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 Unusual suspects
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MessageSujet: Unusual suspects   Lun 30 Avr - 20:05

Unusual suspects


Christopher ϟ StubbornKate ϟ VenomFallon ϟ Vyper


15 janvier 2050, commissariat central de l’EPD

Plusieurs heures se sont écoulées depuis l’attentat de Coal District qui visait l’eurodéputé Storeberg. L’agitation est encore à son comble au poste de police, bien que la fatigue commence à élimer les ardeurs du personnel.

Ward mère et fille sont menottées et placées sous étroite surveillance depuis leur arrestation en tant que suspectes.
On leur a confisqué tous les objets qu’elles portaient, à commencer par leurs armes et leurs trois téléphones. Chacune a rempli l’indécrottable formulaire auprès d’une policière qui n’a jamais quitté son écran d’ordinateur des yeux, son large postérieur confortablement étalé sur un siège dont la suspension pneumatique couinait à chacun de ses gestes. Bien entendu, celle-ci leur a demandé sans une once de sympathie la raison de leur présence sur les lieux ainsi que leur récit de la journée. Un robot animé d’une intelligence artificielle (et d’un avatar de peau de vache) aurait accompli le travail avec la même absence d’humanité.

Premières arrivées au corps de Storeberg juste après l’explosion de la bombe, indifférentes aux autres victimes mutilées et provocatrices dans leurs paroles (un euphémisme quand il s’agit de décrire Fallon Ward), elles possédaient en outre un pistolet et un couteau papillon, arme idéale pour achever discrètement une victime. Elles n’ont eu droit à aucun autre égard de la part des policiers, pas même Kate dont le physique rend certains hommes trop audacieux.
Les deux complices gardèrent la bouche sèche malgré la proximité d’une fontaine en libre-service. Si l’une exprimait une envie pressante, on lui répondait de se retenir ou se préparer à lécher sa pisse jusqu’à la dernière goutte.
Certains policiers passaient devant elles avec le regard hargneux d’un chien de combat, d’autres s’arrêtaient un bref instant en réprimant une furieuse envie de leur cracher au visage. Seule une poignée de flics timorés levèrent un sourcil soupçonneux en toisant ce duo singulier. Étrangement, quelques gradés les désignèrent de loin avec un sourire grossier qui rappelait celui des cannibales venant d’attraper le casse-croûte du jour.


Un policier avec le nom « KOHPEIN » sur l’étiquette de son uniforme finit par leur demander si elles désirent se rendre aux toilettes avant leur interrogatoire, puis les conduit toutes les deux dans une pièce exiguë portant l’inscription « SALLE D’INTERROGATOIRE B4 ». Celle que les policiers surnomment la « before jail », car on y amène rarement des témoins innocents.
Une table métallique vissée à même le sol, quatre chaises et autant de caméras de surveillance forment le seul mobilier de cet espace oppressant, recouvert d’un gris terne du sol du plafond. L’endroit donnerait à n’importe âme désespérée l’envie de se passer la corde au cou, si ce n’est l’absence de prise pour la suspendre.
Pour qui est instruit des coutumes policières, la démarche est néanmoins surprenante. En effet, la procédure standard consiste à interroger chaque suspect séparément. Les enquêteurs espèrent ainsi repérer les zones de discordances dans les témoignages, avec pour objectif final d’obtenir des aveux authentiques.

Le lieutenant Hart entre à peine trente secondes plus tard, referme la porte derrière lui, puis vient s’installer en face des deux femmes. Il avance un gobelet en carton rempli de café (noir, sans sucre) devant Fallon, un autre devant Kate, en glisse un troisième à sa gauche et boit une bonne rasade du quatrième. Tous des grands modèles avec assez de caféine pour danser la lambada pendant toute la nuit.

— Aucune drogue, lance-t-il d’une voix lasse. Et personne n’a craché dedans, vous avez ma parole.

Christopher a littéralement une tête de déterré. Des cernes violacées lui tombent des yeux, ses cheveux habituellement gominés avec soin partent de tous les côtés, ses lèvres ont la pâleur d’un cancéreux en phase terminale et de profondes raies horizontales traversent son front comme les dunes du désert. On dirait qu’il vient de séjourner une semaine sous terre après être mort de fatigue.
La première moitié de janvier a été très chargé pour lui : une course-poursuite musclée avec une cambrioleuse, sa nouvelle coach à la force surhumaine qui se prend pour une valkyrie, une excursion mouvementée dans les égouts, le siège d’un dépôt d’alcool frelaté, une capture en mer avec une agente d’Interpol, sans oublier ses combats clandestins et le quotidien exigeant d’un lieutenant de police.
Pour ne rien arranger, les préparatifs de cet événement du 15 janvier et l’anxiété l’ont quasiment privé de sommeil depuis deux jours. Au terme de cette rude journée qui l’a secoué à plus d’un titre, la fatigue le ronge de l’intérieur comme de l’extérieur, réclamant son dû avec la ténacité d’un collecteur d’impôts.

Journée de merde, semaine de merde, mois de merde, année de merde, le policier est au bord de l’épuisement. Tout est parti en vrille depuis la mort de Vampyr.

L’image d’Hammon ne cesse de hanter son esprit. Celui qui, sur ordre du lieutenant Christopher Hart, a pris sa place auprès du député. Celui qu’on a dû ramasser la petite cuillère. L’homme qui n’aimerait plus jamais, dont la mort déchirerait le cœur de toutes les personnes qui l’aimaient.
Bordel, Chris aurait voulu disparaître à sa place. Il en aurait fini de cette vie tourmentée, de se battre en vain pour une humanité pourrie qui ne désire pas être sauvée, pour une justice faussée, des jeux pervers de mensonges et de trahisons. Le flic en a plus que marre. Il est au bout du rouleau, il a épuisé son quota de fil et sent qu’il est en train de perdre pied.

Un dernier soupir, un dernier combat, pour Hammon et pour les autres.
Après, et seulement après, il pourra songer à se reposer.
Avec un peu de chance, il aurait droit à un repos éternel au côté de sa mère et de son père, les seules personnes qui l’ont toujours aimé et ne l’ont jamais trahi.


L’officier d’expérience est certain que les cagoulés n’étaient que des pions ou des crétins sans envergure dont la police ne tirera rien de probant.
Les deux personnes qui se tiennent devant lui sont sa seule piste. Il croyait les connaître un peu (très peu, en réalité). À présent il ne sait plus quoi penser.

— J’ai lu vos dépositions, ainsi que vos dossiers, annonce-t-il en posant les coudes sur la table, torse légèrement penché en avant.

Christopher regarde d’abord Kate, avec une compassion que sa nature bienveillante ne peut dissimuler malgré la consistance qu’il se donne. Il sait. Pas tout, naturellement, seulement la version officielle, mais il est conscient de ce que la barmaid a traversé au cours de sa jeunesse. Il n’en est que plus admiratif envers son combat pour mener une vie honorable — à condition que ses bonnes intentions soient sincères, ce dont il doute. Ce dont il s’oblige à douter.

Le policier s’attarde ensuite sur la mère adoptive (dont il avait sous-estimé l’âge canonique), avec une expression de reconnaissance mêlée d’une suspicion beaucoup plus appuyée. Développeuse web, mon cul, pense-t-il. Il n’arrive pas vraiment à la cerner, comme si Fallon naviguait dans une nébuleuse aux contours imprécis. Mais son expérience lui suggère avec une rare conviction qu’elle n’est pas nette. Reste à savoir en quoi.

— Écoutez, on a très peu de temps avant que d’autres inspecteurs viennent vous interroger et que tout ça (Chris désigne les caméras aux quatre coins de la pièce) se mettent en route. Croyez-le ou non, mais après ce qui s’est passé aujourd’hui je suis peut-être votre seul allié à l’intérieur de ce bâtiment. Les citoyens veulent des noms, des visages à haïr, le pouvoir en place veut des boucs émissaires pour rester haut dans les sondages. Au final, tout Europolis fait pression sur la police pour trouver rapidement les coupables. Hormis les voyous cagoulés qui ont semé le trouble, vous êtes nos meilleures suspectes. Un pistolet, un couteau, un téléphone verrouillé, les premières à se jeter sur Storeberg après l’explosion, c’est encore léger mais autant vous annoncer la couleur : parmi mes supérieurs, certains ne se gêneront pas pour combler les blancs et fabriquer les preuves nécessaires. (Bref silence.) Moi, c’est la vérité que je recherche.

Christopher s’adresse alors directement à Kate, tutoyant celle-ci de façon familière pour la première fois depuis qu’ils se sont rencontrés.

— Désolé si ça brise tes illusions sur la police. J’espère vraiment que tu ne t’es pas foutu de moi.

Difficile de voir s’il est sincère dans ses propos, s’il a déjà condamné l’ancienne prostituée ou s’accroche à un maigre espoir. L’homme est aussi lessivé et chiffonné qu’un uniforme sortant du lave-linge.
Il porte ensuite son attention sur Fallon.

— Si vous comptez sur des complices au sein de la police, sachez qu’ils ne pourront rien pour vous. Les ordres viennent d’en haut et la Pègre ne bougera pas le petit doigt pour vos petits culs, sauf pour vous buter si vous savez des choses.

Le lieutenant pousse un long soupir qui en dit long sur sa lassitude, quitte le support de la table pour s’adosser à sa chaise dans une posture relâchée.

— Une perquisition est en cours à votre domicile. Plutôt cossu pour le quartier et des gens de votre condition. Alors de deux choses l’une : soit vous êtes mêlées à la Pègre et vous me mettez sur la piste des commanditaires afin que j’allège les charges pesant contre vous ; soit vous êtes innocentes comme l’enfant qui vient de naître et vous réussissez à me convaincre de vous sortir du pétrin. Inutile de perdre votre temps avec une explication du genre (Chris lève les mains et dessine des guillemets invisibles.) « On était juste là pour assister au discours blablabla », des coupables affirmeraient la même chose sans sourciller. En résumé, Ladies Ward, donnez-moi du concret et surtout, abstenez-vous de me mentir.

Christopher pourrait tout aussi bien bluffer que dire la vérité. Une détermination hargneuse se lit dans son regard harassé, mais elle peut être interprétée de bien des façons.
Ce qu’il avance est plausible, les scandales de corruption et les articles de Corbeau Acide en sont des exemples édifiants. Les flics sont également connus pour prêcher le faux afin d’avoir le vrai, de faire pression pour forcer des aveux. Et aujourd’hui, le lieutenant ne semble guère animé d’une patience protocolaire.

Dans ce jeu de dupe, les Ward possèdent un atout insoupçonné : chacune connait ce policier plus qu’il ne l’imagine, bien plus qu’il ne connait ses suspectes à travers leurs dossiers et rares rencontres.

HRP a écrit:
Ordre de passage : Christopher — Kate — Fallon
Si votre déposition officielle contient un élément particulier, merci de le préciser dans votre réponse (ou de me le communiquer par MP).

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MessageSujet: Re: Unusual suspects   Mer 2 Mai - 7:53

15 Janvier 2050

Cette soirée était vraiment merdique à souhait. Le seul bon point de cette dernière était que la jeune femme avait enfin retrouvé Fallon. Mais après ce qui s'était passé à Coal District, les choses risquaient d'empirer. Entre les cagoulés, le tir réalisé à partir d'une arme de poing et la bombe, tout était allé beaucoup trop vite et la barmaid avait agi à l'instinct. Malheureusement, ce dernier ne l'avait peut être pas guidé au mieux étant donné qu'elle se retrouvait au poste de police avec sa mère. Menottées comme des criminelles, elles avaient été embarqué par des policiers sur l'ordre du lieutenant Hart simplement parce qu'elles s'étaient trouvées à proximité du député qu'elles avaient voulu aider.

Christopher l'avait beaucoup déçu sur ce coup là. Elle ne reconnaissait pas celui que Lauren lui avait décrit tant de fois. Sa “perte” l'affectait de toute évidence énormément. La seule sensation que Kate avait connu jusque là qui pouvait s'y apparenter de loin était la souffrance et le poids qu'elle avait ressenti lorsque sa mère s'était enfuie. Elle n'était cependant pas sûre que l'amour mère-fille pouvait ressembler à un amour, un vrai. La façon dont son amie en parlait lui laissait croire que cela n’était pas comparable pour un sous. La brune voyait bien qu’elle se retenait de le rejoindre pour mettre un terme à tout cela. Mais sa tête avait été mise à prix, et si le gang en question s’en rendait compte, elle mettrait le policier également en danger.

Sortie de ses pensées, Kate fut conduite à une flic pas très commode pour prendre sa déposition ainsi que les éléments de base nécessaires à la constitution de son dossier. Sa mère y était passée également. Comment avaient-elles pu se retrouver là honnêtement ? Le lieutenant avait fait une erreur sur toute la ligne en décidant d’embarquer les deux femmes Ward. Dans le fond, la brune était sérieusement déçue des conclusions de Christopher. D’un point de vue extérieur, elles pouvaient être fondées. Mais elle se demandait si le lieutenant ne s’était pas fondé uniquement sur sa mère et sa façon de réagir pour prendre cette décision.Il est vrai que cette dernière n’y avait pas été de main morte. Qu’est-ce qui était passé dans la tête de Fallon pour qu’elle décide de parler ainsi à un flic ?

La barmaid avait apprécié d’aller aux toilettes avant l’interrogatoire. Elle en avait profité pour se rincer également le visage d’une eau particulièrement froide mais vivifiante. La nuit risquait d’être longue. Revenue à sa place, aux côtés de sa mère, un autre policier vint les chercher pour les conduire en salle d’interrogatoire. Immobiles ou en mouvement, toutes les personnes qu’elles croisaient se retourner sur leur chemin. Le mot avait été passé de sorte qu’elles soient la cible numéro un à abattre. Cela n’allait pas être si facile de se sortir d’ici de toute évidence. Installées dans la salle d’interrogatoire, elles n’eurent pas longtemps à attendre avant de voir arriver le lieutenant Hart. Il distribua les gobelets de caféine et précisa à sa façon qu’il avait dû se charger des cafés lui-même.

Détaillant son visage, la brune se rendit compte que Christopher était dans un piteux état. De toute évidence, cela ne datait pas uniquement de ce soir. Mais le policier semblait en manque d’énergie, de sommeil et d’envie. L’énervement que Kate ressentait depuis son arrivée au poste commença à se dissiper. D’un côté, les décisions et les agissements du lieutenant et de ses subalternes étaient rageants. Leur réaction avait pour but de trouver un responsable, coupable ou non de surcroît. Mais dans une telle situation, il n’y avait probablement pas de bonnes décisions, seulement des essais. Seules les preuves scientifiques pouvaient vérifier la culpabilité d’un accusé. Ca mais également des aveux signés, sauf que le lieutenant Hart pouvait bien se brosser pour avoir des aveux pour une chose qu’elles n’avaient pas faite.

Kate prit son gobelet et le porta à ses lèvres. Le liquide était tellement chaud qu’il lui brûla la langue mais tant pis. Boire quelque chose de chaud lui faisait du bien. Christopher reprit la parole afin de leur préciser qu’il avait tous les éléments en sa possession pour débuter l’interrogatoire. La brune ne le quittait pas des yeux. Aussi, elle crut apercevoir, au fond de son regard, un sentiment bien plus amical que ce qu’il avait pu lui montrer depuis le début de la soirée. La barmaid vit également que le regard qu’il portait à sa mère n’avait rien de tendre. Elle n’aimait pas cette situation, elle n’aimait vraiment pas ça.

Lorsque le lieutenant Hart se lança dans son grand discours, la jeune femme eut envie de vomir. Elle baissa le regard un instant, elle se devait de rester forte, le plus impassible possible tout en faisant transpirer son honnêteté. Replongeant son regard vert au fond des prunelles océans du policier, il poursuivait sur le fait qu’ils cherchaient tous des coupables et que les meilleurs coupables possibles actuellement étaient elles-mêmes. Briser ses illusions ? Elle n’avait jamais eu d’illusions concernant ce monde cruel. De rares personnes dont le policier pouvaient faire parti, lui laissaient croire que l’on pouvait faire mieux. Malheureusement, cela n’était pas toujours le cas.

Préférant laisser le lieutenant poursuivre ses explications, Kate se demanda si elles allaient vraiment pouvoir s’en sortir. Elles n’avaient rien à se reprocher à vrai dire. Mais comment pouvait-elle prouver qu’elle était là pour son travail, que sa mère était venue la récupérer pour rentrer chez elle et qu’elles étaient tombées sur l’intervention de Storeberg plus par hasard que par volonté propre ? Certes, Fallon était au courant des évènements qui allaient survenir mais elle n’en était pas complice pour autant. Dans tous les cas, le lieutenant Hart voulait jouer les durs mais la seule chose que la brune avait vraiment retenu, c’est qu’il voulait la vérité.

Je ne suis pas certaine d’avoir déjà eu la moindre illusion sur ce monde à vrai dire. Concernant la vérité, elle est tout simplement dans nos déclarations. Je ne pense pas que vous ayez besoin de vérifier où je travaille et de toute évidence, vous avez trouvé où nous habitons. Le discours de l’eurodéputé ne nous intéressait pas le moins du monde, il était simplement sur notre chemin et nous a empêché de poursuivre notre route.

Kate avait parlé d'une voix calme, douce. Elle n'avait nullement envie d'énerver plus que nécessaire le policier. En vérité, c’était le fait d’apercevoir les jumeaux Leskov qui avaient empêché Fallon de continuer d’avancer. Mais il n’était pas fort judicieux de rentrer dans ce genre de détails inutiles.

Je ne me fous pas de vous et je ne compte pas mentir. J’ose espérer pouvoir vous faire confiance au moins pour faire votre travail correctement. Dans le cas contraire, j’espère que nous serons les premières et dernières innocentes à être envoyé en prison.

Lauren lui avait déjà raconté que le sens de la justice du britannique était incomparable. La brune tentait d’appuyer sur une corde sensible pour lui faire comprendre qu’il faisait fausse route. Au vu de sa déclaration officielle, elle n’avait pas grand chose à ajouter à l’oral au cours de cet interrogatoire.


Dernière édition par Kate Ward le Mer 13 Juin - 7:32, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Unusual suspects   Jeu 3 Mai - 14:45

Se faire embarquer en garde à vue, elle n’avait pas prévue ça. Encore moins de se faire traiter de “vieille” par ce salopard de Lieutenant. Elle ne l’avait pas quitté des yeux, tandis que ses hommes les fouillaient, leur passaient les menottes et les embarquaient. Sans aucune tendresse au vu des armes trouvés sur elles, le doute n’était plus permis à partir de là. Dès lors, elles devenaient les boucs émissaires idéals. Fallon est assez aux faits de ce genre de procédure pour le savoir. Dès le lendemain, les journaux annonceront que 2 suspectes ont été arrêtées, ça calmera les ardeurs des habitants. Un temps.

Elle feint l’indifférence totale face aux autres, mais la lassitude et les regrets se mêlent dans l’esprit de la suspecte. On les regarde de travers, elle et sa fille. Ils font les fiers ces bâtards. Fallon est avachie dans son siège des plus inconfortable quand on y a le cul collé depuis des heures. Force tranquille, dans un univers de merde. Elle n’a que mépris pour les forces de l’ordre, pour la plupart incompétents, ou corrompu. D’autres, sont littéralement aussi mauvais que les criminels qu’ils enferment. Preuve en est du Sergent qu’ils ont abattus au début du mois. Etrangement, personne n’en parle de celui-là. Le député préfère faire l’éloge d’un autre policier, sans doute plus clean que la cible de Vyper.

Elle s’en veut, de les avoir mises dans cette position. Fallon aurait mieux fait d’agir comme elle le fait d’ordinaire, se foutre de tout et tout le monde. Mais non, il avait fallu qu’elle s’interroge sur la présence des jumeaux, et les voilà maintenant au poste de police. Sa déposition rapporte les faits, tels qu’ils sont et elle n’a nullement besoin de mentir. Si ce n’est qu’elle omet d’être informée du contrat sur la tête du député, et omet d’avoir reçu un message de Raven. Si elle s’est approchée du député, c’était pour venir en aide aux blessés, qui se sont révélés être mort et le député dans un état lamentable.

On ne peut pas vraiment dire qu’elle soit dotée de compassion, comme tout le reste, sa formation et des années d’exercices en tant qu’espionne lui ont fait perdre toute trace d’humanité. Mais ce soir, cette bombe et les victimes… Dans son quartier, foutre ! Elle se passe une main sur le visage. Sa fille aurait pu en faire partie. Raven, qu’est-ce que t’as foutu putain ?” Songe-t-elle. Ce soir, Fallon a commis une terrible erreur et elle a entraîné Kate avec elle. Si elle chope le connard qui en est responsable, corbeau ou pas, elle le bute. Encore faut-il se tirer du poste.

Elle n’a pas besoin de café. Elle serait capable de rester 48 heures éveillées, si ce n’est plus. Ses acheteurs russes n’ont pas lésinés sur leur investissement. De fait, des années plus tard, elle garde encore toutes ses capacités. C’est donc avec dédain qu’elle regarde le gobelet et lève les yeux sur le Lieutenant. Ce regard compatissant qu’il tourne vers sa fille lui fait plisser des yeux, il sait. La colère brille dans son regard, où ils étaient ces enfoirés pendant qu’un sale type prostituait Kate ? Toutefois, toute trace de colère a disparu quand il retourne son attention sur l’africaine. Indifférente.

Pourtant, force est d’admettre que les faits sont contre elles telles qu’il les soumet. Lèvres dédaigneuses quand il fait valoir qu’aucun complice au sein de la police ne les fera sortir d’ici, un haussement de sourcil quand il mentionne la Pègre. Chaque expression de cette femme est réfléchie, mais quand il parle de la perquisition qui a lieu, l’outrage, ça, elle ne peut le cacher. Elle pouvait encore s’en tirer, même avec une arme à feu et une arme blanche entre leurs mains, mais ce qu’ils découvriront chez elles, ne fera que les enfoncer davantage dans la mélasse d’une injustice judiciaire. Même Raven ne pourra rien faire pour elles. Putain, elle avait refusé ce contrat, mais c’est sur elle que retomberont toutes les accusations. Oh oui, ce bâtard de poseur de bombe va crever. Un jour ou l’autre.

Sa fille prend la parole, avec la sagesse et les désillusions qui la caractérisent tant. Elle clame leur innocence, la vérité est là. Mais ça ne suffira pas. “Je n’ai aucune confiance en vous, qui abusez de votre pouvoir à tort et à travers. Je me demande où vous êtes quand la veuve et l’orphelin ont besoin de vous. Où vous êtes quand des femmes se font violer, battre par leurs époux, quand des hommes se font tabasser et jeter dans le canal, où êtes-vous quand des civils ont besoin de vous. Par contre, quand un député se fait exploser, il faut absolument faire tomber le premier qui vous tombe sous la main hein ? Autrement dit, nous, parce que nous avons des armes. Parce qu’on s’est trouvé au mauvais endroit,  au mauvais moment.

Je vis à Coal District, je vois la misère tous les jours, je vois les gangs s’installer et se déclarer guerre sur guerre pour un territoire que les forces de l’ordre ne protègent plus depuis longtemps. Je vis dans un quartier où la violence est notre quotidien, vous venez vous étonner ensuite que nous sommes armées. Pour notre propre sécurité, parce que vous en avez rien à foutre de nous, parce que nous n’avons pas le choix Lieutenant, où ce sera nous les prochaines femmes violées que vous trouverez.

Et le député se pointe, pour commémorer un agent de police. Qu’est-ce qu’il faisait chez nous d’ailleurs ? Profiter des services des femmes, s’offrir un rail de coke ? Nous devrions le plaindre, parce qu’un sale type l’a buté chez nous. Mais quand l’un de nous se fait buter, ce qui arrive tous les jours, il n’y a personne pour trouver les coupables. Ah vous me faites vomir.”
La haine se déverse dans ses propos, pourtant, sa voix reste parfaitement calme, pas un seul haussement de ton, juste une voix monotone et une expression tout aussi indifférente.

Qu’il aille au diable ce connard. Elle l’avait prévenu, il avait mal fait son job et c’est sur elles que retombe leur incompétence. Ils n’avaient même pas pensé à vérifier les lieux avant d’y laisser Storeberg s’y promener et faire sa propagande. Une erreur qui en a coûté à tous. “On a voulu le mettre à l’abri cet imbécile, on a voulu lui venir en aide, parce que c’est ce que nous faisons au quotidien. Allez donc interroger nos voisins, rendez-vous compte depuis quand personne ne vient les emmerder ? Aucun d’entre eux n’a subi de cambriolages, pas plus de casse de voitures depuis que nous y sommes installés. Vous voulez du travail ? Vérifiez vos rapports de police, vous constaterez qu’aucun habitant de notre immeuble n’a déposé de plaintes depuis des années.”

Un combat qu’elle mène tous les jours, contre les petits gangs qui s’installent dans leur quartier. Un combat qu’elle mène avant tout pour la sécurité de sa fille, elle se contrefout des habitants, mais ces derniers ont involontairement profité de ses actions. “Vous auriez sans doute beaucoup de choses à me reprocher, mais certainement pas d’avoir voulu assassiner le député.” Conclut-elle.

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MessageSujet: Re: Unusual suspects   Jeu 3 Mai - 21:32

Douleur.
C’est le signal que lui envoie son corps à travers les méandres du système nerveux. Deux ans que Christopher est dépendant de médicaments pour ne pas hurler lorsque la fatigue le gagne, ou tout simplement pour espérer dormir une fois la nuit tombée. Deux ans qu’un criminel à l’ADN modifié lui a infligé plus de fractures que s’il était passé sous un rouleau compresseur.
On lui avait proposé un poste administratif après sa convalescence, aujourd’hui il est là à remuer sans cesse sur chaise tandis que son corps le lance de toutes parts pour réclamer du repos.
Le lieutenant a préféré retourner sur le terrain, se bâtir une musculature de boxeur pour consolider son corps meurtri et chercher querelle dans les arènes clandestines. Chaque combat le bousille davantage, mais ce n’est pas comme s’il espère atteindre l’âge de la retraite. Ou qu’il le veuille.
Christopher a déjà pris sa dose quotidienne maximale avant d’entrer dans la salle d’interrogatoire, deux comprimés avalés avec un gobelet de café. Mais la douleur l’empêche de réfléchir et il tire à nouveau le pilulier magique de sa poche intérieure. Quatre comprimés d’une boîte où il est écrit  : « ATTENTION : NE PAS INGÉRER AVEC DE LA CAFFÉINE ». Le lieutenant ingurgite deux longues gorgées de son café noir pour faire glisser et reculer l’heure où il pourra s’écrouler sur un matelas — ou à même le sol, si l’interrogatoire se prolonge.


Injustice.
C’est le mot qui résonne dans la tête de Christopher tandis que ces femmes l’accusent lui et ses collègues policiers de se montrer indifférents à leur sort et se tourner les pouces.
Le voisin qui met le son de la télé trop fort, les crottes de chien sur la chaussée, le feu qui passe au rouge, les tubes horribles de Jaime LaBier, le cancer du trou de balle, le paquet de clopes dégueulasses à 10 eurodollars, la faim dans le monde, le réchauffement climatique, c’est toujours la faute des flics qui en branlent pas une.
Avec un paternel policier, Chris entend ce genre de discours depuis sa naissance. Il a commencé à sérieusement s’en offusquer quand son père est mort en service dans l’indifférence générale (un coup de larmes chez les proches, et bientôt il ne restait que la veuve et l’enfant pour se rappeler que cet homme exemplaire avait vécu sous le même ciel).

Aujourd’hui qu’il est à bout de souffle, il aimerait bien que tous les flics d’Europolis disparaissent d’un coup de baguette magique. Que la population voit la différence, que les femmes assises devant lui se rendent compte des conneries qu’elles débitent. Surtout Fallon, preuve que la sagesse ne vient pas toujours avec l’âge. Christopher se persuade que ce serait drôle, de voir la capitale sombrer dans l’anarchie et le chaos, de voir ces mêmes gens cracher sur la police supplier leur retour pour rétablir un semblant de civilisation. Car les humains — hommes et femmes — sont fondamentalement des bêtes ; se déchirer et s’entretuer sont ce qu’ils font de mieux. Toutes ses légendes de créatures maléfiques — démons, vampires, lycanthropes, diablotins et leurs dérivées — ne sont que des métaphores, des masques derrière lesquels se cache toujours le même monstre au visage humain.
Mais pour son plus grand malheur, sa fichue conscience l’empêche de se réjouir d’un tel scénario, de rester inactif tandis que le théâtre d’Europolis joue une pièce dramaturgique autour de lui, que des gens bien se font buter par des méchants, que des innocents paient le prix de la sauvagerie humaine. Il aimerait raccrocher sans en être capable. Son salut viendra d’une balle en plein cœur, le jour où il tombera sur un criminel plus vif que lui. Ou d’une nuque brisée, face à un adversaire opportuniste dans une arène puant la sueur et le sang.


Elle ment.
Christopher regarde Kate, mais c’est la voix d’Hammon qu’il entend.
C’est une pute.
Non, proteste intérieurement le policier.
Si, elle nous a tous baisés avec sa fausse gentillesse et son numéro de pauvre barmaid qui veut se la jouer flic. Si la bombe ne m’avait pas réduit en charpie, elle m’aurait achevé avec son couteau.
Qu’est-ce qui te fait dire ça ? demande Chris, qui ne s’étonne guère de converser dans sa tête avec un mort.
Les putes disent toujours ce que tu veux entendre : que tu es le meilleur coup de leur vie alors qu’elles veulent te dépouiller de tout ce que tu possèdes.

Christopher acquiesce intérieurement, puis ses yeux injectés de sang se fixent sur Kate.

— Je vois. Tu veux entrer dans la police, mais tu n’en as rien à cirer d’un eurodéputé qui vient rendre hommage à un policier abattu en service. Un politicien capable de faire bouger nos élites, qui vient clamer haut et fort son combat contre le crime et annoncer des mesures à l’endroit même où tu vis. Bravo pour ton implication et ton soutien. La police, c’est un peu comme une grande famille, tu sais. On se serre les coudes, on s’investit dans la communauté. On ne devient pas flic en potassant des bouquins.
Et bien sûr, il ne vous est pas venu à l’esprit d’emprunter la rue à côté pour rentrer chez vous, c’est tellement plus pratique de passer à travers la foule !
Compte sur moi pour faire mon boulot correctement, ce qui implique de ne pas avaler des salades. Et là, tu ne m’as rien servi de plus consistant. J’espère que tu as mieux en réserve.


Une veine bleuâtre apparaît au milieu du front du policier.

Bien envoyé, Monk. Te laisse pas avoir cette fois. L’autre est encore pire. Regarde comme elle essaie de retourner la situation. Elle te hait, elle nous hait tous. C’est sûrement elle qui a posé la bombe qui m’a transformé en tas de viande hachée.

Le lieutenant tourne alors la tête vers Fallon. L’accusée qui accuse, la vipère qui croit l’impressionner en montrant ses crocs minuscules. Chris s’en veut d’avoir éprouvé de la sympathie et même une certaine attirance à son égard. Comment a-t-il pu se laisser embobiner après ce que Lauren lui a fait ? Sans doute le stress dû à l’épreuve qu’ils ont traversée ensemble. Il n’y pas d’autre explication possible.
Hammon a raison. Le calme qu’elle affiche joue encore plus en sa défaveur. Tout le monde profère des paroles excessives sous le coup de la colère ou d’une forte émotion. Mais cette femme, elle déteste les forces de l’ordre et cela ne date pas d’hier. Christopher se l’imagine bien tagger Fuck The Police sur des abris bus et des murs en béton durant sa jeunesse, et bien sûr cracher à la gueule du policier qui tente de l’en empêcher.
Au moins, elle ne dissimule pas son mépris comme sa fille adoptive. Car telle mère, telle fille. Si Fallon se montre aussi virulente dans ses propos, Kate ne doit pas être à la traîne derrière ses paroles doucereuses.

La veine sur le front du policier gonfle de façon inquiétante.

— Tu es développeuse web, non ? Donc tu sais te servir d’Internet. Donc tu sais comment accéder aux statistiques d’Europolis sur la criminalité et la délinquance. Le nombre d’interventions, d’interpellations, le nombre de policiers morts en service, morts par suicide. Comment OSES-TU insinuer que les flics ne font rien pour protéger les enfants, les femmes et les hommes de cette ville ?! Comment OSES-TU salir la mémoire de mes collègues tombés en essayant de secourir des ingrates comme toi ?!

T’as raison, Monk. Elle essaie de te faire culpabiliser alors qu’elle désire notre mort à tous.

Christopher abat un poing sur la table puis bondit de son siège, comme propulsé par un ressort. Sa voix tonne avec un mélange de colère, de dépit et de désespoir.

— Tu sais quoi ? J’en ai ma claque de vos petites voix innocentes et de vos accusations de merde. J’ai bien vu que vous n’en aviez rien à foutre des gens mutilés par l’explosion. Aujourd’hui c’était pour un député, mais la plupart crèvent dans des endroits sordides sans que la presse en parle. Trop banal. Flic ou civil, il faut une jolie histoire ou une belle gueule pour vendre les torche-culs que lisent les gens, c’est comme ça que fonctionne ce monde de merde.
Il y a 12 millions putains d’habitants à Europolis, mais il faudrait que nos 30 milles policiers soient capables de surveiller tout le monde en permanence. Car, bien sûr, c’est la faute aux flics si vous autres civils respectables vous entretuez. Pour ta gouverne, j’y vais à Coal District. Je prends même des patrouilles supplémentaires sur les docks où beaucoup de mes collègues et journalistes ont disparu. Je sais qu’on perd cette foutue guerre contre le crime, mais tu n’as le droit de me jeter à la gueule qu’on abandonne.
D’ailleurs, tu baves sur Storeberg en l’accusant de venir à Coal District pour baiser ou sniffer, et après tu me dis que vous vouliez gentiment lui porter secours comme des citoyennes modèles ? J’hallucine, tu me prends vraiment pour un con. Et ne me fais pas croire que tu as filé ton minable couteau papillon à Kate pour assurer sa défense. Même un faux flingue est plus dissuasif.
Si les résidents de votre immeuble vivent réellement tranquilles depuis des années, je ne vois qu’une explication : la Pègre y fait régner sa loi et vous êtes leurs complices. En plus ils vous paient grassement à un juger par votre bel appartement, et sûrement pas pour un job de développeuse web ou de barmaid. La taule, ça va rudement vous changer.


Du sang s’écoule d’une narine, qu’il essuie négligemment du revers de la main. Le policier prend appui sur le mur en attendant les réponses des accusées. Il halète comme s’il vient de courir un cent mètres.

N’oublie pas que je suis mort à ta place, Monk, fous-les en taule ou d’autres mourront. Tu me dois bien ça.

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MessageSujet: Re: Unusual suspects   Ven 4 Mai - 7:58

Kate avait essayé de choisir ses mots pour faire raisonner la vérité qui était si cher aux yeux du Britannique. Ce n’était sans compter sur l’intervention de sa mère qui détonnait complètement avec les paroles de sa fille. La jeune femme leva les yeux au ciel pour la seconde fois au cours de cette soirée. Fallon n’en faisait qu’à sa tête. Elle cherchait à attirer l’attention sur elle parce qu’elle s’était déjà mise en tête qu’elles allaient forcément être jugé coupables. L’africaine tentait probablement que la seule accusation soit portée contre elle. Mais elles étaient deux à se trouver sur le terrain, deux à tenter de survivre et à essayer d’aider ceux qui les entouraient. Elles avaient également été deux à prendre les décisions. Mais la barmaid savait parfaitement pourquoi sa mère agissait ainsi. Elle, qui se disait toujours sans coeur parce qu’on l’avait entraîné à être ainsi, n’avait pas abandonné la prostituée qu’était la brune à leur première rencontre. Elle n’avait pas tort dans ses paroles, les policiers n’étaient intervenus qu’une fois que le travail avait été fait. C’était Lauren en l'occurrence qui était venue la trouver pour l’interroger sur son travail de nuit. Seulement, la flic était arrivée une fois que Fallon avait offert une nouvelle vie à la jeune fille perdue qu’elle était à l’époque.

C’était ainsi que Kate avait fait la connaissance de Lauren Anders, flic et fiancée de Christopher Hart également flic. La brune avait fini par faire cesser les questions de Lauren en lui expliquant que le réseau de Keaton s’était effondré et que les survivants étaient très très rares. Son instinct de policier avait bien compris que la barmaid évitait soigneusement de dire la vérité. Mais avec le temps, elle avait cessé de poser des questions à ce sujet. Il n’y avait plus rien à y faire et même elle n’était pas sûre que les responsables de l’effondrement du réseau ne méritent une quelconque punition. L’EPD avait fermé les yeux un bon nombre d’années sur les activités illicites de Keaton et son gang après tout. En apprenant à se connaître, elles étaient devenues amies. Et lorsqu’elle s’était faite passer pour morte, Kate avait fait partie des rares personnes à être mise au courant de la chose. Aujourd'hui, elle se rendait compte combien un amour réel entre deux personnes pouvait être autant bénéfique que destructeur. Le lieutenant ne tenait plus la route. L’image de sa bien-aimée avait été sali par ces histoires de corruption. Mais elle, elle savait la vérité, et même si tout ce que Lauren avait fait n’était pas vraiment légale, elle avait fait des choix dans l’intérêt du plus grand nombre.

La barmaid se demanda si les paroles de sa mère allaient avoir un quelconque impact sur le policier. Cependant, son attention n’était pas portée sur l’africaine mais sur elle. L’attitude de Christopher à son égard changea du tout au tout. Son regard injecté de sang était plutôt flippant. Ses paroles semblaient être du poison. Il n’était pas juste déçu, il ne comprenait pas sa réaction et son attitude. Kate avait mal au coeur de voir l’amour de son amie au bord de la destruction ainsi. Son regard plongé au fond des prunelles bleu du lieutenant trahissait sa compassion. Dans son état actuel, il semblait impossible de raisonner Christopher.

Je n’ai jamais dit que j’en avais rien à cirer pour reprendre vos mots. Les belles paroles j’en ai entendu toute ma vie et jusqu’à présent, il n’y en a qu’une seule qui soit arrivée jusqu’au bout … C’est aussi pour cela que je souhaite rejoindre la Police, pour aider à arrêter toute cette violence ...

Evidemment, Kate parlait de sa mère adoptive, sa sauveuse qui lui avait promis de la sortir de cette merde sans fin si elle l’aidait à coincer tous les gros bonnets de l’organisation de Keaton. La brune n’avait pas cru un instant que Fallon tienne sa parole. Lui rendre sa liberté aurait déjà été un beau cadeau. Mais non, l’africaine l’avait emmené chez elle, lui avait donné un toit, de quoi manger, de quoi vivre tout simplement. Et ça, elle ne pourra jamais lui rendre l’appareil tant la dette était élevée. Aussi, croire aux belles paroles, pour la jeune femme, c’était comme rêver éveillée. Si l’eurodéputé finissait par faire les bons choix et faire évoluer la ville, elle serait ravie de le soutenir. Mais ce soir là, il n’avait fait que mettre le feu aux poudres à ces yeux tout en faisant prendre des risques inconsidérés à sa personne, son entourage (les policiers qui devaient le protéger) et les civils qui étaient présents. Plus le temps passait et plus la barmaid sentait qu’il serait difficile de faire changer d’avis le lieutenant. Alors qu’il s’était levé, Kate aperçut un filet de sang s’écouler de son nez qu’il essuya rapidement. Etait-ce en lien avec les pilules prises plus tôt ? Christopher était vraiment dans un sale état. Heureusement que Lauren ne pouvait pas voir cela.

Christopher, vous nous demandez de vous dire la vérité mais vous déformez tous nos propos. Alors dites-moi exactement ce que vous voulez que nous puissions tous gagner du temps.

La brune était fatiguée de son service et des journées précédentes qui avaient été éprouvantes pour elle. Elle avait enfin retrouvé sa mère et risquait de la perdre à nouveau à tout instant. Cerise sur le gâteau, si cela devait arriver, le responsable ne serait autre que la fiancé de son amie, l’homme qui lui a mis une énorme pression sur son avenir et le rôle qu’elle pourrait jouer en réussissant. Elle comprenait mieux maintenant pourquoi il s’était permis de lui dire qu’elle pourrait être un exemple. Il savait, c’était évident. Christopher était un homme intelligent, il n’avait peut-être pas fait énormément de recherches sur elle mais les conclusions pouvaient être vite tirées. Et pour le coup, le lieutenant aurait raison.

Nous n’avons aucun complice au sein de la police qui pourrait nous aider. Si, comme je le crois, vous vous êtes renseigné sur moi et mon passé, vous savez probablement pourquoi ma confiance dans les forces de police est limitée.

Tout le long, Kate avait continué de regarder le lieutenant dans les yeux. Si tous ses projets devaient cesser aujourd’hui, tant pis. Elle n’était pas du genre à se morfondre, elle avait déjà connu bien pire. Observant Christopher, la barmaid était déçue. Partagée entre la pitié qu’elle éprouvait pour l’amant de Lauren et le dégoût lié à son retournement de veste si rapide en quelques jours à peine, elle ne savait pas vraiment si elle allait réussir à le raisonner. Son passé de prostitué ne jouait pas en sa faveur face à un flic, elle le savait parfaitement. La brune espérait que sa mère se calme histoire qu’ils puissent discuter en bonne intelligence. Elle ne pouvait lui reprocher sa façon de penser étant en accord avec elle sur un bon nombre de points. Pour autant, réagir ainsi ne leur permettrait probablement pas de sortir toutes les deux d’ici.

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MessageSujet: Re: Unusual suspects   Ven 4 Mai - 16:27

Une ingrate. Fallon éclate de rire. Encore faudrait-il avoir une certaine reconnaissance envers eux avant d’être ingrat. Hors, elle n’attend rien des forces de l’ordre. La situation ne se prête pas à un rire, mais c’est un rire sans joie, le rire d’une femme abusée à de nombreuses reprises. Trop de fois. Si elle sait bien une chose, c’est de ne compter que sur elle-même. Personne n’est venu la secourir elle. Pas plus que Kate.

Fallon tourne son regard vers cette dernière, et pour la première fois de sa vie, elle réalise qu’elle aurait souhaité qu’on la sauve. Qu’on l’extirpe de cette chambre stérile, qu’elle n’ait pas à subir ses multiples opérations, qu’elle ne soit pas vendue à 2 reprises, qu’elle ne survive pas aux entraînements, ni qu’elle ne devienne qu’une arme démontée et remontée entre les mains des Russes. C’est pour cela qu’elle se montre si protectrice envers sa fille. Elle veut l’épargner. Mais de quoi ? Kate est déjà au fait du monde de merde dans lequel elles vivent. Elle a déjà tout vu, tout subi, tout entendu. Y compris toute l’histoire de Nevaeh, fille de prostituée devenue espionne.

Fallon a survécu à tout, elle a déjoué la mort plus d’une fois. Dans le regard qu’elle croise, elle se reconnaît. Kate est forte, elle survivra à tout si elle est préparée. Comme Nevaeh, tombée dans l’oubli au profit d’une autre, mais elle n’est pas plus libre que l’espionne Russe. Elle réalise que dans son désir de protéger Kate, elle la retient prisonnière. Comme elle l’a été durant tant d’années déjà. Cette révélation a de quoi la laisser brièvement baba, jusqu’à ce qu’elle se gifle mentalement.

Kate est bien plus calme que sa mère, Fallon est une bombe à retardement. Elle en a conscience, un jour ou l’autre, elle explosera. Seule, ou elle fera beaucoup de dégâts. Son regard se fixe sur l’hématome autour de l’oeil de sa fille, la culpabilité l’étreint. Ca a déjà commencé. Le Lieutenant veut les envoyer en taule, sous des prétextes fallacieux, mais il est bien loin du compte. Fallon préférerait crever que d’être enfermée par des murs, sans fenêtres. Non, elle est déjà bien assez prisonnière de son passé.

“Et à ton avis, pourquoi est-ce que des gens mutilés ne nous dérange pas ?” Lâche-t-elle d’un ton calme, le ton d’une professionnelle. Elle passe au tutoiement, comme lui, puisque ça ne le dérange pas. “L’horreur, on en est témoin tous les jours, on en a été victimes. On sait très bien que la vie n’est pas toute rose, on péterait des paillettes si c’était le cas. Arrêtons de tourner autour du pot, tu sais que Kate était une pute, est-ce que tu sais que certains de tes potes étaient ses clients ? Est-ce que tu sais ce qu’ils lui ont fait subir ? T’as oublié d’être bête, tu le sais très bien et ils savaient qu’elle était loin d’être consentante, qui souhaite vendre son corps pour que des hommes puissent assouvir le moindre de leurs désirs tordus, ça ne les a jamais arrêté, au contraire, ils couvraient les arrières de son Mac. Son corps est recouvert de leurs souvenirs. Ces hommes sont encore en service, et nous devrions leur confier nos vies ? Ah non leur être reconnaissante ? ” Si elles tombent, elles ne seront pas seules. Kate se souvient encore des noms de certains clients réguliers, certains sont des flics, Fallon n’aurait pas une seconde d’hésitation avant de balancer des noms. Du moins, demanderait-elle à Kate de le faire.

“Malgré ça, tu t’obstines à nous lier à une organisation mafieuse, comme si en quitter une justifie qu’on en rejoigne une autre. J’exècre les mafiosi autant que les flics. Mais arrête de prendre la défense de tes collègues, admet que les ¾ sont des pourris. Jusqu’à la moelle. Même toi, Stuart, tu es bourré de vices, ça ne fait pas de toi un mauvais type. T’es un bon flic, le plus intègre que je connaisse à vrai dire, mais la justice est corrompue au profit des bénéfices personnelle. Elle n’a plus rien d’impartiale.”

“Tu nous demandes l’impossible, il n’existe aucun moyen de prouver que nos intentions étaient honorables et ce que tu finiras par découvrir à notre sujet ne fera que nous enfoncer davantage, certes, mais tel que tu agis là, ce n’est pas toi, tu t’en mordras les doigts si tu nous envoies en taule, parce que tu auras toujours le doute.”
Fallon hésite, se mord la lèvre, regarde une nouvelle fois sa fille adoptive. Ce qu’il va découvrir, ne fera que le pousser à vouloir en savoir plus sur les Ward. Elle connaît ce Lieutenant, c’est un acharné. Kate n’a encore rien à se reprocher, Fallon pourrait l’entraîner dans sa chute si elle ne fait rien. Son regard dévie ensuite sur les caméras, sont-elles en service contrairement à ce qu’il leur a dit ?

Il a ses deux téléphones, ses armes, ils fouillent leur appartement à l’instant même et découvriront son autre arme sous le lit. En plus d’un coffre renfermant un peu de liquide, plus que ce qu’une développeuse web est censé toucher. Tout est contre elles. Surtout contre Fallon et heureusement que tout ce qu’elle possède de compromettant se trouve ailleurs, dans divers planques. Qu’il pourrait découvrir. Ce n’est qu’une question de temps avant que ses gars hackent son portable pro et découvrent les 2 sms. Un qu’elle a envoyé à Christopher, l’autre qu’elle a reçu de Raven. Si les autres découvrent ça avant le Lieutenant, c’est définitivement terminé pour elles. “C’est ridicule.” Lâche-t-elle d’une voix lasse, presque un murmure.

“Si j’avais vraiment voulu tuer le député, je ne t’aurais pas prévenu.” Christopher n’est pas leur ennemi, du moins Lauren l’a vendu comme un allié. Fallon espère que la revendeuse d’arme a raison, ou ce sera la taule assurée. Fallon avait mené sa propre enquête, depuis des mois, elle le suit, apprend à le connaître. Bien que flic intègre, il est prêt à contourner la loi. Non pour son propre bénéfice, mais parce qu’il sait, mieux que quiconque, que la justice n’est plus ce qu’elle était. Fallon fixe son regard sur Christopher, va-t-il comprendre ? Va-t-il les couvrir ? Son regard n'exprime qu'un appel à l'aide.

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MessageSujet: Re: Unusual suspects   Ven 4 Mai - 22:02

T’as vu, Monk, la pute t’appelle Christopher maintenant, comme si t’étais son client. Elle te respecte pas, elle ne nous respecte pas.

Kate ne quitte pas le policier malade du regard et il doute. Elle n’a certes pas le profil d’une future policière très engagée, mais cela ne fait pas d’elle une taupe. Combien faisaient preuve d’un fort esprit volontaire, à l’académie de Londres ? Déjà à l’époque, Chris faisait partie des plus motivés.

Elle te fixe avec ses yeux de biche pour t’attendrir, car elle sait les espoirs que tu plaçais en elle.

Christopher n’avait pas lu le dossier de la barmaid avant aujourd’hui. Il ignorait donc son passé de prostituée lors de leurs précédentes rencontres. Pourtant, son jugement aurait été le même s’il avait su. Ses espoirs et ses encouragements auraient même été renforcés : plus on part de bas, plus il faut du courage pour s’extirper de sa condition, plus il est méritoire d’adopter une conduite digne.

Te laisse pas rouler dans la farine, Monk. Si elle veut intégrer la police, c’est pour couvrir les activités de la Pègre, comme Lauren.

LA FERME ! hurle Chris intérieurement. Même si Hammon a encaissé la déflagration de la bombe à sa place, cela ne lui donne pas le droit de mentionner ce nom toujours douloureux à entendre.

Désolé, Monk. Prends un autre comprimé, ça ira mieux. Mais n’oublie pas tes responsabilités en tant qu’officier de police : ne laisse pas le ver entrer dans le fruit.

Christopher prélève un nouvel antidouleur dans son pilulier, qu’il noie dans une rasade de café.
La poussée de colère qui a jailli un peu plus tôt est retombée, comme si le sang sorti de son nez avait baissé la pression dans son crâne en ébullition. La voix de l’Anglais reste néanmoins tremblante, loin du ton assuré de leur dernière rencontre.

— Je comprends que tu sois désabusée, Kate. J’ai vu suffisamment d’horreur à Europolis pour faire des cauchemars récurrents et ne plus regarder les gens avec un œil ordinaire. Pourtant je ne prétendrai jamais comprendre les épreuves que tu as traversées, il faut le vivre pour cela. Mais je sais que c’est aussi une sacrée motivation pour basculer de l’autre côté, pour ne pas respecter une institution qui t’a déçue et même vouloir te venger.
Je te rappelle quand même qui sont les vrais coupables : les criminels, les proxénètes et tous les pourris qui abusent de la misère humaine, pas ceux qui n’ont pas réussi à t’en protéger.


Rester objectif
, se dit-il. Jusqu’à présent, rien dans l’attitude ou les paroles de Kate ne fait sérieusement pencher la balance d’un côté ou de l’autre.

L’élément déterminant viendra sûrement de Fallon, ou de la perquisition. Après tout, c’est elle qui a recueilli et adopté la jeune femme. C’est son influence qu’elle subit au quotidien. Si la mère est aussi mauvaise et malveillante qu’elle en a l’air, alors la fille l’est également, ne serait-ce que par devoir et reconnaissance envers son aînée.


Christopher se rassied sur son siège. La douleur dans son corps s’amenuise mais la tête ne va plus. Il a l’impression de se trouver dans un manège et de tourner, tourner encore et encore.
Une nouvelle gorgée de café — la dernière de ce gobelet maintenant vide — et il se met à écouter mère Ward. Ses mains se crispent d’avance sur ses cuisses tendues.

T’as vu, Monk, elle t’assimile aux plus mauvais d’entre nous, comme si tu appartenais toi aussi à cette racaille.

Attends, Hammon, rétorque Chris intérieurement, tout ce qu’elle sait de moi, c’est que je participe à des combats clandestins. Et d’une façon ou d’une autre, c’est quand même elle qui a recueilli la pauvre Kate et veille sur elle.

— Ne t’avise pas de m’associer à ces salopards qui trempent dans ces ignominies ! Je sais qu’il y a des sales types dans la police. Je suis même très bien placé pour le savoir. Ces merdeux ne sont pas des flics pour moi. Ce ne sont même pas des hommes, ou des femmes d’ailleurs, car elles ne sont pas en reste. Quand je les coince, tu peux être sûre qu’ils prennent plus cher que les autres. Donne-moi des noms. Et des faits, trop facile d’accuser sans élément de preuve. Tu verras.

Cette remarque semble avoir redonné une lueur d’énergie dans le regard fatigué du policier. Avec les Ward il se trouve dans une zone grise, incertain de leur culpabilité ou de leur innocence. Avec les ripoux tout est clair et limpide : Chris les dénonce et les casse avec la certitude absolue de lutter pour le bien et la justice.

Comme si Fallon perçoit une éclaircie dans l’attitude hostile du policier, elle lui envoie un compliment avec la même verve que ses remontrances acides.

Te laisse pas avoir, Monk, elle souffle le chaud et le froid, et maintenant elle te flatte comme sa pute de fille pour sauver sa peau.

Vrai, répondit Chris à la voix intérieure, d’ailleurs elle ne savait même pas que j’étais flic avant aujourd’hui.

— Trois quarts de flics pourris jusqu’à la moelle ? Et moi je suis bourré de vices ? Ouah, je comprends mieux ton attitude, même si ça n’excuse pas ta grande gueule de connasse finie. Ça doit être franchement désagréable de vivre dans ta tête. Faut s’appeler Ghandi ou Mandela pour échapper à ton fiel ? Et tes accusations sur Storeberg, elles se basent sur quoi ?
Je prends la défense de mes collègues parce que la plupart font leur boulot de leur mieux. La plupart, ça veut dire au moins la moitié. Et tu ne me connais pas, tu ne sais même pas pourquoi ni comment Stuart est né.


Christopher s’adresse à présent aux deux Ward. Pour la première fois depuis le début de l’interrogatoire, il est néanmoins sur la défensive depuis que Fallon a évoqué les remords qu’il risque d’éprouver à l’avenir.
Les arguments de Kate auraient fait mouche quelques années plus tôt, à l’époque où le lieutenant était beaucoup plus respectueux des lois. La mort de Lauren puis les agissements de Vampyr avaient tout changé. Depuis quelques années, lui aussi transgresse les règles pour le bien général. Il lui arrive cependant de se tromper, ou de céder à sa nature belliqueuse de façon disproportionnée. Dans les deux cas, les regrets s’accumulent au même rythme que les blessures physiques.

— Vous vous plaignez que je vous juge à tort et que je déforme la réalité, mais vous êtes exactement pareilles. Je bosse ici depuis dix ans, il y a toujours eu des collègues qui m’ont dégoûté et des parodies de procès qui me sont passés en travers de la gorge. Mais grâce à Vampyr et aux justiciers comme lui, on a quand même eu une bonne purge ces dernières années. Il reste de la vermine dans nos rangs, je ne le nie pas. Ça ne vous donne pas pour autant le droit de généraliser, de salir tous ceux qui risquent leur peau pour préserver l’ordre et la justice dont notre société a grand besoin. Pas seulement notre société d’ailleurs : tout être humain a le droit de vivre dignement. Mais pour ça, chacun doit être y mettre du sien. Les flics ne sont que la dernière ligne de défense, et on ne sera jamais assez nombreux pour surveiller 12 millions d’habitants.

Bien dit, Monk. Ces salopes nous chient dessus et refusent de voir tout le boulot qu’on abat. Sans nous, Europolis serait pire que l’Amérique et son épouvantable guerre civile.


La dernière remarque de Fallon cloue le lieutenant sur place. Même Hammon reste sans voix, comme si le défunt policier venait de trouver le chemin des morts.
Malgré la fatigue extrême, l’habitude de relier des éléments entre eux comble les blancs laissés par langue fourchue.
Immeuble tenu en respect, haine des corrompus, prétend connaître et même estimer Christopher, manieuse de couteau et d’armes à feu (bien que très mauvaise au pistolet), téléphone protégé, message de Vyper.

Vyper.

Non. Christopher ne peut croire que la langue de vipère qui se tient devant elle est cette héroïne qu’il admire. La justicière qu’il considère comme la digne successeure de Vampyr, en version plus discrète et moins médiatisée (gages d’une fin de vie moins précoce). Celle qui tue des chiens galeux et regroupe toutes leurs saloperies sur une clé usb. Celle qui le contacte après chacun de ses crimes. Des crimes que Christopher cautionne, ou du moins sur lesquels il ferme les yeux pour des raisons que Fallon vient d’évoquer — notamment une justice partiale.


C’est à ce moment précis qu’on toque à la porte.

HRP a écrit:
Je coupe ici, la réponse complète fait 2600 mots Embarassed

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MessageSujet: Re: Unusual suspects   Sam 5 Mai - 17:06

Alors que l’interrogatoire se poursuivait, Kate ne faisait que fixer le lieutenant. Elle n’arrive absolument pas à interpréter le regard du policier excepté la fatigue qui s’exprime sur l’ensemble de son visage. Peut-elle encore se permettre de croire en lui et cette bonté vivant au fond de son coeur dont Lauren lui a tant vanté les mérites ? Sa voix tremblante pouvait être rassurante. Peut-être éprouvait-il tout de même un peu de compassion. Mais d’un autre côté, cela pouvait être le signe qu’il contenait une fureur bien plus grande encore que celle qu’il laissait paraître. La brune ne savait trop quoi penser de son attitude. A croire que ses interventions laissaient le lieutenant de marbre. il est vrai que dans le milieu de la justice, les paroles d’une pute ne valent rien de rien. Peut-être bien que Christopher n’était pas différent de la généralité sur ce point-là. Lauren avait su faire la part des choses elle. Mais peut-être que son amant n’en était plus capable, peut-être même qu’il n’avait jamais été capable d’une telle ouverture d’esprit. Le fait d’avoir perdu la femme qu’il aimait parce qu’elle était trempée dans du trafic d’arme pouvait avoir influencé sa manière de penser également.

Dans ma posture j’avais deux options. La première était de haïr ceux qui ne m’ont pas défendu en devenant comme ceux qui abusent des plus faibles. J’ai préféré opter pour la seconde afin d’aider ceux qui en ont besoin comme j’ai eu la chance qu’on m’aide moi aussi avant qu’il ne soit trop tard ...

Fixant de manière permanente le lieutenant jusqu’à présent, elle décida d’adresser un regard à sa mère. Celle-ci semblait à la fois sur les nerfs mais également dépitée. Fallon en profite pour reprendre la parole. De toute évidence, l’africaine ne semblait pas encline à arrêter son rentre-dedans. Rares sont les points où la brune trouverait à redire à ce que sa mère balance. Mais elles n’étaient pas là pour donner leur point de vue sur le monde tel qu’il était aujourd’hui. La barmaid avait de gros doute sur le fait que cela joue en leur faveur. La jeune femme fut tirée de ses pensées par la cruelle vérité qui sortit de la bouche de sa mère. Elle ferma les yeux pour écouter la suite. Si Christopher n’avait pas été au courant, au moins les choses étaient éclaircies. Mais elle avait des doutes sur la solution que Fallon avait choisi. Lui balancer tout cela avait peu de chances d’influencer dans le bon sens le policier. Et puis, Kate restait persuader qu’en tant qu’ex-prostituée, sa parole ne vaudrait rien ni devant un flic, ni devant un jury, ni devant personne. Seule l’africaine l’écoutait tant qu’elles ne parlaient pas du fait qu’elle souhaitait suivre les traces de sa mère en combattant le crime de façon officielle mais aussi officieuse.

Fallon poursuivit sa tirade. Ouvrant de nouveau les yeux, la brune les laissa fixer en direction de la table. La situation n’allait pas en s’améliorant et elle doutait grandement que le cap ne change avant la fin de cette interrogatoire. “Ne passez pas par la case départ”. La barmaid avait déjà eu le droit à un reset de sa vie grâce à l’africaine. Beaucoup verrait un reset comme le fait de tout oublier ou que les mauvaises choses ne soient jamais arrivées. Pour Kate, il s’agissait de pouvoir redémarrer d’où on le souhaitait. Et c’est ainsi que l’absence d’aide par les flics lui avait donné envie d’en devenir une afin de changer cela, d’aider les plus démunis et les gens abusés. Songeant à tout cela, elle entendit sa mère prononcer le prénom de “Stuart”. Elle se rappela alors qu’il lui avait mentit sur son identité lorsqu’ils avaient dû fuir ensemble les arènes clandestines. L’africaine le suivait régulièrement pour vérifier qu’il faisait toujours parti des gentils flics, les bons, ceux qui recherchent la justice pour tous. Fallon n’avait pas aussi confiance en Lauren que la brune. Mais Fallon était aussi moins naïve que sa fille. Le lieutenant n’était pas en reste, à croire qu’il prenait plaisir à prendre sa mère en grippe. La jeune femme en avait marre d’assister à ce petit duel.

Vous pourrez vous envoyer autant de piques que vous le désirez cela ne nous permettra pas de faire avancer la situation ...

C’est alors que sa mère avoua l’avoir prévenu pour l’attentat. Kate eut un petit mouvement de surprise qu’elle stoppa net. Etait-elle devenue folle ? Balancer des aveux sur son job de nuit comme justicière allait l’envoyer non pas en taule mais à la guillotine illico-presto. Ce n’était pas parce que Christopher venait de faire des éloges de Vampyr qu’elle devait se balancer ainsi. Jetant un regard rapide au lieutenant, celui-ci semblait aussi scotché qu’elle des révélations de l’africaine. Cette attitude ressemble à une lueur d’espoir. Pour autant, peut-elle vraiment s’y raccrocher ? La brune n’en avait aucune certitude. Mais il y avait une chose dont elle était quasi-certaine : aujourd’hui soit elles ressortaient toutes les deux de l’hôtel de police sans encombre soit sa mère n’en ressortirait probablement jamais. La jeune femme commençait à imaginer le pire. Que cela soit la perpétuité en prison ou la guillotine, le résultat serait probablement le même. Elle ne voyait pas Fallon accepter gentiment de rester enfermée entre quatre murs. Elle aussi avait été malmené, manipulé, torturé … Il y avait peu de chances que l’africaine accepte ce genre de mode de vie. Alors que Kate fixait toujours la table, quelqu’un frappa à la porte la faisant redresser son regard. Depuis quand un policier était-il dérangé pendant un interrogatoire ? Les caméras étaient-elles allumées ? Christopher aurait donc menti ? Tant de questions se bousculaient dans la tête de la barmaid qui craignait pour la vie de sa mère.

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MessageSujet: Re: Unusual suspects   Jeu 10 Mai - 15:08

Elle n’a aucun droit de parler du passé de Kate, pourtant, elle le fait, uniquement parce que le Lieutenant le sait de toute façon. De fait, elle ne voit aucun intérêt de tourner autour du pot. Fallon ne minimise pas ses propos, elle n’édulcore pas les faits concernant sa fille, elle ne révèle qu’une triste vérité. Une vérité pas si loin de sa propre expérience, mais aux résultats différents. La séduction a toujours été l’arme favorite des Russes, ils lui ont tout appris, bien avant qu’elle ne perde sa virginité. Elle ne gagnait pas d’argent, mais des informations capitales pour la défense de la Russie. Faire usage de son corps pour parvenir à ses fins, ne l’a jamais dérangé, de la même façon qu’ils lui ont retiré tous sentiments, ils ont fait de son corps un objet. Fallon comprend sa fille, mieux que quiconque, mais elle ne partage pas les mêmes regrets vis-à-vis de leur passé respectif.

Christopher admet enfin que les flics pourris ont investi le poste de police, toutefois, il ne range pas tous ses collègues dans le même panier. Bien sûr, il réclame des preuves, seule Kate le peut, et encore faudrait-il qu’elle ait des preuves. Qu’à cela ne tienne, Fallon pourrait les réunir. Si elle finit pas en taule. “Tu n’as pas idée.” Murmure-t-elle quand il balance que ce ne doit pas être agréable de vivre dans sa tête. Il y a encore quelques années, c’était simple. Un ordre de sa hiérarchie et l’arme s’exécutait, la morale n’y avait pas sa place là dedans. Depuis sa désertion, les choses sont bien différentes, elle est la seule à se donner des ordres, à les exécuter, se faisant elle-même juge, jury et bourreau, parfois seulement bourreau pour s’enrichir. Une retraite n’est pas envisageable, c’est un monstre.

Kate et Vampyr sont une source d’inspiration pour Fallon, qui, petit à petit, se voit retrouver une morale toute en contradiction. La justice est devenue merdique, de fait, elle s’est officiée bourreau. La presse a fait d’elle une justicière, mais c’est encore loin d’être totalement le cas puisqu’elle en retire un bénéfice financier. Pourquoi s’en priverait-elle d’ailleurs ? Est-ce profiter de la faiblesse de ses clients que d’accepter l’argent qu’ils offrent en échange d’une vie ? Non, elle estime que le travail qu’elle exécute mérite amplement son salaire mirobolant, elle se fait l’arme de leur vengeance. Fallon sera toujours qu’une arme.

L’ex-espionne joue son va tout. Elle n’a pas de complice au sein de la police qui puisse les sortir de là, Vyper a le Lieutenant Hart. Du moins, elle espère ne pas se tromper, car ça lui coûterait cher. Elle fera tout ce qui est nécessaire pour que Kate ne soit pas mêlée à tout ceci, mais Fallon ne se laissera pas enfermer longtemps. Pas quand elle a déjà passé 16 années enfermées entre 4 murs, pas une de plus. Elle n’y survivrait pas. Elle fout littéralement sa vie entre les mains du Lieutenant, de son ancienne compagne également, car Lauren n’est pas en reste.

Pourvu qu’elle ne se soit pas trompée. A voir l’expression sidérée du Lieutenant, il a parfaitement compris et la femme est tendue, à l’extrême. Elle garde le silence, nerveuse, quand on frappe à la porte. Coup de stress, les battements de son coeur s’affolent. Elle aurait de nombreuses choses à dire pour le convaincre de ne pas la balancer à ses collègues, elle les tait, elle veut savoir si elle peut vraiment avoir confiance en lui, ou au contraire, si elle va tout perdre.

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MessageSujet: Re: Unusual suspects   Jeu 10 Mai - 22:01

La tension est palpable à l’intérieur de la salle d’interrogatoire, semblable à cette atmosphère lourde qui prélude l’orage. Tous savent que la révélation de Fallon marque un tournant, sans savoir où celui-ci va les mener.
Ce sont donc trois visages tendus qui se tournent simultanément vers la porte. Pour la première fois, l’inspecteur et les deux suspectes regardent dans la même direction, partage un stress identique.
Sans attendre la réponse du lieutenant Hart, la porte s’entrouvre et une tête de hyène vissée à un cou de girafe se glisse à l’intérieur de la salle. Le badge fixé à sa poitrine indique LTN GOLDSMITH et le nouveau venu arbore le sourire jubilatoire d’un gagnant du loto.

— Hart, viens là une minute, j’ai une nouvelle à t’annoncer.

Encore sous le choc semblable à la piqûre d’un serpent venimeux, Christopher tourne la tête sans conviction, le regard vide. Puis ses sourcils se rapprochent et ses lèvres se redressent comme les babines d’un chien prêt à mordre.
L’animosité qu’il éprouve envers ce collègue ne date pas d’hier. Goldsmith fait partie des nombreux prétendants que Lauren avait éconduits bien des années plus tôt au profit de Chris. Le séducteur au tableau de chasse bien fourni n’a jamais digéré cet échec. Depuis lors, il ne cesse de répandre son fiel sur l’homme endeuillé et trompé.

Le lieutenant soupire, adresse une mine encore troublée aux deux suspectes, se lève péniblement de sa chaise et informe les Ward qu’il sera de retour dans une minute.

— Tu es un sacré cachotier, Monk, tu ne nous avais pas dit que tu connaissais les suspectes aussi bien.

La porte de la salle d’interrogatoire est poussée, Christopher n’ayant pas eu la présence d’esprit de la fermer.
Les deux femmes peuvent donc profiter de cette erreur causée par la fatigue pour entendre ce qui se dit dans le couloir. En penchant la tête, elles peuvent même apercevoir les deux lieutenants dans l’entrebâillement de la porte.

— Ne tourne pas autour du pot, Gold, je suis pas d’humeur à jouer aux devinettes.

Le lieutenant Goldsmith glousse de satisfaction.

— On a retrouvé du matériel de chez nous au domicile des Ward, des kits de prélèvement et du Bluestar.

Christopher blêmit.
Comme si la situation ne pouvait être pire, le modeste cadeau qu’il a fait à Kate pour l’aider dans ses études va lui retourner à la figure comme un boomerang.

— Et ?

Goldsmith marque un silence, comme pour savourer le coup décisif qui lui offrira la victoire tant attendue. Ses lèvres de hyène s’étirent jusqu’aux oreilles.

— Le labo a analysé les empreintes. On y a retrouvé celles de la fille Ward et… les tiennes. Quand le capitaine Nills va savoir ça, tu seras dans un sacré merdier.

Mais qu’est-ce qu’il lui a pris ? Quelle folle idée lui est passée par la tête ? Il a transigé au règlement pour aider une aspirante policière. Un geste généreux et motivé par de bonnes intentions. Un acte anodin qui le relie à présent aux suspectes d’un attentat, et c’est ce connard de Goldsmith qui lui porte la nouvelle.

Ledit Goldsmith jubile.
La journée a été mauvaise pour tout le monde, mais achever ce flic qui l’a privé d’une de ses plus belles conquêtes compensera la poignée de morts et de blessés.
Poussée par l’euphorie de ce coup du sort inattendu, le lieutenant charognard se réjouit de piquer l’homme à terre comme un torero dans l’arène.

— Alors Monk ? Tu te tapes laquelle ? Juste la fille ? La mère aussi ? Ou peut-être que tu baises les deux en même temps ? On te croyait chaste après cette pute de Lauren, mais…

Le lieutenant Goldsmith ne terminera jamais sa phrase. En outre, il ne pourra plus jamais la prononcer de sa voix de hyène.

Une rage contenue depuis des années, une force développée au cours de milliers d’heures d’entraînement, un reste d’énergie débridé par le désespoir et un fond d’amour propulse le poing de Chris avec une violence inouïe jusqu’à percuter le visage pervers du médisant.
Un craquement anormal se produit en même temps que la mâchoire inférieure poursuit sa course en solitaire plus loin qu’elle ne devrait. Un filet de bave mêlée à du sang s’échappe de la bouche devenue grotesque par le décalage horizontal entre les parties supérieure et inférieure. Une dent vient claquer contre le mur, séparée de la couronne qui la retenait jusqu’à maintenant.

— C’est ça. Va sucer la queue du capitaine avec ta gueule de dégénéré. Et quand tu auras bien tout avalé, n’oublie pas de lui dire que tu baises aussi son mec.

Le capitaine Nills est homosexuel, tandis que Goldsmith drague tout ce qui lui plaît (obtenir des primes ou de l’avancement lui plaît encore plus qu’un physique attrayant). Christopher est indifférent aux penchants sexuels des uns et des autres, mais il sait que le capitaine est un homme jaloux, un dominateur qui ne partage pas. Il ne détient aucune preuve formelle de cette accusation, mais les enjeux justifient ce coup de bluff.
Si Goldsmith porte plainte, Christopher sera mis à pied et deux innocentes risquent d’être faussement accusées, parmi lesquelles une justicière qu’il respecte au plus haut point (ou respectait : il lui faudra du temps pour intégrer que la noble Vyper et l’odieuse Fallon sont une seule et même personne).
Maintenant qu’il tient une occasion d’obtenir la vérité, le flic est prêt à prendre tous les risques nécessaires.

— Kohpein ! aboie Christopher, va chercher le téléphone verrouillé de la suspecte Fallon Ward au labo informatique.

Le regard du jeune agent de police (celui à qui Christopher avait demandé de conduire les Ward aux toilettes avant l’entretien) passe alternativement du lieutenant amoché au lieutenant mort-vivant. Il balbutie des paroles incompréhensibles en dansant d’un pied sur l’autre, avec l’air paniqué du type qui verrait un squelette causer à un zombie.

— Fais ce que je te dis ! Ils travaillent actuellement à le débloquer. Dis que c’est pour l’enquête Storeberg, que c’est urgent et que le lieutenant Hart en assume l’entière responsabilité. Vite !

Christopher tend le bras et pointe du doigt la direction du service informatique ; Kohpein détale à la vitesse d’un lapin chassé par un renard.

— Qu’on emmène cette enflure à l’hôpital, ajoute Christopher en désignant l’homme à la mâchoire déboitée qui ne cesse de geindre, il est tombé dans l’escalier.


Une nouvelle coulée de sang pointe à l’extrémité de son nez au moment où Christopher regagne la salle d’interrogatoire.
La sensation de tournis s’accentue. C’est avec difficulté qu’il parvient à refermer la porte avant de s’écrouler sur sa chaise.
Malgré tout, il se sent mieux. Ce coup d’éclat l’a stimulé, revigoré. Il est néanmoins conscient que son temps — leur temps — est compté. Peut-être qu’il est même déjà écoulé.

Le lieutenant s’adresse à Kate :

— Tu sais ce que fait ta mère ? Je veux dire, outre bosser sur le web et cracher son venin ? Quel rôle joues-tu dans tout ça ? Le type responsable de ton coquart de l’autre jour, par exemple, qu’a-t-il subi en représailles ?

Puis il se frotte le front comme en proie à une migraine. Réfléchir sérieusement lui est devenu impossible, mais il lui reste son instinct, ses tripes, ses valeurs, ses idéaux. Tout ce qui reste d’un homme qui n’a plus rien. La gueulante qu’il a poussée sur Fallon et ce coup féroce sur Goldsmith l’ont même dépouillé de sa colère, ramenée à l’état de braises en attendant la prochaine flambée (pour l’heure, il n’en a plus la force ni l’envie).

Son regard se rive enfin sur Fallon :

— J’espère que tu sais ce que tu fais, Vyper. Sinon on tombe tous les trois.

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MessageSujet: Re: Unusual suspects   Sam 12 Mai - 6:48

15 Janvier 2050

Kate était épuisée de sa soirée, de l’attentat, de cet interrogatoire qui s’annonçait très mal, de tout en somme. Elle fût cependant surprise de voir sa mère s’arrêtait de parler. Ce n’était pas dans ses habitudes. Mais d’un autre côté, elle seule connaissait le véritable impact des paroles de l’africaine. Fallon prenait son cas pour exemple. Mais malheureusement, elle n’avait pas connu mieux. La brune savait parfaitement à quel point ça affectait sa mère adoptive de parler de tout ça. Elle était aussi concernée qu’elle par ce type de fait si ce n’était plus. Oui, l’africaine n’avait pas eu la chance d’être secourue, elle avait réussi à s’en sortir seule qu’en prenant la fuite. Alors que la brune, elle, avait été tiré de sa merde par sa mère adoptive.

Lorsqu’on frappa à la porte, la barmaid entendit ce son comme le glas de leur fin imminente. Un officier de police se laissa dépasser de la porte entrouverte afin d’interpeller le lieutenant Hart. Ce dernier semblait plus que réjouit. Cela sentait vraiment mauvaise pour les femmes Ward. Christopher sortit de la pièce pour le rejoindre et voir ce qu'il avait découvert. Heureusement pour elles, il referma mal la porte de la salle d'interrogatoire leur permettant d'être aux premières loges pour savoir à quelle sauce elles allaient être dévorés. Mais le début de leur échange ne marquait pas simplement la fin de la famille Ward mais également celle du lieutenant Hart. Lors de la perquisition, les policiers en charge de fouiller l’appartement où elle vivait avec sa mère étaient tombés sur le kit de prélèvements que Christopher lui avait gentiment offert. Tel un murmure, elle ne put retenir ce juron si simple et efficace :

Merde ...

Il est vrai qu’elle ne l’avait pas franchement caché mais Kate ne pensait pas non plus qu’on allait leur fouiller la baraque après avoir été arrêté au cours d’un attentat. Elle ne voyait Christopher que de profil voir de dos, elle avait surtout une vue imprenable sur l’autre flic dont les paroles suivantes lui firent comprendre à quel point il était répugnant. Tel un automatisme, sa main trouva celle de sa mère. La barmaid ne voulait pas qu’elle s’énerve encore plus. Elle ne se doutait pas que cela allait être si utile par la suite. Mais de toute évidence, c’était sans compter que le lieutenant Hart pouvait lui aussi pedre son sang froid. Le coup qu’il porta à son collègue fit un son très propre et net. Il lui avait démoli la machoir, peut être le nez avec ce coup si puissant et instinctif. Le flic accusait sa mère d’avoir une langue de vipère mais à priori, il se débrouillait plutôt pas mal dans ce domaine. La suite des évènements s’annonçait de pire en pire. Hart aboya à un autre flic d’aller chercher le téléphone prépayé de Fallon. La brune n’était pas sûre de tout comprendre. Fallon avait dit l’avoir prévenu. Elle savait parfaitement que l’africaine faisait en sorte que les cadavres qu’elle sème tombe dans les mains de Christopher.

Voyant le lieutenant revenir, elle aperçut le petit filet de sang qui cherchait à s’écouler du nez de Hart. Ce dernier semblait épuiser, à croire qu’il allait finir par s’évanouir en salle d’interrogatoire. Reprenant place en face des deux femmes Ward, Kate avait un peu mal au coeur de le voir dans cet état. Heureusement que Lauren ne pouvait pas voir l’état dans lequel son amour se trouvait. Lorsqu’elle voyait déjà le mal qu’elle subissait au quotidien de devoir rester loin du british, le voir ainsi la ferait certainement mal agir, ses décisions ne seraient plus aussi réfléchies. Christopher plongea ses yeux bleus dans les prunelles vertes de la barmaid. Il se demandait si elle était au courant des activités nocturnes de sa mère. Mais surtout, il aborda le sujet qu’il aurait mieux fallu ne jamais aborder. Est-ce que la personne responsable de son cocard avait subi des représailles ? Oui, autant qu’elle-même d’ailleurs, sa mère s’était enfuie, honteuse de l’avoir frappé. Ce qu’elle s’était infligée mentalement à la suite de son geste devait être bien pire que des représailles sous forme de coups. Elle caressa la main de sa mère à l’aide de son pouce. La jeune femme ne voulait pas que ça remue le couteau dans la plaie. Elles avaient toutes les deux soufferts de cette situation qui les avait séparé pour la première fois en six mois. Regardant un instant sa mère pour lui faire comprendre qu’elle ne lui en avait jamais voulu, elle reporta son attention sur Christopher.

Comme je vous l’ai dit tout à l’heure, lorsque j’en ai eu besoin, quelqu’un m’a aidé. C’est ce qui m’a permis de m’en sortir, de faire des études et d’avoir une vie normale si on peut dire. Le cocard de l’autre jour est arrivé lors d’une bagarre au bar. A vrai dire, je ne suis même pas sûre de l’homme qui m’a frappé étant donné que j’ai pris un coup perdu.

Toujours appuyée au fond de sa chaise, Kate faisait en sorte de ne pas lâcher la main de sa mère. Elle ne voulait pas l’abandonner, se rendait-elle seulement compte qu’en tentant de la protéger elle risquait également de les séparer. La barmaid ne supporterait pas de perdre la seule personne qui compte dans sa vie actuellement, celle qui l’a sauvé, celle qui lui a donné un toit et qui l’a aimé pour ce qu’elle est et non l’image qui se dégage d’elle. Alors que la brune caressait toujours la main de sa mère, son regard restait rivé sur le lieutenant. Et dire que si elle n’avait pas été cette jeune fille, elles se seraient éloignées de la foule en direction de leur appartement et tout cela ne serait jamais arrivé. Une fois de plus les choses arrivaient par sa faute. Pourquoi faire le bien était une chose aussi compliquée ? Devait-elle poursuivre dans la voie qu’elle s’était tracée après ce soir ? D’apparence tout à fait calme, la jeune femme commençait à tout remettre en question se rendant compte que son changement de vie n’était peut être bien qu’une illusion depuis le début. Pourquoi s’était-elle cassée la tête à étudier alors qu’elle aurait pu rester simple barmaid et apprendre le métier de tueuse à gage avec sa mère en parallèle. Au fur et à mesure que ses pensées s’activaient, ses yeux se fermèrent pour se concentrer sur ce qui se disait dans la pièce mais également au niveau de ses propres réflexions qui étaient de plus en plus nombreuses.

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MessageSujet: Re: Unusual suspects   Jeu 31 Mai - 13:51

Les cartes sont jetées. S’il s’agissait de poker, pas de coup de bluff, ça signifierait qu’elle se couche pendant que les autres continuent la partie. Elle abandonne son sort entre les mains d’un Lieutenant de police. Elle n’a jamais fait ça, en dehors de Kate, c’est comme confier sa vie à un inconnu. Depuis que sa fille est entrée dans sa vie, elle apprend à compter sur les autres, dans une certaine mesure. Nevaeh s’est toujours débrouillée seule, on lui donnait simplement un ordre, quelques ressources sur place, le reste de sa mission se déroulait par la seule force de sa forte capacité à s’adapter.

Elle a peut-être commis une terrible erreur en se dévoilant. La peur fait battre son coeur alors qu’elle se concentre pour en garder un contrôle absolu derrière son épiderme de naissance. Hart finit par rejoindre son collègue, refermant mal la porte. L’a-t-il fait exprès, ou ne s’en est-il pas rendu compte ? Qu’importe Fallon n’en rate pas une miette, son regard dénué d’émotions fixé par ce qui se déroule par la porte laissée entrouverte.

L’état d’esprit du lieutenant Goldsmith vole pas haut, il semble meilleur pour lâcher des débilités affolantes que pour mener une enquête. Il semble beaucoup se réjouir de la situation, mais surtout d’enfoncer Hart dans cette affaire, comme s’il espérait que retrouver un kit de prélèvement ferait passer d’office son comparse en tant que complice, qu’il puisse lui passer les menottes et l’envoyer en taule ou il sera sûrement tué au cours de la première semaine.

D’un coup il se met à les insulter, elles, les traiter comme des vulgaires putes. Autant, Fallon se contrefout d’une insulte à son encontre, mais dès qu’il s’agit de sa fille, elle sort de ses gonds. Celle-ci, devinant parfaitement son état d’esprit, la retient en prenant sa main dans la sienne. Le regard brièvement tourné vers elle, Fallon ne voit pas le coup partir, mais elle l’entend et se tourne à temps pour voir la tronche de ce sale type, explosé par le poing de Hart.

Un sourire mauvais aux lèvres, elle se réjouit presque. “Je l’aime bien ce Lieutenant.” Souffle-t-elle à sa fille. Elle le pense, même si elle ne l’admettra jamais devant lui. Et elle comprend de plus en plus pourquoi Lauren l’a aiguillé vers lui. Toutefois, elle ne comprend pas pourquoi elle s’obstine à garder ses distances de son fiancé, il est certain qu’il est toujours fou d’elle même s’il la pense morte. Enfin, ces histoires ne la regarde pas et elle n’a aucune envie de se mêler des amourettes des autres.

Hart finit par revenir et Fallon se sent nettement moins terrifiée, même rassurée. Même si lui, a vraiment une sale gueule et que ça l’inquiète, il faudrait pas qu’il se laisse claquer alors qu’elle vient peut-être de se trouver un allié. Encore que ce soit un grand mot. Au final, le Lieutenant ne cesse de l’étonner. Jusqu’à ce qu’il interroge Kate. Merde. Fallon redescend bien vite dans son enfer personnel pavé de culpabilité enflammés.

Du coin de l’oeil, elle voit que sa fille l’observe et garde sa main dans la sienne. Inconsciemment, le pouce de Fallon caresse la main de sa fille tandis qu’elle répond. Kate donne sa version des faits, ni plus ni moins qu’un mensonge, pour couvrir sa mère. Quant au reste, Fallon pourrait contredire sa fille, mais n’en fait rien. Tout ce que Kate a accompli jusque là, elle ne le doit qu’à elle-même. Fallon ne lui a donné qu’un toit et une protection. Elles auront l’occasion d’en discuter dès que, et si, elles sortent d’ici.

”Vyper”. Son regard reste résolument fixé sur le Lieutenant, elle essaie de trouver une trace de dégoût, c’est pas tous les jours qu’on fait face à une tueuse à gages, ou peut-être que si dans son cas. Pour l’heure, il semble surtout au bout du rouleau et ses saignements de nez n’augurent rien de bon. Il sait, et il la couvre, donc il ne la considère plus comme la coupable ? “Si je savais ce que je fais, nous ne serions pas là et tu ignorerais encore tout de nous.” Elle ne l’impliquerait sûrement pas, si elle ne se trouvait pas dos au mur. Une conversation s’impose, ne serait-ce que pour poser les limites, mais pas maintenant, pas ici.

“Mais j’ai une très nette idée de ce que je vais faire par la suite, pas si éloigné de ton objectif, je vais vous livrer le coupable.” Mais le résultat ne sera pas le même, ils ne retrouveront qu’une tête, celle du poseur de bombe, devant leur poste de police. Dès l’instant où elle a vu les cadavres, ça lui a étrangement retourné l’estomac. Il y a de multiples façons de tuer, s’en prendre à tous ces innocents était inutile. Elle est la mieux placé pour retrouver le coupable, si elles sortent d’ici en tout cas. “Tu as l’intention de nous libérer ?”

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MessageSujet: Re: Unusual suspects   Ven 1 Juin - 19:46

Kate se montre évasive sur les activités de sa mère, sous-entendant seulement que Vyper lui est venue en aide. Le lieutenant connait uniquement de cet alias la tueuse qui rassemble des informations fiables sur ses victimes, si bien qu’il la soupçonnait d’appartenir aux forces de l’ordre ou d’avoir de bonnes relations avec le milieu. Kate est le premier cas de personne « sauvée » par Vyper dont il entend parler, du moins directement. Y en a-t-il d’autres ? Fallon a-t-elle d’autres activités du même acabit dont il ne soupçonne guère l’existence  ?

Le policier a le sentiment d’avoir ouvert une boîte de Pandore, un coffre rempli de secrets. La curiosité presse ses lèvres de poser moult questions, alors que la fatigue scelle ses mâchoires comme les portes gigantesques d’une antique cité nimbée de mystères.

Se focaliser sur l’attentat de Coal District.
C’est tout ce qui importe pour le moment. Fallon va d’ailleurs dans son sens, puisqu’elle propose avec aplomb de livrer le coupable.
Quelques minutes plus tôt, alors que la colère le dominait et que l’esprit d’Hammon réclamait le sang de la vengeance, Christopher aurait sans doute accepté dans l’instant cette offre alléchante.

Christopher se frotte la barbe, un geste machinal qui l’aide habituellement à réfléchir. Mais la machine est à présent en panne, à deux doigts de la rupture. Quelque chose lui déplaît dans cette solution de facilité, sans que sa conscience puisse y mettre des mots.

On frappe de nouveau à la porte. Trois petits coups rapides cette fois, ceux d’une personne peu sûre d’elle, voire paniquée. Très différents des claquements appuyés de la hyène actuellement en route pour une chirurgie réparatrice.
Le lieutenant se lève en soufflant. Une myriade de points blancs traversent son champ de vision comme un ballet de flocons de neige virevoltant dans une scène au ralenti. L’appui de la table n’est pas de trop pour qu’il trouve son équilibre. Il ouvre la porte à un agent Kohpein haletant comme un phoque.
Chris ne peut s’empêcher de sourire. Ce jeune policier n’est pas très vaillant, le genre de jouvenceau que les gangs de Coal District boufferaient tout cru s’il pointait son menton impeccablement rasé sur leur territoire. Mais Kohpein ne manque pas d’enthousiasme, comme l’atteste le téléphone qu’il tient en main et qu’il a été cherché comme si sa vie en dépendait (des vies en dépendaient réellement, mais pas la sienne).

— Lieutenant ! Le technicien du labo vous fait savoir qu’il n’est pas content du tout, car il était à deux doigts de débloquer ce téléphone.

Christopher lance une tape amicale sur l’épaule du jeune agent en sueur tout en s’emparant de la pièce à conviction.

— Ne t’inquiète pas, Kohpein, les informaticiens disent toujours ça. Une heure après, ils en sont toujours à deux doigts, passant tout juste du majeur à l’index.

Les yeux agités du visiteur papillonnent de Kate à Fallon Ward, puis s’attardent plus longuement sur Kate.

— Autre chose ? demande Christopher.

Kohpein rougit des oreilles et pivote en direction de son supérieur, la tête baissée dans une attitude coupable.

— O-oui. Le technicien a appelé le capitaine Nills p-pour…

Le malheureux n’arrive pas à finir sa phrase.

— Pour moucharder ? l’aide Christopher. Merci, Kohpein, tu as fait du bon boulot. Maintenant, j’ai un interrogatoire à terminer.

Le lieutenant lui claque la porte au nez sans autre civilité. S’il sort indemne de ce merdier, Chris lui témoignera sa reconnaissance d’une façon ou d’une autre.

Sans perdre une seconde, il fait le tour de la table et pose le téléphone sous le nez de Fallon.

— Débloque ce téléphone. Et rien d’autre. Si tu es bien Vyper, tu es assez intelligente pour comprendre que le temps nous est compté, et que ton message est la seule preuve qui permettra de vous sortir de là. De nous sortir de là.

Fallon s’exécute. L’écran d’accueil du smartphone apparaît et Christopher récupère aussitôt le précieux objet.
Regard plongé sur l’écran, l’enquêteur regagne sa place tandis que ses doigts parcourent l’application de messagerie. Une lueur d’espoir apparaît dans ses yeux rougis par la fatigue lorsqu’il trouve le message que Vyper lui a envoyé, confirmant l’identité secrète de Fallon Ward :
Citation :
Lieutenant Hart. Tueurs engagés contre le député Storeberg. V.

L’homme s’écroule peu après sur sa chaise, comme si ses jambes avaient pris la consistance du coton et ne parvenaient plus à le soutenir.
Bouche entrouverte, paupières relevées dans une expression de surprise mêlée d’effroi, il découvre un autre message, reçu très peu de temps avant l’explosion meurtrière qui a causé maints morts et blessés graves.
Citation :
Raven : Vyper, cible prioritaire, contrat juste derrière toi. Qu'est ce que tu fous ?
L’emblème de la Crows League, une organisation encore peu connue regroupant des tueurs à gages, illustre l’expéditeur du texto.

Qu'est-ce que tu fous ? a-t-il également envie de vociférer. Mais Christopher n’en a plus la force. Il est estomaqué, de nouveau pris à contre-pied. Terriblement déçu.
Vyper tuant pour la Crows League, c’est aussi désolant que Vampyr travaillant pour Cosa Nostra. Un pacte avec le diable, une association contre nature, odieuse, infâme.

C’est pourtant la réalité. Crue, brutale, comme toujours à Europolis. Une ville où les héros ne dissimulent pas seulement un côté sombre, mais une part foncièrement abjecte derrière leur masque.

Christopher n’a ni le temps ni les capacités pour réfléchir aux conséquences de cette découverte.
Tout ce qu’il a en tête, ce sont les victimes, la vérité et la vengeance. Fuck le règlement, la Pègre va payer pour cet acte barbare, avait-il pensé après l’attentat. Il possède désormais un nom, un lien avec l’organisation exécutrice. Le flic ressent au plus profond de lui le besoin impérieux d’agir, de tout faire pour éviter d’autres meurtres de masse.
Toutefois, ni Saint Martin ni aucun allié surnaturel ne pourront le protéger d’un ennemi aussi redoutable.
Trente mille flics, en revanche, balayeraient cette engeance jusqu’à l’anéantissement total. La logique voudrait qu’il balance tout à ses supérieurs et que la police écrase la Crows League sous le marteau de la justice. Christopher en est certain, la portée politique de l’attentat confèrerait à l’EPD toute l’autorité nécessaire pour mener à bien cette mission.

Mais le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point.

Coudes posés sur la table, Christopher se plonge la tête entre ses mains. Fallon et Kate Ward seraient les premières victimes de cette tempête. Des victimes pas si innocentes, comme lui-même est un flic pas si innocent malgré ses motivations justes.
Privée du filtre de la raison, la conscience du policier, son cœur et ses regrets lui dictent de leur offrir ce que lui-même n’obtiendra jamais : la possibilité d’une deuxième chance, un pas en avant vers la rédemption.

Christopher pousse un long soupir, croise les bras sur la table et fixe alternativement Kate et Fallon avec un regard terriblement humain dans sa complexité, comme si une vaste palette d’émotions se mélangeait dans le bleu intense de ses iris.

— J’ignore quel est ton lien précis avec Raven et la Crows League, Fallon, mais il va falloir ton camp. Pareil pour toi, Kate. C’est une décision qu’il va falloir prendre toutes les deux à moins de vous séparer.
(Chris se tourne vers Fallon.) Tu m’as proposé de livrer le coupable. Je veux Raven traduite en justice et qu’elle avoue le nom des commanditaires, je veux réduire en miettes son organisation répugnante. Aide-moi, Fallon, et après ça tu pourras continuer de vivre libre en tant que Vyper la justicière.
(Chris regarde à présent Kate.) Toi aussi, Kate, tu pourras mener une existence utile au sein de la police scientifique si tu réussis le concours, loin des dangers extrêmes auxquels sont confrontés les flics de terrain et des crapules lubriques qui fréquentent ton bar.
(Son regard passe de l’une à l’autre.) Vous aurez toutes deux mérité ma reconnaissance et mon soutien. Mais plus important, vous aurez la satisfaction d’avoir fait le bon choix, d’avoir écouté la voix de votre conscience. Nous ne serions pas seuls dans ce combat, j’ai quelques alliés fiables qui pourraient nous aider.*

Christopher marque un silence.

— L’autre option, c’est de couvrir les responsables de cet attentat. Ou de me promettre le cadavre du poseur de la bombe, comme on donne un os à un chien afin qu’il retourne sagement dans sa niche. Auquel cas je vous balance à mes supérieurs, et je vous balance aussi à la presse afin que vos amis tueurs de civils croient que vous les avez trahis.
Dans un cas comme dans l’autre, on risque tous notre peau. À vous de choisir de quelle façon.


*HRP:
 

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MessageSujet: Re: Unusual suspects   Sam 2 Juin - 22:49

15 Janvier 2050

Alors que le lieutenant Hart était sorti de la pièce, sa mère lui souffla qu’elle commençait à l’apprécier. Rien d’étonnant pour le coup, la frappe de Christopher sur son homonyme avait été une réaction sincère de toute évidence tellement elle avait été instinctive. Peu de temps après, le pouce de sa mère commença à caresser le dos de la main de Kate. Cherchait-elle à la rassurer ou plutôt à se calmer elle-même ? Peut-être un peu des deux. Mais la jeune femme était loin d’être sereine dans cette situation, du moins intérieurement. D’apparence, la barmaid était toujours très calme mais cela n’empêchait pas ses neurones de fonctionner à vives allures pour réagir et trouver une réponse à chaque question qui traversait son esprit.

La soirée était de plus en plus éprouvante. Ca avait d’abord été dur physiquement, à se battre contre ces hommes en cagoules et à se protéger de la bombe. Mais maintenant, c’était probablement le pire. Cette pression mentale qui était maintenue depuis qu’elles avaient été embarqués pour le poste était inimaginable. Elle donna sa version des faits pour répondre à une énième question du lieutenant. D’un côté, ce dernier semblait toujours aussi partagé qu’au tout début de l’interrogatoire. Sa mère reste cash, jusqu’au bout. Elle la reconnait bien là. Mais sa proposition de livrer le coupable reste en suspens. Que se passe-t-il dans l’esprit de Hart ? L’étudiante l’ignore mais aimerait bien le savoir. Mais ils se sont de nouveau interrompus par un homme qui frappe à la porte, hésitant. Christopher revient avec le téléphone prépayé de Fallon après quelques échanges courtois. Il dépose le téléphone devant sa mère lui demandant de le déverrouiller avant de le reprendre aussitôt.

Parcourant le téléphone, Christopher devait probablement chercher cet avertissement que l’africaine avait mentionné un peu plus tôt. Mais ses premières paroles firent tilt dans l’esprit de l’étudiante. Il avait trouvé un lien avec la Crows League et Raven, celle qui confiait des contrats à Fallon. Il est vrai que contrairement à sa mère, tous les tueurs à gage qui travaillaient au sein de cette organisation n’avait pas bon fond. L’africaine se renseignait et n’exécutait un contrat que si la personne le “méritait”. Elle n’était pas dieu pour juger, mais l’une comme l’autre avaient connu assez d’horreur pour vouloir stopper les gens du même acabit que ceux qui avaient profité de leur faiblesse. Kate souhaitait s’orienter sur une façon de faire plus “douce” mais elle ne savait pas encore si livrer un homme saucissonné comme du bétail avec des preuves accablantes sur lui serait reconnu par la justice d’Europolis.

Christopher reprit la parole. Son introduction ne laissait présager rien de bon. Une remarque surprit Kate. Comment osait-il leur suggérer de se séparer ? Lorsque le prénom de Raven franchit les lèvres du policier, la barmaid eut un frisson. Sa mère pouvait-elle opter pour ce type de choix ? Elle avait de sérieux doutes à ce sujet. Même si Fallon pensait en premier lieu à sa survie, elle gardait une certaine honnêteté et droiture dans ses agissements. Mais la brune n’était pas capable de connaître tous ce qui pouvaient traverser l’esprit de sa mère. Hart reporta son attention sur la barmaid. Comment pouvait-il lui parler du concours de la PTS à cet instant critique ? Quelques minutes plus tôt, le lieutenant de police lui avait largement fait comprendre qu’il ne pourrait plus avoir confiance en elle, ce qu’elle ne pouvait lui reprocher au vu des circonstances. Mais à présent, il était en train de lui dire qu’elle pouvait toujours passer son concours et le réussir. Et le pire dans tous ça, c’est qu’il semblait sincère. La jeune femme eut un pincement au coeur, pensant à Lauren et à la description qu’elle faisait de l’amour de sa vie. Pourquoi précisait-il qu’elle serait loin du danger ? Christopher laissait sous-entendre qu’elles avaient le choix, toutes les deux.

Mais le choix ne lui appartenait pas. Kate ne pouvait choisir pour sa mère. Continuant de regarder Hart, elle caressa doucement de son index la main de sa mère comme signe de soutien. Peu importe son choix, la jeune femme ne pourrait lui reprocher. Elle l’aimait comme une fille aime sa mère, même si elles n’étaient pas liées par le sang, et rien de ce qu’elle pourrait faire ne pourrait la décevoir.

Au début de cet interrogatoire, vous n'aviez aucune confiance ni en moi ni en ma mère. Qu’est-ce qui a changé ?

Oui, l’étudiante savait jouer les naïves même si elle avait une petite idée sur la question. Elle ne faisait qu’acte de présence dans cet interrogatoire qui était surtout un duel entre Christopher et sa mère. Mais même si elle appréciait beaucoup le lieutenant et qu’elle s’en voudrait par rapport à Lauren, il était hors de question qu’il touche à sa mère de quelques façons que ce soit. Sa droiture ne pouvait le sauver dans toutes les situations. Après, si sa mère optait pour le fait d’entraîner la Crows League vers le fond, Kate ne serait à priori pas la seule à la couvrir au sein de la police.

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MessageSujet: Re: Unusual suspects   Mar 5 Juin - 12:13

Malgré le fait qu’elle veuille livrer la tête du poseur de bombe devant le poste de police. Fallon se fait peu d’espoir quant à leur libération sans contrepartie, Hart est un malin, malgré le fait qu’il soit intègre, il est aussi opportuniste que tout le monde et elle admet volontiers qu’il serait bien stupide de s’en priver. Mais avant d’obtenir réponse, quelqu’un frappe de nouveau à la porte, pour ramener son portable prépayé et le poser sous son nez. Fallon louche dessus, pourquoi lui rend-il ?

Ah. Il lui demande de le débloquer, de prouver qu’elle est bien Vyper. Elle prend le temps de la réflexion, la tueuse à beau être prudente et effacer ses messages, il y en a deux qu’elle n’a pas eu le temps d’effacer. Le premier, envoyé au Lieutenant et qui prouvera donc sa parole. Le second, qui en dira plus que ce qu’elle a avoué et pourrait donc prolonger cette garde à vue. Elle hésite, certes, il a plutôt bien réagit à l’idée qu’elle soit Vyper, qu’il semble considérer comme une justicière, à tort, mais apprendre qu’elle n’est ni plus ni moins qu’une tueuse à gages, ça change la donne.

Ses mains se posent sur la table, s’emparent du téléphone, mais elle ne fait pas encore mine de le débloquer. Si elle ne regarde pas Kate, toutes ses pensées sont tournées vers elle. Sur les conséquences qu’elle pourrait subir. Fallon sait que quoi qu’elle fasse, Kate la soutiendra toujours, ce n’est pas plus simple de prendre une décision pour autant. Mais puisqu’elle a fait le choix de se dévoiler, autant le faire à fond. Elle fait le choix de débloquer son téléphone avant de le tendre au Lieutenant. Nerveuse, sans le laisse paraître, elle attend sa réaction.

Elle le voit à son expression, maintenant, il sait. Donc, l’organisation ne lui est pas inconnu. Elle n’a rien d’une justicière, certes, elle choisit ses contrats avec parcimonie, il n’en reste pas moins qu’elle reste une tueuse à gages. Surprise, son gagne pain c’est de tuer des criminels. Hart encaisse en silence, elle ne dit pas un mot en attendant le verdict. Mais quand il reprend la parole, elle ne s’imaginait pas qu’elles auraient lieu de sentence. Là, elle se sent trahie. Ce ne sera pas la première fois.

“Vivre libre ?” En tant que justicière. Un ricanement lui échappe, rien de joyeux, il la considère plus naïve qu’elle ne l’est. La colère fait vibrer ses cordes vocales. “Putain, t’as un sacré culot Hart. Vivre avec la satisfaction d’avoir fait le bon choix ? Non, ce que tu fais là est du chantage ni plus ni moins. Soit on fait ce que tu dis, soit tu nous balances. Tu ne vaux pas mieux que les autres. Tu fais l’erreur de croire me connaître, de croire que je suis une justicière pour ma propre satisfaction.” Tout ce qu’elle fait, c’est uniquement pour sa fille. Et si elle tue, c’est parce qu’elle n’a pas le choix, mue par des pulsions qu’elle ne contrôle absolument pas.

“Ce n’est pas un choix que tu nous laisses. Réalises-tu seulement ce que tu me demandes ? Je signe notre arrêt de mort, à ma fille comme à moi. Tu le sais très bien, ces gens n’ont rien d’enfants de coeur, et je ne vaut pas mieux qu’eux, si je fais tomber l’organisation, ils me feront payer aux centuples et ils commenceront par ma fille. Ils la briseront elle, physiquement, moralement, et ils me briseront moi.” Ils n’auront même pas besoin de la toucher, elle sera déjà brisée par ce qu’aura subi Kate. Ce n’est plus de la colère qui transperce dans la voix ou l’expression de Fallon, mais une terreur pure et brute. “Mais j’imagine que nos vies sont bien peu de choses à payer pour ta gloire personnelle ?”

Quoi qu’elle fasse, on la considérera toujours comme une arme, un instrument qu’on utilisera toujours. Choisir un camp ? Vivre libre ? Elle n’a jamais pu, on ne lui en a jamais laissé l’occasion. Par ce chantage, Hart se positionne en autocrate aux yeux de Fallon. Son regard furieux se détourne du Lieutenant, pour se tourner vers sa fille, interrogateur cette fois. Kate aussi n’a pas toujours eu son libre arbitre, et Fallon ne lui retirera jamais ce dernier, que sa fille a acquis ces dernières années sous son toit. D’un regard, elle offre l’opportunité à sa fille de faire tomber the Crows league, organisation que Kate n’a jamais vraiment approuvé même si elle n’a jamais accusé Fallon d’en être. Mais surtout, elle demande à sa fille si elle est prête à prendre les risques.

Malgré tous les entraînements qu’elle a reçu, il s’agit là d’affronter des monstres de la pire espèce et s’ils apprennent l’implication de Vyper dans la chute de l’organisation, elles se retrouveront avec des ennemis à la pelle et Kate ne sera pas épargné. Trahir n’a jamais posé problème à Fallon, il y a ceux qu’elle trahirait d’un claquement de doigts, comme ses anciens employeurs Russes, et ceux qu’elle ne trahira jamais. Malheureusement pour la Crows League, ils ne font pas partie de la seconde catégorie.

Connaissant Kate, elle n’approuvera certainement pas de couvrir la ligue, moins encore de finir en taule pour eux. Elle sera d’autant plus fière de sa mère adoptive si cette dernière devient une justicière pour de vrai, et non pour l'appât du gain. Il faut dire, qu’elles ont largement de quoi vivre encore 50 ans au moins avec tout ce que Vyper a gagné ces dernières années grâce à la ligue et ses contrats. Kate acquiesce, Fallon se retourne vers Hart.

“Bien. Tu veux l’organisation, je veux des garanties. Je marche pour une collaboration, mais nos noms ne doivent être mentionnés nulle part, ni officiel, ni officieux. Ne joue pas au plus malin avec moi Hart, pour l’heure, je suis celle qui connaît le mieux Raven et son organisation, ne me donne pas d’ordres et te la joue pas solo parce que je n’accepterai pas que tu mettes Kate en danger par ton imprudence ou ton impatience. Après notre arrestation, je vais être dans le collimateur de Raven, c’est une paranoïaque et nous allons devoir nous retrouver souvent si on fait tomber l’organisation, alors on va se faire passer pour un couple. Je lui ferais croire que je t’utilise pour avoir tes confidences sur l’oreiller, et je serais très convaincante puisque tu me donneras des informations, ce que tu veux, c’est juste pour calmer sa vigilance. On avisera au fur et à mesure.” Elle hausse un sourcil interrogateur en attendant la réponse du Lieutenant.

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MessageSujet: Re: Unusual suspects   Mar 5 Juin - 19:41

Kate continue de jouer l’anguille, élude tous les sujets délicats comme une diva répondant de façon sélective aux questions d’un journaliste de presse. Est-elle consciente de la chance qu’elle a de se retrouver face au complaisant lieutenant Hart ? Hormis quelques pressions et sa poussée de colère, attisée par les paroles provocatrices de Fallon, Christopher s’est efforcé depuis le début de préserver les Ward, de les garder dans une bulle protectrice au milieu du commissariat hostile envers chaque suspect. D’autres enquêteurs usent de sales coups et manœuvres vicieuses qui n’apparaissent jamais dans les rapports de police.
Lui-même déteste au plus haut point cette attitude fuyante. Il préfère encore le fiel qui sort de la bouche de sa mère : au moins, celle-ci dit ce qu’elle pense. La vérité avant tout, aussi crasse et odieuse soit-elle. Mais le policier a rapidement compris qu’avec Kate, insister ne mènerait à rien dans le court laps de temps dont il dispose.

Trop fatigué pour manier le langage de la diplomatie, Christopher répond yeux dans les yeux à la question de la jeune femme.

— À ce stade, j’ai plus confiance en Fallon qu’en toi. Non que je te considère comme une mauvaise personne, mais j’ai l’impression de me retrouver face à une enfant terrorisée à l’idée de sortir un mot pouvant contrarier sa mère. Tu l’aimes tellement, en plus de lui être hautement redevable, que ta personnalité s’évanouit en sa présence (Chris baisse une main tendue vers le sol, mimant un volume qu’on écrase.) Je sais que tu ne seras jamais fiable et honnête envers moi ou la police, si tu y travailles un jour, parce que Fallon passera toujours avant le reste. Heureusement pour toi, Fallon est Vyper. Une justicière que j’apprécie… appréciais beaucoup car elle a fait beaucoup pour cette ville.

Christopher penche le buste en avant, se rapprochant subtilement de son interlocutrice.

— Je vais te dire une chose très importante, Kate : n’importe quel imbécile peut buter un violeur ou un dealer de drogues et se prétendre justicier. Cela demande plus de cran que de compétences, surtout la première fois. Mais cette façon de faire n’est pas généralisable, pas viable. L’Histoire avec un grand H nous l’a démontré à maintes reprises. Or, Vyper ne se contente pas d’assassiner des criminels, elle mène une enquête approfondie sur ses cibles et fournir des preuves à la police – à travers moi – et donc à la justice. Tu n’as pas idée de l’espoir que cela représente pour un flic, surtout depuis que Vampyr nous a quittés.

Le policier reprend sa position initiale, le dos calé sur sa chaise.

— Alors si Fallon choisit le bon camp, je sais que tu feras de même. Et je fermerai les yeux sur tes cachotteries, et les siennes, avec la conviction qu’elles serviront la plupart du temps l’intérêt général. La couche de merde qui recouvre Europolis est trop épaisse pour la nettoyer sans se salir les mains. Du moins, c’est mon avis et sans doute le vôtre. Tout le monde ne le partage pas. Ces gens-là qui pensent différemment sont meilleurs que nous et la société aura besoin d’eux pour se reconstruire. Le député Storeberg que la Crows League cherche à abattre fait peut-être partie de ces hommes porteurs d’espoir. En tout cas il en donne l’impression, et c’est suffisant pour qu’on le protège de cette saloperie de Raven qui n’hésite pas à massacrer des civils pour exécuter ses contrats.


C’est ensuite Fallon qui prend la parole, achevant de briser le mythe que Christopher (et beaucoup d’autres que lui au sein de la police) s’était créé sur la justicière au nom de serpent.

— Ok, j’ai compris. Tu es méchante, je suis méchant, nous sommes tous méchants. Je ne te connais pas et je me trompe à ton sujet, tout comme tu ne me connais pas et te trompes à mon sujet. Satisfaite ? Appelle ça comme tu veux, de mon point de vue je te fais une fleur. Combien de parents as-tu descendu au cours de ta « carrière» ? Combien de gamines ont fini comme Kate par ta faute ? Combien d’autres vies innocentes seront détruites par tes potes de la Crows League ?
Franchement, tu croyais pouvoir t’en tirer comme ça éternellement et finir paisiblement tes vieux jours avec Kate ? Tu as choisi cette vie. Kate était une victime, une prisonnière, tu l’as sortie de l’enfer mais elle est à présent une adulte responsable et ta complice.


Christopher lève un index, puis tapote la table du bout du doigt en poursuivant son discours.

— Un policier qui applique le règlement à la lettre ne vous donnerait aucun choix. Il suivrait la procédure et partagerait ses infos. Peut-être qu’une fois cette affaire finie, ou dans dix ans, ou sur ton lit de mort, tu seras heureuse d’avoir eu cette chance de prendre un nouveau départ. Un bon départ. Car malgré tes paroles venimeuses et ma déception à ton égard, je persiste à croire que tu vaux mieux qu’eux et que tu as une conscience, aussi ténue soit-elle. Sans quoi tu n’aurais jamais sauvé Kate, et tu ne t’encombrerais pas d’enquêtes poussées pour dénoncer les crimes de tes cibles.

Fallon accuse ensuite Christopher de sacrifier des vies pour sa gloire personnelle, ce qui laisse le flic pantois. En quinze ans de carrière, jamais on a prononcé pareille calomnie à son sujet. Et pour cause : l’Anglais ne manque pas de défauts, mais rechercher les lauriers au mépris de vies humaines n’en a jamais fait partie. Ni hier, ni aujourd’hui, ni demain.
Après une seconde de stupéfaction, Chris se met à rire. Doucement, puis de plus en plus fort, de façon irrépressible. Un rire nerveux, initié par l’accusation grotesque et entretenu par l’état délabré de ses nerfs.

Les deux femmes profitent de cet interlude singulier pour se consulter.

Le lieutenant se ressaisit lorsque Fallon lui dévoile sa décision – leur décision commune, comme Christopher l’espérait. Il écoute d’abord avec attention, opinant au fur et à mesure.

— Il est naturel que tu veuilles des garanties. Ce que tu dis est juste et on fera à ta façon. En revanche, je vais devoir parler de vous au capitaine Nills et lui dire que vous êtes mes indics. C’est le seul moyen de nous sortir de là, surtout depuis que j’ai subtilisé ça au labo informatique. (Chris agite le téléphone de Fallon.) Ça expliquera aussi le matériel de la PTS que j’ai filé à Kate et il mettra fin à la perquisition. Vos noms ne seront pas consignés et le capitaine n’insistera pas pour l’instant, on procède toujours ainsi pour garantir la sécurité des indics. Je réponds de lui, il a toujours été réglo. Et si on merde, on aura des problèmes bien plus sérieux que Nills.
Je vais également prendre des précautions de mon côté.
(Chris fixe Fallon du regard.) Tu pourrais m’éliminer une fois dehors et j’imagine qu’une tueuse sans scrupule n’agirait pas autrement. Ce téléphone ainsi qu’un rapport détaillé seront cachés dans un lieu secret et transmis à qui de droit une semaine après ma mort. (Chris esquisse un pâle sourire.) Rassurez-vous, je ne claquerai pas avant la fin de cette mission. Une fois Raven aux mains de la police, je vous remettrai toutes les pièces à charge et vous pourrez les détruire vous-mêmes.

Christopher a blêmi lorsque Fallon a dévoilé son stratagème visant à endormir la vigilance de Raven. La simple évocation du mot « couple » fait remonter des souvenirs qu’il est toujours incapable de gérer, plus de trois ans après la mort de Lauren.

— Ok pour les informations, je te fournirai de quoi donner le change, mais rien qui compromette nos enquêtes. Et… euh… on est d’accord qu’il n’y aura pas besoin de jouer la comédie devant témoins ? Car je serais incapable de te faire les yeux doux, même si tu me promettais la Lune.

Le lieutenant marque un temps d’arrêt. Qu’éprouve-t-il pour Fallon en réalité ? Peut-être que l’extrême fatigue influence son humeur, mais il n’arrive pas à la détester. Christopher exècre son sale caractère et son fiel, aucun doute là-dessus, pourtant il continue à voir (à s’illusionner sur) ses « bons » côtés. Au final, ce choix s’est révélé pertinent puisque Vyper et Kate vont collaborer. Le bilan est néanmoins trop maigre pour feindre un regard amoureux ou simuler un sourire charmeur.

— Je suis conscient que cela prendra du temps, mais garde à l’esprit que de mon point de vue, plus on attend et plus Raven et sa Crows League feront de victimes. Évidemment, ce ne sont pas les victimes comme celles de Vyper qui me préoccupent. J’ai presque envie de dire « bon débarras » pour celles-là. Mais je supporterai difficilement un autre attentat comme celui d’aujourd’hui parce qu’on traîne les pieds. De toute façon, nous avons tous intérêt à en finir le plus rapidement possible, n’est-ce pas ?

Le policier soupire, puis se tourne en direction de Kate.

— Merci. J’ai peut-être sous-estimé ton influence auprès ta mère, tout à l’heure. La vérité est que j’ignore comment vous fonctionnez, et que je suis sûrement trop crevé pour voir ce qui est évident. Encore moins ce qui est plus subtil.

Christopher lâche un long bâillement. Le rire de tout à l’heure a libéré la tension qui subsistait dans ses nerfs à présent vides d’énergie.

— Rien à ajouter ? (Christopher regarde alternativement les deux Ward, c’est tout juste s’il parvient encore à bouger la tête.) On fait donc comme on a dit ?

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MessageSujet: Re: Unusual suspects   Ven 8 Juin - 8:04

15 Janvier 2050

Ecoutant la réaction de sa mère, Kate était guère surprise par cette dernière. Elle s’attendait pas mal à ce genre de réaction avec Fallon. Elle avait encore moins bien vécue son emprisonnement et son conditionnement que la barmaid n’avait supporté sa vie de prostituée. Parfois, elle se demandait si lorsqu’elles s’étaient rencontrées, l’africaine n’avait pas eu la sensation de voir son reflet et que c’était pour cela qu’elle l’avait sorti de sa situation pourrie. Tenant toujours la main de sa mère adoptive, l’étudiante ressentait toutes les vibrations qui émanaient de ses paroles et de ses sentiments. Elle avait mal, mal au coeur de retrouver Fallon dans cet état après avoir été séparé plusieurs jours. Resserant sa main involontairement, la brune continuait de lui rendre la pareille en lui caressant légèrement la main pour la soutenir et l’encourager. Il était vrai que le choix de se retourner contre la Crows League n’était pas une décision à prendre à la légère. L’un de ses membres, ancien camarade de l’armée de l’africaine, était même censé entraîner la barmaid. Il connaissait donc l’existence de sa fille adoptive et la jeune femme sentait bien que c’est ce qui effrayait le plus sa mère à l’heure actuelle. De plus, d’avoir rendu l’adoption officielle permettait à tous de savoir très facilement que le point faible de Fallon c’était elle.

Rien qu’à l’idée, elle en était dégoûtée. C’était à cause de l’étudiante si la famille Ward se retrouvait dans cette situation ce soir. Tout ça parce qu’elle avait défendu une gamine, comme elle … Être le point faible de sa mère n’arrangeait rien à son humeur. Elle le savait depuis le début en soit mais entre le savoir et se rendre compte des dommages que cela peut faire … Fallon finit par accepter le marché du lieutenant. Kate n’était pas intervenue depuis que sa mère avait pris la parole. Cette dernière savait très bien se débrouiller et même si on pouvait croire qu’elle gérait leur décision seule, ce n’était pas du tout le cas. L’africaine connaissait parfaitement sa fille et son point de vue. Ajouter la moindre chose devant Christopher n’avait pas de sens. La brune n’était pas celle qui avait le plus à craindre dans l’histoire de son point de vue même si elle n’allait être pas loin derrière sa mère dans la liste des cibles à abattre de la Crows League. Enfin, dans un sens, elle serait peut être devant elle mais qu’importe, cela faisait déjà six ans qu’elle lui avait donné une autre chance, une autre vie. La barmaid espérait depuis six ans pouvoir lui rendre l’appareil. Peut-être que la délivrer de cette organisation pourrait s’y apparenter.

Il était tard, l’épuisement de chacun était palpable. La jeune femme savait parfaitement qu’une seconde conversation du même acabit aurait lieu à leur appartement une fois qu’elles seraient rentrées. C’est alors que Christopher lui fit comprendre que ses réponses ne lui convenaient pas lui lançant quelques pics les uns à la suite des autres.

Mais vous savez lieutenant, la majorité des questions que vous avez posé concernait ma mère. Je pense donc qu’il est préférable de laisser la principale intéressée répondre. Et puis, à l’inverse de vous, Fallon connait mon point de vue sur absolument tout, que l’on soit d’accord sur la question ou pas. Le fait qu’on sache respecter les choix de l’autre n’ait pas censé être un problème. Si vous avez déjà vécu avec quelqu’un vous devriez le savoir qu’on connait rapidement les habitudes et points de vue de l’autre.

Sa dernière remarque était vilaine, Kate le savait parfaitement. Mais pour le coup, elle était malheureusement nécessaire. Prenant une bonne inspiration, la barmaid venait de faire comprendre au lieutenant qu’elle n’esquivait pas les réponses. Elle jugeait simplement que les questions ne lui étaient pas adressées.

Concernant ma fiabilité, je vous laisserais faire des recherches plus approfondies afin de voir que vous vous trompez dans votre analyse.

Pourquoi ? Tout simplement parce que sa mère ne s’embêtait pas à enquêter et à ne tuer uniquement les vrais criminels avant. C’était à force de travail, d’échange que Kate avait commencé à révéler sa véritable nature et à lui faire comprendre qu’elle aussi était humaine et qu’elle pouvait faire le bien pour d’autres qu’elle-même. Sa mère savait qu’elle n’avait rien à craindre de sa fille parce qu’elle ne s’en prenait qu’à des personnes qui le méritaient. A l’époque où cela n’était pas le cas, la brune n’aurait jamais pu promettre à sa mère de la défendre bec et ongle et cette dernière le sait et le comprend. Là où beaucoup pense que la jeune femme reste planquée, suivant comme un petit chien la belle africaine, cette dernière sait que l’étudiante apprend. Malgré sa curiosité avec sa mère qui montre qu’elle fait encore beaucoup d’erreurs, Kate poursuit son bout de chemin pour s’endurcir. Evidemment, balancer sa mère n’aurait jamais été une chose aisée c’est pour ça que la brune avait travaillé dans le sens que cela n’arrive jamais. La barmaid laissa le lieutenant poursuivre sur la merde qui recouvrait la ville. Ce n’était pas pour rien qu’elle soutenait ce que faisait Fallon et qu’elle voulait l’imiter. Christopher continuait d’expliquer ses agissements et il avait raison. L’étudiante savait parfaitement qu’elle n’aurait pas pu mieux tomber pour cela et s’excusait déjà mentalement auprès de Lauren de ce qu’elle était sur le point de dire. Elle laissa les deux autres poursuivre leur accord sur les garanties et le fait qu’il allait les faire passer pour des indics. La dernière proposition de sa mère la prit toutefois un peu au dépourvu. Etait-elle sérieuse lorsqu’elle voulait se faire passer pour un couple avec Hart ? Elle se demandait bien comment Lauren réagirait en apprenant la chose. L’étudiante se rangea dans un creu de sa tête de l’avertir elle-même avant que cela ne crée des problèmes. La nouvelle rousse serait complètement capable de comprendre si on lui expliquait, surtout si ça venait de Kate. Mais il n’allait pas falloir traîner à ce sujet. Étonnamment, Christopher accepta ce deal de faux couple.

De toute évidence je vais devoir vous appeler “beau papa”. Ou peut-être préférez-vous “joli papa” ?

Un sourire aux lèvres, Kate commençait franchement à être fatiguée pour sortir ce genre d’anêrie.

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MessageSujet: Re: Unusual suspects   Sam 9 Juin - 8:09

Il n’a aucune idée de sur quoi il s’engage en s’attaquant à Kate de la sorte, le regard de Fallon est furibond. L’image qu’il se fait d’elle est tellement loin de la réalité, erronée. Certes, sur certain point il a raison, mais c’est aussi la sous-estimé. Il ferait bien mieux d’avoir confiance en Kate qu’en Fallon ou Vyper. Il n’a aucune idée de ce qui motive réellement la tueuse à gages, si elle mène des enquêtes afin de fournir des preuves, d’une, c’est parce que ça lui rappel un peu son ancienne vie d’espionne, de deux, c’est pour protéger Kate d’une certaine façon. On ne pourra pas l’accuser d’avoir une mère sans coeur, qu’une tueuse à gages sans scrupules, elle aura fourni les preuves que ses crimes sont justifiés.

De trois, c’est Kate qui la rend meilleure, c’est Kate qui lui apprend à être plus humaine, à s’autoriser de ressentir des émotions, jusqu’à une certaine mesure. Ces derniers doivent toujours être sous contrôle ou sa peau fait des siennes. S’il la trouve déjà hystérique, il n’a aucune idée de ce qu’elle devient quand elle n’a plus de contrôle. Il ne sait pas davantage que Kate ne demande qu’à offrir justice à Europolis, seule Fallon la maintient encore éloigné des dangers que cela représente. Christopher ignore que le combat de Kate consiste à transformer une ex-espionne dénuée d’humanité en une justicière.

Si Fallon ne dit rien, c’est parce que sa fille est parfaitement capable de se défendre et le prouve. Non sans lancer une certaine attaque, subtile, vis à vis de sa relation avec Lauren. Dans la mesure où elles ne sont pas censées connaître son passé amoureux avec cette dernière, il ne peut pas se douter que l’attaque est volontaire, mais ça peut faire mal. Après quoi, elle confirme tout aussi subtilement, ce que Fallon pensait.

“Je prends tous les risques pour ta gueule, alors fait l’effort de me faire les yeux doux. Il va falloir donner le change Hart, être convaincant, où on crève tous, alors si tu tiens à ta vie autant que je tiens à celle de Kate, montre toi un minimum énamouré. Je te promets pas la lune, je te promets de sauver ton cul, je te demande pas de me sauter dans la rue non plus, juste d’être un bon acteur quand c’est nécessaire. Il faudra nous montrer en public, il faudra que tu passes la nuit chez moi et l’inverse... notre canapé est confortable si vous l’avez pas détruit dans votre perquisition. Disons… 1 fois par semaine chez moi et 1 fois chez toi, et une sortie publique, crois moi, on sera surveillé et ça nous aidera à adopter une stratégie. Dans les jours à venir, ni moi ni toi ne sommes célibataire, on est ensemble aux yeux de tout le monde.” Sauf de Kate qui est informée de la supercherie. “Considère ça comme une mission d’infiltration Hart.”

Un espion conçoit des plans, des stratégies, mais sa plus grande réussite réside en sa capacité à s’adapter. Elle est extrêmement douée pour ça, et pour connaître Raven plus intimement, cette dernière se méfiera comme de la peste de voir traîner sa tueuse avec un Lieutenant. Faire tomber the Crows League ne se fera pas du jour au lendemain, à elle seule Fallon n’a aucune chance d’éliminer tout le monde et organiser la chute de Raven ainsi que toute l’organisation ne se fera pas sans avoir réunis les preuves nécessaires pour la garder en taule à perpétuité. Le Lieutenant et la tueuse seront donc amenés à se voir plus d’une fois prochainement.

Il semble tellement mal à l’aise à l’idée de former un couple qu’elle ne peut s’empêcher d’imposer des règles qu’elle ne l’aurait fait en suggérant le stratagème quelques secondes plus tôt. Ce n’est pas mesquin, c’est nécessaire pour ne pas foutre cette couverture en l’air, il en va de leur survie et Raven n’est pas du genre à plaisanter. Elle dispose de suffisamment de ressources pour foutre tous ses tueurs sur leurs culs. Fallon ne laissera pas le Lieutenant foutre en l’air leur plan, sans doute parce qu’il n’a toujours pas oublié Lauren. Cette dernière est aussi son amie, et elle n’aura pas de soucis à se faire, d’ailleurs, Fallon a bien l’intention de lui parler de cet interrogatoire et son aboutissement.

“Garde tes garanties, raconte tout à ton Capitaine, écris un rapport, je sais que tu y raconteras la vérité sur la méchante tueuse à gages que tu fais chanter, mais ne t’avises plus de manquer de respect envers ma fille. Ma conscience à l’heure actuelle, c’est uniquement elle, si je me donne tant de mal pour choper ces salopards, c’est grâce à elle, et si je fais tomber Raven et son organisation, tu remercieras Kate. Manque lui de respect une fois encore et je t’élimine telle la tueuse sans scrupules que je suis, tant pis si ça m’envoie en taule, elle ne mérite pas ton mépris, ni ton jugement.” Ni le sien, ni celui de personne. C’est plus fort qu’elle, dès que l’on attaque sa fille, quand bien même celle ci est capable de se défendre, verbalement et physiquement, Fallon la protégera toujours.  

Il veut faire tomber la ligue et la cheftaine rapidement, elle n’a pas l’intention de laisser la situation s’éterniser non plus, mais elle prendre le temps qu’il faudra pour que tout le monde s’en tire vivant. Sur certaines choses, elle peut faire preuve d’impatience, mais quand il s’agit d’une mission, elle est d’une patience exemplaire, ce qui lui a permit d’être toujours en vie.

“Pour ce que ça vaut, tu as ma parole Hart. L’organisation tombera, mais ne me met pas de bâtons dans les roues, tu sais d’expérience que je sais mener une enquête, tu auras plus de preuves que vous n’auriez pu en réunir parce que votre justice ne vous permet pas ce que je peux me permettre. On se retrouve dans quelques jours, chez nous. Tu viens seul, sans tes affaires, tu y passeras la nuit ou au moins une grande partie et notre stratagème pourra commencer, on discutera plus tranquillement de la suite. Maintenant, j’ai plus rien à ajouter, fais nous donc l’honneur de nous escorter jusqu’à la sortie.” Elle parle avec le ton assuré, le ton d’une femme qui a l’expérience de ce genre de choses.

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MessageSujet: Re: Unusual suspects   Sam 9 Juin - 18:30

Kate sort quelque peu de sa réserve pour justifier la raison de son mutisme.
En fin de compte, Christopher aurait sans doute préféré qu’elle continue à la boucler.
Kate ne sait évidemment pas à quel point ses paroles résonnent avec l’expérience personnelle du policier (comment pourrait-elle connaître son histoire avec Lauren Anders, morte en juillet 2046 ?). Ce qui est sûr, c’est qu’il n’a vraiment pas besoin de ce rappel douloureux à ce stade de l’interrogatoire.

— Détrompe-toi, je suis très bien placé pour savoir que c’est de la foutaise. On croit connaître l’autre, jusqu’au jour où on apprend qu’elle mène une double vie, qu’elle nous endort avec ses belles paroles et se fout de notre gueule lorsqu’elle garde le silence.

Trop fatigué pour s’emporter (comme il l’a fait avec Goldsmith), le fiancé trahi reste très sobre dans sa description de la vie à deux.
Kate surenchérit ensuite avec la fiabilité et la confiance. Le cerveau ralenti de Chris, quant à lui, n’a pas encore décroché de Lauren et sa duplicité.

— Tant mieux pour vous si vous n’avez pas de secrets l’une pour l’autre, mais les mecs comme moi se font baiser à longueur de temps. Au sens figuré, bien sûr. Parce qu’à un moment on dit stop, et on préfère vivre seul que mal accompagné.

Malheureusement pour la barmaid, sa dernière petite blague assortie d’un sourire est accueillie avec l’enthousiasme d’une condamnation à mort.
Pas seulement à cause de Fallon, dont Christopher apprécierait la grande gueule si celle-ci ne régurgitait pas autant de merde empoisonnée. Les femmes fortes au caractère affirmé l’ont toujours attiré, et la Fallon qu’il avait rencontrée à un spectacle de combats clandestins ne faisait pas exception.
Non, c’est surtout le mot « papa » qui le frappe avec la délicatesse d’une masse hérissée de pointes, qui le brûle avec la douceur d’un fer chauffé à blanc.
Père, il voulait le devenir. Il aurait dû le devenir. Il devrait mener aujourd’hui une vie tranquille de père de famille, au lieu de s’enfoncer dans la merde jusqu’au cou avec les Ward, la Crows League et tout le reste.

— C’est la première et la dernière fois que tu t’adresses à moi en ces termes.

Le ton est sec comme une branche de bois mort en plein désert, le regard incisif comme la lame un hachoir de boucher (élimée, car il est au bout du rouleau).
La fatigue extrême conjuguée à l’évocation – même indirecte – de Lauren le fait réagir de manière excessive à ce sujet sensible.


Le même sujet sensible sur lequel Fallon persiste et signe. Aussi aveugles que l’enquêteur sur leur relation mère-fille, elles ne comprennent pas que Christopher est totalement bloqué sur les relations amoureuses, authentiques ou simulées. De par son éducation et sa personnalité, l’amour a toujours été chez lui un domaine sacré, un sanctuaire qu’il préserve des affres du monde extérieur, de sa propre noirceur. Souiller cette partie de lui serait comme une trahison, le coup de grâce porté à son intégrité.

— Ok pour les rencontres et les nuits sur le canapé. Mais il n’y aura aucune démonstration publique. Tu pourras me mettre un couteau sous la gorge que ça n’y changera rien. Je ne peux pas simuler. Tout comme je serai incapable d’exécuter un triple salto arrière, même avec toute la bonne volonté du monde. Je sais que tu prends des risques, qu’on prend tous des risques. Je ne peux pas, point final.

Son cœur a cessé de battre le 10 juillet 2046 et personne n’est jamais parvenu à le relancer. Il n’est même pas fichu d’en parler. Encore moins de faire semblant.
Chris est néanmoins conscient que Fallon ne lâchera pas à moins d’un argument valable. Heureusement, il en a un à portée de main.

— Ce sera très simple à justifier auprès de Raven : ici, à la police, mes collègues me surnomment « Monk ». J’ai une réputation de type chaste qui mène une vie ascétique, n’importe quelle taupe pourra confirmer – pas mal d’indics sont même au courant et s’en amusent ! Bref, il suffira d’expliquer que j’ai insisté pour nous montrer discrets en attendant d’être sûr que notre relation est sérieuse. Tu pourras même ajouter que derrière ce prétexte, je cherche à ne pas ruiner ma réputation de sage petit flic. Ça plaira sûrement à une personne tordue comme Raven. (Comme ça plairait à quelqu’un comme toi, qui s’imagine que tout le monde est pourri jusqu’à la moelle.) D’ici à ce que cela sème le doute, soit la Crows League sera tombée, soit on sera morts.

Fallon menace ensuite le policier à cause de ses paroles sur Kate. Il note surtout dans un coin de sa tête pourquoi et comment Fallon est devenue Vyper. Il y réfléchira plus tard, à tête reposée. Pour l’heure, son cerveau n’arrive plus à trier et connecter les éléments.

— Nous voilà quittes pour les insultes que tu as proférées sur mes collègues intègres et tous les gens bien qui s’efforcent de maintenir Europolis à flot.

Grâce aux précautions qu’il va prendre, Chris s’estime à l’abri de ces menaces de mort. Car s’il meurt, Fallon et Kate seront recherchées, traquées toutes les deux. Et aucune des deux Ward ne voudra faire courir ce risque à l’autre.
Bien sûr, elles pourront chercher à se venger une fois cette affaire terminée et les preuves détruites. Mais quelle importance ? Le policier appelle souvent la mort de ses vœux. Clamser après une belle réussite, il peut difficilement espérer mieux.


Christopher acquiesce aux dernières paroles de Fallon, se lève de son siège en prenant appui sur la table pour garder l’équilibre. La sensation de tournis qui l’affecte lui fait penser au redouté knock-out du combattant. Seule la force de sa volonté le maintient encore dans un état vaguement conscient.

— Bien, je vous laisse. Je n’ai pas le temps de vous raccompagner personnellement, mais des policiers vont venir vous chercher sous peu. Méfiez-vous si on vous pose des questions. Surtout, ne cherchez pas à inventer une histoire ou jeter de l’huile sur le feu. (Chris regarde Fallon avec insistance, sachant très bien de qui peut venir le risque.) Dites simplement que je vous ai donné l’ordre de ne parler qu’à moi ou au capitaine Nills.

Le policier se dirige vers la porte, puis s’arrête au moment de poser la main sur la poignée de porte. Il se retourne une dernière fois vers les Ward :

— Je ne peux pas garantir que tout se passera bien. Personne ne le pourrait. Mais je suis sûr et certain que nous avons pris la bonne décision, quoi qu’il arrive. Peu importe ce que vous pensez de moi, réfléchissez au monde dans lequel vous voulez vivre et à ce que vous pouvez faire pour le bâtir.

Christopher entend déjà Fallon penser « idéaliste à la con ; t’es une grosse merde et j’en ai rien à foutre ». Les paroles de la pseudo-justicière ne manqueront de le hanter dans les semaines à venir, surtout s’ils doivent se voir régulièrement (réussiront-ils seulement à ne pas s’entretuer ?).
Il n’a jamais été fait pour cette solitude à laquelle il s’astreint, mais il préfèrerait dormir dans la même cellule qu’un violeur pédophile plutôt que sur le canapé de Fallon – au moins, il pourrait étrangler cette vermine dans son sommeil.


— … des indics ?! répète le capitaine Nills de sa grosse voix.

— Oui, confirme Christopher. Ce sont des femmes du quartier, des gens bien qui essaient de s’en sortir. La plus jeune compte passer le concours pour intégrer la PTS. C’est pour cette raison que je lui ai filé quelques kits de prélèvement, avouez que c’est mieux que la came qu’on refile aux indics de rue, n’est-ce pas  ?

— Et tu es vraiment sûr de ton coup ? La piste est chaude ?

— Hammon est mort en prenant ma place auprès du député, chef. J’en fais une affaire personnelle, et les infos de ces indics m’aideront creuser cette piste en profondeur. Jusqu’à déterrer cette merde où qu’elle se cache.

— On veut tous le salopard de fils de pute qui a fait ça, Monk.

— Pas autant que moi, chef. Et pour le moment, je suis le seul à avoir du sérieux. La preuve : je parierais mon Beretta que c’est une femme qui a organisé l’attentat. Et vous savez à quel point j’y tiens, à cette arme.

Le capitaine Nills hausse un sourcil, puis se pince la lèvre inférieure en regardant dans le vague.
Christopher se réjouit intérieurement. Il sait qu’il a éveillé son intérêt, que son chef est sur le point de capituler et lui donner tout ce qu’il demande.

— Très bien, Hart. Je te laisse suivre ta piste et bosser sur cette affaire en priorité. Tu fileras tes dossiers secondaires à l’autre tire-au-flanc… la tête de cheval avec des gros sourcils (Nills tournoie une main comme pour faire venir une réponse avant de claquer des doigts.) Johnson. C’est ça, Johnson. Demande-lui de passer dans mon bureau en repartant, que je lui remonte un peu les bretelles à cette feignasse.

— Au fait, capitaine… (Christopher se racle la gorge.) Désolé, pour Goldsmith.

— Ha ha ha ! Au contraire, Monk, je te remercie. Je sais que ce connard baise mon mec.

Christopher écarquille des yeux, abasourdi.

— Fais pas cette tête, je n’ai pas atterri dans ce bureau en léchant le cul des autres. Tout le monde n’est pas aussi naïf que toi.

Une douloureuse piqûre de rappel pour le lieutenant ayant vécu en couple avec une associée de la pègre sans se douter de quoi que ce soit.
Comme s’il avait besoin de ça pour terminer cette nuit qu’il n’oublierait pas de sitôt.

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