut terminée, elle jeta ses gants et sans un mot alla sur sa chaise, en boule, comme si elle venait de perdre toute contenance.

Il la regarda la, perdant toutes forces, comme si elle avait tout épuisé en quelques minutes pour sauver l'homme à présent... soigné. Il ne savait pas si c'était une bonne ou une mauvaise nouvelle. Allait il survivre ? Il le pensait au vu des bip constants de la machine. La jeune femme le remercie de nouveau, s'excusant de le mêler à ses affaires. Il soupira, il avait trop bon fond le con. Il s'approcha d'elle et s'installa au sol, sortant une flasque de whisky. Il en prit une gorgée et tendit l'objet à la blonde. « Tu me remercieras s'il s'en sort... » Il fait signe vers le type. « Mais je veux des explications sur la situation. Si les flics déboulent, j'veux pas être mêlé à une connerie sans savoir dans quoi j'ai mis les pieds. » Il plante son regard dans celui du docteur, histoire qu'elle comprenne que la suite pourrait être importante et qu'elle n'avait pas intérêt à dire de bêtises. « Et fini les mensonges. Sinon tu peux définitivement m'oublier. » Au moins, c'est dit !



(c) elephant song.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Invité
Invité
MessageSujet: Re: [Livre I - Terminé] One Way to Life   Mar 5 Juin - 16:20


One Way to Life

Aélia Berkelay & Jean Raulne (intervention Shawn Sharps)


Shawn faisait preuve de beaucoup de compassion et je ne savais pas comment le remercier après toutes les crasses que je lui avait fait. Pour autant, lui donner des explications à cette situation n'était pas chose facile, comment expliquer à un homme qu'on avait invité à boire un verre, puis draguer, que l'on avait fait la chose inverse avec un second quelques mois plus tôt ? Décidément, quoi qu'il se passe, j'étais foutue. Étouffant mes derniers sanglots, je commençais mon explication tout en gardant un œil attentif à notre victime, toujours stable, mais inconsciente.

« J'ai fréquenté cet homme. Un soir. Lorsque nous nous sommes endormis l'un à côté de l'autre, il a commencé à faire des rêves étranges, violents alors j'ai pris la fuite... Seulement, il m'a retrouvé et m'attendais chez moi... En voyant tout ce chantier, il s'est persuadé que je lui mentais, que je n'étais pas une banale infirmière clandestine et que ma venue chez lui n'avait pas été anodine... Il était ivre et s'est planté un ciseau dans le bide à trois reprises, sans doute pour me mettre à l'épreuve. »

En m'écoutant raconter cette histoire, un sourire s'arracha de mes lèvres. Raulne était décidément plein de surprise, on ne pouvait pas lui enlever ça. Depuis notre rencontre, j'avais vécu les montagnes russes, passant de la passion à la crainte, puis à un scénario bien pire encore. J'esquivais les yeux de Shawn pour ne pas y voir un regard moralisateur comme on m'en avait tant faits plus jeune. Puis, dans une profonde respiration, je me lançais dans de sincères excuses, celles que j'aurais du faire il y a longtemps déjà. Obnubilée par cette soif de savoir et de découverte, j'avais été aveuglé sur la véritable nature de la montagne de muscle. Peut importe qui il était, s'il n'avait pas été présent ce soir là, Raulne serait mort et ses anciens soldats seraient déjà tous à ma recherche, par déduction, j'aurais été morte aussi. La gentille petite Berkelay n'aurait même pas réussi à attendre le solde d'années de vie qu'il lui restait. Tragique, n'est-ce pas ?

« Shawn... Je sais que mes paroles ne changerons pas grand chose mais... je suis vraiment navrée pour ce que j'ai fait la dernière fois. Je suis aveuglée par mon travail, je respire et vie recherche et soin alors.. quand je me suis imaginée tenir une nouvelle piste, je n'ai pas vraiment réfléchi à ce que je faisais. Je regrette sincèrement. J'espère qu'une fois cette galère terminée, nous pourrons reprendre à 0. »

Ma voix était sincère bien qu'encore fébrile, comme si j'avais donné toute mon énergie et mon sérieux dans les soins de Jean avant de m’effondrer comme une enfant qui venait de faire une bêtise. Car oui, les remords étaient encrés en moi comme de vieux démons et je ne cessais pas de me rappeler, en boucle, les quelques provocations lors de nos échanges, qui l'avaient au final conduit à s'infliger ses blessures. J'avais une part de responsabilité là dedans, toute relative, mais tout de même présente. Suffisamment présente pour me torturer de l'intérieur.

Soudain, alors que je commençais à broyer du noir, ne constatant aucune évolution de la santé de Jean, l’électrocardiogramme dessiné sur la machine reliée à la victime devint différent. Son activité cardiaque semblait reprendre ses constantes normales, signe qu'il commençait à reprendre ses esprits. Sur le papier, c'était une bonne nouvelle, il était sortit d'affaire. En revanche, je n'étais pas franchement certaine que son retour à la vie réelle soit un gage de paix. Non, il n'allait certainement pas me sauter dans les bras de l'avoir sauver de sa connerie. Je restais persuadée qu'il était encore capable de bien pire, même si la douleur allait forcément mettre un frein à ses motivations. Aussi, découvrir la présence de Shawn dans la pièce n'allait certainement pas le mettre dans une condition optimale à la discussion, je le sentais.

« Il va se réveiller, peut-être devrais tu partir ? Je doute qu'il se montre très enthousiaste de te voir ici » Dis-je à Shawn, en guise d'avertissement.


(c) elephant song.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Invité
Invité
MessageSujet: Re: [Livre I - Terminé] One Way to Life   Mar 5 Juin - 17:33


One Way to Life

Aélia Berkelay & Jean Raulne (intervention Shawn Sharps)


Le pauvre gars... il était si désespéré que ça ? Se planter avec un ciseau à trois reprise pour mettre à l'épreuve la femme avec qui il avait couché et qui avait ensuite prit la fuite parce qu'il était louche ? Franchement, il n'avait pas encore discuté avec le type en question et sûrement ne le ferait il jamais, mais il donnait une mauvaise impression dès le début. « On dirait qu'une nuit passée avec toi rend les hommes dingues... Heureux de ne pas être une de tes victimes... » Il donnait dans l'humour, mais pas tant que ça finalement vu que le type en question était en train de crever... ou de survivre. La seconde solution était plutôt probable vu que la docteur semblait confiante en ses chances de guérisons. Quelle idée aussi, de boire autant jusqu'à être aussi peut attaché à la vie. C'était maybe un acte désespéré, ou quelque chose pour mettre la jeune femme au pied du mur, mais c'était sacrément radicale comme façon de faire et Shawn n'était pas du genre à cautionner ce genre d'agissement. Il l'aurait sûrement laissé crevé sur place s'il avait su l'histoire, il était dangereux ce type. Pour lui même et sûrement pour les autres.

La jeune femme s'excusa ensuite, pour tout, tout ce qu'elle avait fait et pas fait non plus. Il l'écouta, mais il avait du mal à croire, elle lui avait mentis une première fois, il était difficile pour lui de faire confiance une seconde fois. C'était souvent ça, quand on accordait sa confiance trop rapidement, on avait de mauvaises surprises. « Je me fiche des raisons qui t'ont poussé à faire ça Aélia. J'ai joué franc jeux avec toi, mais ça n'a pas été réciproque. Tu m'aurais posé tes questions, je t'aurais répondu, mais maintenant, je ne peux te faire confiance. Je ne te promet pas d'être aussi fabuleux et attrayant qu'au premier jour si tu veux recommencer à zéro. Car maintenant que je connais tes... démons en un sens, je ne suis pas certain de vouloir tenter le diable. » Elle se rapprochait dangereusement de son secret à lui et aux Atlantes. Il se demandait ce qu'elle en ferait de ces informations, elle, la scientifique. Si un jour ils en reparlaient, il le lui demanderait, mais sinon, il ne dirait rien pour le moment. Surtout sur ses origines.

Les objets médicaux se mirent à biper, annonçant de bonnes nouvelles à ce qu'il pouvait voir sur le visage de la blonde qui lui proposa de partir vu qu'il n'allait pas tarder à se réveiller. Apparemment, il ne serait pas enthousiaste de voir le gars qui a aidé à le sauver ! Quel manque de tact voyons !  Grognant, la montagne de muscle se redressa et toisa la jeune femme du regard. « Il a pas l'air net ce gars, je préfère rester dans le coin. » Il pointe la cuisine un peu plus loin. « J'vais me faire un casse croûte et surveiller de loin. » Il récupère sa flasque et s'approche de la porte. « Il a pas l'air bien le gars, j'préfère pas te laisser seule avec, mais n'y vois pas la une chance de repartir à zéro. Ca me ferait juste chier qu'il déconne encore plus et que cette fois-ci, il te plante par jalousie ou je ne sais quoi. » Il sort, laissant la porte à moitié ouvert et va fouiner dans la cuisine à la recherche de quoi manger, mais avant, nettoyage des mains et avant bras...



(c) elephant song.
Revenir en haut Aller en bas
En ligne
Jean Raulne
Au revoir, à jamais
Messages : 5238
Célébrité : Christian Bale
Alias : Black Fox
Métier officiel/officieux : Market Analyst / Braqueur

Dossier Central
Equipe: Aucune
Points de Baston: 7+1
Points de Marave: 7
Au revoir, à jamais
MessageSujet: Re: [Livre I - Terminé] One Way to Life   Mar 5 Juin - 20:48

Le sol se dérobe sous mes pieds et je m’éclate, tombant à corps perdu dans des abîmes d’inconscience, dans des profondeurs d’un rien si absolu qu’il n’avait même pas de nom. Du moins, pendant un temps. Lentement, très lentement, la conscience se réveille. A ce stade, il aurait sans doute pu se passer des secondes, des minutes, un jour ou une semaine, sinon des mois. Des années. J’avais vu des hommes dans ce genre de situation. Se réveiller des années après la fin officielle du conflit alors que la dernière fois qu’ils avaient les yeux ouverts, ils trucidaient à coup de pelle un gamin bridé des faubourgs de Shanghai. Mais je ne vois nulle lumière, je n’entends rien qui soit parfaitement audible. Je nage entre deux eaux, trop loin de la surface pour voir ce qu’il s’y passe, trop près pour être tout à fait dans le noir. J’ai l’impression qu’un serpent s’enroule dans mes entrailles, se faufile entre mes boyaux, et me mord l’estomac. Je sens ma respiration. Mais je me sens tout nu, pour une raison qui m’échappe. Je me sens totalement à poil, et j’ai l’impression d’être encerclé par l’ennemi. Ca pétarade au-dessus de ma tête, et je sens la boue engloutir mes coudes alors que mon HK claque contre mon épaule à chaque fois que je presse la détente. La distorsion sonore des munitions de gros calibre qui nous survole fait moins trembler mon corps que les terribles détonations de ces obus de 155 ou de 220. Ca pète de partout. Ca appelle les infirmiers. Je rampe encore, l’impression que la terre elle-même veut m’avaler. Mais j’entends une voix, une voix qui surplombe ce tintamarre qui m’assourdit. Une voix de femme.


Jenna ? J’ai envie de l’appeler, mais ça peut pas être elle. Je fronce les sourcils en entendant une grosse voix leur répondre. Je retire mon casque malgré l’orage d’acier qui détonne tout autour, ayant l’impression que ça vient de mon casque radio. Mais non, rien. Rien hormis cette voix qui me glace.


Il y a des survivants ? Est-ce qu’il y a des survivants ? Est-ce que quelqu’un m’entend ? Est-ce qu’il y a d’autres survivants ? Allô ? Allô ? Est-ce qu’il y a d’autres survivants ?


Les ténèbres se dissipent. J’écarquille les yeux. Sursaute presque. Me tiens le bide. Putain de merde. J’ai l’impression qu’un train vient de me rouler dessus. La grosse voix s’éloigne. Je me tourne vers le côté, quand je sens une présence. Berkelay. Je reconnais son appartement. Je suis allongé sur la table. Les vêtements… Ben ils sont ce qu’ils en ont fait, en me soignant. Putain de merde. Je suis encore en vie.


C’est trop cool. Lisez la joie sur mon visage. Mais je reste sur mes gardes. J’ai entendu une grosse voix. Berkelay a appelé quelqu’un à la rescousse. J’allais balancer un truc hyper misogyne, mais je me mets à rire dans un hoquet et dans un petit bruit de nez, jusqu’à rire à m’en secouer les côtes, ce qui me fait à moitié m’étouffer dans la salive et dans le sang. Bordel de merde, je suis encore bourré.



| C’est bon, c’est bon putain, t’es embauchée. Un cousin de la mort, un frère de la chance, et un fils de pute" . Tu l’as dit bouffi. |


Je ris encore un peu après m’être rappelé les mots du général Moltke, des années plus tôt. Je soulève le tissu qui me couvre le bide et regarde les points en grimaçant. Je gémis et grogne dans ma barbe en achevant de me redresser tout à fait. Et me frotte la tête, comprenant que je me suis sans doute cogné en tombant vue la douleur.


| T’as appelé un crevard pour me dépouiller ? |


Ben, elle était plus à ça près, si ? J’avais balancé ça d’un ton faussement outré, plein de dérision. Mais le regard que je rivais vers elle était vitreux, sans émotion. Je ne riais plus.


| C’est qui ta copine ? |

_________________





I've become impossible holding on to when
When everything seemed to matter more
The two of us
All used and beaten up
Watching fate as it flow down the path
We have chose
You and me
We're in this together now
None of them can stop us now
We will make it through somehow



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://bloody-crown.forumactif.org/
avatar
Invité
Invité
MessageSujet: Re: [Livre I - Terminé] One Way to Life   Mer 6 Juin - 19:31


One Way to Life

Aélia Berkelay & Jean Raulne (intervention Shawn Sharps)


« On dirait qu'une nuit passée avec toi rend les hommes dingues... Heureux de ne pas être une de tes victimes... »

Je haussais les épaules tout en gardant une moue triste, fixée sur mon visage, ne sachant pas vraiment s'il avait tord ou raison. A mon sens, on aurait surtout dit que j'avais le chic pour choisir des hommes dingues, mais peut-être que j'agissais mal sans m'en rendre compte et que tout cela était de ma faute ? Why not.

Tous les indicateurs présents sur les machines nous informaient du retour imminent à la réalité de notre cher psychopathe du soir ; Jean Raulne. Cela devait faire plus d'une vingtaine de minutes  que je me mordais nerveusement les doigts à m'en blesser les phalanges, de crainte qu'il ne se réveille pas. Toutefois, lorsque je compris que mon travail avait réussi et que son heure n'avait pas sonnée dans cet appartement, l'angoisse qui était censée quitter mon corps ne le fit pas. Sa mort m'apparraissait alors moins effrayante que son retour. Il était capable du meilleur, mais aussi du pire. Et le pire, c'était probablement pour maintenant. De l'alcool dans le sang, une chemise en vrac, trois vilaines plaies encore douloureuses sur le ventre, une bosse à la tête et un charmant jeune homme pour le saluer à son réveil... voilà de quoi le mettre de bonne humeur. Ironie quand tu nous tiens..

Ses muscles trahissaient de nouveaux ses rêves, bougeant brusquement de la table sans pour autant que cela soit volontaire. Son passé semblait le hanter à n'importe quelle heure de la nuit. Dès qu'il fermait les yeux, il semblait être transporté dans des souvenirs sombres. Shawn, fidèle à lui-même, faisait comme chez lui. Il avait beau m'en vouloir pour mon manque de franchise à son égard, il se sentait bien ici. Lorsqu'il arriva dans la petite cuisine adjacente, j'entendis le bruit des sachets puis du placard à couteau et je ne pus m'empêcher de sourire. Doucement, je me redressais de ma chaise et décidais de me rapprocher de Jean. S'il venait à se débattre trop fort, par panique ou par rancoeur, ses points allaient tous céder. Sa peau était encore fragile et les minces fils qui reliaient les bords de chaque trou dans sa chair ne résisteraient pas à trop d'agitation.

Ses paupières commencèrent à bouger elles aussi, signe d'un réveil proche et lorsqu'il ouvrit enfin les yeux, mon estomac se noua en une fraction de seconde. J'étais tout bonnement inconsciente de me tenir si près de lui, qui était déjà en train de nous dicter à voix haute des phrases dont il était le seul à comprendre la signification. Il jeta un œil sur ses plaies, puis se frotta la tête qu'il avait durement cognée contre le carrelage du salon, et, à peine 1 minute après qu'il eut ouvert les yeux, ses tacles assassins revenaient en force à l'attention de Shawn. J'avais vu juste, il avait entendu qu'un homme était présent dans l'appartement et n'était visiblement pas ravi de voir cet invité imprévu. Je roulais les yeux au ciel, dépitée.


« Putain, t'es culotté toi ! Un merci ça ne va pas te bouffer la langue ! Je viens de te sauver la vie bordel ! » Lui-dis en lui tapant dans le bras le plus proche.

C'était sorti tout seul, un réflexe à la con. Le genre de réflexe dont j'étais la seule à connaitre le secret et qui me mettait très souvent dans la merde. J'étais naïve. L'espace d'un instant, j'avais imaginé qu'il soit passé à autre chose et me face enfin confiance, mais je m'étais trompée, encore une fois.


«  Tu ne pensais tout de même pas que j'allais réussir à te porter seule jusqu'ici ? Je te présente donc Shawn. Shawn, je te présente Jean. »

Le classique rituel des présentations, totalement inutile dans cette situation puisqu'ils étaient tous les deux réticents l'un envers l'autre. Je levais les yeux en direction de ceux de Jean, rien n'avait changé. Aucune émotion, aucune lueur, aucune gentillesse. Impossible de savoir s'il était en colère, soulagé ou fatigué.


« Je te préviens, si tu bouges trop. Tout va lâcher et si c'est le cas, ne compte pas sur moi pour te repêcher de nouveau. »

A bon entendeur.


(c) elephant song.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Invité
Invité
MessageSujet: Re: [Livre I - Terminé] One Way to Life   Dim 10 Juin - 19:02


One Way to Life

Aélia Berkelay & Jean Raulne (intervention Shawn Sharps)


Le frigo comme les placards n'étaient pas totalement... pleins, mais Shawn avait de l'expérience dans la démerde pour réussir à se faire à manger. Lorsqu'ils n'avaient pas trop d'argents, il devait composer avec ce qu'il restait dans le coin et franchement la, c'était presque un repas deux étoiles pour lui. Du pain de mie, un peu de beurre, un peu de salade, une rondelle de tomate ainsi que de la viande. Il ne savait pas si elle était fraîche ou non, mais à l'odeur, ça allait. Il découpa une fine tranche tout en rajoutant de la moutarde tandis que l'homme à côté semblait se réveiller.  Les premières paroles ne semblaient pas vraiment agréable et Shawn devait avouer que le type était à l'image qu'il se faisait de lui. Un connard en grande pompe ! Pour se planter le bide tout seul, on devait avoir un grain dans le bide... et la, le gars semblait montrer qui il était vraiment. Un véritable couillon.

Même Aélia semblait ne plus en pouvoir de lui. Elle fit les présentations, le gars avec aussi un nom de connard. Franchement, il n'avait rien pour lui le gonze ! « Tu semble aussi con que tu en as l'air mon gars. La prochaine fois j'te balancerais ton corps dans la rue, tu nourriras les rats et encore, pas certain qu'ils veuillent de toi. » Shawn revint dans la pièce de l'opération avec son sandwitch. On pouvait dire une chose, il était à la taille de l'Atlante, XXL. Il y avait trois étages de pain de mie. Oui, il était gourmand le couillon et ça ne l'empêchait pas de bien vivre pour autant. Se plaçant en face de la table d'opération ou le Jean était installé, il regarde Aélia et prend tout de même une petite lichée d'alcool dans sa flasque avant de croquer dans son sandwich. « T'inquiète, s'il bouge, je l’assomme. On a pas perdu une heure de notre vie pour que ce con tente de crever une seconde fois. » Au moins, il était avertis.

Avec ce genre de gars, fallait dire ce qu'on pensait directement, sinon il allait en profiter ou faire le con. Il ne le connaissait pas, mais de ce qu'il avait vu, c'était un ingrat de suicidaire. Shawn attrapa son portable et envoya un petit message à Nora pour lui dire de ne pas trop l'attendre ce soir. Il avait un imprévu et ne savait pas vraiment quand il serait de nouveau disponible. « T'en veux ? Il propose un bout de sandwich à Aélia. Elle doit être toute aussi affamée que lui... ou n'a pas du tout faim... en tout cas, il ne bougera pas tant que cette affaire ne sera pas réglée.  Ce type ne lui inspirait aucunes sympathie ni confiance. Un peu comme la blondinette, mais en beaucoup plus prononcé. Qu'est-ce qu'il faisait la... vraiment ? Il attrapa un petit bout de croûte du pain de mie et le balança à la face de Jean. Il le cherchait ? Sûrement... Il avait presque envie de foutre la merde avec ce merdeux. .



(c) elephant song.
Revenir en haut Aller en bas
En ligne
Jean Raulne
Au revoir, à jamais
Messages : 5238
Célébrité : Christian Bale
Alias : Black Fox
Métier officiel/officieux : Market Analyst / Braqueur

Dossier Central
Equipe: Aucune
Points de Baston: 7+1
Points de Marave: 7
Au revoir, à jamais
MessageSujet: Re: [Livre I - Terminé] One Way to Life   Lun 11 Juin - 12:58

J’ai l’impression de m’être jeté du haut d’un toit ou de m’être fait rouler dessus par un train, et les pointes de douleur dans mon ventre sont vivaces, ça doit être en capilotade à l’intérieur, ou je sais pas, mais en tout cas pendant que Berkelay m’engueule je me retrouve surtout à grogner en essayant de me redresser et en me rendant compte que j’ai sans doute un peu présagé de mes forces. Quoiqu’il en soit, je me retrouve à me sentir mal, nauséeux, pire qu’avant un débarquement en véhicule d’assaut amphibie, ça roulait de partout et je comprenais que j’étais encore bourré. Et que j’avais encore l’envie intense et terrible de tuer quelqu’un. Je me fais engueuler parce que j’ai pas dit merci, comme un gosse.


| Euh, merci ? | lâchais-je peu sûr de moi.


L’autre enculé, c’est Shawn. C’est qui Shawn, putain de merde ? Je m’attendais pas vues ses activités à ce qu’elle appelle quelqu’un. Soit j’avais eu « confiance » dans Berkelay, mais c’était un bien grand mot, soit j’avais simplement considéré que la nature de ses activités lui donnaient certes des contacts, mais pas du genre à crécher chez elle aussi facilement. L’alcool et la fatigue, l’épuisement complet qui m’assommait depuis des jours, était en train de provoquer de graves lacunes d’anticipation chez moi.


| Ouais, d’accord, je ferais gaffe. J’aurais qu’à dormir sur la table. |


Je m’invitais, mais compte tenu de mon état, de l’implication de Berkelay et des circonstances de notre première entrevue, elle me devait bien ça, sans doute. Un prêté pour un rendu. L’autre type là, une espèce de caricature de biker mâtiné de surfer comme on en voyait avant la guerre, sur les images de LA et les autres grandes villes côtières. Avant qu’elles ne soient sévèrement bombardées, ravagées par les cataclysmes climatiques, ou empoisonnées par des munitions porteuses de germes. Le mec m’insulte, mais je m’en fiche. Je baigne dans un univers plus rugueux que tout ce qu’un civil connaitrait jamais, et ce depuis plus de vingt ans. Je me formalise pas pour quelques piques incisives.


| Et je peux l’être sans doute un peu plus. Tu voulais une médaille pour ton coup de main ? C’est elle qui t’a fait venir, pas moi. Je sais même pas qui t’es, Shawn, putain. |


C’était vrai ça, c’était qui ce mec ? Son copain ? Son dealer ? Son proxo ? Aucune idée, au fond, je savais déjà pas grand chose de Berkelay finalement, ce n’était pas pour prendre des paris sur ses connaissances. Je me retourne vers la jeune femme.


| T’aurais pas une bière? |

_________________





I've become impossible holding on to when
When everything seemed to matter more
The two of us
All used and beaten up
Watching fate as it flow down the path
We have chose
You and me
We're in this together now
None of them can stop us now
We will make it through somehow



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://bloody-crown.forumactif.org/
avatar
Invité
Invité
MessageSujet: Re: [Livre I - Terminé] One Way to Life   Lun 11 Juin - 17:33


One Way to Life

Aélia Berkelay & Jean Raulne (intervention Shawn Sharps)


Comme je le redoutais, la tension entre les deux hommes ne se fit pas prier pour monter d’un cran. A peine Jean eut-il été réveillé que Shawn lui lançait des pics assassins. Intérieurement, je priais pour que les provocations se maintiennent à de simples phrases sans attaques physiques. L’ancien soldat n’était pas en mesure de se battre, s’il s’y risquait, il finirait deux pieds sous terre une bonne fois pour toute. Impossible d’en vouloir à Shawn de se montrer méfiant dans cette situation, premièrement car, il était déjà méfiant vis-à-vis de moi et deuxièmement, car il se retrouvait malgré lui chez une femme qu’il connaissait à peine pour sauver un inconnu venant de se planter le bide. Avouons-le, il y avait de meilleurs programmes que celui-ci pour passer une soirée. Je lui adressais un regard ferme, lui signifiant de ne pas envenimer l’affaire, déjà bien compliquée. Sa présence dans le coin de la pièce était rassurante, bien que finalement, la peur que faisait naître l'attitude un poil agressive de Jean dans mon esprit, était appréciable. Le danger devenait une addiction, perdre les pédales, improviser et sauver sa peau tant bien que mal… Difficile à croire pour une jeune femme de cette stature au tempérament altruiste et bienveillant par nature. La montagne, comme je surnommais Shawn, me proposa un croc dans un sandwich plein à craquer. Il avait dévalisé les fonds de placard et son encas donnait l’eau à la bouche. Tout naturellement, je me rapprochais de lui pour croquer dans un morceau de pain de mie et récupérer des forces après tous ces évènements.


« T’as vidé mes placards, mais il a le mérite d’être bon ! C’est déjà ça » dis-je amusée.


Je me concentrais de nouveau sur mon invité surprise, capable du meilleur comme du pire. Un invité qui prenait lui aussi ses dispositions dans mon appartement, à croire que mon logement était un lieu de vie commun à tous. Pour autant, je me contentais d’acquiescer à sa remarque, préférant l’avoir à l’œil au cas où il venait à se sentir mal durant la nuit. L’alcool et les médicaments faisant rarement bon ménage. Avec un brin de gentillesse, peut-être, aurait-il même le droit d’utiliser le canapé.


« Vous n’êtes plus au collège pour vous attaquer comme ça, stop ! »


J’étais à fleur de peau, au bord des larmes pour une raison qui m’échappait. L’adrénaline me faisait planer, mais elle provoquait en moi une anxiété que je maîtrisais encore trop peu. Une question d’entrainement sans doute. La moindre remarque déplacée allait me faire partir en sanglots, je devais donc jouer la médiatrice pour empêcher les deux hommes de se taper dessus sous mes yeux. Fidèle à lui-même, Raulne me demanda une bière avec l’air le plus sérieux du monde. C’était officiel, ce mec était complétement fou et suicidaire, pour autant, j’avais appris de mes erreurs : le braquer ne servait à rien. S’il voulait une bière, il irait la chercher malgré mon refus alors… Je cédais à son caprice et quittais la petite salle de soin en direction du salon tout en roulant les yeux au ciel.


Soyons fou ! Après une suicide party quelques heures auparavant, me voilà entrain de sortir des bières comme si rien ne s’était passé. Je déposais un pack sur la table basse et m’affalais dans le sofa en cuir, épuisée. Mon état de fatigue ne faisait qu’empirer au fils des interventions de nuit et j’y laissais ma santé déjà défaillante. Impossible de ne pas remarquer mes mains, tremblantes comme des feuilles. Cette fichue maladie me rattrapait au galop au moindre excès de zèle et la bière me paraissait à présent être une bonne idée. J’en attrapais une que je décapsulais à l’aide d’un briquet et je plongeais mes lèvres dans le liquide alcoolisé, en quête de réconfort, peu importe si celui-ci venait d’une pauvre bouteille de Leffe.

« Et du coup, tu me crois maintenant ? Ou je suis toujours une folle dangereuse manipulatrice ? » dis-je en m’adressant à Jean. Consciente que Shawn n’aurait pas une vision très élogieuse de ma petite personne.


(c) elephant song.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Invité
Invité
MessageSujet: Re: [Livre I - Terminé] One Way to Life   Dim 17 Juin - 17:14


One Way to Life

Aélia Berkelay & Jean Raulne (intervention Shawn Sharps)


Il n'appréciait ni la personne qui était scotchée à la table d'opération, ni celle qui lui avait sauvé la vie. Il fallait dire qu'ils étaient très mal partis, du très mauvais pied, ou tout du moins, c'était elle, elle qui avait tout foutu en l'air. A savoir si la situation actuelle était encore une façon détournée pour elle de lui tendre une sorte de piège, c'était à vérifier, mais en tout cas, il avait besoin de se remplir le ventre pour être en forme après toute cette agitation et en proposa tout de même à la petite demoiselle qui elle aussi avait sûrement besoin d'un remontant. Elle fit la remarque comme quoi il avait tout vidé dans ses placards, mais que c'était bon. Il hocha la tête. « Je t'avais dis qu'il valait mieux m'avoir en photo qu'en pension. » Il vidait tout ce qu'il commençait, il terminait tout ce qui était posé sur la table. C'était un gouffre vivant, sûrement à cause du fait qu'il n'avait pas tant mangé que ça à sa faim lorsqu'ils étaient arrivés à Europolis.

Ce Jean n'était franchement pas dès plus agréable, sûrement était le fait de s'être planté lui même, il n'en savait rien, mais en tout cas, il faisait bouillir le sang de l'Atlante pour son manque de gratitude, pas spécialement envers l'Atlante, mais envers sa sauveuse. « Ouai elle m'a appelée, il était pas capable de te bouger tas d'muscle. C'était pas futfut de te planter loin de ses instruments de torture.. » Il s'arrête lorsque Aélia leur dit d'arrêter, car ils n'étaient plus des gamins. Comme elle voulait, après tout, ce n'était pas ses oignons si le type était assez dingue pour se planter lui même. Il demanda même une bière, idéal quand on vient de se faire opérer, mais Shawn fut surpris de voir que la jeune femme allait chercher un pack de bière, genre sans soucis. Il écarquilla les yeux presque, surpris qu'un médecin puisse lâcher aussi vite face à son patient. Elle s'installa même dans son fauteuil en demandant à Jean s'il la trouvait toujours aussi folle, dangereuse et manipulatrice.

Shawn se disait que cette Aélia faisait ce genre de choses à pas mal de personne. Soupirant, l'Atlante attrapa deux bières, décapsula celle de Jean et la lui mit à porté de main. « J'ai l'impression que vous avez pas une relation très saine tous les deux. » Il prend sa bière et va s'installer plus loin. Dégageant même de la pièce tout en se prenant une seconde bière au passage, ça pourrait être long et son sandwich était déjà à la moitié de sa vie. « J'serais pas loin s'il y a un soucis. » Apparemment, ils avaient à parler et ce n'était pas ses affaires !



(c) elephant song.
Revenir en haut Aller en bas
En ligne
Jean Raulne
Au revoir, à jamais
Messages : 5238
Célébrité : Christian Bale
Alias : Black Fox
Métier officiel/officieux : Market Analyst / Braqueur

Dossier Central
Equipe: Aucune
Points de Baston: 7+1
Points de Marave: 7
Au revoir, à jamais
MessageSujet: Re: [Livre I - Terminé] One Way to Life   Dim 17 Juin - 21:03

Il ne m’en faudrait pas beaucoup pour tomber, mais je savais que même si ça arrivait ça ne suffirait pas à me tuer. Ce serait trop beau d’en finir une bonne fois pour toutes avec les saloperies de l’existence avec juste quelques litrons, même si j’avais sans doute abusé ce soir. Les choses n’étaient jamais aussi rigolotes, il fallait sans doute que j’en passe par une infection liée à mes blessures, ou une hémorragie interne, quelque chose comme ça. Finalement, on s’en fichait un peu. De toute manière, je me sentais trop mal pour que tout ce que je puisse ressentir quoi que ce soit de fiable. Je savais que l’anticipation ou la réflexion pour ce soir c’était mort. Je ne comprendrais plus grand-chose. Il fallait que je dorme, et sans doute qu’avec l’alcool bu et avec les médicaments qu’elle m’avait peut être filés pendant mon « coma », la période d’inconscience qui avait eu lieu avant et depuis l’arrivée de l’inconnu là. Cela dit, je me fais tancer par la jeune femme, qui me traite de collégien ou je ne sais pas quoi.


| Eh merde. |


Elle avait appelé quelqu’un à la rescousse. Donc bonjour la fiabilité. D’un autre côté, je l’avais poussée dans ses retranchements, je savais donc aussi qu’il y avait une part d’instinct et de surprise, fatalement, dans la réaction qu’elle avait eue par rapport à tout ça. Ca ne devait pas lui arriver tous les jours, même avec le genre de cassos qui devait d’habitude requérir son aide dans cet espèce de dispensaire de pauvre con. Des voleurs et des dealers ici, plus le temps passé, plus j’en étais sûr. Et à voir l’air patibulaire du mec qu’elle avait appelé à la rescousse, cette impression n’en était que renforcée. Aélia semblait atteinte en tout cas. Touchée. Sans doute épuisée par ses efforts. Je n’avais pas regardé mon bide, ça me tirait, mais je n’avais pas la sensation chaude d’une hémorragie mortelle, d’un type qui avait une plaie au ventre et qui allait en crever. Elle avait dû s’échiner à faire du bon boulot, et elle était fatiguée. Et peut être aussi le stress et l’angoisse étaient en train de prélever leur dû ? Allez savoir. Berkelay revient avec des bières et me demande si je la crois. Honnêtement, tout va dans le sens de sa petite histoire, sauf que le hic, c’est qu’elle ne l’avait encore jamais rencontrée en entier. Ce que je savais d’elle tenait à de simples déductions. L’homme me ramène une bière, alors qu’il est intervenu mais je ne réponds pas directement. Je le remercie d’un signe de tête. Je sais pas qui il est, mais ça a pas l’air d’être un mac ou un dealer. Un gros bras, sans doute, mais qui fait quoi ? Peut être un de ses anciens patients ?


| C’est la faute à mon charme ravageur… Je lui ai tapé dans l’œil, mais je crois qu’elle me reste un peu sur le bide. Merci pour la bière. Et le coup de main, apparemment. |


Il s’éloigne et je laisse courir mon regard sur une Berkelay désemparée, toute tremblante.


| Ok, alors j’ai niqué une espèce de toubib illégale qui rafistole des criminels dans son appart’. Et notre rencontre n’est dûe qu’à l’attirance systématique entre deux bras cassés. D’accord. Maintenant, tu m’expliques concrètement comment une fille comme toi fait pour gérer un endroit comme ça ? Qu’est ce que tu fais ici, quand tu n’as pas d’amant qui se plante dans ton salon ? |

_________________





I've become impossible holding on to when
When everything seemed to matter more
The two of us
All used and beaten up
Watching fate as it flow down the path
We have chose
You and me
We're in this together now
None of them can stop us now
We will make it through somehow



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://bloody-crown.forumactif.org/
avatar
Invité
Invité
MessageSujet: Re: [Livre I - Terminé] One Way to Life   Lun 25 Juin - 9:23


One Way to Life

Aélia Berkelay & Jean Raulne (intervention Shawn Sharps)


Je craignais le pire dans cette situation, une phrase plus haute que l'autre, un regard de travers et tout pouvait éclater entre les deux hommes qui se dévisageaient mutuellement. J'étais infiniment reconnaissante de l'aide que m'avait apporté Shawn malgré notre altercation quelques jours plus tôt. Aussi, s’il y avait bien une chose qui rendait la présence de cette bête de muscle apaisante, c’était bien son humour. Même si l’envie de nous casser la tête à tous les deux avait dû lui traverser l’esprit, il gardait toujours un mot pour rire et pour ma part, ce n’était pas du luxe. Mes muscles s’étaient comme figés, tétanisés sous la pression qui descendait laborieusement. Voir Jean debout, conscient et plutôt alerte me rassurais ; j’avais fait le taf ! Je venais de lui sauver la vie, et ce genre de service se payait un jour ou l’autre.

“ J'ai l'impression que vous n'avez pas une relation très saine tous les deux. “

Les paroles de Shawn retentirent avec fracas dans ma tête. Il avait raison. Je me voilais la face. Dès le départ, dès ce fameux soir où Jean et moi nous étions trouvés au bord du comptoir d’un bar, j'avais su que cette rencontre ne serait pas toute rose et pourtant, j’avais foncé tête baissée sans la moindre hésitation. Un nouveau besoin d’adrénaline ? Peu probable. Cet homme était différent, imprévisible, torturé, mystérieux et en même temps attentionné. Lors de cette soirée, les regards qu’il avait posés sur moi étaient forts, m’avaient fait me sentir belle et séduisante. Depuis mon départ en cachette et mon petit séjour chez Henry, je n’avais pas cessé de penser à lui. Souvent pas peur, quelques fois par désir et je me rendais finalement compte que malgré mes tentatives de fuites pour lui échapper, j’étais heureuse qu’il se soit de nouveau manifesté, même dans de telles conditions. Shawn décida de se mettre en retrait dans le salon pour nous laisser le temps de discuter en tête à tête. Avoir un homme de sa stature à quelques pas de moi était rassurant ! Un nouvel excès de folie n’aurait rien d’étonnant venant de Raulne. La réplique de l’ancien soldat me fit sourire, je roulais les yeux au ciel pour souligner l’exagération de ses propos, même si une part de vérité s’y cachait. Du charme, il en avait, c'était certain.

“ Une espèce de toubib”, “ une fille comme toi”... Les paroles de l’ancien combattant eurent l’effet d’une bombe. Pour qui me prenait-il ? Une petite fille à papa, une sainte, une gamine inconsciente, une proie facile ? Je n’étais donc que cela à ses yeux ? A choisir, je préférais encore n’être qu’une banale histoire d’un soir, un mauvais coup plutôt qu’être considérée comme la petite fragile que je n’étais plus vraiment depuis ces derniers mois, depuis la révélation de ma maladie. Je m’approchais de lui, ma bière à la main et le regard noir, comme si je voulais le transpercer de nouveau.


“ Une fille comme moi ? Qu’est-ce qu’une fille comme moi au juste ? Tu m’expliques ?. L’espèce de toubib illégale qui soigne des criminels vient de te sauver la vie, je te signale. Je soigne et je soigne bien, et même si je ne te connais pas beaucoup, je ne prend pas de risque en pensant que tu ne vaut pas mieux que les criminels qui passent ici. Je suis certaine que des choses à te reprocher, tu en as des dizaines. Balaye donc devant ta porte avant de juger la mienne. J’habite ici et je gère cet endroit comme il le faut et jusqu’à preuve du contraire, je m’en sors plutôt bien ! “

J’évitais de rentrer dans les détails, notamment au sujet de la drogue qui circulait dans cet appartement incognito ainsi que le paquet d’argent que j’arrivais à me faire. Certains clients étaient prêts à payer très cher mon silence et celui-ci s’achetait à prix d’or. Des factures à la tête, un délit de facies pur et dur qui ne me posait pas de cas de conscience. Quoi qu’il en soit, mon business était lucratif et plus vraiment altruiste comme il l’avait été au départ.


“Mes services ne sont jamais gratuits, souvient toi en. “ Lui-dis je, tournant les talons pour retourner dans mon petit coin, assise en tailleur sur la chaise.

Je portais mes lèvres sur le goulot de la bouteille de bière et descendais la moitié de celle-ci d’une traite, c’était un moyen comme un autre de retrouver un peu de self-contrôle et de sérénité avant de finir encastrée dans un mur.


(c) elephant song.
Revenir en haut Aller en bas
En ligne
Jean Raulne
Au revoir, à jamais
Messages : 5238
Célébrité : Christian Bale
Alias : Black Fox
Métier officiel/officieux : Market Analyst / Braqueur

Dossier Central
Equipe: Aucune
Points de Baston: 7+1
Points de Marave: 7
Au revoir, à jamais
MessageSujet: Re: [Livre I - Terminé] One Way to Life   Lun 25 Juin - 23:41

J’avais mal partout, putain de merde. Et j’avais salement envie de saigner un truc. Un truc facile tiens, pour une fois. Un meurtre en douceur. L’alcool et la folie me battaient les tempes, plus encore avec la fièvre induite par la perte de sang. J’avais envie de serrer très fort quelque chose jusqu’à ce que ça meure. Ou bien, de glisser une lame lentement dans ses chairs. Je n’avais jamais joué avec mes victimes. Jamais. Tuer n’était jamais devenu un plaisir à part entière, c’était toujours écrasé et muselé par la nécessité du devoir. Il n’en restait pas moins que dans de tels moments de faiblesse, mon corps comme mon esprit revenaient aux fondamentaux ; la seule chose que je savais faire, que je savais bien faire et qui n’avait jamais été remise en question de toute mon existence, c’était de tuer des gens. Commander était venu au fil du temps, et j’avais plus ou moins eu de succès dans ce domaine. Le reste n’était qu’une succession d’échecs, de drames et de tracas, du genre à relancer totalement la malchance à chaque fois que le tempo des évènements en venait à se calmer. Pourquoi étais-je venu ce soir ? C’était une erreur. Picoler ne m’allait pas bien. Ca ne m’avait jamais réussi. Ca me déshinibait trop. D’habitude, ça me laissait aller aux filles, en mode de toute façon, qu’est ce que ça peut foutre si je tire un coup ? Mais j’avais aussi infiniment plus de mal à retenir mes autres pulsions. Les plus sombres, les plus violentes.


Je ravalais un goût de bile dans le fond de ma bouche, tandis que la jeune femme se fait agacée, sinon ulcérée, de la manière que j’ai de m’adresser à elle. Elle me dit qu’elle soigne des gens, et me confirme bien qu’il s’agit de criminels. Je ne sais pas si la rencontrer était un coup de chance ou tout le contraire, mais quoiqu’il en soit, je dois reconnaitre qu’elle a passé mon petit test haut la main.


Je testais quoi, déjà ?


Ah oui, sa capacité à soigner dans l’urgence, et à fermer sa gueule sur ce qu’elle avait vu et entendu ce faisant. Elle avait plutôt bien géré le premier point, mais le second, ça avait chié dans la colle, et pas qu’un peu. Il fallait quand même préciser que je ne l’imaginais pas plus qu’avant tenir la pression de recevoir cinq mecs armés jusqu’aux dents en combinaisons tactiques et tout le bordel, pour mener une opération d’urgence à cause de blessures par balles ou d’explosions. Et son coin, s’il restait discret, était aussi assez exposé aux regards extérieurs. J’avais faim, j’avais soif, j’étais épuisé et j’avais besoin de réfléchir.



| Tu peux rappeler ton toy-boy ? Pas besoin de lui. Je vais pas te buter, parole. De toute manière dans mon état, tu m’allongerais sans doute. |


Je secouais la tête, tentais de chasser mes mots de tête et les tremblements de ma main gauche en me serrant l’arrête du nez comme pour me focaliser sur un ressenti physique plutôt que sur toute la zone de douleur entre mes deux oreilles.


| Mais ouais. Ca me paraît normal. Je peux payer pour ton temps, ton matériel, le dédommagement. Je paie pas les bières de ton gorille par contre. Je peux payer aussi pour crécher là. Ta table d’opération m’irait très bien. |


En vérité, j’avais dormi sur des endroits bien pires. Rompu par la fatigue et par l’ivresse, je me rallongeais doucement sur la table contre laquelle j’étais assis, inspirant profondément.


| Considère toi à l’essai, je suis pas encore décidé. | laissais-je échapper, yeux cachés de la lumière de la pièce par le creux de mon coude.


_________________





I've become impossible holding on to when
When everything seemed to matter more
The two of us
All used and beaten up
Watching fate as it flow down the path
We have chose
You and me
We're in this together now
None of them can stop us now
We will make it through somehow



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://bloody-crown.forumactif.org/
avatar
Invité
Invité
MessageSujet: Re: [Livre I - Terminé] One Way to Life   Jeu 28 Juin - 22:26


One Way to Life

Aélia Berkelay & Jean Raulne (intervention Shawn Sharps)







Mes doigts engourdis commençaient à se délier de nouveau, le calme après la tempête. Mes nerfs piqués à vif par tous ces rebondissements retrouvaient également un peu de leur self-contrôle sur les événements et les quelques gorgées d'alcool n'y étaient pas pour rien. Mon regard balayait les deux pièces, dans l'une pour surveiller Jean et son état de santé, dans l'autre pour m'assurer que Shawn ne vide pas davantage les placards à cause d'une énième fringale. En effet, comme le soulignait Jean (avec peu de tact, avouons le), la présence de la montagne n'était plus réellement justifiée. Son aide m'avait été précieuse, mais je m'estimais désormais moins en danger. Les gouttelettes qui perlaient sur le front de l'ancien soldat, sans doute à cause de la fièvre, me donnaiten un certain avantage en cas de besoin, malgré mes petits bras frêles. Je hochais la tête pour acquiescer et me dirigeais vers l'homme venu à ma rescousse. Une fois à ses côtés, je lui adressais quelques gentils mots de remerciement et lui indiquais que tout allait bien se passer à présent, sans en être parfaitement convaincue... Toutefois, sa soirée avait été suffisamment gâchée comme cela et il était temps qu'il retourne vaquer à ses occupations. Aussi, je lui précisais de ne pas faire de vague et de quitter l'appartement pas la pièce principale pour ne pas faire monter la mayonnaise avec mon invité surprise. Accompagné d'un énième remerciement, je laissais Mr Sharps sortir de l'enceinte de mon petit logement qui se trouvait dans un état assez déplorable.

Sur le sol, près de la seconde entrée, une flaque de sang recouvrait le carrelage gris clair. Je ne pouvais que redouter une apparition surprise du lieutenant Hart qui m'avait à l'oeil depuis plusieurs mois. S'il décidait de se pointer maintenant, mon ticket pour la prison serait inévitable et je n'aurais alors que mes yeux pour pleurer sur mon sors. Je chassais ces idées de la tête et retournais voir le blessé.


« De l'argent, j'en ai. Tu n'as rien d'autre à proposer ? Tu es pourtant doué au niveau de l'improvisation et de l'originalité. » Lui dis-je d'une voix piquante à souhait, tout de même accompagnée d'un sourire au coin des lèvres.

L'homme était fébrile, il s'allongea sur la table de soin encore maculée de tâches rougeâtres. J'étais lucide sur son état, il devait souffrir le martyr et les choses n'allaient pas aller en s'arrangeant, car les calmants que j'utilisais en temps normal n'étaient pas vraiment adaptés à des blessures de cette ampleur. Conclusion : ce n'était que les prémices de la douleur à venir dans les heures à suivre.


« Tu ne serais pas mieux dans un lit ? Après tout, nous ne sommes plus à ça près. Je prendrais le canapé. »

En règle générale, toutes les personnes normalement conçues auraient demandé à ce que cet homme dégage rapidement les lieux, par prudence. S'il s'était auto poignardé quelques heures auparavant, l'hypothèse qu'il ait désormais envie de s'en prendre à moi n'était pas à écarter. Cependant, une petite voix angélique me criait de ne pas le laisser partir dans cet état et je ne pouvais qu'approuver cela. L'idée de le savoir dehors, ivre et blessé me ferait passer une mauvaise nuit. Une histoire de conscience sans doute.


« A l'essai ? Que veux-tu dire par là ? »

Etait-il en plein délire ? Je ne comprenais pas le sens de sa phrase et fronçais les sourcils par principe. Une fois de plus, il remettait mes compétences en jeu et mon ego n'appréciait pas franchement les critiques, même déguisées. J'empoignais le dossier de la chaise pour l'approcher de la table d'opération sur laquelle reposait l'homme et je détournais par la même occasion la lampe qui l'aveuglait. Cette lumière était tout bonnement insupportable, une lumière blanche, puissante, aveuglante mais néanmoins très utile pendant les soins.


« Je suis contente que tu sois revenue. »

C'était officiel, j'étais cinglée. Raulne avait un palier d'avance à ce niveau, mais je prenais un chemin semblable sur l’échelle de la bêtise. Maintenant que la tension était redescendue, j'étais satisfaite pour plusieurs raisons. La première ; je venais de me prendre l'un des plus gros shoot d'adrénaline de ma vie et j'en sortais une fois de plus indemne, plus vivante que jamais. Un sensation dont je ne me lassais pas.  La seconde ; mes compétences en matière de soins n' étaient plus à prouver et ma réputation dans ce monde sombre n'était plus à faire. Enfin, dans un dernier temps, je venais de comprendre que cet homme qui m'avait fait peur et que je redoutais tant depuis plusieurs mois ne me laissait pas si indifférente. Il représentait à mes yeux un véritable danger et pourtant... j'étais irrévocablement attirée par ce parfait psychopathe.


(c) elephant song.
Revenir en haut Aller en bas
En ligne
Jean Raulne
Au revoir, à jamais
Messages : 5238
Célébrité : Christian Bale
Alias : Black Fox
Métier officiel/officieux : Market Analyst / Braqueur

Dossier Central
Equipe: Aucune
Points de Baston: 7+1
Points de Marave: 7
Au revoir, à jamais
MessageSujet: Re: [Livre I - Terminé] One Way to Life   Jeu 5 Juil - 21:34

Pouaaaaah j’ai mal à la tête. Je me sens crever putain. Je sais bien que ça n’est pas le cas mais quand même. J’ai mal au bide, j’ai mal partout à l’intérieur de mon bide et j’ai une migraine de tous les diables, comme si j’avais sciemment choisi d’aller visiter l’intérieur d’un tonneau et d’en boire tout le continent. C’était n’importe quoi. Je faisais n’importe quoi, et je déraillais totalement. Ca n’avait plus ni queue ni tête. Même si l’ivresse était maintenant totale, encore aggravée par le sang perdu, il était clair à mes yeux que j’avais encore fait une belle connerie. Un test de brute, un peu comme si je lui avais balancé une tarte dans la gueule avant de lui demander si elle m’aimait bien. L’image prêtait à sourire, ma propre bêtise aussi sans aucun doute. Mai smaintenant, je n’avais plus du tout envie de rigoler, vous pouvez me croire. Les blessures à l’abdomen étaient terriblement douloureuses, je le savais d’expérience. Je me rappelais encore d’avoir subi une averse de plomb en Chine, et que j’avais pris quelques shrapnels fumants en plein dans le bide. C’était dans notre dernière mission, juste avant la paix et le retrait. En plein Pékin. Obus de mortier. Ce genre de merde arrivait, l’autre type qui partageait mon trou d’obus avait eu son visage enfoncé par le plus gros des éclats. Qui c’était, déjà ? Tim. Tim le gallois. Putain j’étais ivre mort et je m’en rappelais, parce que je me retrouvais à presser contre mon ventre douloureux avec ma main, comme dans ce putain de pays d’Asie tout pourri.


Et la jeune bougresse qui me rebalance mon fric à la gueule. Objectivement, c’était le pognon qui illustrait aujourd’hui les meilleures réussites de mon existence, et de très loin. Les médailles m’étaient attribuées pour quedal, aucune citation, rien du tout, des rapports au secret pour je ne sais combien de décennies ou de siècles, une famille qui s’en tapait de ma gueule par ma propre faute, pas d’amis en dehors des tueurs que j’avais entraînés à ma suite.



| De l’argent comme je t’en propose, t’en as jamais vu. Et c’est une bien meilleure assurance vie que ton petit cul. |


Je secoue la tête quand elle me propose un lit pour mieux dormir.


| Nan c’est bon. Je peux plus bouger, putain. |


Et je n’en avais surtout aucunement envie. Je m’endormais et je ne luttais pas vraiment. Assommé par les calmants, par la perte de sang et aussi par la fatigue. Et la connerie. J’étais abattu par la montagne de mes problèmes, de cela au moins j’étais certain. Et je répondais, la bouche pâteuse, déjà à moitié parti.


| J’aurais p’t’être besoin de tes services une fois prochaine, pour moi ou des copains. Je sais pas. On verra si tu sais fermer ta gueule après le petit numéro que je t’ai sorti. |


Ce dont je n’étais pas du tout certain, puisqu’elle avait déjà appelé quelqu’un à l’aide avant que je ne sois revenu à moi. Je ne savais pas vraiment jusqu’à quel point je pouvais lui faire confiance, même si son instinct lui dictait malgré tout de soigner les salopards, même quand ceux-ci ne le méritaient aucunement. Je marmonnais, la bouche totalement pâteuse maintenant.


| Je peux pas te dire que je suis content que t’aies réussi. |


Et je me sentais glisser de plus en plus rapidement dans l’abysse qui me servait d’âme dans les moments de repos, dans les ténèbres les plus noirs qui servaient d’antichambre à mon existence toute entière.

_________________





I've become impossible holding on to when
When everything seemed to matter more
The two of us
All used and beaten up
Watching fate as it flow down the path
We have chose
You and me
We're in this together now
None of them can stop us now
We will make it through somehow



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://bloody-crown.forumactif.org/
avatar
Invité
Invité
MessageSujet: Re: [Livre I - Terminé] One Way to Life   Dim 8 Juil - 17:44


One Way to Life

Aélia Berkelay & Jean Raulne (intervention Shawn Sharps)







| De l’argent comme je t’en propose, t’en as jamais vu. Et c’est une bien meilleure assurance vie que ton petit cul. |  

Je n'étais pas ce genre de femme, vénale et intéressée que par le fric, mais je devais me rendre à l'évidence : si je voulais quitter cet appartement lugubre, insalubre et mal fréquenté, il me fallait des sous. Depuis le décès de ma mère, mon père n'avait plus daigné donner de signes de vie. Son excuse ? Il ne voulait pas revivre le même cauchemars en compagnie de cette maladie incurable. Le bilan était rude, avec mes longues études et mon emprunt à rembourser, je devais compter le moindre centime pour survivre et garder mes comptes en banque à flot. C'est la raison pour laquelle la « proposition » du soldat ne me laissait pas totalement indifférente.

Comme à son habitude, Raulne ne se montrait pas des plus délicat dans sa manière de s'exprimer et décidait donc de poser son campement pour la nuit sur cette fichue table d'opération qu'un trafiquant avait réussi à me dégoter pour pas très chère. Elle était en parfait état, mais sa provenance ne devait pas être très légale. Peu importe. Je m'approchais de lui sans lui demander l'autorisation, que je n'aurais sans doute pas eu et soulevais doucement l'une des compresses qui protégeait la plaie la plus importante. Les points étaient intactes, propres et sans aucune trace de sang. Il pouvait donc s'endormir comme bon lui semble pour tenter de récupérer de cette aventure.

«  Crois-moi, les secrets qui passent ici sont nombreux, mais jamais rien ne sortira. Je préfère crever que balancer, de toute façon, si je parle, je crève aussi alors... autant simplifier les choses. »

Cette volonté de toujours préserver le silence avait failli me coûter la vie une fois déjà. Sans l'intervention de cette fameuse Ariel, je n'aurais pas résisté longtemps aux coups de ces deux salopards. Intérieurement, j'avais prié, souhaité ne pas souffrir, qu'ils ne me laissent pas à l'agonie...mais pas une fois, pas une seule fraction de seconde je n'avais songé à leur fournir des noms. La mort ne m'effrayait plus, elle m'attendait déjà sagement sur le bord du chemin quoi qu'il arrive.

Les paupières de Jean commençaient à se fermer malgré lui, il sombrait dans un sommeil lourd dont il avait d'ailleurs bien besoin pour reprendre des forces. Je coupais davantage la lumière pour tamiser la pièce puis, je déplaçais le petit fauteuil en cuir du salon pour m'installer tout proche et conserver un œil sur lui pendant la nuit pour éviter une rechute qu'il pourrait payer au prix fort cette fois-ci.

« Putain, t'es barge toi. »

Sans un mot de plus, ne souhaitant pas raviver sa colère, je lui déposais un doux bisous sur le coin des lèvres avant de rejoindre mon petit coin nuit. Recroquevillée sur moi-même, la nuque relâchée sur l'appui tête, je laissais mes muscles se détendre pour sombrer également dans un sommeil réparateur même si les problèmes ne semblaient que commencer. Ce Raulne avait une influence sur moi que je ne maîtrisais pas, un mélange d'attirance et de crainte que me poussait dans mes retranchements.


(c) elephant song.
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
MessageSujet: Re: [Livre I - Terminé] One Way to Life   

Revenir en haut Aller en bas
 
[Livre I - Terminé] One Way to Life
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 2
Aller à la page : 1, 2  Suivant
 Sujets similaires
-
» .~oO Cloud D. Cross | The Ashbringer Oo~. [ Retouches terminées]
» Promenons-nous dans les bois... [Livre 1 - Terminé]
» Ce n'est qu'un détail. [Livre I - Terminé]
» Mission Intrigue "Le Pacte des Loups" [Livre 1 - Terminé]
» Les démons de minuit [Livre 1 - Terminé]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
-
Sauter vers: