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 We hear the hum
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Métier officiel/officieux : Métier officiel J’ai commencé sur les planches d’un parquet, à assister un professeur de danse tout en passant des castings. Puis, il y a trois ans j’ai postulé pour une émission de danse avec des célébrités, sans trop y croire et finalement j'ai été prise. Cela fait trois saisons maintenant que j'y assiste, en plus des castings que je passe bien évidemment, des clips que je tourne etc. Et depuis peu, j’ai été contactée pour jouer dans un film. Autant vous dire, je ne m’ennuie pas ! Métier officieux j’aide les gens et j’essaye de faire d’Europolis une ville plus sûre et meilleure.

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MessageSujet: We hear the hum   Sam 12 Mai - 23:14

We hear the hum

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Le 16 janvier 2050


 



Cela faisait déjà trois fois que je passais devant la maison, m’arrêtais sur le pas de la porte et repartais avant d’avoir vraiment frappé à la porte. J’étais stupide, je le savais et pourtant… Pourtant, j’étais morte de trouille, morte de trouille à l’idée que mon espoir était vain et que, finalement, je ne trouverai rien au-delà de cette porte. J’étais venue pour avoir des informations, des informations sur mon Père, sur ma famille, sur mon passé. J’avais suivi la piste donnée par une fan. Elle m’avait écrit une lettre, une lettre que j’avais reçu assez tard. Mon service de presse avait fini par me l’envoyer à mon adresse personnelle, après l’avoir lu et pensait qu’elle m’intéresserait, mais me mettant en garde. Si cela se trouvait, c’était l’adresse d’un ou d’une fan qui voulait simplement me rencontrer ou pire, me séquestrer. Je n’avais pas peur de cela. Je savais me défendre et plutôt bien. Non. J’avais peur d’être terriblement déçue.

Je finissais de faire le tour du quartier une fois de plus quand mon téléphone vibra. Ezechiel me rappelait que, si je n’étais pas rentré dans deux heures, il enverrait la police à l’adresse que je lui avais laissée. Je lui répondais rapidement que tout allait bien et que je ne m’étais pas encore décidée à entrer. Je ne décrochais pas à son appel car je savais déjà ce qu’il me dirait. Il me conseillerait de laisser le passé où il était et de continuer d’avancer, comme je l’avais toujours fait. Il avait raison. Seulement… Si je pouvais ne serait-ce que récupérer une vieille photo de mon père… Je ne me rappelais plus vraiment de leurs visages à l’un comme à l’autre. Le temps avait fait son œuvre et je regrettais une fois de plus de n’avoir plus rien qui leur avait appartenu. C’était tout un pan de ma vie que je ne connaissais pas, un pan qui était un trou béant dans mon coeur.

Je pris une profonde inspiration et d’un pas plus décidé, j’allais de nouveau devant cette fichue porte. Je me tapotais les joues pour me donner du courage puis frappais à la porte. J’attendais quelques instants avant d’entendre du bruit. Je reculais et attendais qu’on m’ouvre. Un homme finit par le faire et il me dévisagea. Au moins c’était certain qu’il n’était pas un fan détraqué vu qu’il ne semblait pas me connaître, ou me reconnaître. J’inspirais, enlevais mon bonnet de ma tête et ma capuche qui masquaient mon visage et lui dis avant qu’il ne me demande ce que je venais faire ici. Bonjour Monsieur Raulne. Je m’appelle Mélusine, Mélusine Kapoëm. Vous ne me connaissez pas, mais vous connaissiez sûrement mon père Henri Kapoëm. Il était caporal je crois, ou sergent... Je ne sais plus vraiment. C’est votre fille Jennifer qui m’a donné votre adresse en m’écrivant que, comme sur les plaques militaires de mon père, les vôtres sont aussi frappées d’une tête de Renard. Mes parents sont morts quand j’étais enfant. Mon père était en permission quand ma Mère et lui ont été tués par un homme dans la rue... Je cherche des informations sur eux. J’espérais que vous pourriez me parler d’eux, ne serait-ce qu’un peu si vous les avez vraiment connu. Ou si vous auriez une photo d'eux, même vieille, même de mauvaise qualité. J’avais tout dis d’une traître, et dus reprendre ma respiration. Je tirais sur la chaine que je portais autour du cou et montrais les plaques en question à l’homme, comme pour affirmer mes dires, faisant bouger celle de mon oncle en dessous de celles de mon Père, vu qu’elle n’était pas concernée.

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Au revoir, à jamais
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MessageSujet: Re: We hear the hum   Sam 12 Mai - 23:55

Pas loin de trente heures debout. J’étais un véritable mort vivant. Tout juste rencontré de chez Kat’ où je m’étais assuré de son état. De mes interrogatoires. J’étais épuisé, à bout de forces. Il y avait eu une longue part de préparatifs et de stress en une douzaine d’heures. Puis le seul stress. Puis l’activité physique. Intense. Les explosions. Les coups de feu. Le meurtre. La prise d’otages et la fuite. Puis, le camouflage de nos traces. L’interrogatoire des prisonnières. Repasser chez Kat’, qui avait été sérieusement touchée. Et me revoilà chez moi seulement maintenant. Je n’ai plus d’armes, je n’ai plus rien. Hormis ce flingue que je garde à portée de main. J’en aurais sans doute besoin pour dormir, cette nuit, après autant de stress et de risques pris. Je rentrais avec mes fringues civiles ; mes fringues d’opération avaient été incinérées avec d’autres éléments de notre matériel. Je rentrais sans armes, sans équipements, sans le fric. J’étais pourtant devenu officieusement millionnaire, cette nuit. Sans doute de façon éphémère… Mais nous avions une organisation très précise pour le pognon, les véhicules, l’équipement. On aurait juste dit un mec qui avait traîné les bars toute la nuit, et de toute façon je rentrais directement la voiture au garage. Rabattait la porte automatique derrière moi. Retroussant les manches de ma chemise qui sentait le frais, je me frottais ensuite les yeux, arrivant dans cette grande maison si vide. Partout, le visage rieur de mes gamines. Je prends un des cadres-photos et souris en le regardant. J’espérais qu’on prendrait soin de mes filles, s’il m’arrivait malheur. Je baille à m’en décrocher la mâchoire, pleurant des larmes de fatigue quand le soleil passa au travers des stores du salon. L’envie fugace me tarauda, de mettre un bon vieux rock à papa à la radio pendant que je me préparerais un petit-déjeuner comme quand la famille Raulne était réunie… Mais je renonçais. Bouteille de scotch sous le placard. Je trainais jusqu’au canapé, où je m’allongeais en grognant de fatigue. Je débouchais la bouteille avec les dents, tirant sur le vieux bouchon. En liège, comme les vieilles distilleries. Je le recrachais sur la table basse, avalais une longue gorgée. Et fermais les yeux, bras devant mes paupières closes.


Je naviguais entre deux mondes, oscillant entre le rire de mes gamines, leurs appels aux bêtises, et le claquement sec d’une mitrailleuse légère, masquant presque, mais pas tout à fait, le bruit sourd des tirs de mortiers.


On toque. Je me réveille en sursaut. Combien de temps ai-je dormi ? Des secondes, des minutes, des heures ? Il fait à peine plus jour. Je me frotte les yeux. Pas déjà la police, si ? Je m’avance à pas feutrés, méfiant. Flingue en main. Si ces enculés de planqués viennent me tirer du lit avec leurs équipes d’intervention, j’en enverrais le plus possible six pieds sous terre. Regardant par le judas, je fronce les sourcils. Et pose le flingue dans le grand vase de l’entrée, massif. Il fait « clang » en tombant dedans. Une jeune femme, ici ? J’ai souvenir d’une soirée trop arrosée, six ou sept semaines plus tôt. Mais elle était plus jeune, non ? Je ne savais plus. J’ouvrais, un rien embêté de ne pas trop savoir ce qu’une fille apparemment inconnue débarque chez moi. Je cligne des yeux en ouvrant la porte, aveuglé par la lumière du jour, même s’il fait moche et qu’on n’est qu’en janvier. Son visage me dit quelque chose. Elle me débite un laïus dont je ne retiens bien vite que deux choses. Kapoem et Henri Kapoem. Vous connaissez ce moment où vous êtes pris au piège et que vous ne pouvez rien y faire ? C’est moi, et c’est maintenant. Mon ancien caporal, enfin, un de mes caporaux. Sa gamine. Putain, ça faisait quoi, douze ans ? Ma fille, qui lui avait écrit. Le Renard marquant sa plaque. Morts il y a des années.


Bien sûr que ça me disait quelque chose. Mais le choc de me retrouver face à cette partie de mon passé, incarnée par ce visage inquiet et contrit, ça me fait littéralement chanceler. Je revoyais des images dans ma tête en une succession rapide. Son moustachu de père. Sa mère. Les photos de leurs corps étendus dans la rue. L’escouade d’origine. Le bain de sang. Je suis à deux doigts de l’éconduire, mais son regard de gamine paumée… C’est une de ces heures où on peut difficilement se débiner face à la vérité. Je hais ma vie. Je n’ai plus dormi depuis 32 heures, et je suis légèrement alcoolisé. Je m’écarte sur le côté pour la laisser passer. Si je n’ai pas le choix, je peux au moins orienter la vérité dans la direction que je préfère.



| Je me rappelle de ton père. J’étais son supérieur. Je dois encore avoir quelques photos.Entre, gamine. |


Je la guide dans mon salon. Je n’ai pas le temps de cacher la bouteille. Merde. Pour un mec qui fait gaffe aux détails, celui-là, je n’y pensais plus. Mais bon, j’aurais sans doute besoin de ça.


| Si tu préfères le café, j’ai une machine automatique dans la cuisine, là, sur le bar. |


Je me cogne le pied contre le coin de ma table basse et j’étouffe un juron dans ma barbe, me maudissant. Je ferme les yeux une seconde. Puis, je souffle, et je me sers un godet dans un verre qui traîne. Je rassemble mes mots.


| Je ne sais pas ce que t’as dit Jenni, mais je n’ai pas vraiment le droit de parler de ce qu’on a fait, quand on était soldat. J’ai bien connu ton père. Je suis… Enfin, j’étais, le capitaine Jean Raulne. A l’époque, je n’étais que Lieutenant. Forces spéciales. On a fait l’Afrique ensemble. |


Je me fige. Mince, y’a quand même quelque chose qui coince, là dedans.


| Comment tu connais ma fille ? |

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MessageSujet: Re: We hear the hum   Dim 20 Mai - 14:26

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Le 16 janvier 2050


 



Avais-je prise la bone décision en venant ici aujourd’hui ? Je n’en étais pas certaine et pourtant je ne pouvais plus faire marche arrière, pas maintenant que je m’étais décidée à frapper à sa porte pour voir si l’homme que je recherchais était là ou non. Avais-je envie de rouvrir cette page que j’avais tourné depuis longtemps ? J’aimais mes parents, même s’ils n’étaient plus à mes côtés. Je me rappelais que peu d’eux, mais tous mes souvenirs étaient joyeux. Notre vie n’était pas toujours simple, mais je savais que je tenais mon sourire et ma bonne humeur de l’éducation qu’ils m’avaient donné avant de disparaître. Ma mère était femme de ménage. Ses journées étaient parfois longues et harassantes. Plus d’une fois, c’était ma voisine qui venait me chercher à l’école, ma mère n’aimant pas que je rentre toute seule. Chaque soir, quand elle rentrait, même si elle était épuisée, elle prenait le temps de faire avec moi mes devoirs, de me préparer un bon repas et de livre une histoire avant que je ne m’endorme. Et si, certains matins quand je me levais elle n’était pas là, je trouvais toujours un petit déjeuné dans la cuisine qu’elle m’avait préparé. Ma mère était une battante et une femme formidable. Chaque week-end, elle m’amenait visiter Europolis, me montrer tout ce qui était beau dans cette ville. Nous n’étions pas riche, mais elle s’arrangeait toujours pour que j’ai de beaux vêtements, que je ne manque de rien et que je puisse prendre des cours de danse. Elle était vraiment la meilleure.

Mon père… Je n’ai pas vraiment autant de souvenirs avec lui. Il n’était pas souvent à la maison et à chaque fois qu’il repartait, maman pleurait dans sa chambre. « Il part sauver le monde » C’était ce qu’elle me répétait tout le temps. Je n’ai pu partager autant de moment de complicité avec lui de ce fait là mais je me souviens qu’il m’écrivait très souvent. Et, quant il revenait à la maison, il n’avait d’yeux que pour nous. Il ne parlait jamais de ce qu’il faisait, jamais. Et Maman non plus d’ailleurs.

La porte finit par s’ouvrir et d’une traite, j’énonçais à l’homme en face de moi pourquoi j’étais ici. Je reprenais ma respiration qu’une fois cela fait en montrant la seule chose qui me restait de ma famille : les plaques de mon père et de mon oncle.  Je relevais ensuite les yeux vers l’homme pour le détailler et la fatigue sur ses traits me frappa. Je le dérangeais visiblement. Non c’était même certain. Peut-être était-il en train de dormir ? Je me mordais la lèvre inférieure quelques instants avant d’ouvrir de nouveau la bouche. J’allais lui dire que je repasserais plus tard mais il me prend de court en me disant qu’il connaissait mon père. Mon cœur s’emballa, surtout lorsqu’il m’indiqua qu’il devait surement avoir encore quelques photos. Leurs visages… Je les avais oublié avec le temps. J’étais tellement jeune quand on me les avait enlevé. Je n’avais découvert que très récemment où ils avaient été enterrés, à force de fouiller et d’appeler encore et encore les cimetières. Je m’y rendais tous les dimanches sans faute, pour leur parler de moi, de ma vie, et leur dire combien ils me manquaient chaque jour.

Je suis l’homme jusqu’à ce qu’il semble être son salon. Curieuse, je commence à détailler les lieux avant d’arrêter en voyant une bouteille trainer. Je resserre mon sac contre moi, plus par instint qu’autre chose. Si cela se trouve, c’étai un taré et Ezechiel avait raison de me mettre en garde ? Je secoue la tête, chassant cette idée de mon esprit. Même si c’était le cas, je ne suis pas sans défense après tout. Et on savait où je me trouvais. Je ne craignais pas grand-chose. Il me propose un café mais je refuse poliemment. Non merci c’est gentil à vous. J’en ai déjà bu plus qu’il n’en faut aujourd’hui. lui répondis-je en lui faisant un sourire sans bouger d’un pouce. J’avais déjà avalé trois tasses ce matin, pour me donner du courage et me remettre de ma nuit. Ce n’était pas bon d’en boire autant et mon corps étant mon outil de travail, je devais me ménager. L’homme se cogne et marmone un juron. Je ne peux m’empêcher de sourire. Mon père faisait souvent ça lui aussi. Il prend ensuite la bouteille pour s’en servir tout en me parlant et cette fois ci je fronce des sourcils. Vous êtes sûr que c’est une bonne idée ? lui dis-je en montrant du regard son verre, toujours debout dans le salon. Puis je sortais de mon sac la lettre que sa fille m’avait envoyé et la posais devant lui sur la table basse. Je ne la connais pas. Elle m’a écrit en me disant que vous pourriez surement m’aider. J’attendais de vous avoir rencontré avant de lui répondre et la remercier…  Je haussais les épaules avant d’ajouter. Mais je vois bien que je vous dérange alors je peux repasser plus tard si vous voulez… Ou jamais si c’est ce que vous désirez. Je sais que ma démarche est étrange et on m’a plus d’une fois claqué la porte au nez, ce ne serait pas le première fois.

Jennifer Raulne a écrit:
Bonjour Mélusine,

Je ne sais pas si vous lisez votre courrier des fans, je l'espère. Car ce que j'ai à vous dire dépasse simplement mon admiration (bien réelle!) pour vous.

J'ai entendu votre interview l'autre jour à la télévision. Vos mots m'ont beaucoup touché. J'adore tout ce que vous faites, et j'adore aussi votre humilité! Ma mère me dit toujours que je pourrais prendre exemple sur des jeunes comme vous, Mélusine. J'aimerais tellement vous rencontrer un jour! Mais la situation de mes parents m'a éloignée d'Europolis.

Je m'appelle Jennifer Raulne, j'ai 17 ans, et je vous suis depuis votre première saison à la télé.

Mais ce n'est pas tant pour ça que je vous écris que pour vos mots lors de votre interview. Mon père aussi a des plaques militaires frappées d'un Renard. Il m'a dit que c'était l'emblème de son peloton. Peut-être se sont-ils connus? Vous avez déjà vécu tellement de drames... Vous méritez d'en savoir plus sur votre père! Je ne sais pas si le mien peut vous aider, il ne m'a pas répondu à mes dernières lettres... Mais je sais qu'il était capitaine. Et qu'il était proche de ses hommes. Vous devriez lui demander, si vous voulez en savoir plus? Peut-être qu'il l'aura même connu directement?

Je vous joins mon ancienne adresse; il y vit seul désormais. J'espère vraiment qu'il pourra vous aider. Je le connais, s'il le peut, il le fera. Ma mère dit que C'est un homme d'honneur quoiqu'on en dise, j'en suis sûre.

J'espère pouvoir un jour vous rencontrer.

Avec toute mon admiration
Jenni




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MessageSujet: Re: We hear the hum   Lun 28 Mai - 13:48

J’étais sans cesse pourchassé par mes propres Fantômes. Après en avoir commandé pendant plus de douze ans, ceux-ci ne cessaient plus de me hanter, qu’ils soient morts, vivants, ou un peu des deux à la fois. Je me rappelais de Kapoem. Je me rappelais de tous ceux qui avaient servi sous mes ordres. Au moins le nom ou le visage, pour ceux qui n’avaient fait qu’un bref passage chez nous avant de passer l’arme à gauche. Mais je m’en rappelais. Kapoem avait été parmi les premiers Fantômes, la version 1.1 de l’unité qui avait été envoyée en première ligne. Je me rappelais bien de lui. Et de ce qui avait suivi sa propre mort, après qu’il ai raccroché avec l’unité. Je hoche la tête quand sa fille refuse ma proposition de café. Honnêtement, je me sens comme un mort vivant à qui on aurait retiré tout moyen de subsistance ; j’avais l’impression de ne plus avoir de carburant, d’énergie. Mon corps était au moins aussi vide que mon cœur, mais mon esprit lui, turbinait à toute vitesse. J’avais l’habitude de ce genre de sensation, je me rappelais très bien des nuits glaciales en plein hiver russe, ou de ces longues semaines de combat sans vraiment de repos en Chine, quand nous dormions entassés les uns contre les autres dans les ruelles de villages en proie aux pires combats. Je hausse donc les épaules. Sans la regarder. C’est de la gêne sans doute, et un rien de honte, qu’elle ne sache rien de moi et me considère comme un homme normal, qui pouvait l’aider. Je n’avais jamais rien fait pour cela, car j’avais su que son oncle devait la récupérer à l’époque. J’avais quand même fait quelque chose pour soulager son âme, mais personne n’en avait jamais rien su en dehors des participants directs.


J’ai du mal à la regarder, parce que je sais que la contempler ne ferait que me renvoyer à la gueule mes actions… Et pas les plus jolies. Toutefois, je relève les yeux comme par réflexe quand elle me demande si boire est une bonne idée.



| C’est toujours plus malin que se péter la jambe. C’est mon café à moi. |


Il ne m’aidait que rarement à dormir, ne me maintenant pas éveillé non plus, et il était clair qu’il émoussait mes réflexes. Mais il m’aidait à me focaliser, m’engourdissait certes l’esprit, mais m’évitait de parasiter mes réflexions avec un trop plein d’émotions ou de souvenirs. Penser plus lentement m’aidait à être plus serein. La jeune femme me dépose une lettre sur la table. Je la regarde enfin pour de bon, ce faisant. Elle est de taille moyenne. Plutôt svelte, du genre à s’entretenir, à faire du sport. Longue cascade de cheveux châtains, comme sa mère si mes souvenirs était bon. Quelques tâches de rousseur. Jolie. Elle ressemblait beaucoup à sa mère, mais avait hérité de la forme des yeux et du nez de son père. Ce constat était aussi douloureux que ce que j’avais appréhendé ; cela fit remonter quantité de souvenirs, malgré l’alcool. Je bois une grosse gorgée de whisky en reconnaissant l’écriture de ma fille, ce qui fit remonter d’un coup l’infâme douleur de notre séparation, souffrance que j’enfouissais et maîtrisais en temps normal, mais là, fatigue, stress, alcool… J’aurais pu en chialer, si j’étais tout seul. Ce n’était pas le cas. Réprimant les tremblements qui reprenaient ma main gauche, je reporte mon regard sur la jeune femme, quand elle se fait d’une gentillesse extrême, presque douloureuse. Je lui indique le fauteuil, en face du miens.


| Désolé pour ma sale gueule. Désolé aussi si je te fais un peu peur. Je traverse une sale période, mais tu ne crains rien avec moi. Ton père était un de mes hommes, un dont j’étais le plus proche. Je vais te dire ce que je sais de lui, et de ta mère. Ce que je peux te dire, en tout cas… |


je me retourne et me lève pour aller chercher un gros album dans ma bibliothèque, derrière le canapé en face de la télé. Le bois massif des étagères supportait le poids de la masse d’ouvrages et souvenirs, mais craqua tout de même quand j’en tirais un épais volume. Je me rassis alors, tournant les pages en m’humidifiant le bout des doigts avec ma langue. Jusqu’à ouvrir le classeur sur une double page où il y avait plusieurs photos. Je n’avais jamais pu conserver de photos en uniforme, car tout était secret défense, de notre identité à nos tenues et écussons, en passant par les théâtres d’opération que l’on aurait pu deviner en arrière-plan. Je savais déjà ce que je pouvais dire. Et sur ces photos, une fête d’anniversaire de son père. Après le retour du Niger. On me voyait avec quelques autres soldats, chanter avec son père, tous ivres.


| C’était à un de ses anniversaires, quand on est revenu d’Afrique après un déploiement. Ton père voulait relâcher la pression, et ta mère était toujours en train d’essayer de le dérider, de lui faire oublier les périodes de déploiement. Sacrée fête, ce jour-là. Tu étais toute petite, en 2035, non ? Je me souviens de toi. Et de l’amour que te portait ton père. Je connaissais moins ta maman ; je ne l’ai vue qu’à deux ou trois fêtes, en Europe. Mais ton père… |


Je lui fais signe d’attendre une seconde, et je relève le côté de ma chemise sur le flanc droit de mon bassin, où il y avait une grosse masse de tissus cicatriciels.


| Notre VAB s’est pris une mine, au Afrique. L’engin a pris feu, j’étais sonné et j’ai commencé à crâmer. Ton père, dans le véhicule suivant, a traversé la place du village sous le feu ennemi et m’a sorti de là avec un autre survivant. C’était un bon, ton père. Un mec qui se la racontait pas, et qui avait horreur des félicitations ou de la publicité quand on faisait bien les choses. Un discret, mais le genre de mec sur qui on peut compter en cas de coup dur. Il avait une photo de toi enfant, dans la poche de sa veste. Il te parlait, certains soirs après des engagements très durs… | Je déglutis, et noies mes nouveaux tremblements dans le whisky. | Sa mort a été durement encaissée, dans la compagnie. J’ai perdu un ami et un frère d’armes, en plus d’un excellent soldat. J’étais en Europe peu après, et j’ai su que ton oncle devait s’occuper de toi… |

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MessageSujet: Re: We hear the hum   Sam 2 Juin - 12:09

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Je ne réponds rien à l’homme concernant l’alcool qu’il s’entête à consommer. Je ne le connais pas. Je ne connais pas sa vie. Et il n’avait pas vraiment besoin d’aide. Ou n’en voulant pas en tout cas. Je ne pouvais rien faire pour lui. Pour sauver les autres, il faut qu’ils le veuillent. Cela je l’avais appris à force d’arpenter la nuit les ruelles des bas quartiers de la ville. Je ne pouvais pas sauver toute la ville entière, je le savais, même si j’avais espéré y arriver et l’espérer toujours. Elle avait besoin d’inspiration. Elle avait besoin qu’on lui montre comment faire, qu’on lui ouvre la voie, qu’on la guide, qu’on lui apprenne à se relever. Un jour… Un jour j’y arriverais. Je ne baisserais pas les bras, jamais. J’avais les moyens de le faire et je ne resterais pas sans rien faire. Je ne le pouvais pas. Cette ville mes parents l’avaient aimé. Elle m’avait vu naître, grandir. Je ne l’abandonnerais pas. Ce serait comme les abandonner eux, et ça, j’en étais incapable.

Il me désigne le fauteuil en face du sien et j’y prends place après une légère hésitation. Je ne voulais pas l’importuner, ni même le déranger d’ailleurs. J’étais là pour trouver des réponses oui, mais je n’étais pas sans gêne non plus. Et j’avais l’habitude qu’on me rembarre aussi. Cela n’aurait pas été la première fois qu’on me fermait la porte au nez comme je venais de lui dire. J’avais frappé déjà à plusieurs endroits et m’avait souvent viré comme si j’étais un animal nuisible. Plus d’une fois Ze m’avait consolé d’ailleurs. Et c’était pour cela qu’il n’avait pas été enchanté que je vienne aujourd’hui, encore moins seule. Il était une sorte de grand frère, de protecteur quelque part. Et sans lui, sans sa bienveillance, je ne serais pas là aujourd’hui, ça ne faisait aucun doute.

L’homme s’excuse et je secoue négativement la tête pour lui faire comprendre qu’il n’a pas à le faire. Je suis celle qui est désolée, et il n’a pas à l’être. C’est moi qui ai débarqué chez lui sans prévenir en le dérangeant et pas le contraire. Et il ne m’avait pas fait peur non plus. Quand tu évoques mon père, je relève la tête vers lui, le cœur battant. Je ne le devrais pas m’enthousiasmer aussi rapidement, mais je ne peux pas m’en empêcher. Il se lève, récupère un album dans sa bibliothèque avant de revenir et de tourner de nombreuses pages. Il finit par s’arrêter et me désigner une photo. Mon cœur s’emballe et ma gorge se serre. J’avais oublié leur visage mais en les voyant, sur ce papier, je les reconnais immédiatement. Je suis incapable de prononcer le moindre mot. Ma main tremble alors que je l’approche du cliché et le caresse doucement. Je venais d’avoir huit ans. Je ne me rappelais pas de cette soirée, mais ils avaient l’air si heureux à chanter. Une larme coula sur ma joue, que je chassais, une larme de joie de pouvoir les revoir, de m’approprier leurs visage, de me reconnaitre en eux. Je ressemblais à ma mère, mais j’avais… J’avais les yeux et le nez de mon père. Et je savais que, désormais, à chaque fois que je me regarderais dans le miroir, je les verrais eux. Je soufflais un merci trop ému pour l’instant pour arriver à prononcer autre chose. Je quitte la photo des yeux pour les relever et regarder ce que monsieur Raulne veut me montrer. Il me montre une blessure sur son flanc, qui, bien que cicatrisée, reste très visible sur sa peau. Il reprend la parole et m’expliquer que mon père lui a sauvé la vie ce jour-là et combien il était un homme bon. Il évoque avec moi ce souvenir douloureux, avant de me préciser qu’il avait une photo de moi qu’il gardait toujours avec lui. Tout cela je l’ignorais et était précieux pour moi.

Il reprend sa bouteille puis parle de leur mort. Et, comme moi, il semble encore affecté par cela. Je ne serais jamais en paix jamais. Pas alors qu’on avait jamais retrouvé celui ou ceux qui m’avaient pris mes parents. Pas alors que j’ignorais pourquoi on les avait tué eux, me laissant orpheline. Mes mains tremblent, et je les serre en poings sur mes cuisses.Il le devait oui... La plaque à côté de celles de mon père lui appartient... Il était aussi dans l’armée. Je ne connais pas les détails, mais il a été tué alors qu’il voulait regagner le pays pour s’occuper de moi alors qu’il n’avait que ving-cinq ans. Je suis la dernière Kapoëm. Lui dis-je tristement en caressant doucement les plaques que je portais toujours autour du cou. En quelques semaines, j’avais perdu toute ma famille et ma vie avait complètement basculé. Je secoue la tête pour chasser ses sombres pensées qui appartenaient désormais au passé. Puis, souriant doucement à l’homme en face de moi, je lui demande Est-ce cela vous dérangerait que je vous emprunte cette photo ? Je vous la rendrais dès ce soir, je vous le promets. J’aimerais simplement en faire une copie que je pourrais garder.




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MessageSujet: Re: We hear the hum   Sam 2 Juin - 19:08

Je parle, tout en cherchant à me réfréner, à faire ce que je pouvais pour me retenir de trop en dire… Essayer dans le même temps d’en dire l’essentiel, d’en évoquer juste assez pour que le choses puissent suivre une bonne direction, comme si son père, tout comme moi ou les autres fantômes, avions fait des choses louables, courageuses. Ce n’était pas pour me faire mousser, pour me donner une bonne image. Mais je n’étais pas stupide ; j’avais terriblement confiance du fait que la jeune femme avait sans aucun doute envie et besoin d’entendre que son père était quelqu’un de bien. Que l’image qu’elle s’était forgée de lui au fil des années était belle, peut être pas louable mais en tout cas digne de respect. Je le reconnaissais moi-même de toute manière, son père avait été quelqu’un de bien. De mieux en tout cas que l’essentiel de la compagnie que je commandais à l’époque. Et c’était quelque chose, parmi cent cinquante tueurs de tous les horizons, d’être l’un des moins pires du lot.


Je vois bien que ce que je lui raconte la touche. C’est l’évidence même, et surtout, cela prouve que la folie de son père, douce comme je le disais par rapport à d’autres mais néanmoins bien présente, avait sauté une génération. Elle semble touchée, déjà, quand je sors une photo. Je la sens gênée, émue bien sûr aussi. C’est normal, elle n’a pas l’air de savoir grand-chose de ses parents. Ca m’étonne, ça me titille. Mais d’autres choses aiguisent mon intérêt et mes questionnements. Ca commence à faire beaucoup de choses, de petits détails qui ne collent pas ou qui ne s’expliquent pas de manière très claire à mes yeux. Il est certain en tout cas que les choses se corsent pour la jeune femme, qui regardant la photo, exprime ses sentiments par des tremblements et par beaucoup d’émotion. Elle pleure. Je me racle la gorge, bouche fermée, pour me redonner une contenance. Et je me ressers un verre. J’ai envie d’une clope, là, comme après la guerre ou le cul, mais ce n’est pas le moment, et je n’ai jamais fumé chez moi. Encore une chose que je faisais de mon côté, bien caché de ma femme. La jeune fille me remercie d’un signe de tête, et je reste de mon côté bêtement captivé par les tâches de son sur son visage. Qui me rappelait tant ses parents que c’en était douloureux. C’était un drôle de moment. Pas du tout une entrevue que j’aurais imaginée, mauvais timing en plus. Mais elle permettait de crever un abcès assez ancien… Qui faisait remonter de la douleur, de plus en plus fort, d’ailleurs.


Je me rappelais de la jouissance sauvage tirée de l’assassinat brutal de leurs meurtriers, qu’on avait pelé vifs et écorché dans un entrepôt, à l’est de la ville. Je ne regrettais pas ce moment, mais je me rappelais de mes sentiments lors de la traque. La jeune femme m’explique que la plaque qu’elle porte en chaîne est celle de son père. Et l’autre, celle de son oncle. Elle tremble. Je déglutis en comprenant.



| Oh, putain de merde. Je suis désolé. Je pensais pas… J’étais l’officier responsable de ton père, et j’avais moi-même des gamines plus jeunes que toi, on pensait… On pensait rester dans le coin tant que t’aurais besoin de nous. Mais ton oncle s’est manifesté à la police, il devait revenir. Je pensais pas qu’il était mobilisé. Désolé, vraiment. J’avais… |


je fronce les sourcils, le regard rougi par la honte, la culpabilité et par la fatigue.


| J’avais promis que je prendrais soin de toi si ton oncle ne pouvait pas s’occuper de toi. |


Je m’avance vers elle, en me levant. Et l’attire contre moi, comme je prendrais mes propres gamines dans mes bras pour les réconforter.


| Tu peux la prendre, oui. Je te la donne même, si tu veux. Je dois en avoir quelque chose, si tu veux qu’on les cherche. |


Je renifle un peu bruyamment, respiration saccadée par l’angoisse béante de ces années que j’avais loupées, que j’avais failli à mon devoir et à ma promesse.


| Arrête de me vouvoyer. T’es de la famille. On est plusieurs de l’époque à avoir survécu à cette putain de guerre. Tu veux euh… putain, je sais même pas l’heure qu’il est. T’es sûre que tu veux rien boire ? Manger un truc ? Je dois avoir de quoi cuisiner une bricole. Et tu pourras me raconter ce qu’il t’es arrivé. Et comment ma fille te connaît. |


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MessageSujet: Re: We hear the hum   Ven 27 Juil - 13:12

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Le 16 janvier 2050






Parlez de mes parents n’est pas toujours quelque chose de simple. J’ai appris à le faire avec les années, mais lorsque cela touche leur mort, j’ai encore bien du mal. Je ne me souviens plus grand-chose d’eux d’ailleurs. J’étais trop petite quand ils ont été tués, trop jeune pour demander à garder des photos, des souvenirs. Leurs affaires avaient été vendues quand mon oncle était mort, et l’argent avait été transférée sur un compte dont j’avais découvert l’existence à ma majorité. Ils ne m’avaient pas laissé sans rien, ni même cet oncle que je n’avais que très peu connu aussi. J’étais la dernière de notre famille et j’avais hérité de ce qu’ils possédaient. Ce n’était peut-être pas grand-chose, mais c’était quelque chose venant d’eux. Aussi immatériel que cela soit, cela avait touché mon cœur. Ma vie n’avait pas été facile avant que je ne perce. Mais je m’en étais sortie, plus forte et la tête haute.

Je pense sincèrement que mes parents, où qu’ils soient auraient aimé que je fasse des études. Ils avaient économisé pour cela. Mais l’école… Cela n’avait pas été mon truc. J’avais besoin de danser pour survivre, pour vivre, pour oublier, pour m’exprimer. Sans elle… Sans elle, je n’aurais pas tenu le coup. Dans mon malheur j’avais eu de la chance et tous ne pouvaient pas s’en vanter. C’était pour cela que j’essayais d’aider au maximum les autres. Je devais tendre la main comme on me l’avait tendu. Alors je reversais ce dont je n’avais pas besoin. J’œuvrais pour des œuvres caritatives. Je participais à de la distribution de nourriture, et de vêtements en hivers. Et la nuit, sous un masque et dans une tenue de cuir, j’essayais de rendre les bas-fonds de la ville plus sûrs. Ce n’était que des gouttes dans l’océan, mais des gouttes qui finiraient par avoir leur importance. De cela, j’en étais persuadée.

Je caresse doucement la photo de mes parents qui semblaient si heureux. Revoir leur visage… Cela me rappela leur rire, un rire que je pensais avoir oublié pour toujours. L’émotion me gagne et quand mes mains se mettent à trembler je repose la photo de peur de l’abimer. Je réponds doucement mais tristement aux questions de l’homme en face de moi avant de lui demander s’il acceptait que je fasse une copie de la photo qu’il venait de sortir de son album. Mon regarde s’était de nouveau égarée vers elle mais je le relève en l’entendant jurer puis s’excuser. Je vois dans ses yeux de la culpabilité, une culpabilité qu’il n’est pas sensé ressentir. Il n’y pouvait rien et je ne lui en voulais pas. Je n’étais pas sous sa responsabilité. Et comme il venait de le dire, il avait deux filles à s’occuper. Je secouais la tête Vous n’avez pas à vous excuser. Cela n’était pas de votre ressort. Carl, mon oncle était le tuteur désigné par mes parents et non vous. lui dis-je doucement avec un sourire. Ce n’était la faute de personne, si ce n’était de ceux qui avaient tué mes parents. Malgré mes paroles, l’ancien militaire se lève après m’avoir indiqué qu’il avait promis de s’occuper de moi. Je le regarde de manière interrogative, ne comprenant pas vraiment. Je sais que j’étais la chose la plus précieuse aux yeux de mes parents. Ils ne m’auraient pas confié à quelqu’un en qui ils n’auraient pas été proches ou envers qui ils n’avaient pas entièrement confiance. Or, il m’avait indiqué plus tôt qu’il connaissait peu ma mère. Je n’ai pas le temps de le questionner qu’il me prend dans ses bras comme pour me réconforter. Je me sens à la fois gênée et touchée. Je l’écoute en silence, lui rendant ce câlin qu’il me faisait. Cela me faisait du bien de renouer avec mon passé. J’avais besoin de connaître plus mes racines pour avancer encore. J’avais besoin que le poids de l’absence des miens s’allège. Et Jean Raulne pouvait m’aider pour cela.

Je lâche un rire gêné mais sincère quand il me demande de le tutoyer car je suis de la famille. « Famille ». Avant d’entrer dans mon école de danse et d’y nouer des liens, je ne savais plus ce que c’était. Je vous l’ai dit, dans mon malheur, j’avais eu de la chance, beaucoup. Je ne partageais pas de lien de sang avec celui que je voyais comme mon protecteur, un oncle quelque part, mais j’étais attaché, énormément à lui. Ezechiel était cette constante dans ma vie, ce pilier dont j’avais eu besoin. En parlant du loup, il m’envoya de nouveau un message pour savoir si tout allait bien. Désolée. Si je ne réponds pas, Zek va débarquer avec toute une session d’assaut. Il est assez protecteur et parano. dis-je à Jean, avec un sourire, mais sérieuse malgré tout. Je m’écartais de lui pour répondre à l’homme que oui j’allais bien, avant de ranger mon téléphone dans ma poche. Je sais pas trop quoi vous… Te dire… Ni par où commencer. lui avouais-je un peu gênée. J’ai passé plusieurs années dans l’un des orphelinats de coal district. Quand j’avais treize ans, j’ai passé une audition pour intégrer la grande école de danse Mazen… Avant de m’enfuir avant les résultats de honte et persuadée que je serais jamais prise. Grand dieu, je faisais vraiment tâche là-bas, avec mes vieux vêtements usés. Je ne sais pas encore pourquoi Ezechiel m’a choisie. Je veux dire, il y a des danseuses bien plus douée que moi… soufflais-je avant de reprendre plus enjouée. Pourtant, il est venu me chercher à l’orphelinat quelques jours plus tard pour que j’intègre son école, s’engageant à couvrir tous mes frais et mes besoins. Je n’ai pas hésité une seule minute avant d’accepter… C’était un directeur dur et un professeur exigeant, mais un mentor très investi et juste. Il m’a proposé plus tard un poste de professeur et c’est lui qui m’a poussé à m’inscrire à l’émission « move with stars ». Et je l’ai presque battu à la saison précédente. lâchais-je dans un rire. Un jour, j’y arriverai. c’était mon défi personnel. Je concluais par lui dire. Je ne connais pas vraiment votre… Ta fille. Je ne l’ai d’ailleurs jamais vu. Elle a vu l’une des interviews que j’ai donnée il y a quelques semaines concernant le film dans lequel je vais tourner bientôt… Un gros challenge dont je ne suis pas sûre d’être à la hauteur… Enfin bref. Elle m’a écrit, et… Me voilà. concluais-je en haussant les épaules. Je passais sous silence toutes ses années difficiles à l’orphelinat pendant lesquelles nous n’avions pas pu manger à notre faim. La vie avait été dure, mais elle m’avait rendu plus forte. Grace à cela, je n’avais pas laissé des pimbêches me marcher dessus quand j’avais intégré l’école. J’avais ignoré leurs remarques et leurs insultes. Je n’avais jamais répondu, mais leur avais prouvé que j’avais ma place en me relevant après chaque chute, en faisant toujours tout pour m’améliorer et en repoussant à chaque fois mes limites.




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MessageSujet: Re: We hear the hum   Sam 28 Juil - 22:12

Manger. Boire. Besoin vital. Je n’ai rien avalé en bientôt 24h, à part de l’eau et de l’alcool. Super quoi, je suis encore super en forme, comme d’habitude. Encore pire. Et la jeune fille doit peut être avoir besoin d’un remontant après tout ce bordel, non, vous ne pensez quoi ? Je ne sais pas. Son père n’était jamais le dernier à lever le coude mais sa mère, bien qu’amusante, n’était pas tout à fait dans le même délire. Je ne savais pas qui était vraiment cette personne que j’avais sous les yeux. Ce n’était pas bien grave. J’étais prêt à me sortir les doigts du cul. Après tout quand j’étais rentré de l’armée, il avait bien fallu s’occuper des filles pendant un petit moment, pas vrai ? Leur mère avait toujours eu un boulot. Et j’avais mesuré à l’époque la grandeur de son âme, de son implication. Son mérite en tant que femme et en tant que personne. Elle avait tout dégommé. Je le lui avais si mal rendu… C’était honteux, mais qu’y pouvais-je ? je n’avais pas su lutter contre ma nature. Qui était de lutter justement. C’était comme ça. Et je sentais que la jeune femme en face de moi était toute aussi méritante. Une vraie guerrière, pleine de courage et de détermination. Je mesurais qui elle était à l’aune de la foi qu’elle avait eue, en elle comme en moi, au moment de venir sonner à ma porte.


Elle avait des couilles et j’aimais ça.


Mais on sentait aussi une grande et profonde sensibilité et fragilité en elle. Comme si elle luttait sans arrêt contre ses peurs, contre ses démons. Il était clair qu’elle était du genre à se torturer un peu l’esprit. Mais à y aller quand même. Je reconnaissais son père. C’était un torturé. Un mec brave et plein d’honneur, mais qui s’en voulait sans cesse à chaque saloperie qu’il pouvait faire. Autant dire qu’il n’était pas super en paix avec lui-même, compte tenu de tout ce qu’il avait subi au fil du temps. C’était pour ça qu’il avait fini par prendre ses distances avec l’unité. Il avait les reins solides, et il était clair qu’il avait besoin de se reconcentrer un peu sur ses priorités ; sa famille, et les lambeaux qu’il restait de son âme. Il s’était arrêté au bon moment. Après tous nos déboires en Afrique… Et avant la merde absolue en Asie puis en Europe. Mais il avait été crevé dans une ruelle de merde, et il avait laissé sa gosse derrière lui. Sa gosse qui semblait légèrement plus âgée que les miennes maintenant.


Elle caresse la photo de ses parents avec tact, délicatesse, et non sans affection, loin de là. Elle est touchée. Et ça me touche aussi, forcément. Je n’avais plus repensé à son père depuis longtemps. Pas par absence d’affection ou quoi que ce soit, mais parce que c’était un réflexe d’auto-protection. L’unité avait été décimée et reconstituée plusieurs fois entre deux opérations. Du coup, si je devais repenser à chaque homme mort sous mon commandement… Je n’avais pas fini, et je n’avais plus qu’à me tirer une balle. Ce qui finirait sans repoussait, surtout après une nuit pareille. Je sais pas pourquoi, j’avais toujours le sentiment que ça poussait plus vite quand je manquais de crever. J’avais mal partout, d’ailleurs. Comme toujours après quelques heures suivant une escarmouche.



| Ouais, d’accord. Mais je m’en veux quand même. J’avais promis de faire gaffe. Et j’ai trop relâché la garde. J’ai perdu tellement d’hommes et de femmes, pendant la guerre. T’as pas idée. Je veux pas me dédouaner, j’étais plus proche de ton père que de bien d’autres. Mais j’ai pas réussi à me concentrer sur ce qu’il y avait à côté… La guerre, toujours la guerre. On n’en sort jamais pour de bon… |


Et c’était ça qui me conduisait là où j’étais aujourd’hui. Je la serre contre moi. Pas vraiment comme je serrerais une de mes propres gamines, mais comme je serrerais une jeune recrue un peu choquée, qui se sent pas super bien après un bain de sang mêlant des civils et des mecs en kaki. En mode « allez, ça va aller ». Accolade pas si virile que dans le temps, mais je vais pas non plus la casser en deux. J’y mettais le même esprit quoiqu’il en soit. Elle répond à un message sur son téléphone. Et se met à me tutoyer. J’ai l’habitude d’entendre des gens me raconter leur vie ; des anecdotes, cent cinquante psychopathes et menteurs éhontés avaient passé des années à m’en servir. Je savais qu’elle ne me disait pas tout, mias on ne se connaissait pas assez pour que je lui en fasse la remarque. Je soupire, alors que je lui devais aussi quelques explications.


| Orphelinat à Coal District hein ? Putain, et je suis passé à côté de ça. Je suis content que t’aies trouvé ta voix. L’art c’est plus honorable que tout ce que ton père et moi avons fait dans notre vie, en dehors de nos gosses. J’espère que tu pourras percer. Vraiment. T’as l’air d’une chouette fille. Y’en a pas beaucoup qui auraient eu le courage d’entrer vue la dégaine que je tapais en t’ouvrant la porte, et le type de démarche que tu as entamées toi-même est une preuve de plus que t’as le courage de tes vieux. Tu ne verras pas mes filles, ici. J’ai fait la guerre pendant huit ans de plus, après que ton père nous aie quittés. Ca m’a un peu fait perdre les repères d’un mec normal, ma femme m’a pas supporté. Mes filles, je les aime bien sûr. Je pense que c’est réciproque. Mais c’était compliqué, pour nous tous ici. Elles sont parties il y a quelques semaines. Mais je suis content qu’elle t’ait écri de venir me voir. Je peux te dire tout ce qu’il y a à savoir sur tes parents. Et si je peux t’aider aujourd’hui de quelque manière que ce soit, je suis présent. Je n’ai plus que ça à faire, de toute façon. |

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MessageSujet: Re: We hear the hum   Dim 19 Aoû - 12:13

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Je posais ma main sur celle de l’homme en lui faisant un sourire sincère. Comme je venais de lui dire, il n’avait pas à s’en vouloir. Il n’y était pour rien. Ce n’était pas lui qui avait tué mes parents. Ce n’était pas non plus lui qui avait tué mon oncle non plus quelques jours après. La vie était injuste et c’était elle la coupable, elle et ceux qui avaient assassiné les miens. Je savais que jamais, je ne les retrouverais, mais j’espérais toujours que la justice y arriverait. Comment d’autres enfants avaient perdu leurs parents à cause d’eux ? Et, au fond, même si j’avais du mal à accepter cette part là de moi, je voulais les voir payer pour ce qu’ils m’avaient fait. Je m’en étais sortie oui, tant bien que mal, mais je m’en étais sortie malgré tout. Pour autant, ils m’avaient enlevé ce qui était le plus précieux dans ma vie et je voulais qu’ils payent, un jour ou l’autre pour cela. Je n’étais pas revancharde pourtant, pas le moins du monde. Malgré tout… Vous n’y êtes pour rien vraiment. Et un jour, les véritables coupables seront retrouvés et enfermés pour leur crime. Je ne désespère pas… lui soufflais-je avant de lui faire cette fois un bien maigre sourire. Un jour oui… murmurais-je avant de me secouer la tête pour chasser ses sombres pensées. Je lâchais les mains de l’homme pour reprendre la photo, cette photo qui me touchait. Revoir leur visage souriant… Je n’aurais jamais pu espérer mieux. Leurs traits étaient devenus flous avec le temps. J’étais si jeune, et on ne m’avait rien laissé d’eux, si ce n’était les plaques de mon père et de mon oncle. Je n’avais rien qui appartenait avant à ma mère alors cette photo… Cette simple photo me rattachait un peu à eux et à cet amour qui nous liait. Ils ne devaient sans doute pas être parfaits, mais à mes yeux de gosses, ils l’étaient.

Raconter mon histoire… A force de le faire, je devais m’y habituer et pourtant, cela faisait remonter toujours de mauvais souvenirs que je taisais à chaque fois. Avec ma popularité grandissante, j’avais appris à parler de moi, et à cacher ce que je ne voulais pas qu’on apprenne. Non pas que j’en ai honte, simplement je ne voulais pas qu’on éprouve de la pitié à mon égard. Il n’y avait que Zek qui savait tout sur ma vie. Il était le seul et cela m’allait parfaitement. Je donnais à Jean Raulne cette version que je donnais à tous. Il n’y avait aucun mensonge, simplement il n’y avait pas tout. L’homme s’en voulait et il semblait sincère. Rajouter une couche ? Non ce n’était pas mon genre… Il soupira, sans doute conscient, trop intelligent pour se douter que je n’avais pas tout dit. Je fus soulager quelque part qu’il n’essaye pas de me tirer les vers du nez, surtout lorsqu’il souligna où j’avais passé mon enfance. Percer ? Je m’en fiche un peu, ce n’est pas le plus important… La célébrité tout ça… Ce n’est pas la vraie vie. Le seul avantage que j’y trouve c’est qu’elle permet aux gens de la ville de voir au-delà de leur petit nid et confort, et d’essayer de tendre la main aux autres, ne serait-ce qu’une fois de temps en temps. A chaque fois que des journalistes viennent à la soupe populaire de la ville, je peux être certaine qu’elle récoltera plus d’argent, plus de moyens. lui dis-je. Quelque part, je trouvais cela malheureux, malheureux que nous ayons besoin d’un peu de popularité pour sensibiliser les gens, des gens qui ne s’arrêtaient jamais pour offrir un peu de nourriture ou de chaleur aux autres dans le besoin. Même avant d’avoir de l’argent, argent que je reversais majoritairement à des œuvres caritatives ou de charités, j’avais toujours essayé, d’une manière ou d’une autre, d’aider les autres. Et cela bien avant que Zek ne le tende la main à son tour. Je suis désolée pour tes filles… Et vraiment triste pour toi. Je… Je peux leur glisser un message pour toi quand je répondrais à Jennifer si tu veux ? Je parle par expérience, une fille ne devrait pas avoir à faire sans son père, pas s’il peut être avec elle. lui dis-je avec toute la sincérité du monde avant de finir par Je… C’est gentil. Merci. Si tu as d’autres photos… Ou si tu connais d’autres personnes qui en auraient ou pourraient me parler d’eux j’adorerai les rencontrer.





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MessageSujet: Re: We hear the hum   Dim 19 Aoû - 17:50

Elle prend ma main dans un geste si gentil et si impétueux, totalement désintéressé, que je manque de chialer pour un demi-million de raisons. J’avais participé à une guerre mondiale, aux réminiscences de vieux conflits coloniaux et à une opération qui s’était conclue par une détonation nucléaire. Autant dire que j’étais un dur, un mec qui avait survécu à beaucoup de saloperies. Il n’en restait pas moins que j’avais salement morflé au bout de tout ce temps et je n’avais que rarement saisi les occasions de craquer, quand j’étais seul ou bien entouré de personnes qui, follement ou naïvement, m’aimaient. C’était un peu à cause de ça que j’avais fini par perdre ma femme, d’ailleurs. Parce que je ne voulais jamais me laisser aller, parce que je refusais de manifester la moindre faiblesse. Je temporisais, avec de l’adrénaline, de l’alcool et du cul. Mais sans que ça suffise jamais tout à fait. Mes filles m’avaient plusieurs fois fait beaucoup de bien, en me faisant totalement oublier qui j’étais en dehors de ces moments passés avec elles. Mais je ne les avais plus aujourd’hui. Alors cette marque de douceur, de gentillesse, d’une personne que je ne connaissais absolument pas autrement… Je me contins toutefois, réprimant les tremblements de ma main gauche.


Je déglutis quand elle dit qu’elle espérait que les véritables coupables devaient être retrouvés et devaient payer pour leur crime. Le révéler ? non, pas alors que j’avais enfin… Laissez tomber. Je ne pouvais pas. Mais je ne voulais pas non plus lui donner à penser ce que nous avions vraiment fait, toutes ces années plus tôt.



| Je ne doute pas qu’ils aient déjà subi le contrecoup de leurs actions. Quand on mène ce genre de vie dans une société où il y a eu tant de soldats, de pauvreté, de violences, on ne fait jamais long feu. |


Eux n’avaient pas échappé à la règle, finalement. Quand on les avait retrouvés, leur supplice avait duré des heures. Nous les avions épluchés vivants. Cuir chevelu, oreilles, nez, orteils et doigts que nous avions brisés, comme les coudes, les genoux. Nous avions pris beaucoup d’expérience dans le domaine en Lybie, avant de nous concentrer sur la pure punition de nos adversaires en Chine et en Russie. Nous avions été de plus en plus loin au fil des années, causant des actes véritablement innommables qui ne nous avaient pas fait sourciller à l’époque mais qui avaient contribué à nous rendre fous par la suite. J’écoute ce qu’elle dit et j’arque un sourcil. Je masque ma gêne en agitant doucement mon verre à la main, quand elle incarne mieux la sainteté que mère Thérésa elle-même. Mais je sens que mon histoire la touche, elle est désolée pour mes filles, triste pour moi. Je suis touché de sa proposition en tout cas. Et je sens qu’elle est elle-même touchée de ma situation.


| Tu peux lui dire que son père pense énormément à elle ? Et qu’elle ne s’inquiète pas pour moi. Comme tu le vois toi-même, je pète la forme. |


Je n’étais pas si vieux et je savais de quoi j’avais besoin pour vivre. Même si je buvais du whisky un peu tôt et que de toute évidence je ne dormais pas beaucoup. Je réfléchis un instant à ce qu’elle me dit. Hésite. Mais tire un autre album photo.


| Des gens de l’époque, il n’y en a plus beaucoup. Ma compagnie a perdu 325% de ses effectifs de départ sur la totalité des six années qui ont suivi ; on a dû reconstituer plusieurs fois l’unité. Je vais voir si j’arrive à décider quelques survivants de l’époque de pointer le bout de leur nez. |


Je déploie des photos d’un bal de promotion d’officiers et de sous officiers où son père, moi, et nos femmes étions présents quand nous étions parachutistes, avant les fantômes. On était jeunes. Encore à peu près innocents. Mais déjà, la folie pointait.


| On a ça, encore. On y voit mieux ta mère. A l’époque, je ne savais pas qu’ils resteraient ensemble aussi longtemps. Et moi, j’étais déjà sûr que la mienne serait la femme de ma vie. Comme quoi… |

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"Un cousin de la mort, un frère de la chance, et un fils de pute"
Général Moltke, à propos du Capitaine Jean Raulne,
3e Compagnie du Bataillon Spécial des "Fantômes"

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We hear the hum
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