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 [Livre I - Terminé] V comme Venom
Christopher Hart
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MessageSujet: [Livre I - Terminé] V comme Venom   Sam 12 Jan - 7:47

V comme Venom

Christopher ϟ StubbornKate ϟ Venom

Mars 2050, près du commissariat central de l’EPD

Christopher observait avec défi le ciel agité d’Europolis, nébuleux miroir des turbulences que traversaient ses citoyens. Le soleil venait de se lever, quelque part au-dessus l’horizon, aussi invisible qu’une lueur d’espoir derrière une chape de plomb.
Pourtant l’astre brillant se trouvait bien là, fidèle à son cycle inéluctable, éternel phare de l’humanité jadis adulé comme une divinité. Les nuages sombres et épais se dissiperaient tôt ou tard, l’Anglais en avait la certitude.
Tout le monde ne partageait pas cette conviction.

Au cours de la dernière messe dominicale, un groupe de paroissiens avait demandé au pasteur si 2050 marquait l’avènement de l’Apocalypse.
Christopher dut reconnaître que les signes avant-coureurs se multipliaient : criminalité galopante, attentats, actes inqualifiables de mutants génétiques, apparitions d’êtres aux origines antédiluviennes, interventions secrètes et brutales de l’armée, météo de fin du monde depuis plusieurs semaines.
Alors que la fondation d’Europolis et le retour de la paix devaient marquer l’aube d’une nouvelle ère de prospérité et de sécurité, la réalité du présent renvoyait plutôt l’image d’un crépuscule. La capitale basculerait-elle dans une nuit funeste, à l’image de Sodome et Gomorrhe ?
Jusqu’à récemment, l’Anglais raillait ces stupides bondieuseries qui exploitent la peur innée de l’humain en un futur cataclysmique. Mais depuis que Lily lui avait démontré l’existence des Valkyries et relaté des faits inexplicables, il acceptait la présence de forces surnaturelles qui dépassaient les simples humains.
Christopher avait néanmoins placé chaque croyant devant ses responsabilités, arguant que des milliers d’hommes et de femmes anonymes se démenaient quotidiennement pour concrétiser le rêve d’une société plus juste, bienveillante et équitable.
Europolis n’avait pas besoin d’Anges ou de miracle, mais d’honnêtes personnes qui retroussent leurs manches au lieu de se lamenter devant une croix.

Des personnes courageuses comme Kate Ward, ancienne esclave sexuelle secourue par une âme qu’on aurait cru damnée. Sans elle, la justicière Vyper n’aurait peut-être jamais vu le jour et la Crows League assassinerait toujours, prête à fomenter d’autres attentats contre une mallette d’eurodollars.
À sa manière, Christopher admirait la discrète barmaid de Coal District et ce qu’elle représentait. Il l’avait toujours encouragé et soutenu dans son combat pour intégrer la police scientifique.

C’est pourquoi il patientait à un arrêt de bus de l’EPD, désireux d’encourager Kate avant une série d’examens qui lui ouvriraient, sous réserve de bons résultats, les portes de la PTS.

— Je prierais bien pour toi, mais je ne saurais pas à qui m’adresser, murmura-t-il en apercevant la silhouette massive d’un autobus amorcer un virage dans sa direction.

Le flic réajusta le bonnet qui lui recouvrait les oreilles puis présenta son dos à l’imposant véhicule, l’épaule appuyée contre un poteau. Les courants d’air fouettaient le visage avec cruauté, hurlant des lamentations qui lui rappelaient les victimes du funeste attentat.
Trouble de stress post-traumatique, dans le jargon des psychologues.
La routine, dans celui des flics.
Christopher ferma les yeux une seconde et prit une longue inspiration.

Le bus était déjà rempli de travailleurs à cette heure matinale, mais la barmaid de Coal District était sans doute la seule candidate à venir si tôt.

— Salut, Kate, dit-il en accueillant la jeune femme d’un geste vif de la main. Si tu es d’accord, on va marcher tranquillement jusqu’au lieu de l’examen, proposa-t-il avec civilité, ça décontracte.

Et puis cela ressemblera moins à un interrogatoire de flic, songea-t-il.
En plus de son bonnet, l’Anglais avait d’ailleurs revêtu une banale veste marron. Son manteau favori faisait presque partie du décor après dix hivers à Europolis, en plus de lui donner la silhouette formelle d’un inspecteur.
De loin, le lieutenant de police avait l’allure anonyme d’un civil ordinaire. De près, il ressemblait davantage à un paumé qu’au « Monk » connu de ses collègues. Toutefois l’habit ne faisait pas le moine, pas plus que l’uniforme définissait le policier.

— Ne m’en veux pas, mais je viens te mettre la pression pour que tu réussisses. Avec ton parcours, les épreuves que tu as traversées et les efforts que tu as fournis, je te passerai les menottes si tu échoues, parce que ce serait un crime.

La bouche du policier affichait un large sourire, mais son regard insistant conservait une gravité teintée d’émotions.

— Chaque candidat a son histoire et ses raisons de rejoindre la police, mais si quelqu’un mérite de réussir, c’est bien toi.
En tout cas, je pense que tu es la première étudiante impliquée dans une opération clandestine aux labos de PTS.
(Christopher décocha un clin d’œil complice à Kate.) Ils peuvent se carrer leur examen de biologie où je pense à côté de cette réussite.
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MessageSujet: Re: [Livre I - Terminé] V comme Venom   Sam 12 Jan - 19:00

19 Mars 2050

Aujourd’hui était le quatrième jour d’examen de l’étudiante. A la fin de la journée, Kate aurait passé plus de la moitié des épreuves de la première sélection. Mais ce n’était pas ce qui l’inquiétait pour le moment. Elle était loin d’être sûre d’elle mais pour autant, les épreuves qu’elle avait déjà passé s’étaient plutôt bien déroulées. Seulement, ce matin, elle allait arriver en avance pas seulement pour ne pas être en retard à son épreuve, mais également pour revoir le lieutenant Hart. Suite à la réception du corps de Raven par les services de police, il les avait gracié, donnant l’immunité à sa mère concernant cette affaire. C’était un poids de moins sur les épaules de la jeune femme ce qui n’était pas un mal. Cependant, la brune avait été surprise par la demande de Christopher. Celui ci souhaitait la rencontrer avant son épreuve du jour et cela stressait un peu la jeune femme en réalité. Il faut dire que depuis qu’ils se cotoyaient, ils avaient partagé des moments de conversation sympathique, d’échanges mais également des moments de suspicion et la brune ne savait plus trop quoi penser du lieutenant. Elle savait par Lauren qu’elle pouvait lui faire confiance mais jusqu’à quel point ? Le policier n’était pas vraiment facile à cerner avec toutes les péripéties qu’ils avaient vécu. Il avait semblé ne plus avoir aucune confiance en Kate après l’attentat de Coal District. Mais d’un autre côté, il était tout de même venu la chercher pour faire une analyse biologique d’un prélèvement de salive qu’il voulait faire faire en off. Le lieutenant lui avait donc accordé de nouveau sa confiance, au moins le temps de cette étude qui avait révélé des résultats impossibles. Evidemment, la brune n’avait pas oublié ce fait et comptait bien tôt ou tard lui demander de plus amples informations. Seulement, cela avait été impossible jusque là. Beaucoup trop de choses s’étaient passées dans sa vie et celle de sa mère pour qu’elle ait eu le temps de se préoccuper de cela.

Heureusement depuis quelques jours, les choses étaient revenues à peu près à la normale. Cela faisait tout de même deux mois qu’elle n’avait pas vu Christopher. Dans ce laps de temps, Henry avait rencontré sa mère dans les pires conditions possibles. Elle avait recroisé son ancien client à la fermeture du bar lui rappelant des souvenirs douloureux. Par la suite, elle s’était retrouvée mêlée au désastre qui avait eu au port, croisant sa mère amnésique sur l’épave du bateau. Elle avait finalement rompu avec l’écrivain de manière honteuse, se résignant au fait qu’elle ne pouvait l’attirer dans pareille situation, même si depuis elle l’avait retrouvé. Et puis, la jeune femme avait fait ses débuts dans la rue, se déguisant pour commencer à combattre le crime tout en cherchant la moindre information sur sa sauveuse disparue. Heureusement, l’africaine était à présent rentrée au foyer familial, blessée mais en vie. Cela faisait donc beaucoup de choses qui avaient chamboulé sa vie et pourtant, Kate maintenait toujours le cap sur ses deux objectifs, un officiel et l’autre plus officieux. Etant donné qu’elle voulait prendre une bonne marge, elle avait pris le bus pour une fois afin de ne pas partir trop tôt de chez elle. Arrivant à destination, elle demanda l’arrêt du bus pour la prochaine station. C’est vêtue d’un slim, de bottines à talons larges, d’un pul à col roulé et d’un manteau assez court qu’elle descendit du bus en dernier parmi ceux qui s’arrêtaient ici. La sympathie du lieutenant lui sauta rapidement aux yeux. Cela devait être un bon jour pour lui ou bien la fin de l’enquête Crows League l’avait peut être détendu.

Bonjour lieutenant Hart. Pas de soucis.

Se mettant à marcher l’un à côté de l’autre, elle écouta attentivement ce que Christopher avait à lui dire. Et pour le coup, elle resta quelques secondes sans voix. Elle ne s’attendait pas à un tel discours. Après ce qu’ils avaient traversé ensemble, elle s’attendait à plus de réserve, bien plus de méfiance, de la part du policier. Ses paroles lui firent plaisir mais Kate y chercha un double sens ou une intention autre que la franchise. Ce n’était pas son mode opératoire de ce qu’on lui avait dit, mais elle trouvait cela beaucoup trop en contraste avec ce qu’ils avaient traversé ensemble au cours des deux derniers mois. Voyant son sourire qui semblait teinté de sincérité malgré son regard qui lui semblait chercher une vérité autre, elle lui répondit d’un ton amusé.

Vous en vouloir ? Je crois que je me mets suffisamment la pression seule pour que celles des autres ne puissent m’atteindre.

Elle qui se demandait pourquoi il avait voulu la voir, si ce n’était que pour ça, la brune pouvait se détendre. Il est vrai qu’au début de leur rencontre, il avait cherché à l’encourager. Mais la gravité qu’il lui transmettait à travers son regard pouvait être à double sens. Attentive à la moindre des paroles de Christopher, elle ne put s’empêcher de rire doucement à sa remarque, en profitant pour l’avertir de la suite à donner.

C’est gentil de dire ça mais vous allez certainement vite le regretter car je compte bien en savoir plus sur cette étude.

Elle lui fit à son tour un clin d’oeil avec un sourire qui pouvait porter à confusion entre son envie de blaguer et son envie réelle d’en savoir plus. Sa curiosité n’était pas une nouveauté même si elle la gardait plus discrète habituellement. Sauf qu’en présence du lieutenant Hart, elle n’avait jamais un comportement habituel, ne sachant jamais sur quel pied danser.

La pratique des épreuves scientifiques ne se déroule que la semaine prochaine mais je vous ferais savoir si j’ai trouvé cela simple ou pas.

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MessageSujet: Re: [Livre I - Terminé] V comme Venom   Lun 14 Jan - 4:32

V comme Venom

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L’enjouement de Christopher résultait en grande partie de l’issue positive dans l’affaire Crows League. Certes, il aurait préféré voir Raven – Juliette Delacour – traduite en justice pour le symbole qu’elle représentait. Un procès correctement médiatisé aurait envoyé un message fort à la Pègre, redonné de l’espoir à la population.
Malheureusement, son cadavre jeté sur le parvis du commissariat privait Europolis de son jugement et de ses possibles aveux. En revanche, sa « livraison » par Vyper avait permis de remettre l’enquête sur l’attentat de Coal District sur de bons rails, avec la création d’une cellule spéciale dont le lieutenant Hart se retrouvait exclu. C’était le prix à payer pour son alliance singulière avec la criminelle-justicière. Un prix qu’il acceptait : les résultats importaient plus que sa vendetta personnelle.
Car des résultats, le lieutenant était persuadé que ses collègues en obtiendraient. Cibler un eurodéputé, et son escorte policière, ainsi que des civils, lors d’une cérémonie d’hommage public avait mis l’ensemble de l’EPD sur les dents. Des dents qui s’impatientaient de mordre et ne ferait aucun quartier de la Crows League, en particulier le poseur de la bombe et ses complices.

Toutefois, la gaieté et l’espoir s’étaient réintroduits beaucoup plus tôt dans l’esprit et le cœur de l’Anglais, par un chemin secret qu’il se gardait d’évoquer à quiconque. Maintenant qu’il était libéré de la menace – très réelle – de cette organisation d’assassins, Christopher se sentait délesté d’un lourd fardeau.
Kate remarqua ce changement qui ne se limitait pas à l’aspect vestimentaire du lieutenant.

— Je te demanderais bien de ne pas m’appeler « lieutenant » aujourd’hui, répondit-il, joueur, au salut formel de l’étudiante, mais tu risques de m’envoyer des « monsieur Hart » à tout bout de champ et là, mes oreilles risquent carrément de saigner.

Au moins, la jeune femme faisait elle aussi preuve d’amusement malgré le stress inéluctable des examens.
Le vent d’Est qui soufflait à présent dans leur dos contribuait, malgré sa fraicheur, à pousser Kate dans la bonne direction.

— Se mettre la pression, c’est bien. Ça montre qu’on prend les choses au sérieux, qu’on y attache de l’importance. Et dans le métier que j’espère tu exerceras bientôt, savoir gérer la pression et celle des autres est une qualité indispensable. Plus importante que savoir calculer la quantité de drogue consommée à partir d’un échantillon sanguin : ça, un bête ordinateur est capable de le faire. Ton expérience de barmaid n’aura pas été inutile, et je ne parle pas de la pression que les piliers de comptoir engloutissent par pintes entières.

D’humeur badine, l’Anglais releva avec un plaisir dissimulé la détermination de Kate à faire la lumière sur leur escapade dans les laboratoires de la PTS. La soif de vérité était une autre qualité essentielle dans le métier de policier – quel que soit le poste. Il ne pouvait néanmoins encourager la brune à fouiller dans cette direction menant à des secrets trop bien gardés pour leur sécurité.

— Tu comprendras peut-être un jour, dit-il avec sincérité, mais cela ne viendra pas de ma bouche.

Yvan Musquet avait failli révéler les génocides du gouvernement européen, et peut-être l’existence des peuples mythologiques dont Christopher avait connaissance. Les données que l’Ogre avait volées ressortiraient sans doute un jour – en tout cas le policier l’espérait, dans l’intérêt général.

Kate lui apprit ensuite que les épreuves scientifiques n’avaient pas encore eu lieu, mais Christopher se réjouit qu’elle le tienne informé de ses estimations.

— Si ma mémoire est bonne, c’est l’informatique qui te posait quelques difficultés. Cela dit, il n’y a pas besoin de connaissances étendues pour utiliser les ordinateurs et équipements des labos. J’imagine qu’il y a une note éliminatoire assez basse, et qu’au-delà l’épreuve sert avant tout à repérer et orienter les cracks dans la bonne spécialité.

Puisqu’il avait Kate sous la main et qu’ils n’étaient plus liés par une alliance forcée, Christopher se sentit plus libre de questionner l’étudiante sur des sujets plus informels. Après tout, ils seraient peut-être bientôt collègues.

— Et sinon, tu as des personnes qui t’aident et te soutiennent ? Je veux dire, en dehors de Fallon, bien sûr… Lors de ta première visite guidée dans les bâtiments de la PTS, peut-être ? Je ne crois pas qu’on a eu l’occasion d’en discuter, d’ailleurs.

Le flic savait qui avait pris en charge cette visite, et il était curieux de connaître les sentiments de Kate sur l’inimitable Eva Walsh.
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MessageSujet: Re: [Livre I - Terminé] V comme Venom   Lun 14 Jan - 23:13

19 Mars 2050

Aujourd’hui était le qKate ne peut cacher sa surprise face à la remarque du lieutenant. Il n’y a pas si longtemps, il lui disait vouloir la soutenir mais ne plus avoir confiance en elle après l’attentat. Il pensait même qu’elle se cachait dans les jupes de sa mère, n’osant rien dire devant elle. Mais le policier n’avait absolument rien compris à la situation à ce moment là. Mais qu’il ne veuille pas qu’elle l’appelle lieutenant la surprenait tout de même. Cela faisait un moment maintenant qu’ils se côtoyaient et à aucun moment elle n’avait eu l’impression de gêner Christopher en l’appelant par son titre de représentant des forces de l’ordre. Se rendait-il compte que si la jeune femme venait à intégrer la police scientifique, il deviendrait collègue de travail ? Rien qu’à cette idée, la brune trouvait la situation encore plus bizarre. Elle ne voulait pas qu’on la croit pistonnée ou autre délire du genre. Sa place au sein de la PTS, elle comptait bien l’obtenir par ses capacités et seulement grâce à cela. Elle avait trop travaillé et donné de sa personne pour échouer aussi près du but. Cherchant à entrer dans le jeu de son aîné, l’étudiante lui dit d’une voix amusée :

Je peux essayer “monsieur Christopher” si vous voulez ?

Le sourire aux lèvres, la brune échappa un petit rire face à leurs bêtises respectives avant de reprendre tout en avançant :

Vous savez que vous risquez de m’entendre vous appeler lieutenant Hart un peu plus souvent d’ici peu ?

Kate faisait évidemment référence au fait qu’il allait travailler ensemble et potentiellement se croiser dans les couloirs du commissariat. alors qu’ils poursuivaient leur marche, Christopher poursuivit sur sa lancée, mêlant sérieux et ironie. Elle avait un peu de mal à reconnaître celui qui lui avait fait passer les menottes et questionner en salle d’interrogatoire. A croire que l’homme qui était en sa compagnie avait deux facettes, celle que Lauren lui avait décrit et une seconde, plus amère, plus craintive. Etait-ce qu’une impression ? Peut-être bien, mais la brune comptait bien se méfier de Mr Double Face. Ce dernier continuait de la féliciter sans qu’elle comprenne trop pourquoi. Il faut dire que la brune n’avait pas une très haute estime d’elle-même et que les hommes qui lui avaient fait des compliments dans sa vie avaient, pour la majorité, payés pour coucher avec elle avant ça.

Je pense qu’il sera préférable de juger cela lorsque je serais en poste. La pression du commissariat n’aura rien à voir avec mon ancien travail ou ces épreuves d’entrée.

Honnête, évidemment la jeune femme ne préférait pas mettre la charrue avant les boeufs. C’est alors qu’il aborda leur escapade nocturne commune. Christopher avait appelé la brune pour lui faire faire une analyse biologique d’un prélèvement salivaire, tout cela en toute clandestinité. Il l’avait fait entrer dans le commissariat, l’avait accompagné de près ou de loin selon les moments jusqu’aux laboratoires et avait attendu qu’elle obtienne des résultats. Seulement, ce que l’étudiante avait découvert n’était pas possible. Elle avait obtenu un résultat qui n’existait tout simplement pas et le lieutenant n’avait pas voulu lui en dire plus.

Ca ne m’étonne pas trop que vous disiez ça. Mais ça ne m’arrêtera pas pour autant.

Reprenant le sujet principal de cette rencontre, pas forcément pour le plus grand plaisir de la brune, le lieutenant se rappela que ce qu’elle aimait le moins, ou du moins la matière où elle pêchait le plus, était l’informatique. Écoutant son interlocuteur jusqu’au bout, elle se permit toutefois de le corriger concernant ses a prioris pour les épreuves d’entrée à la PTS.

A vrai dire, les personnes souhaitant se spécialiser dans ce domaine ont une épreuve supplémentaire. Mais à l’heure actuelle, tous les membres de la scientifique, peu importe la spécialisation, doivent avoir un minimum de connaissances.

C’est alors que le lieutenant Hart s’aventura sur un terrain particulier. A vrai dire, elle ne pensait pas aborder ce genre de sujet un jour, pas avec lui. Heureusement, il orienta sa question sur sa visite des locaux et non sur sa vie sentimentale. Non pas qu’elle puisse avoir honte d’Henry, ça serait plutôt l’inverse si tel devait être le cas. C’est justement pour cela qu’elle préférait ne pas aborder ce type de sujet avec une personne au courant de son passé. Les questions du type “Mais il sait ?” ou encore “Comment comptes tu lui dire la vérité sur ton passé ?” ne l’enchantaient guère.

Je dois dire que j’ai rencontré quelques personnes, quelques membres de la PTS. La femme qui m’a fait visité, le docteur Walsh, M’a fait comprendre que si elle me croisait pas avec une blouse sur le dos dans les mois à venir, je lui aurais fait perdre son temps. Ca compte ? Le docteur Hickman semblait sympathique.

Après avoir dit cela, elle réalisa soudainement qu’elle risquait à terme d’être appelée le docteur Ward. Elle ne savait pas si elle était plus amusée ou angoissée à cette idée. Se rappelant que depuis plusieurs jours, elle passait les épreuves à côté des futurs agents de terrain, lieutenants, et autres postes possibles au sein de l’EPD, la jeune femme se demandait s’il s’agissait juste de diminuer le nombre de surveillants ou bien si cela cachait une autre raison. L’une des surveillantes du premier jour lui avait dit qu’ils manquaient sérieusement de bras au sein de la police. Comptait-il recycler les profils intéressants qui étaient recalés dans leur spécialité dans les branches où ils avaient cruellement besoin. La brune se demandait si ça n’était que pour diminuer les effectifs mobilisés.

J’avais une question concernant les épreuves et je me demandais si vous auriez pas la réponse. Toutes les épreuves ont été réunis en même temps. Est-ce uniquement dû à un manque de personnels ou y a-t-il d’autres raisons derrière ce méli-mélo de spécialité ?

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MessageSujet: Re: [Livre I - Terminé] V comme Venom   Sam 19 Jan - 4:27

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Christopher ϟ StubbornKate ϟ Venom

Monsieur Christopher ? L’intéressé leva les yeux au ciel, dont les teintes cendreuses n’offraient aucun réconfort.

— Restons-en à lieutenant, conclut-il avec un sourire. Mais tu sais, derrière chaque membre de la police il y a une personne qui vit et respire comme les autres. C’est peut-être la dernière fois qu’on se rencontre à titre informel.

Si la barmaid atteignait son objectif, ils ne seraient plus que des collègues avec un passif… singulier, mais un passif révolu.

Christopher avait l’intention de veiller discrètement sur Kate, secouer les crétins qui lui tourneraient inévitablement autour ou découvriraient son parcours difficile, infamant aux yeux de certains. Il commencerait par leur dire qu’on ne choisit pas d’où on vient, mais que les plus belles fleurs poussent aussi dans le bourbier de Coal District. Que l’on peut s’émerveiller de leur splendeur à distance respectueuse, sans chercher à les posséder ou les ramener chez soi. Envers les plus récalcitrants, l’Anglais renoncerait à la diplomatie du verbe pour des moyens plus coercitifs dont nul ne serait témoin.

— Tu as raison, Kate, le métier est différent et tes futurs collègues ne ressemblent pas à la clientèle habituelle de ton bar. Toutefois la nature humaine est universelle et tu en connais de nombreux aspects, pour une fille de vingt-quatre ans. Principalement des mauvais, mais j’espère que les bons s’inviteront également dans ta vie.

Il n’y avait aucune honte, aucune gêne dans le regard compatissant de Christopher. Le passé de Kate resterait à jamais infrangible, là où son avenir s’ouvrait comme une page vierge.
Certes, les policiers étaient les témoins privilégiés des recoins les plus sombres et les plus tortueux de l’âme humaine, mais au fond de cet abyme d’obscurité brillaient aussi de fabuleuses luminescences. Des histoires de courage et de solidarité, des actes généreux et bienveillants, des enquêtes qui se terminaient miraculeusement bien et balayaient le désespoir d’un marasme mortifère.
Des histoires trop rares.

Et puis, surtout, le flic solitaire espérait que la fille Ward ne commettrait pas la même erreur que lui en se privant du soutien des autres, même s’il savait que Fallon serait toujours là pour elle.
Après une mise au point sur les différentes épreuves du concours, Christopher l’interrogea pour la première fois à ce sujet. Il ignorait tout des relations et des activités de Kate durant son temps libre et respectait – hors enquête – le jardin secret que chacun s’octroyait.
Un jardin où le flic avait occupé un petit espace, très cloisonné, durant leur période de coopération. Un terrain aujourd’hui abandonné, laissé à l’état de friche. Bientôt de nouvelles pousses en effaceraient les dernières traces et leurs souvenirs essaimeraient dans l’oubli.

Curieux de recueillir les impressions de Kate sur sa rencontre avec Eva Walsh, Christopher éclata de rire en entendant les paroles rapportées. Il en arrêta de marcher : le visage outrecuidant et facétieux de l’Irlandaise s’imposait dans son esprit.

— C’est Ev… Walsh tout craché. C’est une personne bien, tu pourras compter sur elle à condition de ne pas la déranger pour des broutilles. Et si tu cherches un jour à la contredire, sois sûre d’avoir des arguments très solides. En dehors de ça, c’est une femme brillante, obstinée et très sérieuse. Sérieuse dans le sens appliquée et minutieuse dans son travail, car je ne sais pas si tu l’as remarqué durant ta visite, mais elle manie un humour un peu… déroutant.

Un humour qu’en bon britannique, Christopher adorait. Il ressentait l’envie de lui parler davantage de cette collègue atypique, mais se trouvait une nouvelle fois confronté à des secrets et de possibles malentendus.
De toute façon, il avait un mot à glisser sur Hickman que la visiteuse avait trouvé – étonnement – sympathique.

— Quant à Hickman, il consacre son énergie à soutenir sa propre personne. Certes, il excelle dans son domaine de spécialité et c’est déjà beaucoup. J’imagine qu’en l’amadouant avec de la nourriture grasse et sucrée, il doit être possible de lui demander un service…

Alors qu’ils reprenaient leur marche, Kate interrogea le lieutenant sur l’organisation des examens.

— En toute franchise, je l’ignore. Ces choses-là se décident en haut lieu et tout ce qui redescend sont des ragots… Après tous les événements qui secouent Europolis depuis le début de l’année, je pense qu’il s’agit également de repérer les potentiels, repêcher les candidats qui veulent rejoindre la police sans avoir les aptitudes pour le poste auquel ils postulent.
Nous sommes plus de trente mille flics à Europolis, pour protéger et servir douze millions d’habitants répartis sur une superficie très vaste. Parmi ces trente mille, beaucoup ne sont pas aptes à aller sur le terrain : un sédentaire comme Hickman ne pourrait même pas monter un escalier sans perdre son souffle, par exemple. Si la situation continue à se dégrader, les autorités devront mobiliser plus de monde.


Europolis se trouvait encore loin d’une guerre civile, mais cette crainte commençait à germer dans les esprits.

— Le gouvernement peut aussi se reposer sur l’armée, mais tu as dû voir comme moi le triste résultat, il y a quelques semaines, dans cette histoire de navire échoué. Je ne nie pas qu’on a des éléments violents et peu recommandables dans nos rangs, néanmoins les flics sont formés pour protéger la population, pas la massacrer.
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MessageSujet: Re: [Livre I - Terminé] V comme Venom   Sam 19 Jan - 6:36

19 Mars 2050

Lorsque Christopher lui expliqua qu’il se cachait une personne, un être vivant, derrière chaque agent, scientifique, inspecteur de la police, la brune eut un sourire plutôt discret. Il était loin d’imaginer qu’elle puisse en savoir autant sur sa vie personnelle. Cela faisait un moment qu’elle n’avait pas vu Lauren et avec son amnésie temporaire, Fallon était incapable de savoir qui elle avait pu croiser au cours des trois semaines précédentes. Il faudrait peut-être qu’elle songe à la croiser un soir, en dehors des sorties nocturnes de Venom. Deux personnes savaient déjà pour sa seconde identité, il n’en fallait pas plus sans quoi elle risquerait de se faire prendre. Son pseudonyme ne se faisait pas réellement entendre pour le moment. Mais elle savait que tôt ou tard, il ressortirait. Elle ne savait par contre pas de quelle manière ni les impacts qu’il aurait.

C’est effectivement probablement la dernière fois oui. Est-ce du regret ou du soulagement que je perçois dans votre voix lieutenant ?

Faisait-elle référence à la pseudo relation entre sa mère et lui ou bien aux ennuis qu’ils avaient traversé ensemble ? Kate était certaine qu’il ne regrettait pas l’attitude agressive de Fallon. Elle ne lui avait pas rendu la tâche facile mais à juste titre. Christopher n’avait pas été des plus amicaux lorsque l’attentat était survenu, optant pour des chemins directs là où il n’y en avait pas. Cependant, ce qui gênait la brune aujourd’hui, était ce volte-face de la part du policier. Le fait que Raven soit morte et enterrée n’était pas ce qu’il avait demandé au départ mais il s’en était contenté, laissant derrière lui l’histoire de l’attaque à la bombe et les problèmes qu’il aurait pu causer à la famille Ward, à tort. Etait-ce si simple pour lui de ranger cette histoire dans un placard et de passer à la suite ? L’étudiante avait plutôt du mal à agir ainsi. Lors de l’interrogatoire, le British lui avait fait comprendre qu’elle était une petite fille apeurée qui se cachait dans les jupes de sa mère, ce qui était évidemment complètement faux. Mais ce matin là, il semblait encourageant, protecteur. Cela choquait et surprenait la belle qui n’était pas habituée à ce genre de comportement envers sa personne. Après tout le premier homme à avoir voulu agir ainsi envers elle était Henry et elle ne connaissait le garçon réellement que depuis la fin du mois de Janvier. C’était toujours aussi perturbant pour elle de penser que l’on puisse vouloir l’aider en dehors de l’africaine. Au quotidien, les femmes étaient soit amicale soit aigrie en sa présence. Mais les membres de la gente masculine eux avaient tendance à être plutôt envahissant, obsédé par ce corps et ne voyant pas la personne derrière.

Kate se mit à parler de sa visite des locaux de la PTS menée par la charmante et surprenante Eva Walsh. A terme, la brune pensait pouvoir travailler en bonne collaboration avec l’Irlandaise, mais cela restait à tester et à prouver. La réaction du policier la fit sourire, elle en connaissait une qui aurait aimé le voir détendu de la sorte, oubliant à priori quelques instants de se ronger de l’intérieur. Il était assez difficile de passer à côté de cette facette de la personnalité de Christopher après tout. Et vu sa réaction aux explications concernant le docteur Walsh, elle semblait avoir plutôt bien cernée la blonde. En choisissant une autre spécialité que la sienne, elles auraient très probablement l’occasion de travailler ensemble sur une même affaire, complétant le travail de l’autre. Quant au docteur Hickman, la jeune femme ne l’avait pas perçu de la sorte. Il faut dire qu’elle n’avait guère passé de temps avec lui contrairement à Eva. Un petit sourire aux lèvres, la jeune femme ne put s’empêcher d’ajouter :

J’avais eu l’impression qu’elle était ce genre de personne en effet. Et clairement, son humour n’est pas imitable. Il donne d’ailleurs du fil à retordre au départ, lorsqu’on ne la connaît pas. Il y a eu plusieurs fois où j’ai eu du mal à trouver la limite entre humour et sérieux. Mais je suppose qu’à la longue on s’y fait ?

L’étudiante demandait son avis à Christopher sur la question et donc un peu au passage comment se passait leur relation. Elle avait bien compris lors de sa visite, pas longtemps après l’attentat de Coal District, que les membres de la PTS avaient eu le lieutenant dans le collimateur lorsqu’il avait fait récupérer le portable prépayé de sa mère. Poursuivant leur marche, elle ne put s’empêcher de le questionner sur l’organisation inhabituelle des épreuves. Et même si sa réponse était faite de rumeurs d’après ses dires, les craintes de la jeune femme se confirmaient. Elle allait devoir être vigilante pour exceller dans les domaines scientifiques et juridiques et rester effacée dans les épreuves plus physiques. Le lieutenant parla également de mobiliser plus de monde. La brune n’était donc pas folle et avait plutôt bien interprétée ce qui était arrivé.

Mais ce n’est pas le travail de Hickman d’aller sur le terrain si ? A moins que les métiers de la scientifique tendent vers des tâches plus mixtes et donc des sorties du laboratoire pour suivre une affaire ?

Le British reprit en expliquant la solution de l’armée qui avait été récemment une des plus grosses erreurs qui soit. L’armée était intervenue au port, mitraillant des centaines d’innocents pour essayer d’atteindre les coupables. Depuis quand ce genre de solution pouvait-elle être une solution envisageable ? Dans les explications de Christopher, sa réaction est transparente : il semble plus dégoûté qu’autre chose par ce type d’intervention. L’étudiante retrouvait une fois de plus le portrait de l’homme que Lauren avait aimé. Continuant de marcher, elle orienta son regard vers le bas, désolée pour cet homme qui semblait tant se vouer à une vie meilleure pour tous.

Je ne risque pas de vous contredire sur ce point.

Cette soirée au port avait fait beaucoup de dégâts, y compris chez Kate qui y avait croisé sa mère sans aucun souvenir d’elle, une déchirure complète. Le problème avait mis du temps à se résoudre mais finalement, Fallon était de retour au cocon familial depuis quelques jours à présent, blessée. Elle avait fait livrer le cadavre de Raven à l’EPD pour les libérer de cet accord qui avait été passé avec Christopher. Cet arrangement, la brune ne savait pas trop si c’était une chose qu’on pouvait qualifier de faite “dans les règles”. Elle ne connaissait pas encore assez le milieu pour juger de cela. Mais surtout, elle connaissait les sorties nocturnes du British, mais elle ne savait pas dans son métier du quotidien, il restait infaillible vis à vis des règles ou bien s’il faisait parti de ceux qui franchissaient parfois les limites pour arriver à leurs fins.

Dites je me demandais, vous qui êtes dans la police depuis un certain temps déjà, avez-vous déjà été limite ?

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MessageSujet: Re: [Livre I - Terminé] V comme Venom   Jeu 24 Jan - 4:29

V comme Venom

Christopher ϟ StubbornKate ϟ Venom

S’il regrettait ou se sentait soulagé de ne plus voir Kate de façon informelle ? Pour Christopher, la réponse était claire et tomba sans hésitation de sa part.

— Je suis soulagé d’avoir abandonné les chaînes qui nous liaient, soulagé pour les victimes de Coal District et leurs familles, soulagé que la justice remporte une victoire, soulagé que tu arrives enfin au bout de tes efforts.

Tous trois – Fallon, Kate, Christopher – s’en tiraient à bon compte. À très bon compte, même. Les blessures physiques comme les moments de tension laisseraient des cicatrices, mais leur alliance improbable aurait pu les conduire derrière les barreaux, voire leur être fatale.
Le 15 janvier 2050, beaucoup avaient perdu la vie ou subi des traumatismes qui les affligeraient jusqu’à la fin de leurs jours. Cette masse de douleur avait terriblement accablé « Monk », notamment le destin du collègue à qui il avait demandé de prendre sa place, peu avant l’explosion. Un brave flic dont il avait fallu ramasser les résidus déchiquetés, partiellement carbonisés, dans un sac plastique…


La criminaliste Eva Walsh était un sujet bien plus léger et agréable à aborder. Christopher se réjouissait de la bonne impression que sa guide avait laissée à Kate.
Vigilant sur ce qu’il pourrait dire au sujet de la sémillante trentenaire, Christopher se frotta machinalement la barbe tandis qu’il réfléchissait aux mots qui allait sortir de sa bouche.

— Je ne la connais pas depuis longtemps. D’ailleurs, elle a été affectée à Europolis il y a seulement quatre mois. Mais entre Britanniques et Irlandais on se comprend facilement, question humour. Je pense que tu t’y feras, toi aussi. Si tu veux mon conseil : invite-la dans un bar irlandais bien fréquenté pour faire connaissance. Je ne peux prédire si vous deviendrez amies, mais elle mérite qu’on s’intéresse à elle et son expertise te sera forcément utile.

Sourire bienveillant aux lèvres, l’Anglais posa brièvement une main sur l’épaule de Kate, comme pour appuyer ses propos.
D’une part Eva était moins entourée qu’il ne l’avait cru de prime abord, d’autre part Kate aurait besoin d’alliés fiables pour s’intégrer à la PTS. Réunir ces deux personnes, que le flic appréciait et désirait aider pour des raisons différentes, lui paraissait une très bonne idée.


Dans un autre registre, les questions de la candidate sur la mixité des épreuves montraient ses réticences à partir sur le terrain. Une crainte que le lieutenant comprendrait facilement chez une fille lambda… mais qui ne sonnait pas très naturellement chez une Kate Ward, fille de tueuse à gages qui savait tenir en respect la clientèle alcoolisée du bar où elle travaillait encore récemment, situé dans un quartier malfamé.

— Tu en sais autant que moi : les scientifiques se déplacent sur les scènes de crime pour effectuer des prélèvements et certaines analyses qui doivent avoir lieu sur place. Il nous arrive aussi de les emmener sur le terrain quand on a besoin de leur expertise, mais c’est à peu près tout.

Un à peu près qui, parfois, ne manquait pas de piquant.
Christopher se racla la gorge et reprit ses explications.

— Cela dit, quelles que soient sa fonction et ses compétences, un membre de la police reste une personne assermentée et donc mobilisable. Tu n’auras sans doute jamais à porter un uniforme, encore moins porter une arme à feu, mais qui peut dire ce qu’il adviendra d’Europolis dans dix ans ? Je suis peut-être totalement à côté de la plaque dans tout ce que je viens de dire, mais j’estime que nos dirigeants ont aussi pour devoir d’envisager le pire et s’y préparer.

En tout cas, Kate partageait l’opinion de Christopher sur le recours inapproprié à l’armée et il n’en fut guère surpris. À part une minorité d’extrémistes ou nostalgiques de la guerre, peu soutenaient ces actions mortifères et disproportionnées sur fond de cachotteries du gouvernement.

À ce sujet, Kate demanda ensuite au vétéran de la police s’il avait déjà été « limite » au cours de sa carrière.
Christopher répondit d’abord par un ricanement.

— Tu me poses réellement cette question ?

Kate connaissait déjà la réponse, bien qu’elle ignorait la majeure partie de ses débordements.
Si l’Anglais y songeait plus d’une seconde, il replongerait aussitôt dans les sombres couloirs de sa conscience tourmentée et pétrie de remords, ruinant tous ses efforts pour maintenir la tête hors de l’eau.
Il continua sans attendre la réplique de la jeune Ward, rivant sur elle un regard appuyé.

— Si j’étais un flic qui reste dans les clous, ta mère serait actuellement derrière les barreaux, prête à être jugée. Tu serais sans doute inculpée toi aussi, pour complicité. La Crows League payait grassement Fallon pour tuer des gens, ne l’oublions pas. C’est à Raven et à la Pègre que vous devez le confort de votre bel appartement et le joli pactole que vous avez accumulé, évidemment non déclaré aux impôts. Qui sait ce que la police aurait découvert d’autre, si je ne nous avais pas couvertes après le 15 janvier ? Avec son goût pour l’espionnage et ses autres activités, je doute que Fallon ait travaillé sur le web sans avantages annexes.
Évidemment, ta mère et toi n’êtes pas les seules pour et avec qui j’ai franchi les limites de mes prérogatives en dix années de service à Europolis. Cela dit, tu es véritablement la seule que j’ai emmenée dans un bâtiment protégé de l’EPD.


Christopher poussa un soupir. Beaucoup de ses anciens alliés, justiciers ou indics, ne s’en étaient pas aussi bien sortis que les Ward.

— Je suis d’ailleurs persuadé que tu franchiras toi-même les limites, ne serait-ce que pour couvrir et aider ta mère. L’essentiel, c’est de le faire pour de bonnes raisons. Des motivations qui ne doivent pas être égoïstes, personnelles, mais viser avant toute chose le bien commun. C’est ce qui distingue un homme comme Vampyr des pseudo-justiciers qui profitent du chaos pour se remplir les poches, ou se défouler en se donnant bonne conscience.
J’espère que tu connaîtras un futur où les rues seront suffisamment sûres pour appliquer les lois de façon moins élastique. En attendant, franchir les limites est un mal que j’estime parfois nécessaire.

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MessageSujet: Re: [Livre I - Terminé] V comme Venom   Ven 25 Jan - 19:09

19 Mars 2050

La jeune femme ne savait pas trop comment interpréter les paroles du policier. Elle pouvait comprendre qu’une part de cette affaire le soulage maintenant qu’elle était terminée. Il est vrai que le rôle d’intermédiaire qu’il avait joué entre la famille Ward et les forces de l’ordre n’avait pas dû être des plus confortables. Cependant, elle restait incompréhensive face à cet encouragement qu’il s’efforçait d’avoir envers elle. La brune était parfaitement consciente que Christopher avait pris de sacrés risques en les faisant passer pour des indics. Elle restait persuadée que la seule chose qui avait permis aux deux femmes d’avoir cette chance était la double identité de sa mère. Vyper était un nom que le lieutenant Hart respectait. Cela lui avait coûté cher de devoir l’admettre et de reconnaître l’africaine comme étant cette justicière. L’étudiante ne doutait pas de la gentillesse et de la bienveillance du British en particulier mais de celles de n’importe quel individu. Elle connaissait que trop bien l’hypocrisie humaine. La seule qui lui avait porté de l’intérêt sans vouloir l’utiliser était Fallon. Elle lui avait donné une chance inestimable. Aujourd’hui il y avait également Henry qui faisait parti de sa vie. A cette pensée, la brune eut un petit sourire sur les lèvres de manière instinctive. Il l'avait tellement soutenu ces derniers temps. C'était grâce à lui qu'elle avait repris les révisions en même temps que les recherches pour Fallon. Après réflexion, Kate se demanda si le policier ne faisait pas référence au fait qu’elle aurait pu se voir retirer toutes chances d’intégrer l’EPD un jour si cette histoire s’était aggravée encore plus. Il faut dire que lors de l’attentat, il y avait eu pas mal de pertes humaines.

La façon dont le lieutenant parlait de sa collègue était très élogieuse. Il faut dire que l’Irlandaise avait laissé un souvenir similaire à la brune, malgré la courte durée de leur rencontre. Au départ, elle s’était demandée si la remarque d’Eva concernant sa potentielle future présence dans les laboratoires de la PTS n’avait pas été dans le but de faire comprendre qu’elle n’y arriverait jamais. Ce n’était qu’après coup, sur le chemin du retour, que l’étudiante s’était dit que la scientifique n’avait pas fait cette remarque que par rapport à la perte de temps qu’elle lui avait généré. La jeune femme avait plus l’impression qu’il s’agissait là d’une gentille pique pour la forcer à lui prouver qu’elle pouvait le faire. C’était une forme d’encouragement en soit, même si elle utilisait une façon de faire fortement détournée. Mais voilà en quoi résidait le charme du docteur Walsh. Repensant à la façon d’être très brute de décoffrage et humoristique de l’Irlandaise, elle se laissa surprendre par la main que Christopher posa sur son épaule.

Nous en reparlerons autour d’une tasse de café avec la principale intéressée le jour de mon intégration à la PTS si vous le souhaitez.

Un petit sourire aux lèvres, elle n’était pas sûre qu’il veuille dire tout cela devant la belle Eva aussi cela la fit rire de dire une chose qui n’allait très certainement jamais arriver. Reprenant un peu plus son sérieux, l’étudiante en avait marre de ne pas savoir sur quel pied danser avec le lieutenant Hart. Aussi était-elle décidée à aborder le sujet une fois qu’ils auraient fini de discuter de la mixité des épreuves et des objectifs potentiels de l’EPD en matière d’organisation et de réorganisation. Christopher lui énonça ce qu’elle savait déjà. Elle s’était de toute évidence mal exprimée car le policier semblait croire qu’elle n’était pas informée de cela.  Puis il alla plus loin dans son raisonnement, parlant du futur et de ce que la jeune femme pensait entrevoir. La brune dut se retenir de sourire lorsqu’il lui précisa qu’elle n’aurait probablement jamais à porter un uniforme et encore moins une arme à feu. Elle songea à ce moment là à son habit de Venom et ses armes qui étaient sa version à elle de l’uniforme et du port d’arme.

Bien sûr mais l’équipe scientifique est appelée une fois que la zone est sécurisée. Mais j’avais l’impression qu’il y avait une volonté de créer un poste mixte. Quelqu’un qui soit agent de terrain avec des compétences scientifiques pour être sur place à tout moment ou presque. Comme vous dites, on verra bien ce que l’avenir nous réserve.

A entendre le rire du lieutenant, l’étudiante comprit qu’il allait donner pour exemple ce qu’il s’était passé avec sa mère et elle. Une fois de plus, à poser des questions vagues pour être plus discret, on se retrouvait avec des réponses qui étaient loin de ce qu’on voulait entendre. Le fait qu’il lui rabâche tout cela ne lui faisait pas plaisir. La jeune femme était bien trop consciente que Christopher était celui qui lui avait permis de garder sa mère et de ne pas la stopper dans ses projets professionnels. Un coup le lieutenant semblait lui rappeler qu’elle lui en devait une, le coup d’après il semblait être à deux doigts de la féliciter pour son cheminement depuis qu’ils se connaissent jusqu’à aujourd’hui. Lorsqu’il évoqua le fait qu’elle-même franchirait à l’avenir les limites pour couvrir Fallon, limites qu’il jugeait nécessaire d’être franchies à certaines occasions. Regardant autour d’eux, elle attrapa la main du policier et l’attira dans la première ruelle qui passait après avoir observé les alentours et le fait que personne ne faisait attention à eux. Lâchant aussi rapidement qu’elle l’avait prise la main du British elle fit un pas vers le fond de la ruelle avant de se retourner pour faire face à cet homme pour lequel elle n’arrivait pas à se décider entre méfiance et confiance :

Je dois dire Christopher que je n’arrive pas à savoir à quoi m’attendre avec vous et c’est plus que perturbant. D’un côté vous semblez regretter de ne pas avoir coffré celle qui m’a donné une seconde chance tout en admirant ce qu’elle fait de ses nuits. D’un autre côté vous semblez vouloir m’encourager dans ma voie tout en refusant de me donner un centième de votre confiance. Je ne sais pas comment vous agissez habituellement. Peut-être est-ce une déformation professionnelle ou personnelle, mais la confiance c’est mutuelle pour moi. Et je n’accorde pas la mienne facilement, encore moins quand je ne peux comprendre le comportement de la personne qui me fait face et qui semble balancer entre les deux côtés.

Reprenant sa respiration, le regard très sérieux, elle songea au fait qu’ils allaient probablement être bientôt collègue et qu’il était mieux de mettre les choses à plat avant qu’il ne soit trop tard et qu’elle sente ce poids sur ses épaules chaque journée où elle devrait aller travailler. Kate n'était pas vraiment agressive, mais elle préférait mettre les choses au point avant qu'ils ne se côtoient au quotidien.

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MessageSujet: Re: [Livre I - Terminé] V comme Venom   Mar 29 Jan - 4:30

V comme Venom

Christopher ϟ StubbornKate ϟ Venom

Parfait ! Kate semblait prête à rencontrer Eva Walsh de façon informelle, mais le flic n’avait pas envisagé une seconde de se joindre à elles. Il ne voyait pas ce que sa présence apporterait de bon et se sentirait comme un intrus, une source de gêne.
Christopher se joignit donc au rire de Kate, s’accordant sur l’improbabilité de cette rencontre à trois.
Une rencontre qui aurait pu être agréable et sympathique si leurs passifs tumultueux ne compliquaient pas autant leurs relations.

Le lieutenant n’avait rien de plus à ajouter sur la politique de recrutement de l’EPD, dont il ignorait presque tout en tant qu’officier de rang inférieur travaillant loin des bureaux.
D’ailleurs, les postes mixtes dont parlait Kate ne l’inspiraient guère : les individus capables d’être à la fois bon scientifique et bon agent de terrain appartenaient à une élite. Ils faisaient carrière dans les agences et unités spéciales (services secrets, déminage…), car leurs talents multiples seraient gâchés au sein de la police. Dans les affaires courantes, les secrets de la division cellulaire étaient aussi utiles qu’à l’arrière d’un comptoir de bar. En outre, les officiers comme Christopher maîtrisaient déjà les techniques fondamentales de leur métier, notamment le prélèvement rapide de fluides corporels et d’empreintes digitales à l’aide de kits simples à utiliser.

Kate aborda ensuite le sujet délicat des limites que l’Anglais avait franchies au cours de sa carrière, et la réponse franche de l’intéressé provoqua chez elle une vive réaction.
Enfin !
Le flic se laissa entraîner dans une ruelle – si elle s’y sentait mieux pour discuter, cet isolement lui convenait parfaitement. Il ne croyait plus faire sortir un jour Kate de son mutisme obstiné, et voilà qu’à présent, elle prenait l’initiative de la confidence !

— Je suis ravi que tu abordes le sujet, dit-il avec soulagement. Maintenant je comprends mieux la réserve qui a toujours été la tienne, même durant les mois qui ont précédé l’attentat.

Quelle vision caricaturale elle avait de lui et de leur relation !
Ils en riraient peut-être un jour – probablement pas. Pour l’heure, l’Anglais affichait la mine solennelle des moments cruciaux.

— Je pense que tu vois les choses de façon trop manichéenne. Rien n’est tout noir ni tout blanc dans la vie, en particulier les gens et nos sentiments à leur égard. Ta mère est stricto sensu une criminelle au caractère acerbe et changeant ; à titre personnel elle m’insupporte, pourtant je lui reconnais de belles qualités et plusieurs de ses actions ont eu un impact positif. Je comprends pourquoi tu lui es fidèle et dévouée, mais pour moi le fait de t’avoir sauvée ne lui donne pas l’absolution sur le reste de ses activités.
J’ai toujours été clair avec vous deux : c’est le bien commun, l’intérêt d’Europolis et ses habitants qui me motivent. C’est pour cette raison que j’exerce ce métier. Un métier particulièrement difficile dans le contexte actuel, quand on a une conscience et à la justice à cœur. Tu n’arrives pas à me comprendre, car je ne suis pas un flic négligeant qui s’assoit sur la loi comme sur la cuvette des WC, pas plus que je ne suis un lieutenant rigide avec un balai profondément enfoncé dans le postérieur.


Christopher soupira, puis posa ses mains sur les épaules de Kate en la fixant droit dans les yeux.

— Comment peux-tu croire que j’ai seulement une infime confiance en toi, alors que je te soutiens depuis notre première rencontre ? J’ai confiance dans ton engagement à rendre Europolis plus sûre, à confondre les monstres aux nombreux visages que tu as eu le malheur de connaître, et que tu croises encore dans le triste quartier où tu habites. Je suis sûr que ce n’est pas la vengeance qui te motive le plus, mais la soif de justice, la volonté d’épargner à d’autres innocents les souffrances que tu as subies.
Je ne suis pas aveugle ou stupide pour autant. Mon expérience m’a appris à être réaliste et me baser sur les faits. Jamais tu n’as formulé la moindre critique sur les agissements et les méthodes de Fallon. Tu lui es plus loyale qu’à la police et son règlement, cela ne fait pour moi aucun doute. Tu as également montré une disposition à prendre des risques et braver l’EPD pour des motifs qui te paraissent valables, comme nous l’avons déjà fait ensemble.
Prétendrais-tu que tu n’enfreindras plus jamais la loi, une fois que tu auras intégré la police scientifique ? Affirmerais-tu sans ciller que jamais tu ne profiteras de ta position pour aider ou couvrir ta mère ?

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MessageSujet: Re: [Livre I - Terminé] V comme Venom   Mar 29 Jan - 7:27

19 Mars 2050

Les faits étaient simples. Kate allait bientôt intégrer la police scientifique au sein de l’EPD, si tout se passait bien en tout cas. Le lieutenant Hart allait être un de ses collègues. Elle n’allait clairement pas le voir tous les jours, elle avait de gros doutes là-dessus. Mais pour autant, ils allaient sûrement être amené à travailler ensemble assez régulièrement. Aussi il était temps de mettre les choses au point et même si la jeune femme avait plutôt tendance à garder les choses pour elle, à long terme, cette situation ne serait pas tenable. Elle avait donc décidé d’attraper le policier pour l’entraîner à l’écart, histoire d’être un peu tranquille. La brune ne s’attendait pour autant pas à ce que le British soit content de l’orientation que prenait leur conversation. Aussi c’est tout naturellement que l’étudiante arqua un sourcil, attendant d’écouter la suite. Dire qu’elle était manichéenne revenait à la comparer à une enfant. Hors la jeune scientifique n’avait jamais eu le droit à ce passage insouciant de la vie d’un humain. Plus elle l’écoutait et plus elle l’avait l’impression que Christopher la traitait comme telle. Kate était assez jeune il faut dire, mais la vie n’ayant pas été tendre avec elle, elle avait sauté les étapes pour devenir adulte bien trop tôt.

Écoutant attentivement tout ce que le lieutenant pouvait avoir à lui dire, au vue du début de son intervention, il n’imaginait probablement pas qu’elle pouvait être d’accord avec lui sur biens des points qu’il abordait. Non sauver une vie ne permettait pas de faire tout ce qu’on voulait derrière, la brune en était bien consciente. C’était bien pour cela qu’elle avait orienté Fallon sur le meurtre de gens ayant mal agi, d’une manière ou d’une autre. Elle aurait préféré que sa mère arrête complètement d’être une tueuse à gage mais cela n’était pas si simple. Dans le fond, le démantèlement imposé par leur accord de la Crows League allait peut être lui permettre de faire arrêter sa mère. La vision qu’avait Christopher de son métier était celle que l’étudiante avait déjà de ce qu’elle voulait faire une fois intégrée à la PTS.

Alors qu’elle allait prendre la parole, profitant de la pause du policier, ce dernier la prit par les épaules, attirant de facto son regard dans le sien. Clairement la surprise était lisible dans ses prunelles tant l’étudiante ne s’attendait pas à ça. Elle se souvenait très bien au cours de l’interrogatoire de ce que le British avait dit, du fait que sur l’instant il ferait plus confiance à sa sauveuse, avec le portait qu’il venait de dépeindre d’elle, qu’à l’ex-barmaid. A son plus grand étonnement, il semblait avoir compris ses intérêts sa façon de raisonner, ce qui était loin d’avoir été le cas lorsqu’il avait été celui qui les avait interrogé suite à l’attentat. La réalité était en train de s’étaler au grand jour et était encore plus surprenante qu’elle ne l’aurait pensé.

Je pense que c’est vous qui n’arrivez pas à comprendre ou à imaginer que l’on puisse se ressembler bien plus que vous ne le pensez.

Se passant une main dans les cheveux, n’aimant pas particulièrement ce genre de conversation, la brune plongea de nouveau son regard dans celui du policier. Il y avait eu d’autres fois où elle avait douté, mais la jeune femme était incapable de trouver une once de doute ou de méfiance chez le British. Le soucis majeur de Kate était d’accorder sa confiance. L’écrivain en avait fait les frais il n’y avait pas si longtemps que ça. Etait-ce le tour de Christopher ? En tout cas, même si elle ne lui disait pas tout, elle ne comptait pas lui mentir sur ce qu’elle pourrait lui dire. Elle n’avait aucun intérêt à lui mentir à l’heure actuelle.

Tendez-vous votre flingue à votre adversaire lieutenant ? Je suppose que non ou alors c’est que vous auriez quelques tendances suicidaires. Il en va de même pour moi, j’évite de fournir des éléments qui pourraient être retournés contre moi. Concernant le fait d’enfreindre les règles si je le juge opportun, on a tous une limite, une capacité à faire ça.

Ce qu’entendait l’étudiante par là c’est qu’elle ne comptait pas aller à l’encontre de toutes les lois. Personne ne pouvait être au-dessus de ces dernières. C’était aussi pour cela qu’elle capturait des criminels la nuit qui étaient livrés vivants à la police. La justice devait faire ses preuves aussi, la brune fournissait les truands ligotés avec les preuves à côté, tout ça sur un plateau d’argent. Concernant sa mère, Kate jouait contre la montre sans savoir de combien de temps elle disposait. Ses pulsions meurtrières ne semblaient plus être le seul problème maintenant qu’elle était rentrée vivante et avec sa mémoire entière. Seulement, ce genre d’épisode allait-il se reproduire ? Il fallait qu’elle planche sur le sujet pour trouver un remède, une façon de canaliser ça, même si elles devaient avoir recours aux médicaments. C’était ce que la brune redoutait le plus pour Fallon.

Concernant votre confiance en moi, je vous rappelle que c’est ce que vous m’aviez fait comprendre lorsque j’étais de l’autre côté de la table dans la salle d’interrogatoire.

Puis détournant le regard, la jeune femme songea pour la énième fois au comportement qu’elle allait adopter une fois qu’elle aurait intégré la PTS. Sa mère savait déjà qu’elle ne devrait plus faire de débordements. Mais c’était bien plus facile à dire qu’à faire dans son cas. Serait-elle capable de révéler ses crimes au grand jour si l’africaine franchissait la ligne ? Probablement pas. L’étudiante allait préférer une voie bien plus off, ce qu’elle ne pouvait révéler à Christopher qui lui faisait face. Relevant ses yeux afin de trouver le regard du policier, elle reprit :

Je me débrouillerais le moment venu. Je ne pense pas que vous aurez beaucoup de conseils supplémentaires à m’apporter sur ce point là.

Sortant son téléphone de sa poche pour regarder l’heure, le temps avait défilé à une vitesse folle. Prenant un peu de distance avec le lieutenant, l’examen n’allait pas l’attendre, il était hors de question de prendre le risque d’être en retard alors qu’elle était si proche du lieu du concours. La brune reprit à l’attention du lieutenant, juste avant de tourner les talons :

Je crois que je vais devoir vous laisser. Je vous souhaite une bonne journée lieutenant Hart.

La jeune femme se dirigea vers le bout de la ruelle mais se stoppa quelques mètres avant de sortir du champs de vision du policier. Se tournant de nouveau vers lui elle ajouta :

N’oubliez plus que nous sommes dans le même bateau à l’avenir s’il vous plait.

Reprenant la marche, l’étudiante remit la musique dans ses oreilles afin de se concentrer avant le début de l’épreuve. Elle ne pensait par contre pas recroiser Christopher le soir en sortant de l’épreuve de tir. Evidemment, si la brune avait brillé dans son épreuve scientifique, elle avait été obligé de réaliser de piètres performances sur l’épreuve de tir avec des balles à blancs. Elle s’était amusée à toucher une ou deux fois le centre, misant sur la chance du débutant. Heureusement, ses voisins avaient tout de même mieux réussi que ça. La musique toujours dans les oreilles, elle fut prise par surprise par le British.

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MessageSujet: Re: [Livre I - Terminé] V comme Venom   Dim 3 Fév - 22:18

V comme Venom

Christopher ϟ StubbornKate ϟ Venom

*Plouf* C’est le bruit qu’aurait pu faire la tentative d’explications entre Christopher et Kate. Là où l’Anglais se confiait avec force honnêteté et générosité, l’étudiante s’exprimait à demi-mot, parlant peu pour en dire encore moins.
Au final, quelle importance ? Le lieutenant s’était forgé une opinion depuis longtemps. Cette rencontre n’y contrevenait en rien. Kate était le genre de candidate dont la police avait besoin dans le climat actuel. Tout comme Europolis avait besoin de justicière comme Fallon. Et de flics déviants comme lui, coupables d’infractions plus sérieuses que d’anodines entorses au règlement. Cette réalité déplaisait à Christopher et tourmentait sa conscience, mais le pragmatisme l’emportait sur la pureté idéologique.

— Réfugie-toi derrière les murailles de ta méfiance si tu préfères, je n’irai pas t’en déloger. Mais n’évoque plus le principe de confiance mutuelle quand j’ai fait plus qu’un premier pas dans ta direction. Je ne suis ni de ta famille, ni un ami, toutefois nous allons devenir collègues. Et je suis certain que malgré nos différends, nous saurons travailler ensemble lorsque les circonstances l’exigeront. (Christopher haussa les épaules.) Après tout, nous l’avons déjà fait de manière clandestine et ça a plutôt bien fonctionné.

Telle une guêpe obstinée, Kate revenait toujours aux paroles qu’il avait prononcées après l’attentat, occultant toutes leurs autres rencontres comme si elles n’avaient jamais eu lieu.
Christopher se sentit blessé par cette attitude injuste à ses yeux. Il brandit un index et haussa le ton – sans aller jusqu’à crier. Une veine gonflait le long de sa tempe.

— Si le comportement d’un flic exténué, les nerfs à vif, sortant d’une terrible journée durant laquelle il a échappé de peu à la mort, vu des collègues se changer en morceaux de chair informes, avec la pression de toute l’institution policière et de la population sur le dos pour trouver les coupables au plus vite, représente mieux sa personnalité que toutes les autres fois où il t’a rencontrée et encouragée, alors tu es soit paranoïaque maladive, soit terriblement rancunière. (Christopher écarta les bras avec dépit.) Que veux-tu que je te dise ? Je suis humain. Je suis faillible. Il m’arrive de perdre pied, de péter une durite, de dire des conneries sous l’effet de la fatigue et de la colère. Et ça m’arrivera encore ; cela nous arrive à tous, dans ce foutu métier. Nul n’est exempt de défauts, moi pas plus que toi. Pour ne rien arranger, c’est toujours dans les pires moments que notre part d’ombre réussit à nous dominer.

Et encore, Kate ne l’avait jamais vu vraiment débloquer.
Psychologiquement, son esprit avait été mis à rude épreuve ce jour-là. Christopher avait même souffert d’hallucinations, effets secondaires des insomnies, du stress prolongé, de médicaments ingérés en trop grandes quantités et mélangés à la caféine.
Toutefois, seul le lieutenant Goldsmith avait servi de bref exutoire à la violence qui couvait en lui. Si Kate lui connaissait cet aspect détestable, sans doute le regarderait-elle avec dégoût plutôt qu’avec méfiance.

Christopher ignorait que Fallon souffrait également de problèmes d’agressivité.
Il ignorait tant de choses.

* * *

La rencontre matinale avec Kate s’était conclue de manière abrupte et inattendue, si bien que le flic n’avait guère eu l’occasion d’aborder un dernier sujet qui les concernait tous les trois – Christopher et les Ward.
Un contretemps que l’inspecteur avait mis à profit : la question triviale s’était muée en investigations, et certaines paroles de l’étudiante trottaient sans cesse dans sa tête depuis la matinée.
Il fallait qu’il sache.

Adossé contre un mur, Christopher attendait sa proie comme un chasseur à l’affût. Le civil presque négligé du matin avait disparu après un passage à son appartement. Cheveux gominés, barbe soigneusement taillée, vêtements chic, posture assurée, il était redevenu le lieutenant Hart élégant et respectable qui menait ses enquêtes avec application.

Lorsqu’il aperçut la silhouette de Kate, l’Anglais se détacha du mur et se dressa sur son chemin, fermement campé sur ses jambes.

— Bonsoir Kate. Plutôt décevant ton score au tir, surtout quand on a une mère douée de la gâchette. C’est dommage qu’elle ne t’ait pas enseigné son art, elle qui a ta sécurité très à cœur. Vous habitez pourtant un quartier à risque.

Christopher esquissa un sourire entendu. Celui du flic laissant entendre qu’il savait tout.
Du bluff, évidemment. Puisque Kate Ward aimait jouer des sous-entendus, il avait décidé de manœuvrer sur ce terrain. Un terrain d’entente, espérait-il.

— Rassure-toi, je ne viens pas remuer une nouvelle fois le passé. Je t’avais prévenue qu’il s’agissait ce matin de notre dernière rencontre informelle, n’est-ce pas ? Je te demande juste d’anticiper un chouia le jour où nous serons collègues… et fermerons les yeux sur certains écarts pour le bien d’Europolis.

Le flic laissa planer un bref silence afin de laisser à Kate le temps de digérer l’information. Il la prenait certes par surprise mais souhaitait une réponse réfléchie de sa part, non une réaction quasi instinctive de défense.

— Voilà mon petit souci : j’ai reçu un message de V, notre « amie » commune, me signalant trois dealers sur les docks de Coal District. C’était le 8 mars. (Silence.) Tu devineras comme moi que deux choses ne collent pas, voire trois. (Christopher ancra un regard inquisiteur sur le visage de Kate, puis leva un pouce.) Primo, c’était durant la période où ta mère était injoignable. (L’index se dressa à côté du pouce.) Secundo, ce n’est pas son genre de s’intéresser à du menu fretin… (le majeur suivit le mouvement.) ou laisser des criminels en état de respirer. J’irai bien questionner Fallon à ce sujet, mais ça m’embêterait de la déranger pendant sa convalescence. J’ai donc songé à appeler mes indics qui traînent dans le coin, histoire de recueillir leur version de l’histoire, quand je me suis dit (il claqua des doigts) : pourquoi ne pas demander à Kate si elle est au courant de quelque chose ? (Ses yeux se plissèrent.) Alors, Kate ? Peux-tu m’aider à éclaircir ce mystère ?


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MessageSujet: Re: [Livre I - Terminé] V comme Venom   Lun 4 Fév - 20:10

19 Mars 2050

Avant qu’elle ne le quitte ce matin, Christopher avait fait tout un laïus pour finalement reconnaître son tort qui n’en était pas des moindres. Le lieutenant n’avait toujours pas réalisé que la faute était humaine et pardonnable certes mais fallait-il encore que le fautif s’en donne les moyens rien qu’en avouant sa faute. Il n’avait toujours pas compris qu’à ce moment là, la brune s’était sentie trahie. Elle qui pensait pouvoir lui faire confiance, qui avait commencé à croire en son soutien et ses encouragements, s’était retrouvée ramenée plus bas que terre par cette même personne. Si Kate avait aujourd’hui beaucoup de difficultés à accorder sa confiance, ça n’était pas pour rien. Le genre humain ne lui avait pas donné beaucoup d’éléments pour croire en lui. Et pourtant, elle avait trouvé suffisamment de foi et d’envie pour tenter de l’aider, de le sauver en intégrant la police scientifique. Au vu de la frustration et de la déception que le British semblait ressentir face à elle et le fait qu’elle reparle de ce moment, elle termina en ajoutant dans un faible murmure :

Je voulais simplement que vous me disiez ça … Que vous admettiez votre erreur ...

Aucune erreur n’était réelle tant que la personne qui l’avait commise ne l’avait pas reconnue à ses yeux. A l’heure actuelle, la brune avait pardonné beaucoup d’erreurs, mais toutes avaient été admise par la personne au préalable, signe d’un regret éventuel. Pourquoi autant de gens passaient outre leurs bêtises et faisaient comme si de rien n’était ? Ne se rendaient-il pas compte du mal qu’ils faisaient ou bien s’en moquaient-ils éperdûment ? Peu importait l’étudiante aujourd’hui qui n’accordait que rarement sa confiance à cause de ce genre de problème. Seulement peut-être n’était-ce pas aussi évident pour Christopher de reconnaître ses torts. La jeune femme l’avait toujours apprécié et même si celui-ci semblait ahuri devant autant d’insistance sur un instant commun à leur deux vie, elle avait eu ce qu’elle voulait et avait envie de croire que l’avenir commun qui leur était réservé serait meilleur. Ce n’était sans compter sur le fait qu’elle allait recroiser le policier plus tard dans la journée.

***

Sortant de l’épreuve de tir, Kate avait donné le meilleur de ce qu’elle avait pour ne pas être trop douée. Il faut dire qu’une scientifique qui excellerait dans toutes les épreuves physiques serait probablement vu bizarrement. L’étudiante avait opté pour la tranquillité en faisant profil bas, ne révélant pas ses capacités. Lorsqu’elle avait observé les cibles des personnes qui étaient autour d’elle, la brune avait remarqué certains candidats qui s’étaient pas trop mal débrouillés. Mais elle avait été quand même surprise du manque de précision chez la majorité des prétendants au poste de police. Les écouteurs dans les oreilles, elle s’apprêtait à regagner son appartement pour aller voir comment sa mère allait lorsque le lieutenant Hart sortit de l’obscurité pour se mettre sur sa route. A l’approche du British, elle coupa la musique de son portable et ôta ses écouteurs de ses oreilles pour l’entendre la saluer. A quoi jouait-il au juste ? Jusqu’à présent, il n’avait cessé de lui faire comprendre que c’était sa faute à elle si ça se passait pas toujours très bien entre eux. Maintenant qu’elle voulait repartir sur de bonnes bases, monsieur semblait être d’humeur à la provoquer.

Bonsoir lieutenant. Je ne pensais pas vous recroiser ce soir. Je ne crois pas m’être déjà baladé avec une arme ce qui aurait pu vous laisser croire que je saurais m’en servir.

Changeant d’humeur en un battement de cils, Christopher lui avoua ne pas vouloir reparler du passé. Sauf que la remarque suivante fait tilte dans l’esprit de l’étudiante tandis qu’elle garde son sang froid, laissant aucune réaction percer. Pensait-il qu’elle lui demanderait de l’aide pour dissimuler les faits et gestes de sa mère lors de ses activités nocturnes ? Elle n’était pas certaine du terrain sur lequel le British était en train de l’emmener mais de toute évidence, il semblait dans le rôle du parfait enquêteur, pimpant contrairement au matin, prêt à extorquer des aveux. Laissant un léger blanc entre eux, c’est le lieutenant Hart qui reprit la parole afin de lui exposer un problème qu’il avait. Sauf qu’elle n’avait pas songé une seconde qu’il viendrait lui parlait de sa propre intervention la nuit. Attentive au moindre mot qu’il pouvait employer, la jeune femme restait concentrée afin de ne laisser transparaître aucune réaction. Lorsqu’il énonça le premier point qui lui paraissait bizarre, la brune savait déjà qu’elle pourrait s’en défaire. Fallon ne se souvenait pas de ce qu’elle avait pu faire. Cela n’était donc pas improbable qu’elle ait pu être sur les quais à ce moment là, même si elle savait que l’africaine n’y était pas. Le second point ne lui fit pas peur non plus, elle n’intervenait pas de cette manière mais la tueuse était bel et bien capable d’agir contre ce genre de criminels, surtout vu les circonstances qui avaient poussé Venom à agir. Seulement le second point fut compléter par un argument plus difficile à contourner. Sa sauveuse tuait ses cibles, elle ne capturait pas les criminels. C’était le point sur lequel Kate se distinguait le plus dans sa façon d’agir par rapport à sa mère adoptive. Il n’y eut pas de troisième point à évoquer. Par contre, Christopher la surprit légèrement en claquant des doigts tout en avouant qu’il avait songé à elle pour l’éclaircir. Aussi l’étudiante rattrapa sa réaction pour la transformer en réelle surprise plutôt qu’en crainte de devoir écourter sa carrière nocturne.

Moi ? Et comment je pourrais être au courant de quoi que ce soit ?

Prenant le temps de respirer, la brune devait mesurer ses paroles, les choisir avec soin. Face au lieutenant Hart, elle n’aurait pas le droit à une seconde chance. L’enquêteur était plus que bon dans son domaine, ce n’était pas pour rien qu’il avait demandé le téléphone de Fallon le soir de l’attentat. Il avait senti une grosse piste pour attraper les responsables et avait saisi l’opportunité après avoir pesé les pours et les contres. Kate savait mentir, bien mieux que beaucoup de gens, mais allait-elle être à la hauteur pour berner Christopher et son expérience ? Rien n’était moins sûr.

Elle ne se souvient de rien depuis les soucis au port jusqu’à son retour.

Ce qui surprenait le plus l’étudiante était le fait qu’il avait privilégié le fait de lui demander plutôt que de recueillir le moindre témoignage des agissements de la nuit du 8 Mars. N’était-il pas en train d’essayer de la rouler dans la farine en lui faisant croire qu’il ne savait rien alors qu’il avait des pistes ? Ou bien cherchait-il à la coincer, étant déjà persuadé qu’il s’agissait d’elle ? Comment en être sûr tant qu’il ne lui en disait pas plus ? Le fait que sa mère signait ses livraisons d’un V n’était pas connu que de Christopher, Fallon et elle. Pour autant, en dehors de l’EPD, il n’y avait peut-être pas grand monde qui le savait. Les passants qui apercevaient les cadavres pouvaient tout de même s’approcher le temps de constater puis s‘en aller avant l’arrivée de la police. Mais c’était trop faible. Kate avait l’impression d’être en train de jouer avec le feu. Surtout qu’elle n’avait pas la moindre idée de la réaction que le British pourrait avoir s’il comprenait ou s’il apprenait qu’il s’agissait d’elle sous le masque de Venom. La brune avait songé l’orienter sur la piste d’un imitateur mais elle préféra s’abstenir pour le moment.

Là comme ça je n’ai absolument aucune idée du pourquoi du comment. A part penser qu’elle est plus soft lorsqu’elle est amnésique, je vois pas.

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MessageSujet: Re: [Livre I - Terminé] V comme Venom   Jeu 7 Fév - 4:22

V comme Venom

Christopher ϟ StubbornKate ϟ Venom

Christopher ne comprenait pas le fonctionnement de Kate. Bon sang, après tout ce qu’elle avait vécu, une gueulante au milieu d’un bordel sans nom aurait dû lui passer par-dessus la tête ! Elle entendait certainement bien pire derrière son comptoir, tous les soirs où des bouches avinées péroraient autour d’une table et déblatéraient connerie sur connerie. Quant à Fallon, avec son caractère de vieille bique et sa langue de vipère, n’avait-elle jamais eu un mot de trop, un geste déplacé à l’encontre de sa fille devenue femme ?
La résilience de Kate n’était plus à prouver. Elle possédait le cuir épais d’un alligator, pourtant elle lui donnait parfois l’impression de réagir comme une petite fille.
Le lieutenant l’avait peut-être davantage encouragé que d’autres, mais jamais il ne s’était senti assez proche de la barmaid pour que son avis importe réellement. D’un côté comme de l’autre, il y avait toujours eu une distance, des non-dits qui prévenaient tout lien d’amitié. Lui-même avait adopté une approche pragmatique depuis les aveux des Ward. S’il attendait des regrets pour les cachotteries, les mensonges, ou même une remise en cause de leur mode de vie criminel, il pouvait aussi bien se rendre à l’église et prier le Seigneur des illusions pour un miracle.

* * *

En revanche, le lieutenant de police espérait que leur rencontre vespérale aboutirait à une forme d’entente, un début de coopération entre futurs collègues qui agissaient parfois hors des clous.
Un espoir que l’étudiante balaya en jouant son numéro favori : celui de l’anguille qui glisse entre les doigts, de la candide oie blanche informée de rien, de la gourde qu’elle n’était pas.

Christopher en soupira – longuement.
Il aurait pu rire, d’ailleurs, tant les explications de Kate volaient bas. Du même acabit qu’un criminel multirécidiviste retrouvé avec l’arme du crime tartinée de ses empreintes et clamant en toute innocence : « C’est pas moi, m’sieur l’policier ! J’vous jure, on m’a piégé ! »
La señorita Ward se fichait de lui. Malheureusement pour elle, face à un flic avec de la bouteille, plus c’était gros, moins ça passait.

— Je ne m’attendais pas forcément à la vérité de ta part, mais pas à ce que tu me parles comme au premier des crétins. Tu ne crois pas avoir déjà porté une arme, ou tu es sûre ?

La sémantique avait une importance capitale dans un interrogatoire. Les élèves officiers en apprenaient les rouages dès la seconde année de formation.
Avec sa formulation alambiquée grouillant de conditionnels, la réponse de Kate était presque un cas d’école. À l’intérieur des tribunaux, les avocats de l’accusation s’en léchaient les babines.

— Franchement, une tueuse amnésique qui achète un téléphone prépayé, envoie un texto à mon numéro de téléphone à dix chiffres, mentionne mon nom et mon grade, signale un acte de justicière qui ne correspond pas à ses antécédents, tu crois vraiment que je vais avaler ces foutaises ?

Évidemment, c’était lui qui avait mentionné « V » pour obtenir une réaction de Kate. Il ne s’attendait pas à ce qu’elle mette les deux pieds dans ce qui n’était même pas un piège.

Christopher s’écarta du passage, invitant sa future collègue réfractaire à circuler.

— Je vais découvrir la vérité, Kate, avec ou sans ton aide. Je ne suis pas le plus vif des enquêteurs d’Europolis, mais quand je tiens un os, je ne lâche pas avant d’avoir déterré le squelette entier.
Au moment de nous quitter ce matin, tu m’as dit de ne pas oublier que nous étions tous les deux dans le même bateau. J’ai agi comme tel, dommage que ce soit à sens unique.


L’Anglais devait avoir un mauvais karma pour que les femmes s’échinent à lui mentir de la sorte.
À moins qu’il ait tout bêtement une tête de con.
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MessageSujet: Re: [Livre I - Terminé] V comme Venom   Ven 8 Fév - 8:24

19 Mars 2050

Christopher ne comprenait pas le fonctionnement de Kate et la brune ne comprenait pas le comportement du policier. La disparition de Lauren semblait avoir fait bien plus de dégâts chez le British que ce qu’elle aurait pu imaginer. La jeune femme accordait beaucoup d’importance à ses actes et ses paroles tout simplement parce qu’elle pensait qu’il était une personne de confiance. Seulement, il ne semblait pas tout lui dire alors qu’il lui demandait d’agir de la sorte. Certes, dans le cas de Lily, il lui avait juré de conserver son anonymat. Mais dans ce cas, pour bien protéger la jeune femme, il aurait dû l’aider à mettre sur pied son mensonge concernant l’apprentissage de sa grossesse. En tant qu’inspecteur, il savait parfaitement que le moindre détail était primordial. La preuve en était qu’elle-même avait commis une erreur en signant comme sa mère pour avertir de la capture d’un groupe de dealers, détail qui n’avait pas échappé à Christopher. Ca n’avait pas été sa seule intervention depuis le début du mois, mais c’était la seule pour laquelle elle avait prévenu le lieutenant Hart, ne pensant pas qu’il apprendrait la disparition de Fallon à ce moment là. La brune avait commis une grave erreur et maintenant elle allait devoir détourner le jeune homme d’elle ou tout lui avouer. Ces premiers mots sont durs. Mais d’un autre côté, à question stupide, réponse inutile. L’étudiante ne peut s’empêcher de soupirer puis d’observer les alentours. Cette conversation ne pouvait être entendu de qui que ce soit. Regardant au alentour pour trouver un endroit plus confiné, elle lui répondit :

Je pensais pas que vous me poserez une telle question un jour à vrai dire. Vu ce que vous savez de moi et de mon passé, je pensais que la réponse vous paraitrait évidente. Vous avez vous-même mis le doigt dessus en posant votre question d’ailleurs.

Lui-même l’avait dit qu’avec son passé et sa mère qui était une tueuse à gage, cette dernière n’avait pas voulu la laisser sans défense. Elle avait fini par lui apprendre à se battre mais également à manier les armes à feu. Il était hors de question pour Fallon que sa fille se fasse avoir encore une fois. Elle avait suffisamment encaissé plus jeune. Malheureusement, l’étudiante avait commis une grave erreur sur ce coup là et elle savait parfaitement que Christopher n’en démordrai pas. Il ne restait plus qu’à espérer qu’il ne veuille pas l’embarquer au poste alors que ses examens étaient tout juste commencés. La façon dont le lieutenant Hart résumait la situation montrait très clairement qu’il ne croyait en aucun point de cette possibilité. Un nouveau soupir s’échappa des lèvres de la jeune femme. C’est alors qu’il lui montra qu’il la laissait partir. Mais il ne s’empêcha pas pour autant de lui faire une nouvelle remarque concernant le fait qu’il avait tenté de jouer le jeu, d’être honnête avec elle. C’était un peu comme la goutte d’eau qui débordait du vase. Troisième soupir et après avoir jeté un regard autour d’eux pour vérifier qu’ils n’étaient pas surveillé, elle entraîna une nouvelle fois l’inspecteur avec elle. A croire que c’était la journée pour la foutre en rogne contre lui et contre elle-même. Kate s’en voulait d’avoir été aussi négligente dans ses sorties nocturnes, aussi vite. Elle n’avait plus qu’à espérer que cela passe, qu'il soit apte à comprendre et à se taire. Au vu de sa réaction face à sa mère et la découverte de son identité de Vyper, elle espérait qu'il soit compréhensif avec elle aussi. Lorsqu'elle eut trouvé une ruelle à l'abri des regards et des oreilles indiscrètes, elle lâcha le lieutenant pour lui faire face.

C'est vous qui n'agissez pas dans ce sens en ne me disant pas tout. Vous auriez au moins pu veiller à ce que Lily ne se dévoile pas toute seule.

Kate le laissa digérer la nouvelle. Oui, la Valkyrie s'était livrée à elle. Il s'agissait de sa coach de combat après tout et ce qu'elle lui avait dit n'aurait pu mettre la puce à l'oreille qu'à la scientifique. Ça avait été un coup du sort qui s'était retourné contre le policier qui n'avait pas voulu lui faire confiance. Et même s'il l'avait promis à Lily, elle lui en voulait de ne pas avoir mis la jeune femme naïve qu'elle était en garde. Par ailleurs, elle s'était toujours demandée si le fait que Lauren était celle qui avait enquêté sur Keaton avait eu un impact sur le comportement de Christopher vis à vis d'elle. Il semblait être temps trop gentil, tro protecteur sans raison apparente. Son regard était planté au fond des prunelles du British, voulant avoir des réponses.

Vous n'arrêtez pas de me demander de vous faire confiance alors que je ne comprends pas vos agissements. Celle qui avait enquêté sur mon maque m'avait laissé ma chance parce qu'elle avait vu d'où je venais et ce que j'étais devenue. Elle n'avait pas gratté pour faire ressortir V jugeant qu'elle avait fait ce que la police aurait dû faire bien plus tôt. Elle avait été honnête avec moi. Étant donné que vous m'avez dit ne pas avoir été au courant de mon passé avant l'attentat, pourquoi me souteniez vous avant ça ? En quoi je faisais la différence à vos yeux ?

Son esprit scientifique ne cessait de chercher des réponses. C'était sa façon de fonctionner. Christopher semblait ahuri aussi, afin d'avancer dans le donnant-donnant, la brune prit un risque conséquent, que sa mère lui ferait regretter si cela se terminait mal. Elle décida de faire comprendre au lieutenant qu'il était loin d'être bête et que c'était elle qui avait commis une grosse erreur.

Je suis persuadée que vous avez compris qui était derrière cette signature, qui jouait les imitateurs.

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MessageSujet: Re: [Livre I - Terminé] V comme Venom   Dim 10 Fév - 8:55

V comme Venom

Christopher ϟ StubbornKate ϟ Venom

Kate était le genre de personne à appeler un chat « une ombre qui arpente les toits en quête de petites proies, dont tout le monde reconnaît au premier coup d’œil la silhouette ». Comme si prononcer le nom de l’animal à voix haute risquait d’invoquer le diable en personne.
Aux oreilles de Christopher, sa manière de s’exprimer évoquait les criminels outrecuidants avec leurs devinettes, les indics qui tournaient autour du pot en espérant faire grimper les enchères, les pasteurs qui palabraient par énigmes afin d’emballer leurs verbiages souvent idiots dans une sagesse fallacieuse.

Le flic au menton endurci grinça des dents comme un molosse agacé. S’il ne s’agissait pas de Kate, il aurait sans doute perdu patience depuis longtemps.

— Et donc, quand la réponse est évidente, tu préfères tourner ton interlocuteur en bourrique, voire lui mentir ? Tu te rends compte à quel point cette attitude est offensante ? Combien elle te cause du tort ? Tu veux te protéger, soit. Mais si tu n’as pas le cran d’avouer sans ambages, fais-le sans te foutre de moi, ça passera mieux.

La recherche de la vérité était devenue une obsession depuis la trahison qu’il avait subie. Dans son métier où mensonges, dissimulations et faux-semblants prévalaient, Christopher aspirait toujours à davantage de sincérité chez les personnes qu’il côtoyait.
Or, la sincérité se faisait aussi rare dans ses fréquentations que l’eau dans un désert.
Généralement, le pragmatisme inhérent à cette période troublée modérait ce désir de transparence – non sans lui tirailler les entrailles. Mais Kate avait le chic pour venir à bout de sa tempérance. Sans le savoir, sans le vouloir, elle poussait le Britannique vers les arènes clandestines, là où il évacuait sa rage et sa frustration sous le masque de Stubborn. Parfois, l’exutoire prenait la forme de criminels qui résistaient aux arrestations brutales du policier.

Ainsi, la tension montait de part et d’autre et il ne s’agissait plus seulement de moutarde au nez. Une fois dans la ruelle où Kate les dirigea, Christopher reçut un joli doublé de coups en pleine face.
La jeune femme entraînée n’avait guère utilisé ses poings, mais le flic comprit qu’elle aurait pu causer quelques dommages à sa mâchoire.
Il ne connaissait qu’une seule Lily, laquelle était tout à fait du genre à « se dévoiler toute seule ». En un sens, le flic fut soulagé d’apprendre que Lily et Kate se connaissaient, que les circonstances de la virée clandestine à la PTS avaient été dévoilées.
Non seulement les remontrances de Kate lui ôtèrent ce plaisir, mais le sentiment d’injustice jeta de l’huile sur le feu de sa colère. Christopher se sentait blessé dans son intégrité, dans sa dignité. Elle pointait d’un doigt accusateur ce qu’il considérait avoir de meilleur en lui, quand sa part d’ombre se trouvait ailleurs.
Cette fois, l’Anglais éclata.

— Mais qu’est-ce que tu cherches à la fin ? À me tancer jusqu’à perdre une des rares personnes qui te soutient sincèrement ? À te venger parce que je vous ai coffrées toi et ta mère ?

Christopher pivota sur lui-même, tournant le dos à son interlocutrice. Il se mordit le poing, tremblant de rage et poussant des jurons.
Quand il fit de nouveau face à Kate, le visage de l’Anglais avait carminé. Une veine inquiétante pulsait à sa tempe.

— Tu sais quoi ? Le plus absurde, c’est que je suis content que tu connaisses Lily et qu’elle t’ait avoué sa vraie nature. Par contre, j’en ai plus que marre de tes accusations à l’emporte-pièce. Dès le début, je t’avais prévenu que je ne te dirais rien sur l’origine de l’échantillon et tu as accepté ! J’avais fait une promesse à Lily et voilà que toi, miss je-ne-fais-pas-confiance, tu me reproches de ne pas l’avoir trahie en te balançant les faits ? On marche carrément sur la tête !
Quant à Lily, je lui ai donné mes conseils, proposé mon aide. Je l’ai prévenue des risques, informée des choix qui se présentaient à elle. Elle a certes un côté ingénu, mais c’est une grande personne et elle a un homme dans sa vie, le père de son enfant. Je ne suis pas responsable d’elle et si elle choisit de se confier à d’autres personnes, je ne peux rien y faire !
Cela dit, un miracle vient de se produire… c’est la première fois que tu me confies un genre de secret de ta propre initiative !


Alléluia !
Kate continuait toutefois à défier Christopher du regard, tel un animal sauvage qui hérisse ses poils devant un protecteur humain. Le drame de deux espèces qui n’arrivent pas à communiquer et se méprennent sur leurs intentions.

Christopher n’avait jamais fait le lien entre Lauren et l’ancienne prostituée. Son ex-compagne lui en avait peut-être touché mot, à l’époque, mais c’était bien avant sa première rencontre avec Kate. Dans le quotidien des deux lieutenants de police, les cas comme le sien se noyaient dans un déluge d’affaires sordides.
Lorsqu’il avait – plus récemment – fouillé dans le passé de l’ancienne prostituée, le lieutenant de police s’était focalisé sur ses origines, son adoption par Fallon et d’éventuelles infractions, sans ouvrir le dossier Keaton et vérifier quelle collègue l’avait renseigné.

— Et moi, je ne t’ai pas laissé ta chance, peut-être ? On ne va quand même pas remettre sur le tapis tout ce qui a été dit ce matin ? J’ai toujours été honnête sur mes raisons de te soutenir, notamment la fois où je suis venu au bar t’apporter des kits de prélèvement et du Bluestar.
Tu vois dans quel merdier on vit ?
(Chris désigna la ville tentaculaire.) J’ai demandé à être muté dans cette ville, je veux qu’Europolis devienne la capitale sûre et apaisée qu’elle devrait être. Alors quand je rencontre une barmaid ultramotivée, habitant un quartier difficile, qui me parle de justice et d’améliorer le sort de la population, je vois un phare qui brille dans la nuit noire. Je vois l’espoir, un symbole capable d’inspirer d’autres personnes. J’aurais agi de la même manière avec un apprenti garagiste travaillant d’arrache-pied pour épauler les forces de l’ordre. Ton minois n’a jamais rien eu à voir avec mon attitude, si c’est ce que tu insinues.

Christopher l’avouerait seulement sous la torture, mais Fallon était la seule Ward à lui avoir tapé dans l’œil. Il savait néanmoins Kate assez jolie pour attirer toutes sortes de prédateurs. Parmi eux, tous n’étaient pas des lourdauds repérables à cent kilomètres. Elle avait de bonnes raisons de se méfier des hommes.

La justicière en herbe se fendit enfin d’un aveu sur son intervention aux docks – à sa manière détournée qui irritait l’enquêteur. Ce dernier sembla néanmoins satisfait ; sa colère retomba. Il n’y avait guère de haine ou de méchanceté pour l’entretenir.

— J’ai compris, oui. Mais on ne perdrait pas de temps à tergiverser si tu me l’avais avoué dès le début. Ça me fatigue, et je suis sûr que toi aussi. Le comble, c’est que tu as fait du très bon boulot, surtout pour une débutante. (Chris soupira.) Officieusement, je te félicite pour ce premier coup d’éclat.

Le flic lui adressa un clin d’œil, appuyé d’un sourire entendu.

— Désormais c’est Fallon qui peut s’inspirer de toi, si elle est au courant.
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MessageSujet: Re: [Livre I - Terminé] V comme Venom   Dim 10 Fév - 17:42

19 Mars 2050

Christopher était en train de jouer avec ses nerfs et bien que la jeune femme était très patiente, elle avait ses limites. Le pire était que ses limites étaient bien plus vite atteintes avec ses proches qu’avec des personnes lambdas. Elle savait que Fallon et Henry pouvaient la faire sortir de ses gonds rapidement, la dernière dispute avec le beau brun en était la preuve. Mais le fait que le policier puisse avoir le même impact sur elle était plutôt une surprise. Kate avait l’impression qu’il la provoquait, qu’il la cherchait en permanence sans savoir pourquoi. La preuve en était qu’une fois de plus, il interprétait toutes ses paroles à sa sauce, ne semblant pas voir le fond du problème qui à ses yeux était de son côté à lui et non du sien. La brune semblait avoir quelques oeillères également mais il n’était pas question de lâcher l’affaire pour le moment. Le lieutenant avait bien trop de mal à reconnaître ses torts.

Parce qu’évidemment vous êtes pas en train de vous foutre de moi à me poser une question à laquelle vous connaissez déjà la réponse ? Pourquoi vous n’arrivez pas à comprendre que me tourner en ridicule à chaque fois qu’on se voit ne va pas m’aider à vous faire confiance ?

L’étudiante était en train de réellement s’énerver. Dans sa tête, les hommes n’avaient jamais voulu que son corps. Sauter le pas avec Henry n’avait pas été évident mais le beau brun était à peine plus âgé qu’elle. A quel moment Christopher n’avait-il pas compris qu’elle avait cette barrière, ses souvenirs, qui faisait entrave à une telle relation. Elle savait de part Lauren qu’elle pouvait lui faire confiance. Cela faisait quelques années maintenant qu’elle connaissait l’ex-policière présumée morte et la brune n’était pas prête à remettre sa parole en doute. Le British lui avait déjà prouvé qu’il était un homme de parole, un homme avec un bon fond. Mais il était aussi un homme qui avait la trentaine comme la majorité des clients qu’elle avait pu avoir chez Keaton. Il était le premier de cet âge à vouloir lui faire confiance, à croire en elle pour ce qu’elle était et non simplement à vouloir son corps. L’écrivain avait levé un verrou qui en avait laissé apparaître plein d’autres. Le lieutenant Hart était en train de forcer l’un d’eux et la jeune femme n’était pas à l’aise avec ça. Elle se rendait compte aussi qu’aimer d’autres personnes, c’était prendre le risque de souffrir si elle les perdait. L’absence bien trop longue de Fallon l’avait marqué. Aux mots du policier, la brune commençait à faillir, il était dur de ne pas souffrir, il était également très dur de repousser les gens qu’on appréciait. Elle l’avait fait avec Henry lorsqu’elle avait voulu rompre et s’en était mordu les doigts à de nombreuses reprises. L’étudiante sentit les larmes montées petit à petit, elle allait se détourner de Christopher pour ne pas montrer à quel point cela lui faisait mal, qu’elle était faible et surtout qu’elle avait peur de s’attacher lorsque celui-ci lui tourna le dos.

Lui aussi semblait plus que remonter. Pourquoi cela l’affectait-il autant ? Il fit à nouveau volte face, obligeant Kate à baisser le regard pour éviter celui du policier le temps de maîtriser ses larmes qui cherchaient à sortir contre son gré. Cela ne dura pas et elle put bien vite replonger son regard au fond des prunelles du jeune homme qui lui faisait face. Écoutant à nouveau les reproches de Christopher, c’est l’énervement qui monte petit à petit. Il n’avait une fois de plus rien compris aux reproches de la brune alors qu’ils parlaient pourtant bien la même langue. elle lui en voulait de ne pas avoir protégé plus sa coach. La seule bonne nouvelle dans le discours du policier était que l’enfant ne semblait pas être de lui. Cela restait une bonne nouvelle pour Lauren à qui elle avait heureusement pas encore vendu la mèche sur ses craintes. Puis la dernière remarque tombait, tel un poignard planté dans le coeur. Le British ne semblait pas se rendre compte de tout ce qu’il lui demandait, des efforts considérables dont elle avait besoin pour en arriver à ce stade. Tournant le dos à son interlocuteur, la demoiselle n’en pouvait plus. Les paroles du lieutenant se poursuivèrent tel un venin qui se propageait tout doucement dans l’ensemble de son corps. La dernière phrase ne pouvait la laisser indifférente étant donné que c’était le point sensible. Se retournant pour lui faire face, une larme douloureuse s’était écoulée le long de sa joue droite, quittant son menton pour aller mourir au sol. Elle était déboussolée, elle était énervée, cela ne lui faisait pas plaisir de se fermer à Christopher mais le fait de s’ouvrir était très dur. Aussi cela fut très remontée qu’elle prit la parole en tutoyant le jeune homme tant elle se laissa emporter par les émotions.

Ca suffit ! Tu ne me dis pas tout par rapport à tes suppositions qui prêchent le faux pour avoir le vrai quand tu me demandes qui a pu agir pendant que ma mère était amnésique ou si j’ai déjà tiré avec une arme avant aujourd’hui. Oui j’avais déjà tiré avec une arme mais je n’ai pas jugé utile de montrer mes compétences au vu de ce à quoi j’aspire. Lily est une bonne personne qui ne mérite pas de finir en cage ou dans un laboratoire. Pour autant, si les mauvaises personnes apprennent ce qu’elle nous a dit cela pourrait finir ainsi. Alors peut-être que tu n’en as rien à faire après tout de ce qui lui arrive mais ça n’est pas mon cas. Comme je l’ai dit, celle qui avait enquêté sur Keaton était une femme. J’ai fait en sorte de tenir les hommes loin de moi à cause de mon passé de putain. La majorité de mes clients avait ton âge Christopher. Alors si tu veux que je te fasse un dessin, j’ai déjà du mal à m’accrocher aux gens, à donner ma confiance également. Mais toi ...

Une fois de plus Kate faisait un blocage. Oui, dans le fond elle avait envie de lui faire confiance. Mais c’était dur, elle avait du mal à faire le pas, à passer le cap. Son regard se baissa à nouveau alors que la jeune femme se perdait dans ses pensées. Elle avait connu un nombre inimaginable d’hommes de son âge qui lui étaient passés dessus, qui l’avaient frappé, qui l’avaient utilisé de bien des manières selon leur bon vouloir. Tout cela était à présent derrière elle. Seulement elle sentait qu’avec Christopher, s’il devait y avoir déception un jour, cela ne serait pas du tout de cette nature, mais cela serait bien plus violent et douloureux que ce qu’elle avait connu. Aussi la brune avait peur de souffrir mais surtout peur de décevoir. Il semblait attendre tant d’elle, il venait à nouveau de lui redire tous les espoirs qu’il avait fondé en elle. Et si l’étudiante échouait, qu’adviendrait-il ? C’est à ce moment qu’elle décida de lui faire comprendre qu’il avait raison, que ce V qui avait été signé le 8 mars pour l’arrestation de dealers n’était pas celui de sa mère mais le sien. La scientifique s’attendait à des remontrances, une mise en garde, quelque chose de désagréable en soit. Le discours du British commença dans ce sens, lui reprochant une fois de plus de ne pas aller droit au but avec lui. En même temps, elle ne comptait pas crier sur tous les toits qu’elle avait un second nom qui était Venom et qu’elle traquait les ordures la nuit pour aider à faire régner la justice dans Europolis. Seulement les répliques suivantes laissèrent Kate tétanisée. Le lieutenant était en train de la féliciter pour ce bon travail. Aussi relevant ses yeux en direction du jeune homme, elle aperçut un sourire et un clin d’oeil qui la laissèrent sans voix. Il termina par avouer que les rôles étaient en train de s’inspirer et qu’il espérait en quelque sorte que sa mère la suive sur ce chemin là. D’une voix bien plus douce, faisant ressortir sa surprise, l’étudiante n’arriva pas à dire autre chose que :

Je ne pensais pas que vous réagiriez ainsi …

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MessageSujet: Re: [Livre I - Terminé] V comme Venom   Mer 13 Fév - 4:25

V comme Venom

Christopher ϟ StubbornKate ϟ Venom

À voir Kate et Christopher se chamailler, on croirait difficilement que ces deux-là étaient deux futurs collègues. Ou qu’ils avaient déjà « travaillé » ensemble avec efficacité, sans même hausser le ton.
La vérité était plus complexe. Le passé avait imprimé chez chacun des traces indélébiles, meurtri ces deux êtres au caractère affirmé, plus semblables qu’ils n’y paraissaient.
Pour l’heure, ils avaient plutôt l’air de canidés qui se montraient les crocs en poussant des grondements.

— J’essaie de m’adapter à ton langage sibyllin, mais visiblement j’aurai plus de succès en parlant le klingon. Et pour info, cette boutade est un trait d’humour, pas une insulte.

Malgré ses propos, l’Anglais ne riait pas. Kate non plus.
La colère de l’un entretenait celle de l’autre, l’amplifiait, dans une réaction en chaîne qui déboucha sur une explosion inévitable.
Christopher n’avait jamais vu Kate s’énerver de la sorte. Une part de lui s’en réjouit… malgré l’ombre qu’il discernait dans les yeux verts de la jeune femme. Parfois, il fallait pousser une personne à bout pour qu’elle vomisse ses maux intérieurs. On se sentait toujours mieux ensuite, libéré – pas forcément sur le coup.
Un mal pour un bien.

— Je perdais tout espoir de voir ce jour arriver, mais tu te mets enfin à causer avec tes tripes ! (Chris affichait une expression triomphante… agaçante.) C’est vrai, j’emploie les bonnes vieilles méthodes de flic, les seules que je maîtrise, pour te tirer les vers du nez. Car tu te dérobes à chacune de mes questions quand je recherche simplement la vérité. Ce qui est pour toi une évidence m’apparait souvent comme une hypothèse crédible, qu’il a fallu cogiter plus ou moins longtemps. Je suis policier : j’ai besoin d’aveux ou de preuves déterminantes. Les suspicions ne suffisent pas, elles conduisent à des erreurs et j’en ai déjà commises en  trop grand nombre.

Pire : il n’avait jamais soupçonné Lauren pour sa duplicité. Elle l’avait berné pendant des années. Depuis qu’il savait, la méfiance exagérée qu’il reprochait à Kate lui pourrissait également la vie.

— Crois-moi ou non, je respecte et comprends ton choix de ne pas dévoiler tes compétences physiques aux examens. À ta place, j’agirais de la même façon.
Comme toi, je ne suis pas du tout indifférent au sort de Lily. Bon sang, notre espèce a anéanti son peuple et son monde ! Toi et moi n’en sommes pas responsables, mais nous avons un devoir envers elle, avant même de parler de compassion et bienveillance à son égard. Tu n’imagines pas à quel point ses révélations ont bouleversé ma vision du monde, ont ébranlé nombre de mes convictions. Je serai toujours là pour elle, elle le sait et à présent, tu le sais aussi. Mais je ne m’immiscerai pas dans sa vie, pas plus que je ne peux veiller sur elle en permanence. Au risque de paraître insensible, 12 millions d’habitants comptent sur nous, la police, pour les protéger. Aucun n’est aussi fort, rapide et aguerri que notre Valkyrie.


Christopher s’arrêta net, marquant une pause. Pour la première fois, l’ancienne prostituée évoquait devant lui son affreux passé de manière univoque.
Une boule lui comprimait la gorge. Lèvres pincées, sa mâchoire se serra. Des visions d’horreur s’invitèrent dans sa conscience, réminiscences d’affaires qui frappaient l’humanité d’infamie.
Les doigts du combattant se recourbèrent, ses phalanges blanchirent : à la compassion envers les victimes se joignait cette rage inextinguible qui le consumait depuis le décès de son père. Combien de salopards comme Keaton avait-il cogné pour évacuer sa fureur ? Combien avait-il sauvé de gamines, directement ou indirectement, au cours de sa carrière ?
Pas suffisamment. Jamais suffisamment. Le lieutenant ressentirait toujours cette culpabilité – injustifiée – de ne pas en faire assez, de ne pouvoir sauver toutes les âmes innocentes.

La voix coléreuse de Christopher retomba comme un soufflet. Elle tremblait presque sous l’émotion, faisant écho à la souffrance de Kate.

— Je ne pourrai jamais comprendre ce que tu as traversé, mesurer le poids exact des épreuves que tu as endurées. Aucun mot qui sortira de ma bouche n’effacera le visage de ces monstres qui me ressemblent.
Toutefois mes actes et mes regards platoniques reflètent ma véritable nature de façon plus éloquente que mon apparence ou mes mots. Avec le temps, ils te convaincront de ma sincérité et celle d’autres hommes comme moi. Les pourritures sont légion, mais les hommes bien le sont aussi.


L’ire de la jeune femme s’estompa elle aussi. Son étonnement était si flagrant qu’il frôlait le comique.
Qu’est-ce qu’elle s’imaginait, qu’il allait lui passer les menottes alors qu’elle agissait comme Vyper – en mieux ?

— Je crois qu’on a le chic pour mal nous jauger tous les deux. Il suffit de voir ta tête, on dirait un touareg contemplant une plaine enneigée pour la première fois. Au fait, le « V » c’était juste pour emprunter l’alias de ta mère, ou tu as aussi le tien ?

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MessageSujet: Re: [Livre I - Terminé] V comme Venom   Ven 15 Fév - 7:19

19 Mars 2050

Christopher lui parla de boutades, défense très facile qu’elle jugeait presque offensante. L’étudiante ne put s’empêcher de lever les yeux au ciel face au policier. Qu’il voit sa réaction, elle s’en moquait. Elle commençait à en avoir marre de garder pour elle tout ça alors que le lieutenant Hart semblait s’amuser de ses réactions. Réalisait-il seulement qu’il la traitait comme une enfant alors qu’elle n’avait jamais eu la chance d’en être une ? La brune avait vraiment envie de lui faire confiance. Lauren lui avait donné plus de raisons que nécessaires de le faire. Même si elle regrettait qu’il ait arrêté sa mère et elle lors de l’attentat, il les avait aidé pour que tout se finisse bien. Seulement, lui qui l’encourageait tant dans la voie qu’elle avait choisi, avait failli tout foutre en l’air par ses agissements. La jeune femme avait eu du mal à digérer la pilule. Et depuis cet instant, elle n’avait jamais su sur quel pied danser. Un coup il était le gentil British qui avait envie de l’aider, l’épauler, la soutenir et la fois d’après il est le méchant flic qui cherchait à la coincer pour un oui ou pour un non.

Vous avez un humour fort particulier lieutenant.

Dans tous les cas, le policier ne cessait de la pousser dans ses retranchements. son regard était en train de s’assombrir à mesure qu’il lui faisait des remarques, des reproches. S’il savait à quel point il allait la détester le jour où il saurait qu’elle savait pour Lauren et que durant tout ce temps elle n’avait rien dit, cherchant à veiller sur lui pour donner des nouvelles à son amie. Kate était excédée face à cet homme qu’une personne extérieure aurait pu prendre pour son grand frère en analysant la scène. Pointer des choses évidentes du doigt n’était pas dans les façons de faire de la jeune femme. Et pourtant, Christopher semblait ravi, à croire qu’il avait attendu cela depuis un long moment sans qu’elle n’arrive à imaginer le pourquoi. Son sourire satisfait était plus source d’énervement supplémentaire que de gratitude pour l’étudiante. Toujours énervée, elle reprit tout de fois sur un ton plus posé.

Comme vous l’avez dit, vous êtes flic. J’ai aucune garantie que vous me couvrirez quoi qu’il arrive. Ce n’est pas parce que je connais vos passes-temps le soir sur les ring que cela veut dire que vous me soutiendrez toujours.

Le lieutenant Hart lui expliqua qu’il comprenait sa volonté de cacher ses capacités physiques. Seulement, quelques jours avant, elle s’était vue forcer la main par le lieutenant Laska. Ce dernier avait fait une dernière épreuve en un contre deux éliminatoire. Évidemment, à l’énonciation de ce dernier mot, la brune n’avait pas pu laisser passer sa chance. Seulement, avec le recul, la jeune femme se demandait si elle n’avait pas commis une erreur. Peut-être devrait-elle parler de lui à Christopher un jour. Ce qui était sûr c’est qu’elle n’en parlerait pas aujourd’hui, elle avait bien d’autres choses à penser et à répliquer à son comparse. Ce dernier était policier ce qui faisait qu’il comprenait encore moins qu’elle l’importance et la portée d’une amitié.

En tant qu’ami Christopher vous auriez dû insister sur le fait qu’elle ne devait en parler à personne. Lily connait l’horreur de l’homme mais elle reste naïve. Je vous pensais plus convaincant dans vos mises en garde.

Kate venait de lui faire une remarque gratuite qu’elle pensait vraiment. Heureusement que la révélation de la Valkyrie avait trouvé pour oreille attentive la brune et personne d’autre. Elle le comptait pas trahir sa coach, elle n’avait après tout aucune raison de le faire. C’est alors qu’elle explosa, lui parlant crûment et sèchement, le regard noir ne laissant que le vert de ses prunelles transparaître tels des reflets. Son langage, les mots qu’elle employa ne semblaient vraiment pas convenir au flic qui lui faisait face mais l’étudiante s’en moquait bien. Pourquoi croyait-il qu’elle parlait toujours en insinuant les choses ? Parce que comme lui, la majorité des gens avait peur des mots et de la vérité toute crue. Alors elle n’avait cessé d’apprendre à l’emballer dans un jolie paquet cadeau afin de faire passer la pilule. Avec le temps, la brune s’était rendue compte que cela lui portait préjudice parfois car son entourage n’interprétait pas ses paroles de la bonne manière. Malgré sa colère, la jeune femme avait fini par baisser le ton. Elle ne reprochait pas à Christopher de ne pas avoir agi plus tôt la concernant. Il n’y aurait jamais de responsable désigné pour son malheur tant les responsables étaient trop nombreux. Ce qui était certain, c’est qu’avec ses mots, elle avait fait redescendre la pression chez le policier.

Tu n’imagineras jamais la variété d’hommes que j’ai pu croiser lors de cette période. C’est ainsi et personne n’y changera.

Un homme avait pourtant changé sa vision des choses. Il s’était immiscé dans sa vie et dans son coeur et lui avait fait comprendre que pour lui elle accepterait de baisser ses barrières presque d’un claquement de doigts. Elle n’aurait jamais pensé qu’elle changerait d’avis aussi vite mais il avait su lui donner confiance et la rassurer. Le beau brun avait été là lorsque sa mère avait été absente et ce n’était pas rien, surtout après le mal qu’elle lui avait fait.

De toute évidence. Peut-être qu’avec le temps cela changera qui sait.

Ils allaient de toute manière être amené à se côtoyer régulièrement si la candidature de la brune était retenue. Bientôt la première partie des examens allait s’achever et elle devrait attendre patiemment ou impatiemment de recevoir un courrier un mois plus tard qui lui dirait qu’elle n’était pas retenue ou au contraire, qu’elle était convoquée pour la suite des épreuves. Kate avait volontairement ignoré la question du lieutenant. Il saurait faire le lien bien assez vite ayant signé d’autres de ses actes de son alias complet. Il était temps que l’étudiante rentre chez elle. Sa mère allait l’attendre comme à chaque fois. Il était étonnant qu’elle n’ait pas encore reçu d’appel de sa part. Fallon était incapable d’attendre qu’elle rentre à l’appartement pour avoir le compte rendu de sa journée de concours. Dans le fond, sa fille appréciait clairement cet enthousiasme même si elle se rendait bien compte que l’africaine cherchait à se rattraper par ce biais d’une chose qu’elle n’avait pas choisi de faire. Sortant son téléphone, elle se rendit compte qu’elle avait déjà trois appels en absence. La jeune femme soupira, elle n’avait pas repassé son téléphone en vibreur après la fin de l’épreuve de tir. Relevant la tête vers son interlocuteur, il était tant de mettre à cette énième rencontre étrange, pleine de sous-entendus mais également de tension avec le lieutenant Hart.

Je crois que nous nous sommes suffisamment expliqués pour aujourd’hui donc je vais vous laisser lieutenant Hart. Bonne soirée à vous et portez vous bien.

Tournant les talons, Kate se dirigea vers le bout de la ruelle. Mais finalement, l’étudiante marqua un temps de pause alors qu’elle n’était plus qu’à quelques mètres du bout de la rue. La brune se retourna de nouveau vers Christopher et lui dit.

Vous avez peut-être déjà entendu parlé de Venom ?

Et laissant sa question rhétorique en suspens, la jeune femme lança l’appel pour sa mère et enfila ses écouteurs tout en reprenant son chemin. Le lieutenant était vraiment une personne incroyable qu’il fallait mieux compter parmi ses amis. Seulement elle aurait eu beau faire tout ce qu’elle pouvait pour être dans ses bonnes grâces, l’étudiante ne savait nullement comment le British réagirait lorsqu’il reverrait celle qu’il avait aimé en chair et en os. Elle n’imaginait pas non plus sa réaction lorsqu’il apprendrait que l’ex-prostituée était son amie et qu’elle était au courant pour Lauren depuis tout ce temps.

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MessageSujet: Re: [Livre I - Terminé] V comme Venom   Sam 16 Fév - 11:21

V comme Venom

Christopher ϟ StubbornKate ϟ Venom

L’humour anglais était particulier, certes, mais…

— C’est mieux que d’en être dénué.

Ce qui semblait le cas de Kate, en tout cas avec lui. Assurément, les vieux sketches de Benny Hill ne risquaient pas de faire rire une ancienne prostituée.
En cela elle était l’exacte opposée de sa future collègue Eva Walsh, toujours à glisser une boutade – parfois une gaudriole –  plus ou moins subtile entre deux réflexions sérieuses. Avec l’Irlandaise, Christopher pratiquait l’escalade joyeuse tandis qu’avec Kate, c’était l’escalade furieuse.

Comme si la rage qui lui remontait à la gorge ne suffisait pas, Kate rajouta de l’huile sur le feu en mentionnant ses activités de combattant clandestin. Un chantage grossier, juste au moment où l’Anglais s’efforçait de contenir son alter ego brutal.
Tu veux tester mes limites ou tu prends juste plaisir à m’emmerder ?
Christopher serra les dents pour garder sa répartie sous silence. Il commençait à craindre sa propre réaction, le franchissement d’une ligne rouge qu’il ne s’autoriserait jamais avec Kate.
Il ravala sa fierté – non sans difficulté – et maugréa entre ses dents :

— C’est nul, venant de ta part. On croirait entendre ta mère.

Fallon devait avoir les oreilles qui sifflaient à force d’être citée – en bien autant qu’en mal. Elle s’amuserait sans doute de voir Kate poursuivre sur la voie de la langue venimeuse, reprochant une nouvelle fois au policier sa négligence envers Lily.

Christopher leva la main et fit claquer son pouce contre ses doigts, invitant Kate à fermer son clapet.
Rouge de colère, il répliqua vite et fort :

Primo, tu n’étais pas là. Tu ne sais pas ce que je lui ai dit. Secundo, tu devrais plutôt féliciter Lily pour son discernement au lieu de t’inquiéter pour sa naïveté. Elle a quand même choisi de se confier à toi parmi toutes ses élèves. Là, tout de suite, je me dis que Lily est probablement la moins conne de nous trois. Tertio, quand on voit mon échec persistant à te convaincre de ma bonne foi, tu ne devrais pas surestimer mes capacités de persuasion.

La coupe n’était pas loin de déborder. Les confidences de Kate sur son passé évacuèrent cet excès de tension comme du vin aigre à travers une outre percée.
Le lieutenant de police avait une idée assez précise de la variété d’hommes qu’elle avait connus. Il en coffrait de temps à autre et ses collègues faisaient de même. Des  crapules, des tordus, des porcs, des monstres, l’espèce humaine ne manquait pas de diversité dans l’ignominie.
Christopher s’abstint néanmoins de tout commentaire.
Ce n’était pas un sujet sur lequel il accepterait de polémiquer avec Kate. Chacun avait dit ce qu’il avait sur le cœur – et ce que la réserve permettait de confier. Il n’y avait plus rien à ajouter.

La jeune femme consulta alors son téléphone et décida de mettre un terme à leur conversation. Sans répondre, évidemment, à la dernière question du policier sur la signification du « V » avec lequel elle signait.
Christopher haussa un sourcil en entendant l’au revoir de Kate, à la fois gentil et poli. Un « va pourrir en enfer, flic de merde » lui aurait presque – presque ! – paru plus naturel. En tout cas, c’était le genre de paroles qu’il entendait souvent dans son travail.

— Merci, Kate. Repose-toi bien. (Après leur discussion animée, ce n’était pas gagné d’avance.) Bonne chance pour la fin de tes examens.

Par un curieux hasard, la voiture de Christopher était garée dans la direction qu’empruntait Kate. Le flic laissa sa « protégée » prendre de l’avance, puis lui emboîta le pas en s’efforçant de rester discret.
Peu avant le coin de la rue, Kate s’arrêta et attendit que le flic la rejoigne. Elle lui avoua finalement son identité de justicière.

— Venom ? (Telle mère, telle fille…) Très bien, merci de me l’avoir confié. Dorénavant je sais à quoi m’en tenir et suivrai à distance tes exploits.

Une justicière de plus à Europolis… qui en avait grand besoin.

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