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 [Sicile] Rencontre à risque avec le parrain
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À la vie, à la mort.
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MessageSujet: [Sicile] Rencontre à risque avec le parrain   Ven 1 Juin - 13:50

[Sicile] Rencontre à risque avec le parrain




17 janvier 2050 (3h30), quartier albanais d’Europolis

3h30. L’heure idéale pour s’infiltrer dans ces immeubles d’habitations sans être vu. L’espion connaît bien le quartais albanais, il s’y était rendu à de nombreuses reprises à l’époque où il servait la mafia turque en tant qu’agent infiltré. Les derniers couche-tard sont rentrés au bercail, trop bourrés ou shootés (souvent les deux) pour rester éveillés jusqu’à l’aube. Les premiers lève-tôt ont encore une demi-heure de sommeil avant d’entamer une nouvelle journée de labeur, payés quelques eurodollars pour enchaîner les heures dans un atelier de confection illégal.
Kismet est indifférent à leur existence minable de criminels, délinquants, travailleurs clandestins ou simples citoyens. Tout ce qui l’intéresse, c’est l’intervalle de temps dont il dispose pour récupérer ce qu’il est venu chercher.

Le tueur entièrement vêtu de noir progresse dans l’ombre des bâtiments, évitant avec soin la lumière des lampadaires. Son bras droit court le long de sa jambe, la main gantée tient un pistolet, un redoutable HK dont le canon est prolongé d’un dispositif silencieux. La main gauche tient la robuste poignée d’une boîte assez grande pour contenir un ballon de football, en matériau synthétique de couleur noire.
L’homme est calme bien que sa démarche soit vive, fluide. Chaque pas est assuré, silencieux. Son souffle maîtrisé n’exhale qu’un mince filet de vapeur, à peine perceptible dans la froideur de la nuit.

Bâtiment C-5. Immeuble réservé au personnel de la mafia albanaise, se substituant à un organisme public qui octroie des logements de fonction à ses employés.
Deux sentinelles sont postées à l’entrée. Petits, trapus, cheveux et barbes emmêlés, estomacs dilatés par la bière, en un mot : insignifiants. Ni bourrés ni shootés, ils sont néanmoins en pleine possession de leurs moyens, chacun porte une arme de poing dissimulée à l’arrière du pantalon.

— T’as vu le but d’Igor dans le match Moscou-Europolis ? Du grand art, mon pote !

— Mouais, si l’arbitre avait fait son taf correctement, il aurait sifflé sa main. Involontaire, mon cul.

Les deux passionnés de sport ont tout juste le temps d’apercevoir l’arme braquée sur leur tête quand l’éclairage du hall révèle la présence du croquemitaine, à quelques mètres de distance. Une première balle atteint le fan d’Igor au milieu du front, ressort à l’arrière du crâne en entraînant des fragments de cervelle dans sa course. Une fraction de seconde plus tard, une nouvelle balle quitte le canon échauffé pour s’engouffrer dans l’œil hagard de son acolyte. Il ne contestera plus jamais le travail d’un arbitre, sera surnommé « Le borgne » à titre posthume.
Les lointaines étoiles sont les seules témoins de ce double meurtre, spectatrices indifférentes d’un théâtre humain incompréhensible, de vies trop fugaces pour altérer le cours de l’univers.
Deux corps s’écroulent lourdement sur le bitume gelé telles des poupées de chiffon. Kismet n’a même pas ralenti l’allure et s’engouffre à l’intérieur du bâtiment à grandes enjambées.

L’escalier se gravit dans un silence total, empruntant une marche sur deux malgré la boîte encombrante qu’il transporte. Aucun bruit à cette heure, comme l’espion l’escomptait.
Il passe le palier du premier étage, profite de l’éclairage automatique pour repérer l’appartement 114. Kismet dépose le conteneur à ses pieds, puis troque son pistolet contre des outils de crochetage ultraperfectionnés. Une débauche de moyens superflue, tant les verrous sont rudimentaires dans cet immeuble bon marché. La mafia albanaise, comme la plupart des organisations criminelles (et non criminelles), privilégie le contrôle de ses membres à leur confort et leur sécurité. Seule la direction profite de résidences au tarif indécent : les activités crapuleuses brassent des fortunes.
L’expert en infiltration vient à bout du mécanisme en un éclair. Après un dernier contrôle à gauche et à droite, Kismet ramasse la boîte mystérieuse, entrouvre la porte d’un geste vif, se glisse à l’intérieur et referme de la même manière. Un simple grincement de porte lui ferait courir le risque de réveiller les occupants des lieux, ce que l’intrus cherche à éviter par goût du travail bien fait plus que par crainte.
Le croquemitaine a conduit plus de personnes vers la mort que cet immeuble peut héberger de résidents. Il n’aurait jamais pu y parvenir sans une rigueur absolue, un professionnalisme à toute épreuve. Et le concours du destin dont il se considère l’instrument.

Armé d’une lampe à LED réglée à son minimum, l’homme d’expérience accomplit une rapide mais complète inspection des lieux. Il revient dans la chambre où dorment deux adultes. Dans l’air flotte une odeur de sexe, un relent de parfum bon marché mêlé à une puanteur âcre de sueur.
La femme ne figurait pas dans ses renseignements. Une brune dans la trentaine aux cheveux ébouriffés, dont la racine sombre trahit une légère coloration. L’absence de mascara et des lèvres naturelles indiquent qu’il ne s’agit pas d’une prostituée. En d’autres termes, une amante ou une compagne également liée à la mafia albanaise. C’est dans la direction de son crâne qu’il commence à braquer son pistolet et presse la détente. Le choc agite ses cheveux fins comme une brève rafale de vent, projette des débris d’os sanguinolents sur le visage de son compagnon.
Celui-ci reçoit trois balles dans la poitrine. La main qui pendait lâchement au bord du matelas s’agite fébrilement, comme traversée d’un choc électrique. Les yeux écarquillés se figent dans la stupéfaction horrifiée de lui qui a entraperçu la Faucheuse avant sa mort inéluctable. La bouche reste ouverte dans une vaine tentative de respirer alors que le cœur ne bat déjà plus.

Le tueur se déplace jusqu’à l’interrupteur de la lumière, recharge son arme avec un calme désinvolte. Il n’aura sans doute plus besoin de tirer aujourd’hui, mais se tient toujours prêt à affronter l’imprévu.
Il saisit ensuite le manche d’un couteau de combat fixé à sa cheville, presse le bouton pour en rétracter la lame et se penche sur le corps encore chaud de sa dernière victime. Plongeant la lame dans le bas du ventre, il remonte selon une trajectoire parfaitement rectiligne, glissant sans encombre à travers la chair et les muscles jusqu’à buter sur la cage thoracique. Un mince filet de sang foncé s’écoule de l’incision quasi chirurgicale avec la viscosité d’un vin épais.
Kismet ouvre alors la boîte posée à ses pieds qui exhale un fin voile de fumée blanche. Il y prélève un gros poisson de mer, qu’il glisse ensuite dans le sens de la longueur à travers l’ouverture abdominale. L’homme a l’œil : la dimension correspond exactement à la taille du poisson mort.
Avec un soin minutieux, il referme alors le macabre sectionnement à l’aide d’une grosse aiguille et d’un solide fil de pêche.
L’intrus effectue d’autres allers-retours entre les différentes pièces du logis, allumant un minimum de lumières pour terminer la tâche qu’il est venu accomplir.

Quelques minutes plus tard, Kismet ressort de l’appartement comme il était venu, son étrange boîte désormais plus lourde.
Il dévale les escaliers, traverse le hall, enjambe les deux cadavres qui commencent tout juste à geler devant l’entrée sans même leur adresser un regard.

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MessageSujet: Re: [Sicile] Rencontre à risque avec le parrain   Sam 2 Juin - 13:47

[Sicile] Rencontre à risque avec le parrain




17 janvier 2050 (fin de matinée), Sicile

Vingt-cinq ans que Barabas n’a pas mis les pieds sur cette île qui a vu naître Demetria et mourir sa famille lors d’un putsch sanglant.
Cette fois, ce n’est pas pour son amie qu’il est venu. Du moins pas directement. Où qu’il aille, quoi qu’il fasse, leurs vies sont inextricablement liées depuis l’enfance et plus encore depuis le début de cette année 2050.

Les Siciliens forment un peuple paradoxal, animés à la fois d’une puissante rage de vivre et d’insatiables pulsions de mort. Une passion dévorante coule dans leurs veines comme le nectar de dieux cruels et retors, égayant la vie et semant la mort autour d’eux.

Théo et Amélia, dont les noms figurent côte à côte sur la pierre tombale devant laquelle Barabas se recueille, n’auraient pas décrit les choses autrement. Trente ans plus tôt, le « couple magique » avait suivi Demetria dans sa quête de vengeance comme tous les orphelins du groupe.
Le regard de braise de cette jeune adolescente rappelait à tous pourquoi et comment vivre, pourquoi et comment certains doivent mourir. Ce sont ses lèvres rouges qui leur a expliqué le proverbe sicilien Quando fai i piani per la vendetta, scava due tombe – una per la tua vittima e una perte stesso. Si tu cherches la vengeance, creuse deux tombes — une pour ta victime et une pour toi.
Les jeunes amoureux reçurent plusieurs balles mortelles en extrayant leur amie salvatrice des griffes abjectes de son tortionnaire, laissant derrière eux une Demetria horriblement meurtrie, un Barabas grièvement blessé, ainsi qu’une Angela miraculeusement indemne. Mais ils avaient vécu intensément jusqu’à leur dernier souffle, sans remords ni regret.

Les mains du Chypriote se croisent devant lui dans un geste de respect, le cœur dénué de tristesse. Tous étaient conscients des risques, tous avaient prêté son serment, condition sine qua non pour rejoindre la bande : « À la vie, à la mort. »

Un jour, son heure viendra aussi et l’orphelin espère mourir dans les mêmes conditions que Théo et Amélia, deux compagnons de route, deux amis, un frère et une sœur qu’il n’oubliera jamais. Oui, un jour la Faucheuse se lassera de l’utiliser comme instrument et l’étreindra à son tour dans ses bras glacials et décharnés ; son doigt osseux lui désignera ses innombrables victimes au visage grimaçant d’effroi et de douleur ; ses dents pourries claqueront dans un ricanement sardonique. Pour finir, elle jettera son fidèle serviteur dans la fosse aux tourments éternels parmi les monstres et les démons.


Barabas lève la tête pour embrasser le cimetière agreste du regard. Dans ces tombes, combien de crânes sauvagement fracassés par une pierre brute ? Combien de corps percés d’une lame en représaille, se vidant de leur fluide vital telle une outre de vin perforée ? Combien d’autres gisent sans sépulture au fond de la mer ou se sont évanouis dans les flammes après une vendetta ?
En ce lieu où tout finit, où les chairs inanimées se décomposent loin du regard du monde, le héraut de la mort s’étonne de ne pas sentir l’odeur putride de son indubitable maîtresse.

Une branche craque de façon sinistre derrière le visiteur comme la voix cassante d’un haruspice annonciateur de mort. Dans un geste réflexe maintes fois répété, le tueur glisse une main dans sa veste pour en extraire le pistolet fixé à un holster, pivotant sur lui-même dans un même mouvement tandis que ses mains se rejoignent sur la crosse de son arme.
Un corbeau croasse dans sa ligne de mire. Ses petits yeux noirs semblables à des billes d’obsidienne le fixent. Puis son bec se tourne dans la même direction que la haute branche sur laquelle il est perché, simulacre d’un long bras décharné dont le doigt arthrosique pointe vers le nord, vers la lointaine Europolis.
Mais ce n’est pas cet horizon lointain que les yeux horrifiés de Barabas contemplent, ce sont ses propres mains situées à trente centimètres de son visage, agitées de tremblements comme les réceptacles d’un grondement sourd, irrépressible. Les mains d’un tueur de 45 ans qui tremblent sont aussi délétères que les jambes d’un marathonien se figeant après trop de kilomètres parcourus.

Alors Kismet comprend.

Le cimetière est végétalisé avec une élégante sobriété, quelques vivaces émettent déjà un parfum subtil en cette période hivernale. Les arbres au tronc noueux, à l’écorce parcheminée et aux ramifications tordues témoignent d’une paix séculaire. Statues de bois figés dans l’attente des premières aurores printanières, leur aspect tourmenté camoufle la promesse des bourgeons à venir, de merveilleuses fleurs qu’ils offriront aux défunts et aux visiteurs.

Ce n’est pas la mort qui vit dans cet endroit hors du temps ; c’est le règne du repos, du cycle éternel, de la roue du destin.
Il voit les tombes, le passé et le présent. Et le futur qui est le sien. Peut-être.

Ses mains ne tremblent plus. Il rengaine son arme et salue l’oiseau noir de la tête, lequel s’envole vers la villa Di Mazio en croassant.

— Arrivederci, murmure-t-il en quittant ce jardin de la mort et de la vie.

(L’espion parle italien depuis son arrivée en Sicile, et continuera jusqu’à son départ de l’île.)

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MessageSujet: Re: [Sicile] Rencontre à risque avec le parrain   Dim 3 Juin - 13:22

[Sicile] Rencontre à risque avec le parrain

Barabas ϟ KismetDi Marzo ϟ Parrain

17 janvier 2050 (après-midi), Sicile

La somptueuse villa d’Asciano Di Marzo n’a rien à envier aux plus belles propriétés d’Acropolis District, à Europolis.
C’est même plutôt l’inverse, tant l’endroit respire le luxe ancien, le pouvoir d’une institution antérieure à l’Union européenne, antérieure aux guerres mondiales, contemporaine d’une époque industrielle qui a changé la face du monde : Cosa Nostra (ce qui est à nous).

La plus grande île de Méditerranée n’est pas une banale région italienne, un morceau d’Europe détaché du continent. Aux yeux de ses habitants la Sicile est un pays à part entière, régi par ses propres règles et son mode de vie ancestral.
En façade et dans les grandes villes touristiques de Palerme et Catane, la gorgone à trois jambes est aussi moderne et démocratisée que les autres régions européennes.
Pourtant, malgré maints efforts de la justice et les cohortes d’enquêteurs qui se succèdent pour abattre la piovra, la mafia sicilienne niche toujours dans le berceau qui l’a vu naître, étendant ses tentacules corrupteurs à travers tout le bassin méditerranéen et au-delà.

Le vieil oncle de Demetria occupe le trône central de cette vaste organisation. Il est le parrain de Cosa Nostra, le président de la Coupole, son nom fait autorité dans toute la Sicile et sur toutes les familles établies à l’étranger. Un mot de sa part et la terre tremble sous les pas disciplinés d’une armée d’hommes d’honneur, un claquement de doigts et les balles pleuvent sur les têtes des puissants.
Asciano Di Marzo fait partie de ces vieux lions qu’on approche avec prudence et déférence, sous peine de rejoindre les milliers d’ossements de sa fosse aux indésirables. Mais il appartient aussi à cette lignée de padrini, ces héritiers des coutumes séculaires chez qui le sens de la famille et le respect des règles mafieuses sont des valeurs primordiales.

C’est pourtant ce parrain au charisme et au pouvoir écrasants que veut rencontrer le Chypriote sans famille, traître à toutes les organisations et à toutes les causes. En tant que nièce Di Marzo et Dona d’Europolis, Demetria a pu lui expliquer directement la situation à Europolis et obtenir pour son plus fidèle ami un entretien de dix minutes.
Dix petites minutes, Barabas n’a guère besoin de plus pour sceller son destin.


On fouille l’espion au corps, on le dépossède de son téléphone. Il est venu sans arme, mais transporte une étrange boîte de cinquante centimètres de hauteur sur une base de trente. On inspecte l’étrange conteneur : « un présent pour Don Di Marzo », explique-t-il aux visages stupéfaits.
Deux gardes en costume et lunettes noires, dont l’un transporte le lourd objet, escortent l’invité dans un magnifique jardin décoré de riches sculptures en marbre antiques.

Asciano Di Marzo est assis en son centre, condamné au fauteuil roulant depuis le putsch qui a frappé sa famille.
Il se tient devant une table noire comme du basalte, accordée aux sièges finement ciselés de motifs floraux. Les rides ont creusé de profonds sillons sur son visage depuis leur dernière rencontre, vingt-cinq ans plus tôt. Son estomac a gagné en volume, mais sa posture reste royale. L’aura de pouvoir qu’il dégageait avait impressionné le jeune orphelin de l’époque, elle interpelle toujours l’espion expérimenté aujourd’hui. L’oncle de Demetria est un grand, un de ces hommes taillés pour organiser, planifier, diriger.

D’un geste de la main, le parrain invite Barabas à s’assoir en face de lui, lequel s’exécute en silence. Aussitôt un serviteur accourt bouteille à la main, emplit pour chacun un petit verre d’alcool liquoreux, de l’anisette faite à l’ancienne qu’affectionnent les Siciliens.

Prendre la parole ou saisir son verre avant son hôte serait irrespectueux.

L’invité se tient droit sur sa chaise, le regard rivé sur celui du vieux parrain afin que celui-ci puisse y plonger à son aise. Kismet sait que les hommes comme Asciano Di Marzo fonctionnent beaucoup à l’instinct dans leurs relations et savent « lire » un être humain. L’espion se pare d’innombrables masques, porte d’innombrables secrets en lui ; néanmoins la gratitude, le respect, la force et la détermination qui l’habitent en cet instant crucial sont sincères. Ses yeux d’un noir profond brillent d’une intensité rare, comme si l’homme sert de réceptacle à une énergie mystérieuse, quasi mystique.

Le même sang que Demetria coule dans les veines de Don Di Marzo. Il loro sangue è il mio sangue (leur sang est mon sang), a-t-il confié à son amie en parlant de ses enfants, et par extension de sa famille.
Le parrain de Sicile ne partage évidemment pas ce point de vue, d’autant que le Chypriote ne possède pas une fraction de sang italien. Ce fut un problème il y a vingt-cinq ans, cela reste un obstacle aujourd’hui.

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MessageSujet: Re: [Sicile] Rencontre à risque avec le parrain   Mer 6 Juin - 10:29

Barabas ϟ KismetDi Marzo ϟ Parrain

Vivre dans un fauteuil roulant, ça forge la patience, plus encore que ne l’était Asciano à une époque lointaine, mais surtout parce qu’il doit dépendre du personnel soignant. Un homme comme lui peut épargner à sa famille d’avoir à le lever et ce qui s’ensuit, de la même façon qu’il est certain qu’aucun de ses employés ne le décevra. Aujourd’hui pourtant, il fait preuve d’une certaine impatience mêlé d’agacement dû au fait que ses employés se montrent bien lents dans leurs tâches quotidiennes.

S’ils ne font pas plus vite, ils le mettront en retard pour le sommet hebdomadaire qui se prépare avec les Familles de Sicile. Il se montre ferme et leur fait accélérer le mouvement, arriver en retard n’est pas envisageable. Il est reconnu pour une ponctualité sans faille en toute heure du jour et de la nuit et il entend que ça reste ainsi. Cette réunion auprès des Dons de la Coupole promet d’être longue et fastidieuse, Don Gambino semble aborder un nouveau sujet d’après ses informations.

Avant cela, il a un invité à recevoir. Les nouvelles qu’il a reçues d’Europolis ne sont guères bonnes, et il attend la visite d’un homme qui n’augure rien de bon non plus. Il connaît sa nièce, si elle se donne la peine de demander une audience entre son oncle et un vieil ami, il y a anguilla sotto roccia ‘anguille sous roche’. Il ignore encore les tenants et aboutissants, mais il compte sur ce vieil ami de sa nièce pour lui esquisser la situation d’Europolis, visiblement, il sera l’émissaire désigné par Demetria.

Elle semble accorder à ce Chypriote une confiance aveugle, mais Asciano reste convaincu, malgré tout, que cet étranger n’a pas sa place auprès d’elle. Il se demande bien ce qu’il fait encore dans l’entourage de sa nièce, le temps ne semble pas avoir érodé leur relation, cette confiance forgée par des circonstances qu’elle n’a que très peu abordé avec lui. C’est un problème, il pourrait détourner Demetria de ce qu’Asciano prévoit pour elle.

Les amis de sa nièce sont comme de la mauvaises herbes, ils finissent toujours par revenir. Il avait réussi à les séparer 20 ans plus tôt, loin de se douter qu’ils reviendraient. Angela avait même rejoint la Famille, force est d’admettre qu’elle ne fait pas défaut. Il n’avait trop rien dit concernant cette petite grecque aux origines italiennes, elle remplissait les conditions, mais ce turc... Tout, dans cet entretien qui se prépare, déplait au Don de Sicile.

Sa nièce jouit de la même ponctualité que son oncle, alors que les poinçonneurs de son caporegime fouillent le chypriote, il reçoit un message de Demetria : “Écoute le jusqu’au bout. 10 minutes.” Succinct. Comme toujours lorsqu’ils échangent via ce genre d’appareil. C’est elle qui l’avait convaincu de se procurer un téléphone portable, qui lui avait appris à lire et envoyer des messages, même à lire les mails. Même si, fidèle aux traditions et à l’omerta, elle n’utilise aucun de ces procédés pour lui donner les nouvelles relatives à leurs affaires. Par ces petites machines, elle lui donne beaucoup plus souvent des nouvelles d’elle et de ses enfants.

Le Don range son portable dans la poche intérieure de sa veste quand le chypriote fait son entrée. Il constate, sans surprise, que le jeune homme de son souvenir a disparu pour laisser la place à un homme. Il s’assoit, ne fait pas mine de prendre son verre que l’on vient de remplir et ne prend pas la parole, beaucoup d’étrangers font cette erreur, mais ce Turc a déjà côtoyé les mafiosi par le passé, notamment Asciano.  

“Ma chère nièce m’a fait part de l’importance de cet entretien, je t’écoute mon garçon, qu’en est-il ?” L’invite-t-il. Inutile d’échanger les banalités d’usage, 10 minutes, ça peut représenter un court laps de temps ou trop long, cela dépend du sujet abordé et autant dire que si la conversation s’écourte, cela ne déplairait pas au Sicilien.

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MessageSujet: Re: [Sicile] Rencontre à risque avec le parrain   Mer 6 Juin - 13:37

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Barabas ϟ KismetDi Marzo ϟ Parrain

17 janvier 2050 (après-midi), Sicile

Barabas sait qu’il ne dispose d’aucune marge de manœuvre dans ce qui l’amène en Sicile. La manipulation et les échappatoires ne fonctionneront pas sur le parrain de Cosa Nostra, comme le confirme son accueil abrupt.
C’est pourquoi l’espion a méticuleusement préparé cet entretien, analysé ses tenants et aboutissements avec la même rigueur que les briefings de ses opérations en Afrique, au Moyen-Orient et en Méditerranée.
Sa foi mystique envers le Destin, sa conviction de marcher sur ses pas écarte toute peur tandis qu’il prend la parole et scelle à jamais son avenir.

— C’est à Demetria que je dois le privilège de cet entretien, mais elle en ignore la raison exacte. Je n’ai même pas suivi son conseil de vous apporter un petit cadeau, geste susceptible d’être mal interprété pour un étranger comme moi.
Votre nièce est menacée de toute part. Un contrat onéreux a été posé sur sa tête, dont l’origine est vraisemblablement interne à Cosa Nostra. Je le sais puisque c’est à moi qu’est revenue cette mission. Il y a trois jours, j’ai d’ailleurs démontré qu’assassiner la Dona d’Europolis dans l’un de ses casinos est à la portée d’un tueur compétent, sans aide extérieure. Le lendemain, hasard du destin lié à une loterie considérable, Demetria a été enlevée au Casino Royal par un groupe de braqueurs qui auraient facilement pu l’abattre, si leur objectif n’était pas le coffre-fort bien rempli.
Sa vie n’a jamais été aussi menacée depuis son enlèvement par le traître Don Tizio, sa position à Europolis n’a jamais été aussi fragile depuis que son mari gît en prison. Vos informateurs confirmeront mes propos et bien plus encore.


Barabas marque un silence, ses yeux sombres plongés dans ceux du Don.

— Ma loyauté et ma fidélité envers Demetria ont toujours été absolues, depuis l’âge de nos treize ans. Elles se sont renforcées au fil des épreuves, des souffrances et du deuil, mais aussi de la vengeance et des ennemis abattus. Nous ne sommes pas nés du même ventre, mais j’ai toujours veillé sur elle comme ma propre sœur. Pour continuer à la protéger et la soutenir, à offrir ma vie pour la sienne s’il le faut, je dois pouvoir rester à ses côtés sans éveiller les soupçons, sans attirer l’attention des traîtres qui l’entourent.

Après cette entrée en matière – succincte devant la complexité des faits et le long passif qui unit les orphelins – Barabas avance enfin la première pièce de son jeu, guettant avec une concentration extrême la réaction du parrain. Un tressaillement de la part du vieux lion, et le Chrypriote saura s’il a capté son attention ou gagné un aller simple vers l’Enfer.

— C’est pourquoi je désire entrer à votre service, faire partie de cette grande famille qu’est Cosa Nostra, je souhaite que vous deveniez mon padrino.

L’audacieux invité attend la réponse de son interlocuteur. Il anticipe déjà ce que va rétorquer le parrain. La condamnation implacable d’un sang trop foncé pour la mafia italienne. Un sang qui a pourtant coulé plus d’une fois pour Demetria et ses proches.
La Dona d’Europolis lui avait pourtant proposé une solution recevable : entrer à son service à elle, adopter une fausse identité et convaincre son oncle de la couvrir. Mais Barabas voit plus loin, plus grand. Un simple échaffaudage ne lui suffit pas. Il veut des fondations solides et pérennes. Et bâtir dessus.

Dans cette partie serrée, Barabas sait qu’il doit laisser à Asciano Di Marzo le temps de réagir. La précipitation est l’apanage d’une jeunesse fougueuse, inconsciente voire arrogante. Ou d’un homme peu sûr de lui – le genre d’homme imprévisible dont aucun parrain ne voudrait à sa botte.
Surprendre, susciter l’intérêt, mais sans assommer d’arguments ou pire, chercher à dominer. L’ire du vieux lion couperait court à toute négociation et ruinerait ses chances de réussite.

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MessageSujet: Re: [Sicile] Rencontre à risque avec le parrain   Dim 12 Aoû - 12:02

Barabas ϟ KismetDi Marzo ϟ Parrain

Apporter un cadeau au Don est une tradition, une marque de respect. Asciano ne montre aucun signe de mécontentement ou contrariété. Le Turc est porteur de mauvaises nouvelles, elles alarment le vieux Don. Seul signe de sa perplexité, sa main vient enserrer sa mâchoire tandis que son interlocuteur poursuit son monologue. Sa petite nièce tant chérie rencontre une nouvelle fois des difficultés. C’est par ce maudit de chypriote qu’il l’apprend, elle est comme ça Demetria, indépendante et farouchement déterminée à s’en sortir seule, et s’il a bien appris une chose sur Demetria depuis toutes ces années, c’est qu’elle ne manque jamais de ressources, ni de ruse.

Elle ne l’avait jamais accusé de quoi que ce soit il y a bien des décennies, pourtant, il est bien coupable de l’avoir laissé entre les mains de l’ennemi. Elle choisit à qui être loyale, malgré tout, elle l’est envers son oncle qui a failli des années plus tôt à la protéger. Loyale à son sang, mais son coeur est avant tout loyal aux orphelins, il l’a toujours su, si conflit d’intérêt il y avait il se doutait qu’elle partirait, sans un regard en arrière, alors il s’est assuré que ça n’arrive jamais. Malgré tout, il avait sous estimé leur lien, les orphelins s’unissent encore et toujours.

Sa nièce est en danger. Ce qui s’est produit autrefois ne peut se reproduire. Il vieillit le Don, il ne sera pas toujours là et n’a aucune descendance masculine, il n’a qu’une nièce. Son héritière. Qui perd toute légitimité parce qu’elle est née femme, son mari est le mieux placé pour le succéder ici. La prison ne l’empêchera nullement d’atteindre cette succession, Rafael a d’ores et déjà fait ses preuves. En attendant, le pouvoir de Leonetti est amoindri, et le Don ne doute pas une seconde de la véracité des propos du Turc.

“Ce serait un honneur bien trop grand pour être à ta hauteur.” Cet impertinent n’a pas une once d’origine italienne dans son sang. Le Don ne cache nullement son antipathie à l’égard de cet étranger. Contrairement à Angela, à moitié italienne et intronisée en 2033, et il faut admettre qu’Angela est attachante, à sa manière. Mais lui, qui ne daigne pas faire la moindre preuve de respect à son égard en venant les mains vide, se moque royalement de sa gueule. “Rien ne justifiera qu’un étranger entre dans notre Famille.”

Les regards sont fixés l’un sur l’autre, l’expression et un geste du Don n’autorisent pas la parole au Turc. “Ne te pointe pas chez moi pour te foutre de moi, tu n’as aucun intérêt à rentrer dans notre Famille, tu ne veux pas que je devienne ton Padrino. Tu veux seulement avoir une occasion légitime de veiller sur ma nièce, il n’y a qu’à elle que tu es loyal.” Le Don est certain de ne pas se tromper, le Turc ne veut pas se mettre au service de la Cosa Nostra, pas plus à celui de Demetria, cette notion n’existe pas entre eux.

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MessageSujet: Re: [Sicile] Rencontre à risque avec le parrain   Jeu 30 Aoû - 12:34

[Sicile] Rencontre à risque avec le parrain

Barabas ϟ KismetDi Marzo ϟ Parrain

Jusqu’à présent, l’entretien se déroule peu ou prou comme Barabas l’imaginait. Le vieux lion se montre aussi tranchant qu’un parrain peut – et doit – l’être. L’espion avait même envisagé la possibilité qu’à ce stade, Asciano Di Marzo décide de mettre fin à la rencontre ainsi qu’à la vie de l’importun.

— Vous avez entièrement raison sur ma loyauté envers votre nièce, et pour cause : ayant été privé de ma famille de sang, je lui suis dévoué comme à ma propre sœur. Il en va de même pour Angela Ioannis, qui sert loyalement Cosa Nostra à ses côtés depuis des années. Tous les autres membres de notre « seconde famille », comme vous le savez, ont péri en suivant Demetria. Quant à ma famille de naissance – ma mère – j’ai occis de mes mains les responsables de son assassinat. Je connais donc les valeurs familiales et me suis toujours montré digne des responsabilités qu’elle implique.

Barabas marque un bref silence, conscient que le succès de son entreprise va se déterminer dans les secondes qui vont suivre.

— Je suis parfaitement conscient que vos lois et principes séculaires empêchent un étranger d’intégrer Cosa Nostra, bien qu’il y ait des précédents avec des membres adoptés, notamment dans les familles implantées hors d’Italie. J’arrive à un âge où je suis plus que las de servir des maîtres dépourvus de valeurs et de loyauté, de mettre mes talents au profit d’individus égocentriques aux ambitions personnelles. La guerre fut pour moi l’occasion de servir une cause supérieure au sein d’une vaste fraternité, car les combats et les épreuves forgent des liens étroits entre soldats. Mais cette époque est révolue et je me trouve à nouveau orphelin. Je me croyais pour toujours exclu de votre grande famille, pourtant le destin m’avait réservé une issue depuis le jour de ma procréation.

Changer un désavantage en atout et savoir d’adapter, deux principes dans lesquels l’espion devenu stratège est passé maître au cours de sa longue carrière. Jamais pourtant il ne s’est engagé dans une transformation aussi définitive, sans doute irréversible.

— Maintenant, venons-en aux faits. Vous connaissez mes origines. Je suis né à Chypre, ma mère était Turque ; cependant Demetria ne vous a peut-être pas précisé que je suis né de père inconnu. Je propose de rendre un service analogue
(Barabas désigne la mystérieuse boîte qu’il a apportée du menton) ou de toute autre nature au Sicilien qui acceptera de me reconnaître pour fils. Un homme qui bénéficie de votre amitié et dont vous pourrez répondre si on cherche à se renseigner sur moi. Je m’engage évidemment à honorer mes obligations filiales, à veiller sur lui comme un fils et adopter vos coutumes. Cet arrangement bénéficiaire à tous me permettra d’intégrer Cosa Nostra dans le respect de ses lois, sans passe-droit qui vous oblige à renier deux siècles de tradition et pourrait un jour vous porter préjudice, à vous ou à Demetria.

La mère de Barabas lui a toujours dit que son père était un diplomate grec, un homme marié qui n’a pas voulu le reconnaître. Si le Chypriote n’a jamais eu la moindre raison d’en douter, il est officiellement sans père — même pour les autorités européennes et les services secrets.
L’idée d’exploiter cette particularité émergea au moment où Demetria évoquait son identité, lors de leurs retrouvailles au casino royal. L’espion aurait pu se contenter de faux papiers ou d’arranger une adoption avec une famille italienne. Mais avec cette démarche originale et osée, Barabas veut montrer au Don son engagement et sa loyauté jusqu’au-boutiste, ainsi que sa capacité à prendre des initiatives sans la guidance avisée de Demetria. Comme il y a vingt-cinq ans, lorsque son groupe avait libéré sa nièce d’un tortionnaire au prix d’une balle dans l’abdomen et deux morts parmi les siens.

— En établissant de nouveaux papiers sur cette base, je pourrai assister et protéger plus efficacement votre nièce, comme le ferait un Sicilien pour sa propre famille. Si je choisis de me placer sous votre autorité plutôt qu’une autre, c’est que vous êtes le seul parrain en qui j’ai une totale confiance. En outre, vous avez le pouvoir de mettre un terme à mon existence au moment où vous le déciderez. Y compris au moment où les félons siciliens d’Europolis auront été balayés par le vent furieux de notre vendetta. J’aurais pu demander à Demetria de m’accueillir ou me couvrir, mais elle n’aurait pas votre impartialité.
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MessageSujet: Re: [Sicile] Rencontre à risque avec le parrain   Ven 31 Aoû - 15:58

Barabas ϟ KismetDi Marzo ϟ Parrain

Il rappel au vieil homme la façon dont sa nièce est parvenue à se rallier une bande d'orphelins a seulement 14 ans, déjà à cet âge elle avait un charisme dévastateur. Asciano se souvient encore du jour ou il l'avait retrouvé, le soulagement de la savoir en vie alors qu'ils avaient enterrés toute sa familles. Il aurait du s'en douter à ce moment là, que Demetria Di Marzo serait capable de tout, absolument tout si tant est qu'elle en fait un objectif. Le Don de la Cosa Nostra sait qu'elle est parfaitement en mesure de gérer cette affaire interne, à sa manière, comme toujours.

Un Di Marzo ne fuit jamais face aux obstacles, regardez le ce vieillard paraplégique à la tête du plus grand réseau que le monde ait connu. Rien ne le prédestinait à devenir le Parrain des Parrains, il n'était qu'un soldato au moment du putsch, un soldato qu'une balle a rendu handicapé, cela ne l'avait pas empêché de s'imposer Don et d'éveiller la rébellion. Toutefois, il reconnaît que cela n'aurait pas été possible sans des alliés en qui l'on peut avoir une confiance aveugle. Le fait est que Demetria n'a jamais donné sa confiance, jamais totalement, si ce n'est en cet orphelin qui se pointe aujourd'hui et cette petite Angela. Cette dernière a su faire ses preuves, pas uniquement à celle qui partage le territoire d'Europolis avec Colombo, mais avant tout à Asciano.

A la mention de ces adoptés étrangers dans la Famille Sicilienne, le Parrain arque un sourcil arrogant. Ce jeune con est bien présomptueux s'il croit qu'Il l'autorisera. Ce jeune con ne vient pas la tête vide non plus, et c'est seulement à cet instant qu'il attire toute l'attention du Parrain qui baisse brièvement les yeux sur la dite boite. Le vieil homme relève son regard sur le chypriote, ses doigts s’entrelacent sur la table alors qu'il réfléchit à vive allure.

Pour être Parrain des Parrains, il faut avoir du poids. A défaut d'avoir des jambes en état de marche, il avait compensé avec une autorité inébranlable, respecter et fait respecter les traditions sans admettre la moindre faille, ne faire preuve d'aucune clémence, il acceptait qu'on lui soit redevable, mais n'avait jamais permis l'inverse. Pour ces raisons, Asciano ne permettra pas à un étranger d'entrer dans la Famille, ce serait une occasion en or pour d'autres d'y voir une faiblesse. Dans l'ombre, dans le cœur de la piovra il y a toujours eu des tentacules plus ambitieuses que d'autres. Si le Parrain perçoit bien la menace qui pèse sur Europolis, sur sa nièce pour qui il a échoué une fois par le passé, il est des enjeux tout aussi important, comme maintenir l'ordre au sein de la Famille.

« J'ai payé ma dette il y a 25 ans, rentre toi bien dans le crane que je ne suis redevable de rien. En admettant que ta volonté tienne la route, as-tu conscience des sacrifices que tu devras faire ? De ta dette envers moi, accepteras-tu seulement de faire ce qu'il faut non seulement pour Demetria, mais avant tout pour la Cosa Nostra ? Tout ce que tu diras ou feras aura des conséquences ou des bénéfices pour les affaires d'Europolis où tu officieras, il s'agit également d'assurer l'héritage de celui qui te reconnaîtra comme Figlio, envers qui tu auras autant de responsabilités. Renier à ton identité, à ton métier éventuellement quoi qu'il puisse être, reconnaître un avenir qui ne sera plus totalement entre tes mains. »

Il reconnaît que Demetria a besoin d'alliés envers qui sa confiance est aveugle, même si elle saurait parfaitement s'en sortir sans eux. Asciano ne souhaite pas lui imposer cela et il n'est pas éternel, en attendant que son neveu par alliance sorte de prison et puisse lui succéder, sa nièce va devoir assurer l'ordre à Europolis. Le Parrain n’intégrera pas un étranger dans la Famille, mais il a les ressources et les connaissances nécessaire juridiquement pour qu'un Sicilien reconnaisse le dit étranger. A défaut d'avoir le sang, Barabas aura le nom, mais il y aura de nombreuses conditions.

« Qu'y a-t-il dans ta si mystérieuse boîte ? »

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MessageSujet: Re: [Sicile] Rencontre à risque avec le parrain   Dim 9 Sep - 9:56

[Sicile] Rencontre à risque avec le parrain

Barabas ϟ KismetDi Marzo ϟ Parrain

Barabas conserve le visage stoïque qui sied à la rencontre, mais intérieurement, il sourit.
Les sacrifices qu’énumère Asciano Di Marzo, pour lui, n’en sont pas.

Son identité ? Il est né avec la moitié d’un nom, celui d’une mère turque avec un poste certes éminent, mais reniée par sa famille conservatrice pour sa maternité impromptue. À treize ans, Barabas n’était déjà plus personne, simple orphelin anonyme tâchant de survivre dans un monde en proie aux cataclysmes et aux maladies. Dix ans plus tard, il devenait un banal numéro de matricule que l’armée européenne envoyait contempler et semer la mort. Puis l’espion du gouvernement s’est mué en caméléon, changeant de peau et de personnalité au gré des missions et des besoins. Son lien avec Demetria et Angela est le seul ancrage, la seule constante des trente dernières années. L’identité qu’il réclame au parrain est sans doute la dernière qu’il adoptera, la dernière avant le trépas.

Son avenir ? Barabas croit depuis longtemps à la force inéluctable du destin. Le Parrain en est un simple instrument, un pantin, comme les milliards d’âmes peuplant la Terre. Sa survie, sa puissance, sa capacité à décider aujourd’hui ou demain de la mort du Chypriote, Asciano doit tout cela à la providence. Tenter de contourner le sort ou de s’en affranchir revient à devenir un déchet inutile de l’existence, parfois à avancer l’heure de sa mort. Barabas négocierait aujourd’hui son adhésion à la Bratva ou au gouvernement américain si le destin le poussait dans cette direction. Mais les signes ont guidé ses pas jusqu’à Demetria, puis à son oncle. Telle une embarcation portée par le courant, Barabas se laissera conduire vers sa destination, quelle qu’elle soit.

— J’en suis conscient, padrino. Les années d’illusions et d’insouciance errent aujourd’hui comme des ombres dans les limbes de mon passé. Après quarante-cinq ans d’une vie échevelée et tumultueuse, je ne crains pas d’avancer vers un avenir nouveau, aussi bref soit-il. Car vivre une journée qui a du sens est plus précieux que dix ans passés dans la torpeur ou la brume. Si vous m’accordez votre bénédiction, les intérêts de Cosa Nostra, les vôtres, ceux de Demetria, l’homme qui me reconnaîtra comme Figlio, les miens, seront les mêmes. Ce qui sera bénéfique à l’un bénéficiera aux autres, de façon directe ou indirecte. Seuls les traîtres, les assoiffés de pouvoir nourrissent des ambitions pour leur seule et unique personne. Et leur histoire ne se termine jamais bien.

Barabas fait à la fois référence au putsch qui a placé Asciano sur son trône, mais aussi au sort qui attend les traîtres d’Europolis.
Dénué d’ambition personnelle, l’espion ne s’attend pas pour autant à connaitre une mort lointaine et paisible, mais sa vision d’une « belle mort » diffère sensiblement de la norme.

Après la dernière question du parrain, Barabas fait signe à l’homme de main qui veillait sur la boîte énigmatique. Précautionneux, les soldati avaient déjà procédé à son examen approfondi afin de contrôler l’absence d’explosif ou autre source de danger.
Le Sicilien aux larges épaules approche de la table, pose le lourd objet à son bord, près du parrain. Une volute fantomatique s’élève en formant des arabesques à l’ouverture du conteneur réfrigéré aux parois étanches, alimenté par une lourde batterie située au fond. L’homme arque un sourcil, puis fait basculer l’étrange boîte afin d’en montrer le contenu au Don.

— Pour me plier à la règle de l’initiation, commente le tueur.

Une tête humaine, celle d’un homme brun portant la moustache. Des yeux sanguins, exorbités, ainsi qu’une bouche entrouverte et crispée lui donnent l’impression de pousser un hurlement d’effroi silencieux. Peut-être en poussait-elle au moment d’être détachée de son corps, car aucune trace de violence n’affecte l’offrande hormis la circonférence rougeâtre à la base du cou, propre et nette.
Pour intégrer l’organisation sicilienne, chaque futur soldato doit commettre un assassinat. Une simple formalité pour Barabas chez qui donner la mort est devenu la première spécialité. En outre, afin de protéger ses amies – ses sœurs –, l’espion a déjà abattu maints adversaires de Cosa Nostra par le passé. Mais seule Demetria a récemment compris ce fait.

— *Oltan Ndreka, mafia albanaise, trafic d’opiacés. Traqué par Cosa Nostra depuis qu’il vous a trahi pour les Russes. Il se terrait à Europolis sous une fausse identité depuis deux ans. La presse va bientôt annoncer qu’un poisson a été placé dans son abdomen. Les trois victimes collatérales travaillaient toutes pour les Albanais.

Étonnamment, c’est une senteur florale d’huiles essentielles que diffuse le morceau de cadavre, à jamais figé dans expression de terreur glaciale.
L’attention délicate d’un obligé soucieux de son hôte. Barabas sait que le Don a suffisamment contemplé la mort pour ne pas être choqué, mais il désire mettre en avant ses qualités d’assassin efficace et pointilleux, plus rares que la banale capacité à abattre une cible avec talent.
De même, le poisson qu’il a pris soin de placer dans le ventre de sa victime est une vieille pratique sicilienne, indiquant que l’esprit de la personne repose au fond de la mer.
Souvent, la manière de tuer est plus importante que la cible elle-même. Ne gâchez pas cette occasion d’envoyer un message fort, avait-il appris en intégrant les services secrets. Un enseignement contraire à son expérience antérieure dans l’armée, où ses missions consistaient à repérer, identifier, cibler et éliminer avec la meilleure efficacité possible.
Dans le cas présent, le message porte la signature de Cosa Nostra, son contenu est un avertissement sans ambiguïté aux collaborateurs et associés qui envisagent de trahir l’organisation.
Un autre message, plus personnel, s’adresse au parrain Di Mazio : Barabas connait et respecte les anciennes traditions.


*HRP : cf. premier post de ce sujet.
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