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 [Livre I - Terminé] Il ne faut pas dire toute la vérité, mais il ne faut dire que la vérité.
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“La folie guerrière est un don des Dieux”
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MessageSujet: [Livre I - Terminé] Il ne faut pas dire toute la vérité, mais il ne faut dire que la vérité.   Mar 13 Mar - 18:14

Cours n°2
Lily Bradbury & Christopher Hart
Je n’avais pas vraiment notion du temps qui passait… mais jamais je n’avais trouvé une semaine aussi longue ! Ces sept jours m’avaient semblé durer des mois et le seul moment où j’avais été complètement déconnectée était lors de cette soirée avec Jean. Mon ennemi était devenu mon amant et il m’avait fait découvrir ce que je n’aurais jamais pu imaginer. Entre ses bras j’avais oublié mes craintes, mes doutes et même notre passé qui faisait de nous des ennemis. Je chassais ces pensées de mon esprit car je devais être concentrée ! Je ne savais pas comment allait se passer cette nouvelle rencontre avec Christopher et c’est pour cela que j’avais annulé mon cours précédent le sien.
J’avais besoin d’être seule, de réfléchir et je ne voulais pas être dérangée. C’est d’ailleurs pour cela que je n’avais pas allumé l’enseigne de ma salle et que la pancarte sur la porte indiquait que cette dernière était fermée. J’envoyais un sms à Christopher pour lui dire d’entrer sans tenir compte de ça. J’espérais juste qu’il le ferait assez discrètement ! Si la coiffeuse d’à côté l’apercevait j’aurais le droit à tout un tas de questions. Je soupirais en y pensant tandis que j’avais la tête dans le vide, à la façon d’une chauve-souris. Pour me vider l’esprit je fis encore une série d’abdos avant de me laisser tomber dans le vide pour atterrir avec une grâce féline sur mes jambes.
J’esquissais un sourire. J’aimais ce coin de la salle ! A l’abri des regards indiscrets, je pouvais m’entrainer sans risque. Le problème était que je ne voyais pas non plus les nouveaux arrivants lorsque c’était le cas. C’était d’ailleurs pour ça que j’avais installé la clochette.

Mais aujourd’hui je ne voulais pas attendre d’entendre le tintement pour sortir de ma cachette ? Non ! Cinq minutes avant l’heure prévue je me calais contre le mur, de manière à ce que Christopher ne me voie pas en entrant. Je ne savais pas ce qu’il pensait savoir et je ne pouvais pas rester dans l’incertitude. Il avait dit s’en foutre mais pouvais-je le croire ? Le bruit cristallin de la clochette me sortit de mes pensées. Je ne bougeais pas et restais dans le coin qui me dissimulait tandis que mon élève entrait.
Rapidement, je me glissais derrière lui et verrouillais la porte sans faire le moindre effort pour atténuer le bruit de la serrure. J’attirais son attention ainsi mais n’attendais pas de croiser son regard pour m’adresser à lui.



- Bonjour Christopher !


Vêtue d’un débardeur noir près du corps et d’un leggings court, l’homme pourrait avoir un meilleur aperçu de la silhouette que je dissimulais davantage habituellement. Sans le lâcher des yeux je m’avançais vers lui en me demandant si je devais faire comme si de rien n’était, lui poser des questions concernant ses paroles de la semaine dernière ou l’attaquer directement. La dernière option ne me plaisait pas mais je devais l’envisager. Je ne la mettrais en application que s’il portait une arme. Ce serait logique que je réagisse de la sorte s’il était armé non ? Ce serait un signe d’agressivité puisque la dernière fois il était venu sans.
Tout en m’approchant de lui, je doutais. Il était flic et je n’avais pas l’impression qu’il était un des ces connards véreux qui pourrissaient le système. Pourtant, je ne pouvais pas me permettre de prendre des risques.



- J… je suis désolée !


Avec rapidité, je réduisais la distance entre nous à néant afin d’effectuer une clé de bras à mon élève pour l’immobiliser d’une main dans le but de pouvoir le fouiller de l’autre. Puis, surprise, je le lâchais et le scrutais avec incompréhension. Cela ne collait pas avec les propos de Jean ! Les hommes n’étaient pas bons et ils détruisaient ce qu’ils ne comprenaient pas. Pourtant Christopher était là, désarmé, alors qu’il pensait que j’étais un de ces surhumains, un monstres comme beaucoup les définissaient.


- Tu… tu n’es pas armé ? demandais-je en le fixant alors que je connaissais la réponse.


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MessageSujet: Re: [Livre I - Terminé] Il ne faut pas dire toute la vérité, mais il ne faut dire que la vérité.   Mer 14 Mar - 19:44

Une semaine s’était écoulée depuis la première rencontre de Christopher avec Lily Bradbury. Il était venu à la salle de sport avec maintes interrogations, il en était reparti avec des convictions, mais peu de réponses. La coach avait tenté d’éluder les remarques du policier sur ses capacités et compétences physiques surnaturelles, feignant l’incompréhension lorsque l’élève avait mentionné le Docteur Brendt.

Chris comprenait cette volonté de vivre dans l’anonymat. Si l’information se répandait, elle serait rapidement pointée du doigt, raillée, ostracisée, peut-être même agressée par des crétins (lâches, frustrées, jaloux) qui verraient en elle une créature abjecte et menaçante.
En ce qui le concernait, Chris s’était pourtant montré clair : il n’en avait rien à cirer. Au contraire, il était heureux de tomber sur la perle rare, une coach qui resterait éternellement supérieure à lui et pourrait donc l’amener au plus haut niveau. Tout ce qu’il demandait, c’était de ne plus jouer avec lui et y aller franco. D’être elle-même, en somme.

Le SMS qu’elle lui avait envoyé après leur séparation avait quelque peu agacé le lieutenant de police. L’entraîneuse persistait à jouer l’idiote du village. Si elle s’était contentée de posséder des capacités physiques hors du commun, Christopher aurait pu adhérer à l’histoire d’une jeune fille pas très maline ayant développé une anomalie après inoculation du vaccin universel. Elle aurait ensuite appris à modérer sa force sans se poser de questions (le propre des gens pas très malins).
Mais les qualités techniques de la coach rendaient cette hypothèse irréaliste. Lily maitrisait très bien l’art du combat à mains nues, trop pour une amatrice passée par des formations accélérées sur la chaîne EuroTube Learn Self-defense for Dummies. Une personne ou un groupe de personnes l’avait donc entraînée. N’avait-elle pas avoué que son professeur était beaucoup plus puissant qu’elle ? (Sans doute le produit d’un programme militaire secret.) Et il y avait aussi cette cicatrice au bras, causée par une balle de gros calibre.

De retour au poste, le lieutenant avait entré le nom de Lily Bradbury dans la base de données, avec deux surprises et une confirmation. Lily avait 26 ans (Chris lui en aurait donné trois-quatre de moins), une citoyenne américaine arrivée à Europolis en 2045 (il l’aurait crue originaire du Moyen-Orient). En tout cas, elle ne faisait pas partie des dingues qui s’étaient échappés du Denver Hospital.
Fausse identité ? Cobaye ou expérience de l’armée américaine ? Comme tous les officiers de police, Christopher aimait échafauder des théories. Avec le temps, c’était devenu une sorte d’automatisme auquel son cerveau se livrait. Les premières hypothèses se vérifiaient rarement, mais ce cheminement intellectuel l’aidait toujours à avancer dans ses enquêtes. Car il n’y avait rien de pire que la stagnation dans son métier. Une affaire au point mort finissait toujours par pourrir. Il fallait investiguer sans relâche pour entretenir la flamme menant à la vérité.

Néanmoins, la curiosité du détective s’arrêtait à une ligne bien définie. Celle du respect de la vie privée, de l’histoire propre à chaque individu. Enquêter pour traduire une criminelle devant la justice et l’empêcher de nuire poursuivait un objectif noble (lui briser le cou aussi, pour éviter les récidives).
À l’opposé, Christopher trouvait malsain de fouiner dans le passé d’une personne respectable pour des motifs privés. Voilà pourquoi, malgré la menace qu’il avait laissé planer sur Lily, le policier n’avait aucune intention de mener une enquête approfondie sur cette femme qui semblait mener une vie honnête et utile à la société. Casier vierge comme la déesse Artemis, coach qui apprenait aux femmes à se défendre, une myriade de cas bien plus lourds occupaient déjà les journées du policier.

* * *

À l’heure du rendez-vous, le policier passa devant le salon de coiffure sans prêter attention à l’indiscrète voisine de Lily, puis haussa un sourcil en s’arrêtant devant la salle de sport. Aucune lumière fluo ne venait illuminer l’enseigne, une pancarte judicieusement placée à à hauteur d’yeux indiquait FERMÉE en lettres noires sur fond blanc. Voilà qui expliquait le dernier SMS de Lily, lequel indiquait de ne pas tenir compte de ces signes car elle serait déjà sur place.

À quoi jouait-elle ?

Christopher venait dans la même tenue que la dernière fois (après un lavage machine, parfum menthe comme le thé que buvait sa mère) et n’était aucunement sur la défensive. Cette assurance n’avait aucun lien avec le fameux instinct de flic. S’il avait eu du nez, Christopher sentirait au contraire l’odeur inquiétante qui émanait de la Valkyrie, semblable à un parfum de mort.
Mais en s’appuyant sur la logique, une criminelle n’accueillerait jamais un lieutenant de police dans son groupe d’élèves, sinon pour tenter de le manipuler. Et Lily n’avait rien tenté de tel, Chris en mettrait sa main à couper (depuis qu’il avait appris la duplicité de Lauren, sa vigilance en la matière virait parfois à la paranoïa). De surcroît, agresser un policier sur son lieu de travail était le meilleur moyen de se mettre toute la police de la capitale européenne à dos. Tout le monde savait que les tueurs de flics se retrouvaient rarement derrière les barreaux, et que la mort était un châtiment préférable au traitement que les rescapés subissaient en prison. À moins que Lily fût complètement déséquilibrée, Christopher ne risquait donc rien. Absolument rien.

Quand il franchit le seuil de la porte dans un tintement de clochette, une ombre se glissa pourtant derrière lui et verrouilla la porte sans ménagement.
La voix de Lily le salua avant même qu’il ne finisse de pivoter sur lui-même. Dans son champ de vision, le policier découvrit la coach en tenue plutôt légère, adaptée aux sports de combat. S’il plissa le front en la voyant ainsi, c’était à cause du bandage récent qui entourait l’avant-bras droit de la jeune femme, et plus encore une série de traces sur le visage comprenant des marques de strangulation.

— Bonjour, Lily, dit-il d’une voix neutre.

Bon sang, que lui est-il arrivé ? En tout cas, elle est habillée pour une vraie séance de sport, et elle prend sûrement toutes ces précautions pour s’assurer que personne ne vienne surprendre ses confidences, déduisit-il.

L’entraîneuse approcha sans le quitter des yeux, comme le font les prédateurs. Le policier sentit alors (trop tard) que quelque chose clochait, juste avant qu’elle ne s’excusât.
Avec l’agilité d’une panthère et la force d’une lionne, elle lui empoigna le bras afin de l’immobiliser avec une clé, fouillant le corps de l’élève inoffensif avec sa main libre.

L’histoire se répétait : la coach l’avait accueilli avec la même prise lors de leur première rencontre. Sauf qu’elle ne s’était pas comportée de manière aussi étrange avant de passer à l’attaque. Cette fois, en dépit de ses certitudes, l’instinct de survie poussa Chris à basculer la tête en avant, pour la projeter violemment en arrière une seconde plus tard. Aussi forte et résistance que fût Lily, son nez était un simple amas de chair et de cartilage comme les autres. Un bon coup de tête le pèterait aussi sûrement qu’une noix sous un maillet.
Mais l’arrière du crâne ne rencontra que du vide : la Valkyrie s’était déjà reculée en relâchant sa puissante étreinte.

D’un geste vif, Christopher se retourna pour faire face à son agresseuse. Il ne lisait plus la farouche détermination d’une féline sur son visage, mais l’incrédulité d’une jeune femme qui ne savait plus sur quel pied danser. Pour une quelconque raison, peut-être liée à ses blessures suspectes, elle s’attendait à trouver un pistolet ou une autre arme.

— Et pourquoi viendrais-je armé à un cours d’autodéfense ? Peut-être pour les séances dédiées à la façon de désarmer une personne hostile, mais on a des imitations de Glock très réalistes pour ça. En tout cas, je vais finir par croire que j’ai l’allure d’une porte de prison, si vous persistez à user de clés sur moi.

À coup sûr, cette vanne ne figurerait pas dans le best-of du prochain recueil Plaisanteries de flic. Elle visait simplement à détendre une atmosphère plutôt tendue, et les blagues même nulles (surtout les nulles) faisaient le job dans ces cas-là.

Christopher se força à sourire en se massant le bras. Le combattant clandestin n’éprouvait aucune douleur, plutôt une gêne maintenant que le sang circulait à nouveau librement. Lily avait une poigne terrifiante, le genre qui provoque un sentiment frustrant d’impuissance. Le même que les petites crapules ressentent quand je leur passe les menottes, songea-t-il. Sauf que lui s’échinait depuis deux ans à soulever des pneus de semi-remorques pour gagner en puissance, et qu’il ne faisait pas un pli sous l’étau écrasant de cette femme élancée.

Stubborn savait qu’il n’atteindrait jamais des capacités physiques comparables, comme il ne trônerait jamais sur la plus haute marche des arènes clandestines. Pourtant, cette infériorité le stimulait plus qu’elle l’enrageait. Protéger, encaisser et riposter était plus qu’un style de combat, c’était le leitmotiv de son existence.

— Autrement, je n’ai rien contre le tutoiement, mais à la condition de m’entraîner avec le genre de prouesses dont vous venez de faire la démonstration. À ce propos, j’attends vos questions et promets d’y répondre sans détour. Pour qu’une alchimie favorable se crée entre une maîtresse et son disciple, la confiance est indispensable et apparemment, il reste des progrès à faire de ce côté. Surtout du vôtre, à en juger par votre attitude.

Pour l’heure, les blessures de Lily préoccupaient le lieutenant de police bien plus que ses leçons. En évitant d’y faire allusion, Christopher espérait mettre la jeune femme à l’aise (du moins, autant que possible) et faciliter des explications ultérieures.

Bordel, sa tête était la copie conforme des cas de violences conjugales sur lesquelles la police intervenait quotidiennement. Le genre de cas qui faisait basculer Christopher-le-gentil-flic en Stubborn-le-défonce-gueules. D’autant qu’à moins d’employer la ruse ou attaquer en surnombre, Chris voyait mal qui que ce soit violenter Lily de la sorte (un autre mutant doté des mêmes attributs ?). À moins de s’adonner volontairement au sado-masochisme, mais alors elle cachait bien son jeu.

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MessageSujet: Re: [Livre I - Terminé] Il ne faut pas dire toute la vérité, mais il ne faut dire que la vérité.   Jeu 15 Mar - 17:02

Cours n°2
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J’avais hésité durant de longues heures concernant cette rencontre. A plusieurs reprises j’avais écrit le même sms que je n’envoyais pas et que j’effaçais. Je voulais annuler cette heure de cours mais je craignais de me mettre davantage en danger qu’en acceptant de revoir Christopher. S’il se mettait à trop fouiller sur mon passé, il pourrait savoir qu’une, voir plusieurs choses ne collaient pas. Le faussaire m’avait prévenu ! Tous mes papiers semblaient plus vrais que nature mais il lui était impossible de me créer un passé qui n’existait pas. Je me massais l’arrête du nez… Et dire qu’il allait bientôt passer cette porte ! D’ailleurs, peut-être qu’il serait armé et que son seul but était de revenir pour me tuer. Certes, il avait prétendu le contraire mais que valait sa parole ? Imaginer mon élève avec une arme à feu me fit tressaillir. Je les détestais car je ne savais pas les maîtriser et je savais parfaitement les dégâts qu’elles pouvaient causer. Je n’eus pas le loisir de réfléchir plus longtemps que la clochette retentit, captant toute mon attention.
Silencieuse, je verrouillais la porte sans atténuer le bruit et fixais mon élève lorsqu’il se tourna vers. Tout comme les jeunes femmes que j’entraînais je vis son regard observer mes marques qui étaient beaucoup moins visibles que ce qu’elles auraient du être. Je n’y prêtais pas attention et hochais la tête à son salut qui se voulait neutre. Il ne posait aucune question quant au fait que je venais de nous enfermer à l’intérieur. Cela ne me déstabilisa dans mon idée de vérifier qu’il avait une arme.

Sans le prévenir mais en m’excusant, je le bloquais comme lors de notre premier cours pour trouver son arme. Et là… Rien ! Comme la première fois, il était venu désarmer. Cela me surprit et je le lâchais au bon moment pour de reculer. Le coup de tête que je ne reçus pas aurait pu faire des dégâts. Je ne cachais pas ma surprise et ne faisais pas le moindre mouvement lorsque Christopher se positionna de nouveau face à moi. Intriguée, je le regardais de la tête aux pieds.
Je fronçais les sourcils à sa question avant d’être intéressé par ce qu’il me disait concernant les armes factices. Pourrait-il m’en avoir une ? Je mettais cette question de côté dans mon esprit et tentait de comprendre la suite. Puis je captais qu’il s’agissait d’une blague et j’esquissais l’ombre d’un sourire.



- Tu aurais pu venir armé parce que tu es flic et que tes propos de la semaine dernière n’avaient rien de rassurant, déclarais-je en toute sincérité. Puis je me mordais brièvement la lèvre en voyant l’homme se masser le bras. Je t’ai fait mal ? demandais-je en indiquant son bras et en faisant un pas vers lui.


Mais je n’avançais pas plus. Je restais sur mes gardes car je ne savais pas à quoi m’attendre de sa part ! Christopher n’avait pas l’air dangereux mais il était persuadé de savoir ce que j’étais. Bien évidemment, il se trompait mais cela ne changeait rien au fait que je n’étais pas certaine de ses intentions envers moi. Alors je ne le lâchais pas du regard lorsqu’il s’adressa à moi, me rendant compte à cet instant que je l’avais réellement tutoyé et non vouvoyé.
Dans un premier temps je ne savais pas quoi répondre aux propos de l’homme. J’avais tellement de questions !



- Moi et le vouvoiement on n’est pas très copain, dis-je en toute sincérité avec un haussement d’épaules. Des questions… j’en ai tellement, murmurais-je plus pour moi-même que pour l’homme qui me faisait face. La confiance, répétais-je en plongeant mon regard de Christopher, elle peut être très dangereuse. Je ne le pensais pas et je m’en suis rendue compte à mes dépends, expliquais-je. Je me taisais. Les hommes ne sont pas dignes de confiance et peut-être que t’accepter comme élève me met en danger… parce que tu pourrais décider de t’en prendre à moi. Ou peut-être pas ! dis-je en secouant la tête. Je ne sais plus quoi penser ! Je réajustais mon bandage en constatant que Christopher semblait observer mes marques avec plus d’insistance que mes autres élèves. Dis-moi Christopher… en toute sincérité, qui crois-tu que je suis ? Pourquoi m’avoir parlé de ce docteur la dernière fois ?


Je ne pensais pas me tromper quant au fait que le lieutenant croyait que je faisais partie de ce que la population appelait les ‘monstres’. Certaines personnes disaient qu’ils n’étaient que des légendes urbaines ce que je ne pensais pas. Ces surhumains devaient exister car il n’y a jamais de fumée sans feu… Ils devaient vivre comme je le faisais, cachés au milieu des humains normaux grâce à de fausses identités.
Avec une hésitation je décidais de me rapprocher de Christopher. Je l’observais, guettant ses gestes, sa réaction. Je savais ce que trop de confiance en un homme pouvait engendrer et il était hors de question que je retombe dans le panneau. Les intentions de Christopher étaient peut-être sincères mais je demeurais sur mes gardes.


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MessageSujet: Re: [Livre I - Terminé] Il ne faut pas dire toute la vérité, mais il ne faut dire que la vérité.   Ven 16 Mar - 13:40

L’atmosphère restait tendue, comme durant ces jours d’été où le temps lourd hésite entre le violent orage et l’agréable brise rafraîchissante.
Nul besoin d’être fin psychologue pour deviner que Lily était perturbée, et pas qu’un peu. Une vraie fêlée aurait néanmoins fait l’objet de plaintes de ses clientes ou voisines, depuis cinq ans qu’elle vivait à Europolis. Comme les « monstres » évadés du Danvers Federal Hospital, tous impliqués dans des affaires plus ou moins scabreuses. De surcroît, le policier imaginait mal la coach terroriser ses contacts pour les empêcher de parler aux forces de l’ordre, en particulier les femmes à qui elle apprenait à se défendre.
Ainsi, selon la logique du lieutenant de police, son état n’était pas habituel mais la conséquence de faits récents, sans doute liés aux blessures qui souillaient son corps . La semaine dernière, en dehors de ses tentatives de noyer le poisson (et bien sûr ses particularités physiques), elle ne semblait pas plus fantaisiste qu’une autre. Et des gens fantaisistes, le policier en croisait beaucoup dans son boulot (du vieil excentrique parfaitement inoffensif au pervers démoniaque).

En réaction à la première réponse de Lily, le sportif se tapota la poitrine, les doigts aux deux extrémités de la citation imprimée sur son débardeur : « The future depends on what you do today ».

— La semaine dernière, je vous ai demandé de faire un choix. Prendre des décisions bouscule parfois notre zone de confort, mais ce sont elles qui nous font avancer. Je ne pensais pas vous effrayer à ce point et m’en excuse. La diplomatie n’est pas mon fort, quand je sens qu’on me cache des choses ou qu’on me ment.

Et vous n’imaginez pas jusqu’où j’ai pu aller, songea-t-il à ce moment. Si Lily savait toutes les saloperies que son élève avait perpétrées après la mort de Lauren (ainsi qu’en d’autres occasions moins extrêmes), sa méfiance passerait directement en alerte rouge carmin, celle qui précède la frappe atomique. En matière de brutalité, le policier ne lâchait rien aux criminels.
Néanmoins, ses actes répondaient toujours à un impératif de justice ou de vengeance. Au contraire des personnes malfaisantes et cruelles, Christopher faisait preuve d’une violence primale, élémentaire. Sa conscience le protégeait des comportements déviants et pervers comme une barrière invisible, infranchissable. Depuis la mort de son père quand il était enfant, Chris appartenait à la catégorie des teigneux, des bourreurs de coups, mais pas des psychopathes ou des sadiques.

— Et mon bras en a vu d’autres, ajouta-t-il avec un sourire amusé. Mais il faut reconnaître que vous avez une poigne de gorille.

Christopher conservait le vouvoiement. Fidèle à sa parole, il n’en démordrait pas tant que l’entraîneuse ne prenait pas de décision explicite.

Lily continuait à hésiter, en proie à un dilemme intérieur qu’elle seule pouvait trancher. Christopher ignorait ce que vivait la jeune femme, mais il avait l’intention de respecter son engagement à dire la vérité. Pour qu’une relation de confiance s’établisse, il fallait bien que quelqu’un fasse le premier pas, et dans le cas présent c’était lui qui n’avait rien à cacher. Ou plutôt, rien qui risquait de venir dans la conversation, car il n’était guère question de lui.

— Écoutez, Lily, j’ignore ce que vous avez traversé, mais je commencerai par répondre à votre dernière question. J’ai déjà croisé des individus aux capacités extraordinaires, comme les vôtres ou différentes, et toujours le vaccin universel ou d’autres expériences tordues étaient en cause.
Si vous venez bien du continent américain, alors vous avez certainement subi un traitement similaire, sans doute dans le cadre d’un programme militaire. Vous avez bénéficié d’un excellent entraînement au combat rapproché, et vos instructeurs n’ont certainement pas omis de vous apprendre le maniement d’armes diverses. En outre, votre corps porte les stigmates de balles de gros calibre. Vous avez donc participé à la guerre civile ou à d’autres conflits armés.
Tout ceci n’est que pure théorie, que je n’ai pas du tout cherché à vérifier. Je suis un simple flic qui n’a jamais mis les pieds hors de Londres ou d’Europolis, alors ces conflits me dépassent bien que je respecte l’engagement et le sacrifice de celles et ceux qui servent ou croient servir de nobles idéaux.


Christopher venait d’exposer sa théorie, mais un flot de questions se déversait sans relâche dans son esprit. Bon sang, qu’est-ce que tu attends pour l’interroger sur ses blessures ? hurlait une voix intérieure. Ça attendra le moment opportun, qu’elle soit plus calme afin de ne pas la crisper, répondait froidement l’interrogateur minutieux que l’école de police et l’expérience avaient forgé.

Ni oppressant ni glacial, c’est avec calme et douceur que Christopher s’exprima ensuite. Un ton qu’il avait d’habitude d’employer avec les victimes, en partie forcé, mais empreint de son empathie naturelle.

— Maintenant, Lily, prenez une longue et profonde respiration et mettez de l’ordre dans vos pensées. Nous avons tout le temps devant nous, vous vous êtes assurée que personne ne viendrait nous déranger (Chris exécuta un signe de tête en direction de la porte verrouillée), vous savez que je ne suis pas armé (Chris tira sur son survêtement), vous pouvez facilement me maîtriser si pour une raison mystérieuse je devenais agressif (Chris s’étreignit le bras qui avait subi la prise de l’entraîneuse). Je suis donc littéralement à votre merci, et vous pouvez me cuisiner comme vous l’entendez.

L’élève fit quelques pas vers le centre de la salle, s’exposant à la lumière comme le suspect d’un interrogatoire sur lequel on braque une lampe. Se faisant, il s’éloignait aussi de l’unique porte de sortie. Un moyen de réaffirmer son engagement à se montrer coopératif.

S’il n’ajouta rien, le policier n’avait pas perdu une miette des propos de Lily, notamment sur les hommes et la confiance (l’histoire tristement classique d’un prétendant ou amant violent qui lui aurait tendu un piège ?). Tel un enregistreur vidéo, il n’absorbait pas seulement ses paroles, mais aussi ses gestes et les expressions de son visage.
Ces affaires étaient toujours délicates, le lieutenant savait qu’il marchait sur des œufs (au poste, la prise en charge des femmes victimes de violence incombait généralement au personnel féminin). Mais il comptait bien y revenir plus tard, quand il sentirait une ouverture chez son interlocutrice.

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MessageSujet: Re: [Livre I - Terminé] Il ne faut pas dire toute la vérité, mais il ne faut dire que la vérité.   Ven 16 Mar - 17:11

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Je regrettais mon accueil dès que je constatais que Christopher n’était pas armé. Peut-être qu’en agissant comme si de rien n’était j’aurais endormi les doutes de mon élève. Mais j’avais été impulsive et mes agissements venaient clairement de prouver qu’il avait vu juste ! En même temps il était lieutenant de police et j’avais du mal à croire qu’il ait pu tenir les propos de la semaine dernière sans avoir des doutes assez soutenus à mon égard. Mais je ne voyais pas où j’avais échoué ! Car oui, le fait qu’il ait deviné que j’étais différente était pour moi un échec. Avais-je dit quelque chose d’étrange ? Mon attitude avait-elle été à l’origine de ses soupçons ? Je n’en savais rien et je le fixais, toujours étonnée qu’il soit venu sans arme. Mais je ne baissais pas ma garde ! Jean non plus n’était pas armé ; tout du moins il ne l’avait pas été avant de mettre la main sur ma dague. Très vite je chassais ces pensées ! Je préférais garder l’esprit clair.
C’est en toute franchise que je répondais à l’homme. Pourquoi lui mentirais-je sur ce que j’avais cru ? D’ailleurs je continuais de croire qu’il était illogique qu’il soit venu sans arme. Ou alors il était fou ! Les êtres qui se cachaient, même inoffensifs, pouvaient devenir dangereux s’ils se sentaient traqués ou en danger. Un flic n’était pas sans ignoré cela… si ?
Je fronçais les sourcils lorsqu’il pointa son vêtement du doigt sans trop comprendre, puis je me concentrais sur son visage, ses paroles et le moindre de ses gestes à vrai dire.



- Les décisions dont tu parle ébranle ma zone de sécurité selon moi et non pas celle du confort, déclarais-je sans détour. Tu es venu ici pour perfectionner tes techniques de combat, lui rappelais-je. Ma vie privée et qui je suis n’auraient donc pas du entrer en jeu, déclarais-je en le fixant. Comment aurais-je pu voir tes paroles autrement que comme des menaces ?


Des reproches ! C’était un peu ça, je devais le reconnaître. Mais son départ de la semaine précédente avait été inattendu, et surtout angoissant. Cela ne m’avait pas empêché que continuer à donner mes cours mais j’avais pensé à de nombreuses reprises à cet homme et ses sous-entendus. Et aujourd’hui, il était de nouveau là mais d’une manière avenante. C’était à n’y rien comprendre. C’était sûrement ce qui me faisait regretter la manière agressive dont je l’avais accueilli et fouillé. Je lui demandais même si je ne lui avais pas fait mal ! Contrairement à notre dernière rencontre je n’avais pas dosé la force que je mettais dans ma clé de bras.
Le sourire qu’il afficha me rassura plus que ses paroles et je me contentais de hausser les épaules sans trop comprendre l’allusion au gorille. Bien entendu, je ne disais rien à ce sujet ! Il devait s’agir d’une simple expression.



- Cela me rassure… même si tu en as déjà vu d’autres, déclarais-je. Je me rends compte que mon accueil à ton égard était excessivement agressif. Je m’en excuse !


Je ne me gênais pas pour m’en prendre aux personnes qui le méritait… comme ce type qui avait essayé de me voler, comme Jean lorsque j’avais du me défendre de ses attaques ; mais je ne voulais pas toucher aux personnes innocentes. Bien sûr, je ne connaissais absolument pas Christopher mais il ne m’avait rien fait… si on mettait de côté les paroles qu’il avait prononcé lors de notre premier cours avant de filer.
De nouveau, je me massais l’arrête du nez. Mon esprit s’embrouillait tout seul. Je choisissais donc de me concentrer sur les paroles de l’homme pour lui répondre et également lui poser des questions. Cette dernière partie était la plus intéressante selon moi et j’esquissais un sourire lorsque mon élève m’annonça qu’il allait commencer par y répondre.
Attentive au moindre mot, je me concentrais… Surprise, je lui coupais brièvement la parole
« Des capacités comme les miennes ? » Était-il possible qu’il ait croisé une autre valkyrie ? La réponse arriva rapidement et me fit comprendre qu’il me prenait bel et bien pour l’un de ses ‘monstres’ dont l’existence ébranlait la ville. Je me demandais alors si je devais le confronter dans ses dires ou lui avouer qui j’étais. Le dilemme était terrible !

Intérieurement, je pesais le pour et le contre sans vraiment trouver de réponse et j’optais pour dire la vérité sans toute l’avouer. Mon temps d’interrogation fut sûrement plus long que je ne l’imaginais puisque Christopher reprit la parole pour me dire de me détendre et de faire le tri dans mes idées. Je jetais un coup d’œil vers la porte verrouillée sans rien dire avant de reporter mon attention sur mon élève.
Je hochais ensuite la tête… car pour être à ma merci, il l’était ! Bien sûr il ne craignait rien… pour la suite, je me contentais de froncer les sourcils sans comprendre pourquoi il me parlait de cuisine. Encore une expression qui m’était inconnue ?



- Pour te cuisiner ? répétais-je. Puis je balayais l’air d’un geste de la main, pour signaler que cela n’avait pas d’importance. Je me remettais à bouger pour passer près de lui avant d’aller m’adosser au mur près des bancs qui servaient de point d’observation aux nouveaux. Je le fixais. Tu te trompe… ta théorie est cohérente mais fausse, dis-je simplement. Je n’ai jamais reçu ce vaccin… concernant les expériences subies c’est encore moins le cas. Je soupirais. Je suis née comme ça Christopher. Il en était de même pour mon ainée, celle qui m’a appris à me battre comme je le fais. Cela ne veut pas dire que je sais utiliser des flingues car ce n’est absolument pas le cas. Puis je me taisais en remarquant qu’il m’observait, intrigué. Je me détachais du mur pour venir me placer face à lui et plus près que précédemment. Ta façon de me regarder est étrange tu sais. Sûrement parce que tu as des questions qui te viennent à l’esprit, déduis-je simplement sans le quitter des yeux.


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MessageSujet: Re: [Livre I - Terminé] Il ne faut pas dire toute la vérité, mais il ne faut dire que la vérité.   Ven 16 Mar - 22:04

Lily restait sur la défensive, mais le policier ne percevait pas d’hostilité en elle. À moins de mettre le feu aux poudres, elle n’exploserait sans doute pas (et lui avec).

Plus que ses origines, c’est peut-être la sensibilité de la jeune femme que Christopher avait le plus mal jugé. Habitué aux durs à cuire de l’arène et aux gros bras de la rue, il avait fait pression sur elle comme une délinquante ou une indic dont il voulait obtenir quelque chose. Il n’avait vu que la coach aux capacités physiques hors norme, utile pour sa progression personnelle, sans s’intéresser à la personne qui se trouvait derrière. Le comportement égocentrique d’un client qui paie pour un service sans se préoccuper des gens qui l’assurent.

Chris avait déjà présenté des excuses pour son attitude, mais il réalisait seulement maintenant qu’il s’était conduit comme un connard. La connarditude ne capitule pas facilement, elle aime se cacher derrière d’autres justifications.

— Vous avez raison sur le fait que j’ai mal agi. Mes paroles sous-entendaient effectivement un chantage, visant à obtenir de vous ce que je souhaitais. En revanche, je crois que séparer vie professionnelle et vie privée vous sera très difficile dans votre métier, puisqu’il implique directement vos capacités physiques. Je suis peut-être le premier à remarquer votre particularité, mais sans doute pas le dernier. Il suffira d’une saute d’humeur, d’une diversion, d’une seconde d’inattention pour qu’un mouvement mal contrôlé éveille la suspicion ou provoque une blessure anormale. En particulier sur un corps féminin ordinaire.

L’entraîneuse à la poigne de gorille présenta ensuite des excuses, que Christopher interpréta comme un signe d’apaisement et de normalisation dans leur rapport.

Une normalisation qui partit en vrille quand Lily balaya la théorie du policier sur sa nature de mutante, fruit volontaire ou involontaire d’expérimentations scientifiques.

Christopher, en tant que lieutenant de police, n’avait pas forcément accès à plus d’informations que la presse sur ces programmes privés ou gouvernementaux (et certainement moins que les gros bonnets impliqués). En revanche, il savait mieux que le grand public distinguer le vrai du faux parmi toutes les rumeurs et légendes urbaines colportées.
Ainsi, il pouvait accepter l’idée que Lily fut le résultat d’expériences secrètes sur l’embryon, même vingt-six ans en arrière. Mais avec son aînée, encore plus forte et aguerrie, le calendrier remontait à beaucoup trop loin. Et sa formation au combat limitée au corps-à-corps n’avait aucun sens depuis que les armes à feu tuaient plus efficacement que les armes blanches.

Pour la première fois depuis leur première rencontre, le policier resta bouche bée, incapable de trouver une explication logique à ce qu’il venait d’entendre. Il se sentait comme Christopher Colombus apercevant les contours du Nouveau Monde derrière un voile de brume. Un territoire inconnu de son peuple, perdu au milieu d’un océan où il n’avait plus pied.
En réalité, il avait surtout l’air d’un cancre clignant des yeux face à un problème mathématique insoluble ; un poisson qui tournait en rond dans son bocal en faisant des bulles, sans trouver de sortie.
Pour un inspecteur formé à éclaircir des mystères, la situation était inconfortable. Stimulante, aussi.

Chris n’avait peut-être plus pied, mais il avait mis le doigt sur quelque chose. À présent, il comprenait mieux la vive réaction de Lily et son désir de discrétion. Quelle que fût sa vraie nature, figurer dans une case « à part » est rarement compatible avec une existence sereine et paisible.

Après être resté la bouche ouverte suffisamment longtemps pour qu’un essaim de mouches s’y engouffre, le policier posa la question qui lui brûlait les lèvres.

— Est-ce que vous savez qui vous êtes, au moins ? Votre aînée, elle a dû vous expliquer, non ?

Ensuite, Lily vint se planter devant son élève médusé pour aborder un sujet plus épineux encore. Si le mystère qui entourait la Valkyrie envoyait le féru d’art ancien dans le fantasmagorique, les blessures qu’elle portait le ramenaient au contraire dans un univers familier, un problème concret sur lequel il avait prise. Un acte odieux qui engageait sa responsabilité d’officier de police.

Christopher poussa un soupir et soutint le regard de la jeune femme. Les yeux bleus du policier exprimaient surtout la compassion, la tristesse ainsi qu’une certaine gêne. Cependant, malgé ses efforts pour la maîtriser, la flamme rougeoyante de la colère brûlait derrière les pupilles, prête à tout consumer à la prochaine pourriture qui croiserait sa route.

— Je vous regarde étrangement, car je reconnais dans vos blessures et vos réactions les victimes d’agressions que j’ai vues au cours de ma carrière. (Chris déglutit, visiblement mal à l’aise.) D’agressions sexuelles, en particulier. Je comprendrais que vous ne vouliez pas m’en parler, mais s’il vous plaît, ne me dites pas que vous êtes tombée dans un escalier… les marches n’ont pas de mains qui vous étreignent le cou.

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MessageSujet: Re: [Livre I - Terminé] Il ne faut pas dire toute la vérité, mais il ne faut dire que la vérité.   Mer 21 Mar - 0:34

Hrp:
 


Cours n°2
Lily Bradbury & Christopher Hart
Je restais sur mes gardes car je n’oubliais pas les paroles que Christopher avaient prononcées la semaine précédant cette nouvelle rencontre. Il m’avait menacé ! C’était de cette manière que j’avais perçue ses mots et je n’étais pas stupide ou folle pour mettre trompée. Pourtant, il était à nouveau là et sans arme ; personne n’était venu m’arrêter pour me conduire dans un laboratoire, du moins, personne n’avait essayé. Pourtant Jean avait dit que c’était ce qui arriverait si une ou des personnes avaient des doutes à mon sujet. Alors pourquoi le lieutenant n’avait-il rien fait ? Me concernant, j’avais une bonne raison. J’étais allée discrètement jeter un coup d’œil à sa vie et rien ne laissait présager qu’il allait tenter quelque chose contre moi.
Pourtant mon accueil n’avait pas été des plus cordiales. Mais mon élève étant intelligent il comprendrait vite le pourquoi de mon comportement sans même en avoir les raisons.
Je cessais de réfléchir pour me concentrer sur les paroles de l’homme. Je ne me gênais pas pour hocher la tête lorsqu’il parla de l’impression de chantage que ses paroles avaient donné. Pour la suite, je n’étais pas d’accord avec lui. Je savais gérer ma force et je le faisais sans problème depuis que j’avais commencé. Je ne savais pas ce qui n’avait pas fonctionné avec lui…



- J’ai besoin d’un travail pour vivre et jusque là, tout c’est toujours bien passé, déclarais-je sur la défensive. Je ne sais pas ce qui c’est passé avec toi ! C’est peut-être du au fait que tu es un homme, et lieutenant qui plus est. Je n’ai toujours entraîné que des femmes et je n’en ai jamais blessé aucune, continuais-je après une légère pause. Je veux juste les aider car elles ne doivent pas avoir peur constamment. Je me taisais. Avant d’arriver ici j’ai vécue cachée et c’est pire que la mort… Si je ne continue pas à être coach ; dis-moi, qu’est-ce que je pourrais faire ?


La question était réelle et sincère ! Il était bien gentil à dire que je courais des risques en faisant ce métier mais cela était-il réellement plus dangereux que d’errer dans les rues sans toit et sans argent ? Je n’en étais pas sûre ; j’étais même certaine du contraire. Je n’avais pas envie qu’on me tombe dessus et que l’on fasse de moi un cobaye ! D’ailleurs celui ou celle qui me trouverait toucherait sûrement le jackpot en découvrant ma nature… Christopher pensait d’ailleurs de cette manière ! Il voyait en moi un surhumaine, une mutante, un monstre, peu importait… Il faisait fausse route !
Sans lui avouer mon identité, je lui annonçais tout de même qu’il se trompait. J’étais née comme ça, avec cette force innée. L’information sembla surprendre Christopher qui demeura silencieux durant de longues secondes, voir minutes.
Cela ne me rassura pas le moins du monde. Avais-je commis une erreur en lui avouant que je n’étais pas le fruit d’une expérience ? Voulait-il me dénoncer à présent ? Machinalement je reculais d’un pas et ce fut à cet instant qu’il reprit la parole. Il voulait savoir si je savais, si mon aînée m’avait expliqué qui j’étais… Je penchais la tête sur le côté pour comprendre. Voulait-il vraiment savoir ? Jouait-il à un jeu ? Me faire parler pour mieux m’attaquer ? Méfiante, je hochais la tête.



- Je sais ce que je suis et pourquoi je suis née depuis toujours… Mon existence était vouée à la protection des « Pierres d’Ames » de chacun des dieux nordiques, expliquais-je le regard perdu dans le vague.


Mon existence était… Et maintenant, qu’elle était-elle ? Je gardais espoir alors que je n’avais aucune piste. Rien ! Pas le moindre indice ; et cela me blessait plus que n’importe quelle arme. J’avais l’impression de devenir folle. Alors je chassais ces pensées de mon esprit pour continuer la discussion.
En voyant Christopher me regarder étrangement, je sus ce qui l’intriguait et cela m’aida, temporairement ou non, à changer de sujet. En le fixant droit dans les yeux je remarquais que son regard avait changé, je reconnaissais vaguement quelques sentiments de compassion et gêne mais je remarquais surtout la colère. Étrangement, j’en déduisais que l’homme n’était pas dangereux pour moi. Si Christopher était ‘énervé’ de voir que quelqu’un m’avait fait ces marques pourrait-il me blesser ? Je ne le pensais pas.
Je l’écoutais me répondre en comprenant assez ses paroles. Les femmes que j’entraînais, pour beaucoup, avaient déjà eu à faire à la violence masculine. Cependant, je fronçais les sourcils en portant ma main droite à mon cou.



- Tomber dans l’escalier ? Pourquoi est-ce que je dirais cela ? Ça n’a aucun sens, déclarais-je, totalement étrangère au fait que cela servait d’excuse aux femmes violentées. Il est évident qu’un homme a fait ça ! continuais-je. Quant à moi j’ai préféré tenter de le raisonner plutôt que de le mettre ko.


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MessageSujet: Re: [Livre I - Terminé] Il ne faut pas dire toute la vérité, mais il ne faut dire que la vérité.   Mer 21 Mar - 21:49

Après les frictions du début, la conversation devenait enfin constructive, fructueuse. Les deux êtres qui se voyaient seulement pour la deuxième fois avaient peu commun : Chris était un Homme ordinaire, un policier expérimenté mais ignorant des mystères de ce monde ; Lily était une jeune Valkyrie issue d’une culture radicalement différente. Au fond d’eux, toutefois, brûlaient des valeurs communes de bienveillance et de justice ; sans elles, leur rencontre aurait sans doute viré en lutte à mort.

La coach paraissait sûre d’elle quant à son aptitude à éviter tout excès de force, et ses arguments étaient pertinents. En soulevant ce problème, le policier désirait surtout mettre en garde la Valkyrie, l’alerter des risques encourus afin qu’elle prenne les bonnes décisions en toute connaissance de cause.

— Vous avez raison. De toute façon, quoi que vous fassiez, le risque zéro n’existe pas. Je pense néanmoins que vous devriez éviter d’accueillir des hommes dans vos cours, ou même des sportives accomplies qui sauront comme moi déceler vos capacités surhumaines. Mais votre clientèle ne comprend pas de femmes de ce genre, si j’ai bien compris. Tant que vous restez discrète, il ne devrait pas y avoir de problèmes. Et par rester discrète, j’entends aussi maîtriser vos réactions. Agresser un officier comme moi vous attirerait les foudres de toute la police d’Europolis. À moins que votre vie en dépende, ne commettez jamais cette erreur.

La Valkyrie répondit ensuite sur la nature de ses origines… une réponse qui appelait maintes autres questions. Christopher se sentait presque revenir en enfance, à l’âge où on bombarde ses parents de « Pourquoi ? » et autres « Comment ? » parce que le monde entier est un mystère dont seuls les dieux-adultes connaissent les secrets.
Pour lui, les « pierres d’âme » étaient des objets magiques qu’on enchâssait sur les armes et armures dans les jeux de rôle ambiance fantasy (comme la plupart des gamins de son époque, Chris avait goûté aux joies du jeu vidéo durant l’enfance, un loisir strictement encadré par monsieur et madame Hart). Quant aux dieux nordiques, le passionné d’art ancien connaissait mieux leur mythologie que le commun des mortels, mais ne voyait pas ce que leur présence venait faire dans cette histoire. Peut-être des objets précieux d’origine viking, comme les reliques des saints chrétiens ?
Quoi qu’il en soit, cela n’expliquait en rien d’où provenaient ses capacités physiques. Christopher appréciait les légendes, il croyait même (de façon fluctuante et incertaine) à certains phénomènes classés « surnaturels », mais pour un homme logique comme lui, seule la science pouvait expliquer le corps exceptionnel de Lily.

— Vous appartenez à une sorte d’ordre secret chargé de veiller sur des reliques nordiques, c’est ça ? Vous venez de Norvège ? (Chris songeait à Mikaela, une collègue originaire de ce pays.) Si tel est le cas, depuis quand cet ordre existe-t-il ? Vous viviez recluse dans un monastère ?

Incapable de s’imaginer l’univers secret des Valkyries, Christopher se rattachait à ce qu’il connaissait. L’essor du christianisme avait consumé les pratiques ancestrales et leurs objets de culte (considérés comme païens, puis hérétiques) avec eux. Bien que cette théorie ressemblait furieusement à un remake nordique des romans de Dan Brown, il pouvait concevoir qu’une organisation se soit évertuée à protéger ces reliques de l’histoire (dénuées de tout pouvoir, évidemment). Peut-être une secte, plus qu’une organisation.

Étonnamment, Lily aborda ensuite son agression physique sans manifester d’affliction, répondant avec franchise, force et diligence. Le policier en déduisait qu’elle avait été « seulement » agressée, et non violée. Le traumatisme serait alors beaucoup plus important.

— Parce qu’un grand nombre de femmes invoque cette excuse, ou une autre semblable, pour taire l’expérience traumatisante qu’elles ont subie. On en parle moins car elles sont moins nombreuses, mais ces violences touchent aussi les couples de femmes homosexuelles. La violence est malheureusement une tragédie qui se joue en chaque recoin de la création. Ce que je ne comprends absolument pas, c’est pourquoi vous n’avez pas cherché à maîtriser votre agresseur avant de le raisonner. Un homme violent écoute mieux avec les poings liés que les mains libres d’étrangler…

En réalité, Christopher ne comprenait pas pourquoi elle avait tenté de le raisonner tout court. Lui sait comment il aurait réagi en pareille circonstance. Avec une force comme Lily, le type aurait fini en bouillie, le crâne réduit à l’état de ragout sanguinolent. Même sans, d’ailleurs. Le bagarreur pouvait répliquer avec une brutalité inouïe et les crânes se brisaient facilement sur les sols durs, surtout avec un objet lourd entre les mains.

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MessageSujet: Re: [Livre I - Terminé] Il ne faut pas dire toute la vérité, mais il ne faut dire que la vérité.   Mer 28 Mar - 11:31

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Lily Bradbury & Christopher Hart
Christopher avait tout du type sympa et du policier intègre… de mon point de vue personnel bien entendu ! Mais ce n’était pas pour autant qu’il ne m’énervait pas en cet instant. Je savais pertinemment que le risque zéro n’existait car j’avais beau être naïve, ce n’était pas à ce point. Pour les hommes comme élèves, j’avais toujours refusé bien que j’ai donné quelques leçons à Henry. Mais j’appréciais le jeune homme dont la petite-amie qui était mon élève avait perdu la vie tragiquement. Christopher était mon unique et réelle exception mais je le regrettais à présent. Tout ce pour quoi j’avais fait des efforts ces quatre dernières années s’était effondré. En une seule leçon il avait compris que j’étais différente.
A présent, je ne savais plus vraiment quoi penser ! Je m’étais toujours dit que je tuerai quiconque découvrirait mon secret mais je ne faisais rien. Non pas parce que je manquais de cran mais parce que Christopher ne méritait pas cela, c’était un innocent ; et il était venu désarmé.



- Lorsque j’ai décidé de ne plus vivre cachée et que je suis venue ici je savais que le risque zéro n’existerait pas ! déclarais-je. J’ai préféré prendre ce risque plutôt que de continuer à avoir cette impression d’être morte. Je me taisais. Parce que c’est l’impression que cela donne de vivre cacher Christopher. Sortir lorsque les gens dorment pour voler sa nourriture puis retourner se planquer… ça donne l’impression d’être un fantôme errant sans but. J’aurais fini par devenir folle et sûrement dangereuse ! Je soupirais. Jamais je n’agresserais un représentant de la loi… Te concernant je craignais juste que tu sois armé et je déteste les armes à feu, expliquais-je alors que ma main droite passait brièvement sur l’ancienne blessure de mon bras gauche. Le fait que tu continue à me vouvoyer ne me rassure pas non plus, tu garde tes distances et c’est ce que l’on fait avec ses ennemis.


Lorsque l’homme en face de moi me demanda si je savais qui j’étais je ne comprenais pas la question et je me contentais de répondre ce que nos aînées nous enseignaient. Bien entendu cela donna naissance à d’autres questions qui, sans aucune surprise, furent typiquement humaines. Christopher se bornait à croire que mes sœurs et moi devions être des fanatiques guerrières vivant à l’écart du monde pour veiller sur des cailloux mystiques. Je secouais la tête, presque agacée par l’étroitesse d’esprit des hommes !
Sans répondre la moindre de chose je passais à côté de Christopher pour aller récupérer un livre dans le petit bureau. « Les 100 légendes de la mythologie nordique » Je trouvais la page concernant les Valkyries et retournais dans la salle.



- Je ne suis pas Norvégienne, ni même Américaine pourtant je suis capable de parler toutes les langues… avec mes sœurs nous ne formions pas un ordre car nous étions un peuple bien plus ancien que celui des hommes. Les « Pierres d’Âmes » n’étaient pas de simples reliques ou des cailloux mystiques, elles représentaient nos Dieux endormis, expliquais-je. Mais tu ne comprends pas, tu ne le peux pas car dans ton esprit je ne peux pas exister, continuais-je. Pour toi, comme pour les autres humains, je ne suis qu’une légende. Je lui donnais enfin le livre ouvert sur la page des Valkyries où l’on voyait l’une d’elle sur un cheval ailé. La représentation était bonne même si la tenue était beaucoup trop légère, et plus ressemblante à celle des Amazones. Mais j’existe !


Mes dernières paroles étaient plus un murmure tandis que je contemplais la représentation. Ce cheval me rappelait tellement Epona ! Elle aussi avait une tâche ressemblant à un croissant de lune sur le flanc droit.

Je sortais de ma rêverie et me faisais presque à nouveau curieuse lorsque Christopher voulu me faire parler de ce qui m’était arrivé. Je haussais les épaules en constatant une nouvelle fois que les excuses humaines me dépassaient totalement. Comment pouvait-on parler d’une chute dans les escaliers si l’on portait des marques de strangulations.
Puis je fronçais les sourcils à ses nouvelles interrogations. Je ne savais pas comment expliqué ce qui c’était passé et je me doutais bien que les détails étaient à éviter.



- Je ne voulais pas le blesser parce que je le connais… Notre passif commun fait qu’il a cru que je voulais le tuer lorsqu’il a vu la dague que mon aînée m’avait offerte et il a attaqué. Je marquais une pause. Mon temps de réaction a été moins rapide car je n’ai pas compris ce qu’il se passait. Mais peu importe… Ce n’est pas grave ! Je vais bien. Tout ça va très vite disparaître, terminais-je en indiquant brièvement les marque sur mon cou.


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MessageSujet: Re: [Livre I - Terminé] Il ne faut pas dire toute la vérité, mais il ne faut dire que la vérité.   Mer 28 Mar - 19:43

Si Christopher avait eu l’impression d’avoir mis le doigt dans quelque chose, à présent ce quelque chose ressemblait à un gros nid d’embrouilles. Et du doigt, il était passé au bras entier. Son esprit de détective essayait de mettre de l’ordre dans les éléments disparates que Lily lui fournissait, s’efforçant tant bien que mal d’y voir une trame cohérente.
Au cœur de cette salle d’entraînement où le « simple » sportif s’attendait à revoir une « simple » ex-cobaye de laboratoire militaire, l’exercice devenait bougrement compliqué. Le policier n’aimait pas ça, mais il n’était pas du genre à abandonner. Son alias, Stubborn, il ne le portait pas sans raison.

— Je ne pourrai sans doute jamais comprendre la vie que vous avez vécue. Toutefois, en tant qu’être humain et policier confronté aux affres d’Europolis, je rends honneur à votre volonté de vivre sans nuire ou abuser de votre prochain, sans vous en prendre aux représentants de la loi qui, dans leur majorité, font de leur mieux pour aider la population. Je sais qu’il est facile, beaucoup plus facile, de sombrer dans la criminalité même quand on déteste les armes à feu. (Chris esquisse un sourire et incline la tête en forme de respect.) D’ailleurs, pour moi le vouvoiement est une forme de respect qu’un homme et plus encore un policier doit employer pour s’adresser à autrui. À vrai dire, les crapules que je méprise sont les personnes que je tutoie le plus au quotidien. Appelons ça une différence culturelle (Chris s’habille d’un sourire en coin et prend son accent le plus britannique), je suis Anglais. Lorsque vous confirmerez poursuivre nos cours, alors je pourrai vous tutoyer en tant partenaire d’entraînement.

La suite confirma que la « différence culturelle » s’élargissait en un gouffre béant, aussi large que la distance séparant les côtes européennes et américaines.
La jeune femme passa à côté du trentenaire aux idées embrouillées pour aller chercher un livre dans son bureau (à son retour, l’esprit du policier restait aussi confus).

Elle revint avec un discours délirant sur les Valkyries en guise de réponse, qu’elle choisit d’illustrer avec une image fort jolie, fruit du talent d’un grand artiste à l’imagination fertile. Christopher appréciait beaucoup les arts anciens et ce genre de représentations. Ce n’est pas pour autant qu’il leur accordait la moindre véracité.
De toute évidence, l’hypothèse de la secte se confirmait. C’était la théorie de loin la plus crédible. Lily avait dû être conditionnée dès l’enfance par un groupe de cinglées amatrices de mythologie nordique. Ça ou le mythe de Cthulhu, au moins les légendes consignées dans l’Edda poétique étaient-elles plus jolies, avec un aspect épique qui alimentait encore aujourd’hui les livres, comics, productions cinématographiques et jeux en tout genre (notamment des jeux de rôle par forum dont raffolaient les fous furieux du clavier).

Cette fois-ci, Chris ne resta pas planté avec l’air médusé d’un poisson frit. Il resta planté, certes, mais avec la bouche fermée et un air compatissant qui semblait dire pauvre petite. Si d’autres que lui entendaient son discours, Lily serait expédiée fissa au Danvers Federal Hospital, section psychiatrie, aile pathologies lourdes (avec des chaînes en titane pour la maintenir en captivité).
Le policier, quant à lui, se basait sur la dangerosité d’une personne. L’entraîneuse était assurément une personne dangereuse, mais elle n’employait et n’emploierait pas sa force hors norme pour blesser des innocents. Cela, Chris en était presque sûr. Presque, car l’instabilité de la femme qui lui présentait cet ouvrage sur les légendes nordiques présentait des risques. Mais à ce stade, il faudrait envoyer une bonne partie de la population d’Europolis dans les mornes couloirs de l’asile.

Christopher s’abstint de glisser la remarque cinglante qui lui était immédiatement venue à l’esprit : Et si je meurs en affrontant des criminels, vous viendrez conduire mon âme au Valhalla ?
À la place, il soupira et adopta un discours posé, diplomatique.

— Écoutez, Lily, je me considère comme un homme relativement ouvert et respectueux quant aux croyances et spiritualités. Mais en tant qu’officier de police, j’ai besoin de preuves quand une personne me soumet une explication aussi invraisemblable que la vôtre. Je note que vous parlez de votre ordre au passé, qu’est-il donc advenu de votre Asgard ou du nom que vous donnez à votre lieu d’origine ? Ne me parlez pas de Ragnarök. Si j’ai bonne mémoire, la prophétie parle de combats entre divinités, de longs hivers sans soleil et d’une destruction presque totale du monde. Notre planète a certes connu des catastrophes naturelles et des guerres terribles, mais fort heureusement nous sommes passés loin de l’Apocalypse.

Christopher fronça à nouveau les sourcils en écoutant les nouvelles explications abracadabrantes de Lily sur son agression.
Là où il ressentait une sincère compassion pour les épreuves que la femme avait dû traverser et ses croyances fantasmagoriques, cette partie de leur conversation lui hérissait les poils. On parle souvent du flair policier, mais pour le coup il ne s’agissait guère d’une métaphore. La sensation était concrète, viscérale. Ça puait. D’une odeur malsaine qui prenait aux tripes, comme c’était toujours le cas dans les affaires scabreuses.

— À fréquenter des détraqués violents, c’est vous qui finirez par disparaître. Vous êtes forte, pas invulnérable. Et en couvrant des individus de ce genre, vous leur laissez le champ libre pour s’en prendre à d’autres femmes moins robustes que vous. (Chris marque une pause, mais ne peut s’empêcher de revenir à la charge sur un ton nettement moins diplomatique, plus proche de la colère tandis que ses points se referment.) Interrogez donc vos élèves à ce sujet, dites-leur donc que ce n’est pas grave. Je suis sûr qu’au moins l’une d’elles pourra très bien vous expliquer pourquoi ces agressions ne doivent pas rester impunies.

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MessageSujet: Re: [Livre I - Terminé] Il ne faut pas dire toute la vérité, mais il ne faut dire que la vérité.   Mer 28 Mar - 23:48

Cours n°2
Lily Bradbury & Christopher Hart
J’écoutais attentivement le moindre mot prononcé par Christopher car il était devenu dangereux pour moi… Il savait que je n’étais pas comme les autres et moi j’ignorais ce qu’il allait faire de cette information. En ne cherchant pas à le faire taire je me mettais en danger mais il était hors de question que je m’en prenne à un innocent… et Christopher l’était ! J’esquissais un sourire triste à ses propos… Mon envie d’aider les femmes était venue du fait que je voulais recréer ce que je vivais avant le drame dans un premier temps. Mais il était vrai que je m’étais réellement impliquée en constatant ce que les hommes pouvaient parfois infliger au sexe dit ‘faible’.
Curieuse, je penchais la tête en comprenant que le vouvoiement était pour le flic, une forme de respect. Je m’étais donc trompée une fois de plus mais le plus surprenant fut la suite. L’étonnement apparut sur mon visage sans que je ne cherche à le dissimuler.



- Je ne te tutoie pas par manque de respect, dis-je un peu naïvement. Puis je me taisais et l’observais en silence, en me demandant s’il était normal qu’il réagisse ainsi. Tu veux encore que je sois ton coach ? Malgré ma… ma différence ! Je réfléchissais. Je n’ai plus rien à perdre en acceptant… alors oui, je veux bien t’entraîner.


Puis arriva le moment des révélations. Je n’acceptais pas le fait que Christopher pense que j’étais une espèce de simple humaine frappée du ciboulot et qu’avec mes sœurs l’on veillait sur des cailloux mystiques dans un lieu retiré. Non, c’était une insulte à leur mémoire ! Je ne voulais pas non plus qu’il fasse des recherches lui-même car cela laissait des traces. Agacée, je tentais donc de lui expliquer. Le livre n’était là que pour lui faire comprendre que ce que les humains pensaient être des mythes et légendes ne l’étaient pas toujours ! Mais je me figeais en voyant son regard…
Il ne me croyait pas et me prenait sûrement pour une folle. Ses paroles confirmèrent mes craintes et m’attristèrent plus que je ne l’aurais cru. Je secouais la tête, déçue. Je reculais d’un pas lorsqu’il prononça le mot ‘Ragnarök’. Les humains avaient perdu la foi, comme me le répétais souvent mes aînées.



- Le Grand Temple, c’est comme ça que se nommait le lieu où je vivais. Il a été détruit par les hommes en 2043 ! dis-je perdue dans mes pensées. Et le Ragnarök a bien eu lieu pour nous autres Valkyries. Ce jour là, j’ai perdu mes sœurs mais aussi la raison pour laquelle j’existais. Puis je me taisais. Des preuves ? Quelles preuves pourrais-je t’apporter alors que les tiens ont détruit tout ce que j’avais ? Je pourrais te dire que ma monture se prénommait Epona et quelle a été tué à Minsk, je pourrais te citer le prénom de mes sœurs, te dire qu’en réalité je m’appelle Liv mais à quoi bon ? Tu me pense folle ! Pourtant, je ne te mens pas mais je ne sais pas comment te prouver ce que je suis.


J’aurais pu lui montrer ma force mais cela ne lui prouverait en rien que je n’étais pas qu’une simple victime d’expérience. Je soupirais…
Puis la discussion s’intéressa à mon état physique et là encore je ne mentais pas. Seulement mes réponses ne semblaient pas plaire à mon interlocuteur.

Dépassée, perdue, j’entrouvrais la bouche de surprise aux paroles de Christopher. Je ne pouvais pas lui dire toute la vérité car je ne voulais pas mettre Jean en danger mais je devais lui prouver qu’il se trompait. Mais comment ? Si je taisais la vérité, Jean passait pour un monstre alors qu’il m’avait lui-même sauvé la vie. Le problème était que si je lui racontais tout, c’était moi qui prenais des risques. Je secouais la tête de manière négative lorsque le flic suggéra que Jean pourrait se servir de mon silence pour s’en prendre à d’autres femmes. Je savais qu’il n’était pas du genre à taper ou à violer des femmes. Je ne savais plus quoi faire pour me dépêtrer de cette situation.
Je venais de m’asseoir lorsque Christopher parla de mes élèves, me rappelant ce que certaines d’entres elles avaient subi. Je n’ignorais pas cela et je n’acceptais pas qu’il sous-entende que mon silence permettait à des délinquants sexuels d’agresser des femmes. Jean n’était pas ce type d’homme ! Je me levais, le regard noir et me plantais face à Christopher ; mon corps tout près du sien.



- Il n’est pas ce genre d’homme ! Tu ne connais pas l’histoire alors tu ne peux pas savoir, dis-je avec colère. Si je suis encore en vie c’est parce qu’il m’a sauvé et moi qu’aies-je fait ? Je l’ai traqué parce que je voulais le tuer, parce que je le considérais comme responsable de tout ce que j’avais perdu et je lui ai avoué tout ça lorsque je l’ai retrouvé. Je lui ai dit que j’avais eu envie de lui prendre les êtres auxquels il tenait parce que je voulais qu’il souffre comme moi. Mais je n’ai rien fait, ni contre lui, ni contre eux. Je me taisais. Lorsqu’il a vu la dague il a pensé que je lui avais tendu un piège et il a attaqué en pensant défendre sa vie et celle des siens, expliquais-je. Je fixais Christopher droit dans les yeux. J’aurais agi comme lui si la situation avait été inversée. N’importe qui aurait agi comme lui. Car l’on pourrait faire n’importe quoi pour protéger les personnes que l’on aime, dis-je en baissant le ton, et en me rendant compte d’une chose. Je retournais m’asseoir sur le banc et soupirais en fixant le plafond. Il faut que tu me croies… Ce n’est pas un monstre et c’est en l’observant que j’ai évité d’en devenir un.


J’entrouvrais la bouche pour lui expliquer la suite mais je ne savais pas comment m’y prendre. Je ne trouvais pas les mots ! Je me rendais seulement compte que j’avais peur… De quoi ? De beaucoup de choses en réalité. Peur du futur ; de la découverte, une nouvelle fois, de mon secret ; de devenir un monstre que pour venger celles que j’avais perdu. Tout ça me donnait l’impression de devenir folle, alors je fermais les yeux et m’adossais contre le mur en soupirant. « Je n’ai aucun but ! Je ne sais pas pourquoi je suis encore en vie… » Mes paroles avaient été murmurées mais dans le silence de la salle de sport, Christopher les entendrait sûrement.

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MessageSujet: Re: [Livre I - Terminé] Il ne faut pas dire toute la vérité, mais il ne faut dire que la vérité.   Ven 30 Mar - 13:26

Christopher n’avait pas d’enfants, pas plus qu’il n’avait eu de sœur ou de frère. Mais à présent que le masque était tombé, Lily lui donnait l’impression d’une gamine un peu gourde, voire nigaude sur les bords. Cette lourdeur d’esprit contrastait d’autant plus avec son corps de femme adulte, doté de l’agilité d’une panthère et de la force d’un gorille.
Le sportif s’intéressait surtout à ces derniers aspects, du moins au début, et la coach lui donna satisfaction en acceptant enfin de continuer à l’entraîner de vive voix.
Ensuite, il y avait tout le reste, tous ces mystères, ces pièces de puzzle qui refusaient de s’emboîter. Là-dessus, il s’écoulerait sans doute beaucoup de temps avant que le policier se considère comme satisfait.

— Bien, en ce cas, merci de poursuivre notre collaboration, entraîneuse. (Chris tend une main vers Lily pour nouer leur pacte, un sourire réjoui aux lèvres.) Nous voilà partenaires d’entraînement et gardiens de secrets. Et les partenaires ne trahissent pas, tant dans leurs gestes que dans leurs mots. Ta particularité est un cadeau, un atout dont je me sens l’un des heureux bénéficiaires.

Une façon de dire que les entraînements devraient être menés tambour battant et qu’aucune confidence ne sortirait de cette salle.
Christopher n’aurait rien à y gagner (sinon la gloire modeste d’avoir interné une folle) et Lily non plus (c’est en fréquentant le monde qu’elle guérirait, non entre les quatre murs d’une salle blanche avec un cocktail de médicaments en intraveineuse). Quant à Europolis, cette femme excentrique lui apportait sa contribution modeste mais précieuse. En dépit de ses singularités, ou grâce à elles, le policier estimait que Lily avait sa place en ce monde. Une belle place.

Ou la place d’un lampadaire, si cette illuminée persistait à répandre ses absurdités comme les rayons fous d’un docteur maboul.
Bien sûr, son Ragnarök à elle n’avait rien à voir ou presque avec la prophétie apocalyptique des légendes. Bien sûr, elle était la seule survivante et il ne subsistait aucune preuve de la dévastation. Comme pour le Prot de K-PAX, ses paroles semaient le trouble mais ne menaient à aucune preuve tangible.
Oui, Christopher la croyait folle ou, du moins, conditionnée par une secte d’aliénées. Et puis merde, une Valkyrie qui s’appelait Liv, même si le nom dérivait du vieux Norrois, il évoquait l’actrice  d’une elfe magicienne plutôt que les guerrières Brynhildr, Hervor et autres Sigrdrifa des légendes.

Il s’appliqua néanmoins à garder un ton neutre, conscient que les sarcasmes seraient contre-productifs.

— Et où se trouve donc ce Grand Temple ? Une armée de satellites scrute chaque mètre carré de cette planète depuis plusieurs décennies. Comment avez-vous pu échapper à ces milliers d’yeux électroniques ? En vivant sous terre, peut-être ? Mais alors, où trouviez-vous de quoi vous nourrir, vous et vos montures ? Et si des hommes ont détruit ce lieu, alors d’autres hommes peuvent se rendre sur place pour constater les dégâts. Tu parles de Minsk, c’était la guerre à l’époque, mais il est impensable qu’aucune image semblable à ton livre, montrant une Valkyrie chevauchant un cheval ailé, ne soit jamais sortie. Depuis l’émergence d’Internet, un seul appareil photo, un seul téléphone, une seule carte mémoire suffit à diffuser une série de clichés ou de vidéos à l’échelle mondiale. Aucun gouvernement ne peut tout contrôler.

Christopher se frottait la barbe, geste machinal qu’il répétait souvent lors de réflexion intense.

— Cela dit, il est vrai que ton existence constitue la meilleure preuve ou le meilleur déni qui soit. Pas à cause de tes capacités physiques, mais de ton ADN. Si tu appartiens vraiment à une souche ancienne de l’humanité, alors les généticiens le verront à coup sûr. Avec un peu de salive, ils peuvent déjà dire quel pourcentage de Néandertal et autres groupes humains contient notre ADN… En fait, ton propre corps est la preuve absolue qui pourrait confirmer tes dires.

Malgré leurs divergences d’opinions sur les origines de la prétendue Valkyrie, le sujet restait dépourvu d’animosité. Un débat vif, certes, mais qui ne créait aucune rupture réelle entre l’élève et l’entraîneuse.
Il en allait tout autrement de l’agression que Lily avait subie. La colère se propageait comme un incendie, et elle grossissait en prenant des proportions inquiétantes.
Tandis que la coach fondait sur son élève avec le regard furibond, celui-ci se redressa et croisa les bras sur sa poitrine, montrant qu’il ne capitulerait pas devant la tempête qui se profilait.

Heureusement, les vociférations se muèrent rapidement en explications à peine murmurées. Là encore, les propos de Lily trouvaient difficilement un sens logique aux yeux du policier. On restait néanmoins dans le monde rationnel que Christopher connaissait, un monde qu’il comprenait mieux. Et ce qu’il comprenait à présent, c’était que Lily avait failli devenir le genre de criminelle qu’il traquait lui-même avec acharnement.

— En effet, à t’écouter cet homme mérite une médaille, et nous lui devons de ne pas avoir une tueuse sanguinaire de plus à Europolis. Tu pourras le remercier, de la part d’un policier.

Christopher avait toujours cette impression glauque qui lui hérissait les poils, mais il n’arrivait pas à faire le lien avec un élément concret. Réagissait-il de façon trop émotive sur ce sujet sensible, ce qui altérait son jugement ? Où était-ce la réaction de Lily, trop vive et marquée de noirceur pour être saine ? Quoi qu’il en soit, il lui manquait beaucoup trop d’éléments pour mettre le doigt dessus. Des éléments qui touchaient cette fois à la vie privée de la jeune femme et qui n’étaient pas ses affaires.

Lily semblait plus perturbée que jamais, allant se réfugier contre le mur pour se lamenter sur son manque d’horizon. En cela, elle n’était pas différente de beaucoup d’êtres humains, chez qui la vie se limitait souvent à manger-travailler-dormir (et végéter le temps restant). Au moins, son travail avait une réelle utilité et un impact positif sur nombre de vies humaines. Beaucoup seraient comblés pour moins que ça.

Christopher hésitait à se mêler des tourments de son entraîneuse, qu’il considérait malgré ses confidences comme une sorte de collègue de travail. Néanmoins, son éducation et son métier de policier le poussaient à aider son prochain lorsqu’il en avait la possibilité. Lily était très un cas particulier, complexe. Il ne voyait pas comment lui apporter une aide quelconque, sinon en l’incitant à s’aider elle-même.
Il approcha d’elle silencieusement, porté par le même vent bienfaiteur qui avait chassé les nuages noirs de leur échange précédent.

— Je suis désolé pour toi, Lily. Si aider des femmes en leur apprenant à se défendre ne suffit pas à donner un sens à ta vie, plonge à l’intérieur à toi et regarde ce qui te fait vibrer. Si tu n’y trouves rien, imagine quel avenir tu souhaites pour toi, Europolis ou le reste du monde, et œuvre chaque jour pour que ce futur se concrétise. Peut-être que cet homme qui a une grande influence positive sur toi pourra t’y aider.
En tout cas, c’est une très bonne question que tu te poses, une question essentielle dans la vie d’un être humain. À ton âge, beaucoup s’adonnent à la recherche de plaisirs et passent à côté du bonheur.

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MessageSujet: Re: [Livre I - Terminé] Il ne faut pas dire toute la vérité, mais il ne faut dire que la vérité.   Sam 31 Mar - 22:12

Cours n°2
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En acceptant de rester la coach de Christopher je me donnais la légère impression de garder un peu le contrôle. C’était sûrement illusoire car rien ne l’empêcherait de parler en sortant d’ici, mais je voulais garder espoir ! Encore… ça devenait une habitude presque lassante d’être aussi optimiste. Cependant, je n’avais pas le choix. C’était ça ou le tuer ! La deuxième option était d’autant plus risquée, voir même beaucoup plus que de lui accordé ma confiance.
Pensive, je serrais la main de mon élève visiblement ravi de l’accord entre nous sans prendre la peine de doser ma force. Bien sûr, je veillais tout de même à ne pas lui broyer la main et je relâchais la pression en entendant la suite de ses paroles. Gardiens de nos secrets… Il n’y avait qu’un secret de partagé et c’était le mien ! Cependant, cela n’empêcha pas le fait que je sois touchée par ses derniers mots.



- Merci… Je ne m’attendais pas à ce que l’on voit ma différence comme quelque chose de positif, avouais-je. Je me taisais avant de préciser. Mais je ne suis pas sûre de pouvoir faire ce que tu souhaite… Je suis beaucoup plus forte que toi ! Il faudra juste y aller étape par étape…


Si je soumettais Christopher à un entraînement comme ceux que mon aînée m’imposait, je ne donnais pas cher de sa vie. Cela ne voulait pas dire que je sous-estimais l’homme ! Loin de là, il était fort. Mais il n’était qu’un homme. C’était aussi quelqu’un de bien et d’intègre selon moi. Voilà pourquoi je commençais déjà à imaginer nos prochaines séances d’entraînement. J’aurais pu lui en faire part s’il n’avait pas fait preuve de la même bêtise que tous les humains face à l’ignorance.

Je voyais dans son regard qu’il ne me croyait pas, qu’il avait l’impression que j’étais folle ! Lorsqu’il parla d’un ordre, je comprenais le mot secte et je n’aimais pas cela. Les personnes de ces communautés étaient manipulées et cela n’avait jamais été mon cas. Mais il m’était impossible de lui expliquer car pour l’homme qui était là, les mythes et légendes n’étaient que cela et rien de plus. Pour lui, le Grande Temple ne pouvait avoir existé, pas plus qu’Epona. Son souvenir raviva une tristesse que j’enfouissais au fond de moi ! Mais elle me manquait… Cette jument et moi avions grandi ensemble et je n’avais jamais chevauché qu’elle ; jusqu’à ce qu’elle meure sous mes yeux ce jour fatidique.
Cette nostalgie soudaine ne s’arrangea pas face aux questions multiples et tellement humaines de Christopher. Il était persuadé que son monde n’avait aucun secret pour lui alors qu’il ignorait tellement de choses. J’aurais presque eu de la peine pour lui… Son ignorance ne lui plairait guère si je lui déballais tout, preuve à l’appui ! Chose que je ne ferais jamais bien entendu. Et puis s’il ne croyait pas en l’existence des Valkyries pourquoi cela serait-il différent avec les Amazones ou les Atlantes ?
Attristée et lasse, je secouais la tête en le fixant… Je n’avais plus envie de répondre à ses questions.



- Tes questions sont tellement humaines ! déclarais-je en soupirant. Vous les hommes, vous vous gratifiez d’avoir exploré l’espace alors que vous ne connaissez pas votre propre planète. Je marquais une pause. Il ne reste plus rien du Grand Temple ! La force physique des hommes est largement inférieurement à la mienne mais cela n’empêche pas que vos bombes nucléaires sont dévastatrices, reconnus-je en me souvenant de l’amas de pierres qu’était devenue ma demeure.


Puis je me figeais en écoutant ses hypothèses sur mon ADN. Bien sûr qu’il était différent et je n’avais pas besoin d’un test pour le savoir ! La rapidité avec laquelle je cicatrisais était la preuve.


- Et il faudrait que je fasse quoi pour que tu me croies ? Une prise de sang peut-être ? Puis je riais en secouant la tête. C’est hors de question. Je ne prendrais pas un tel risque, déclarais-je déterminée. Tu préfère me penser folle plutôt que me croire et bien tant pis. Je sais ce que je suis et je me rends compte que sur certains points je connais ton monde mieux que tu ne le connais toi-même ! Je me taisais… Les mythes et légendes sont à mes yeux plus vrais que l'Histoire. J’espère qu’un jour tu t’en rendras compte toi-aussi.


Et avant qu’il se rende compte de cela, il allait devoir comprendre que je ne lui mentais pas concernant ce qui m’était arrivé. Je n’avais rien à gagner, ni rien à perdre en lui mentant. Tout était vrai concernant l’agression et la seule chose qu’il ignorait était ce que j’avais découvert avant et après. Cela n’avait aucun intérêt pour lui et concernait ma vie privée dont il s’occupait déjà un peu trop.
Je lui jetais un regard noir lorsque Christopher me demanda de remercier Jean. Je ne savais pas s’il était sincère ou s’il se moquait et je préférais garder le silence. Puis je m’éloignais en allant m’asseoir sur le banc ; adossée contre le mur je murmurais mon incompréhension et mes doutes avant de fermer les yeux en soupirant.
Je les rouvrais en sentant Christopher se rapprocher et en entendant ses premières paroles. Silencieuse et pensive, je l’écoutais. Mon regard plongea dans le sien…



- Je suis fière de pouvoir aider ces femmes mais est-ce que c’est assez ? Je ne le sais pas… Puis je repensais à Jean que je n’avais pas revu depuis cette fameuse nuit. Non, il ne pourra pas m’aider ! Il m’a dit que je devais trouver ma voie seule, en faisant mes propres expériences. Je ne suis pas certaine d’avoir compris ce qu’il voulait dire. Puis je réfléchissais. Le bonheur… J’ai lu la description et cela m’a rappelé ma vie avec mes sœurs. Pour ce qui est des plaisirs dont tu as parlé, je ne suis pas sûre d’avoir saisi. Je soupirais une fois de plus. Mais ce qui est certain c’est que j’aimerais pouvoir en faire davantage… tout en continuant à aider mes élèves bien évidemment.


Je voulais aussi retrouver les Pierres d’Âmes, mes sœurs et tout ce qui allait avec mais je gardais ça pour moi. Christopher n’y croyait pas ! Il ne devait pas non plus se douter de mon ignorance de certaines choses de son monde mais en prendrait conscience au fut et à mesure de notre discussion. J’en étais certaine mais je m’en fichais. Il savait que je n’étais pas une simple humaine alors le fait que je n’ai jamais mangé de glace ou mis les pieds dans un cinéma ce n’était rien !

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MessageSujet: Re: [Livre I - Terminé] Il ne faut pas dire toute la vérité, mais il ne faut dire que la vérité.   Dim 1 Avr - 12:33

L’accord était scellé. Le sourire de Christopher resta crispé durant l’écrasante poignée de main, mais après tout, il obtenait seulement ce qu’il avait demandé et n’allait pas s’en plaindre.

— C’est toi la coach, je te fais confiance pour le programme d’entraînement. Tu sais comme moi qu’il y a des façons de gérer une force nettement supérieure à la sienne, tu l’apprends d’ailleurs à tes élèves féminines. Je serai simplement plus exigeant et plus radical que les autres.

Bien sûr, Lily évitait de répondre sur l’emplacement de ce Grand Temple dont il ne restait soi-disant rien. Bien sûr, elle refusait l’analyse ADN qui prouverait ses origines anciennes et inconnues du monde moderne. Les fous refusaient toujours ce qui pouvait apporter une preuve de leur univers fantasmé.

— Les bombes nucléaires détruisent, mais ne désintègrent pas. Je veux bien que ton Grand Temple soit réduit en poussières en tant qu’épicentre de la frappe, mais il resterait forcément des vestiges des lieux de vie alentour et autres traces de ta culture. Notre planète recèle encore des mystères, en revanche ceux-ci se trouvent sous terre ou au fond des mers, pas sa surface. Je serais moins sceptique si tu me disais venir de la mythique Atlantide ! (Chris lâche un petit rire à cette pensée.) Et en effet, je comprends qu’une analyse ADN te semble risquée, puisqu’elle te confronterait de façon irréfutable à la réalité de tes origines. Le jour où tu te sentiras prête, il suffira de faire appel à une personne de confiance pour effectuer cette analyse discrètement.

Chacun campait sur ses positions et le sujet, pour Chris, ne serait pas tranché tant qu’il n’aurait pas de preuve tangible en sa possession. Il restait intrigué, curieux de connaître la vérité.
Si la prétendue Valkyrie ne montrait pas d’évolution positive dans les mois à venir, le policier prendrait l’initiative de réaliser ce test ADN par ses propres moyens. Il pourrait facilement récupérer quelques cheveux au cours d’un entraînement, voire de la salive sur un verre ou une bouteille. D’ici là, il trouverait une personne fiable, à la police scientifique ou ailleurs, dont il pourrait s’assurer le silence par la menace ou le chantage en cas d’anomalies génétiques. Des anomalies plus grandes qu’une « simple » mutation expliquant ses capacités physiques exceptionnelles.
Chez une personne désabusée comme Chris, le bien l’emportait sur les règles. C’est pourquoi il outrepassait régulièrement ses droits au cours de ses enquêtes, c’est pourquoi il couvrait les criminels justiciers ou revanchards qui s’en prenaient aux criminels « 100 % pourriture », c’est pourquoi il testerait l’ADN de Lily à son insu s’il jugeait la démarche bienfaitrice. Mais en dernier recours uniquement.

Christopher gardait espoir de ne pas en arriver là, puisque la jeune femme semblait résolue à s’investir davantage. Un élan, un engagement personnel que le policier comprenait bien et qu’il espérait voir se concrétiser chez elle.
C’est pourquoi il répondait au regard de Lily sans une once de dénigrement, partageant ses réflexions personnelles forgées par une éducation chrétienne, son expérience d’homme et de représentant de l’ordre.

— Avec cet homme, nous sommes donc deux à te prodiguer le même conseil. Trouver un sens à sa vie, trouver sa voie, sa vocation, ce qui nous fait vibrer, tout cela revient au même. Et personne ne peut le faire à ta place, même les parents ne peuvent le faire pour leurs enfants. C’est ainsi que l’on accède au bonheur, même si le bonheur se trouve aussi dans ses relations aux autres, (Chris hésita à prononcer la suite, tant le douloureux souvenir de Lauren était intimement lié à cette notion) sans même parler du grand amour.
Le bonheur est un état durable, permanent. Ce mot t’évoque ta vie passée parce que tu t’y sentais heureuse. Il y avait forcément des moments ou des journées désagréables, mais tu revenais toujours à ce point d’équilibre qui était une joie intérieure.
Le plaisir, au contraire, est un état éphémère que beaucoup recherchent pour combler un manque. Manger une glace, regarder un film, avaler un cachet d’ecstasy, coucher avec une personne inconnue, tout cela peut être agréable sur le coup, mais après ? Après, il faut recommencer encore et encore, en variant les expériences afin d’éviter l’ennui, car on revient toujours à son point d’équilibre.
Selon moi, le point essentiel est de trouver le bonheur avant tout. Alors on profite véritablement des plaisirs de la vie, au lieu de les consommer, de les dévorer, afin de pallier un vide ou un mal-être.
Tu as déjà le sentiment de vouloir en faire davantage ; c’est un excellent point de départ. Il te suffit à présent de trouver comment. Tu peux tenter le bénévolat auprès d’une association qui te parle, t’inscrire à un club d’équitation pour entretenir ta passion et la communiquer aux autres, jouer la justicière anonyme si l’exemple de Vampyr t’inspire. C’est peut-être de ce genre d’expériences dont cet homme parlait, du moins je l’espère.


Les personnes un peu déboussolées comme Lily faisaient le pain des manipulateurs, escrocs et criminels en tout genre. Aux yeux du policier, il était plus facile d’entrer dans la spirale du vice que celle de la vertu. Europolis en était l’exemple édifiant. Malheureusement, l’officier de terrain se trouvait en première ligne pour assister aux nombreuses vies brisées par de simples « expériences » ayant tourné à l’addiction ou à des conséquences plus dramatiques encore. Une dose d’héroïne ou d’autres drogues récentes suffisait à rendre accro ; certains quartiers regorgeaient de toxicomanes qui regrettaient d’avoir ignoré cet avertissement. Quant aux urgences des hôpitaux, elles accueillaient un flot incessant de personnes ayant « essayé un truc » comme griller trois feux rouges à la suite, pratiquer la suffocation durant l’acte sexuel ou descendre trois bouteilles de vodka. Certains finissaient avec des séquelles irréversibles, d’autres à la morgue.

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MessageSujet: Re: [Livre I - Terminé] Il ne faut pas dire toute la vérité, mais il ne faut dire que la vérité.   Lun 2 Avr - 1:05

Cours n°2
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Observer ! C’est ce que je faisais depuis que j’étais arrivée à Europolis et même avant. J’avais été obligée d’utiliser cette méthode pour pouvoir m’intégrer un minimum et cela avait réussi puisque j’étais toujours libre de mes mouvements et non pas dans un asile ou un laboratoire. Au fil des années j’avais donc appris à déchiffrer le comportement humain… pas complètement mais tout de même. Voilà pourquoi je voyais parfaitement le sourire de mon élève devenir plus crispé quand je lui serrais la main. Cela m’amusa presque et me fit sourire à mon tour.
Je hochais la tête aux propos de Christopher mais je ne me gênais pas pour le reprendre. Notre différence ne ressemblait en rien à celle existant entre une femme et un homme de ce monde… Même surentraîné, il ne ferait jamais le poids contre moi si je me battais sans gérer ma force.



- Ce que j’apprends à mes élèves n’équivaut même pas à un échauffement chez les Valkyries, dis-je en haussant les épaules. Ma force n’est pas nettement supérieure à la tienne, c’est au-delà de ça ! Je pourrais t’envoyer à l’autre bout de cette pièce sans utiliser toute ma force et avec une seule main. Je me taisais… Mais cela ne t’apporterait rien, et il en va de même pour moi puisque je ne veux pas te blesser, avouais-je.


Concernant le Grand Temple, Christopher avait peut-être raison. En arrivant à mon ancienne demeure je n’avais trouvé qu’un amas de pierres, des ruines… et je n’avais pas tenté d’approfondir mes recherches lorsque j’avais constaté qu’il n’y avait plus aucune survivante ou trace des Pierre d’Âmes !
Je fronçais les sourcils en dévisageant l’homme lorsqu’il évoqua les Atlantes. Je secouais la tête, presque vexée !



- Je vois… Je ne sais pas comment je dois prendre le fait que tu croirais plus facilement aux petites sirènes qu’aux Valkyries ! C’est presque vexant, dis-je agacée. Après, pour ce qui est du Grand Temple, tu as peut-être raison. Je n’ai trouvé que des ruines en y retournant… et ça a suffit à me faire fuir l’endroit. Pourquoi serais-je restée ? Mes sœurs étaient mortes et les pierres avaient disparues. Je n’avais plus rien qui me retenait là-bas…


Et j’aurais sombré dans la folie la plus complète si je m’étais mise à errer sur ces ruines en attendant l’arrivée éventuelle d’une autre sœur. Je soupirais mais mon souffle fut interrompu en entendant les propos de Christopher. Effectuer un test ADN en toute discrétion était possible ! Connaissait-il des sources assez fiables pour ne pas éventrer le secret, mon secret ? Si oui, cela me permettrait-il de retrouver des sœurs d’une manière ou d’une autre ? J’entrouvrais la bouche de surprise et restais silencieuse de longues secondes…


- Tu connais une personne qui pourrait faire ça ? Un test ADN sans que je ne finisse dans un laboratoire ?! Je marquais une pause. Et tu pense que cela pourrait me permettre de retrouver des sœurs s’il y a eu d’autres survivantes ? Puis je me stoppais. Je me rendais compte des risques énormes que cela créerait et je soupirais. Mais c’est trop dangereux ! Et ça le serait même pour toi… Si les résultats fuitaient on te demanderait où est-ce que tu as eu cet ADN.


Déçue, je soupirais à nouveau. Je ne voulais pas mettre la vie d’autres personnes en danger ! Je me posais la question de savoir quelles différences comportait mon sang depuis que j’avais rejoint le monde des hommes ; mais il n’y avait aucun moyen sûr d’obtenir des réponses sans danger.
Cependant, l’idée qui avait germée dans mon esprit m’avait donné un nouvel espoir. Je me méfiais des technologies informatiques car elles étaient dangereuses. C’était d’ailleurs la raison qui expliquait que je n’avais qu’un simple téléphone dont je ne me servais qu’à titre professionnel et personnel mais pour des sms et appels anodins. Cependant, si mon ADN était différent et qu’une autre sœur avait déjà subit une prise de sang, le rapprochement pourrait se faire ! Mes épaules s’affaissèrent lorsque je me rendais compte que cela voulait dire que le secret n’aurait pas été gardé. Je commençais à mentalement tourner en rond et cela n’était pas bon.

Je me concentrais sur les paroles de Christopher qui ressemblaient étrangement à celles de Jean sur certains points. Je tournais la tête vers l’homme…



- Ma vie passée me rendait heureuse parce qu’elle avait un sens… Je savais que mon existence avait pour but de protéger les Pierres d’Âmes mais j’ai échoué. Qu’est-ce qui me dit que je n’échouerais pas à nouveau ? J’eus ensuite un léger rire ironique. Mes rapports avec les autres… J’évite les gens un maximum parce que je suis trop étrangère à ton monde et que je ne veux pas éveiller les soupçons. Puis j’éclatais de rire en entendant la définition du plaisir qu’il me donnait. Si c’est ça le plaisir alors cela m’est totalement inconnu. Ma différence n’est pas que physique Christopher, elle est aussi comportementale. Je n’ai jamais fait tout ce que tu viens de dire ! Les glaces ou l’ecstasy, je ne connais pas… Je n’ai jamais été voir un film au cinéma et je n’ai même pas de télévision. Pour ce qui est de coucher avec un inconnu, c’est pareil ! Je ne connais pas… ce qui n’a rien d’étonnant puisque je n’ai eu de relation intime qu’une seule fois !


Je savais que ces informations, toutes sans exception, allaient surprendre l’homme. Ça avait été le cas concernant Jean et pourtant lui savait ce que j’étais. Peu importe ! Je réfléchissais déjà aux propos suivant de Christopher.


- Vos chevaux ne volent pas, déclarais-je simplement concernant l’équitation. Comme Vampyr tu dis ? répétais-je en observant le lieutenant. Je pensais que la police le considérait aussi comme un malfrat… Ce n’était pas le cas ?


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MessageSujet: Re: [Livre I - Terminé] Il ne faut pas dire toute la vérité, mais il ne faut dire que la vérité.   Lun 2 Avr - 19:43

Lily révéla qu’elle était capable de faire valser un homme du poids de Christopher sur plusieurs mètres, d’une seule main, sans forcer, en d’autres termes qu’un unique coup de poing suffirait à lui pulvériser la cage thoracique et sans doute le tuer. Bien entendu, le sportif désirait simplement progresser à la dure. Mourir ou se retrouver invalide lors d’un entraînement extrême ne lui apporterait rien (sinon le repos éternel), comme disait Lily. Il approuva donc de la tête lorsque la coach mentionna la retenue dont elle devrait faire preuve.


Ensuite, Christopher garda le silence sur les élucubrations de la pseudo-Valkyrie sur le Grand Temple de son Grand Rêve fantasmagorique. Si Lily s’était rendue sur le site d’une explosion nucléaire, son corps aurait engrangé une dose mortelle de radiations et elle ne serait plus là pour en parler. Ou alors, en ayant attendu un délai suffisant, elle courrait le risque d’accoucher un jour d’un enfant à trois bras. Mais puisque la malade mentale rejetait toute logique contredisant son récit fantastique, cet argument ne la convaincrait pas davantage que les précédents.


En revanche, une lueur d’espoir imprima un joyeux alléluia sur les rétines du policier quand elle manifesta de l’intérêt pour le test ADN. C’était la première franche ouverture depuis qu’ils discutaient des origines de « Liv », et Chris allait s’y cramponner avec l’enthousiasme d’un guépard mordant la gorge d’une antilope. Quitte à prendre quelques largesses avec la réalité.

— Bien sûr que j’en connais, je suis lieutenant de police ! Les laborantins du département scientifique font des analyses ADN tous les jours, le plus souvent avec un accès restreint au dossier associé afin d’éviter les partis pris ou les fuites. Laisse-moi juste un peu de temps pour prendre toutes les précautions nécessaires et nous garantir une discrétion totale. Il n’y aura même pas besoin de prise de sang, la procédure standard consiste à prélever un échantillon de salive par frottis buccal. C’est très simple et on pourra le faire ensemble, ainsi je serai la seule personne à pouvoir faire le lien entre l’ADN et toi. Cela implique bien évidemment que tu me fasses confiance, et je n’ai que ma parole à te donner.

Après toutes les entorses au règlement dont Christopher s’était rendu coupable, il ne s’inquiétait guère pour une simple analyse ADN. Depuis toujours les flics recouraient à la scientifique pour des tests de paternité. C’était un secret de polichinelle qui se moyennait quelques billets ou un échange de services. Deux PV sautés pour vérifier que le bambin portait les chromosomes de papa.
Il fallait juste trouver un collègue qui garderait pour lui d’éventuelles anomalies inédites, sans aller moucharder à ses supérieurs ou à un comité scientifique dans l’espoir de connaître son moment de gloire (pour ça, se filmer à faire le con sur EuroTube marchait mieux, de préférence avec un chat). En d’autres termes, il fallait trouver un collègue qui aurait beaucoup à perdre s’il s’avisait de jouer au mariole avec le lieutenant Christopher Hart, lequel cumulait plus de vingt ans d’expérience sur les moyens de clouer le bec aux cafteurs (il avait commencé dès le collège).

Bien entendu, le policier n’émit aucun commentaire sur les façons dont cette expérience pourrait aider Lily à retrouver ses « sœurs ». À moins d’un miracle, il n’y en aurait aucune. Afin de prévenir tout risque, l’ADN de sa coach singulière ne serait pas entré dans la base de données et ne trouverait donc aucune correspondance. En revanche, les résultats que Chris conserverait pourraient être comparés à d’autres dans le futur…

Sur le sens à donner à sa vie et la différence entre le bonheur et le plaisir, Lily se montrait aussi bouchée que sur ses origines, sinon plus. Bon sang, les gamins de la paroisse que Chris encadrait le premier dimanche du mois comprenaient mieux qu’elle. Mais ils n’avaient pas subi un lavage de cerveau pendant les vingt premières années de leur vie, ce qui expliquait sans doute cette difficulté de compréhension.
Discuter avec cette femme qui prenait chaque parole au mot sans chercher à en comprendre le sens lui rappelait ce proverbe de Lao-Tseu : « Quand le sage montre la lune, l'imbécile regarde le doigt ». Sauf que Chris avait la sagesse d’un emballage Carambar. Quant à Lily, elle était sûrement plus ignorante et excentrique que stupide (ou pas).
L’homme soupira.

— Bien sûr que tu as des rapports avec les autres, à commencer par les nombreuses femmes auxquelles tu apprends à se défendre pour gagner ta vie. Et le plaisir ne t’est pas inconnu, tu as juste pris mes exemples pour toi. Si aucune nourriture ou boisson ne t’apporte satisfaction, si tu n’as jamais pratiqué d’activité de loisir, si tu n’as aucun intérêt pour l’art, si tu n’éprouves aucune sensation agréable en prenant ta douche après une séance de sport, si caresser un cheval docile avec ou sans ailes ne te réjouit pas le cœur, alors je voudrais bien te croire.

Contrairement à ce que Lily pensait, le policier n’était guère surpris de ses mœurs, cohérentes avec une fille élevée dans une secte et donc coupée du monde. Sauf peut-être la glace : avec toutes les publicités et les gourmandes qu’on croisait en période estivale, Christopher pensait qu’elle aurait essayé d’en goûter une depuis cinq ans qu’elle vivait à Europolis, ne serait-ce que par curiosité.
Hormis le cinéma, lui-même n’éprouvait aucune attirance pour les exemples qu’il avait mentionnés. Mais comme ses collègues aimaient lui rappeler, il était « Monk », le type qu’on verrait davantage dans un monastère perché au sommet de l’Atlas qu’à l’Europolis Police Department. Si seulement…


Christopher leva un sourcil réprobateur lorsqu’elle rappela le statut officiel de Vampyr. Cet individu ou groupe d’individus lui avait rendu l’espoir, en même temps qu’il avait brisé ses illusions lorsqu’une de ses listes de fonctionnaires corrompus avait cité le nom de Lauren Anders.
Vivant déconnectée du monde, Lily n’avait sans doute qu’une vision très étriquée de l’impact que Vampyr avait produit sur Europolis.

— Officiellement oui, Vampyr était un malfrat car il agissait hors de toute autorité légale. Officieusement, nombre de citoyens et de policiers le considèrent comme un héros. Surtout parmi les gens honnêtes, ce qui vaut bien la reconnaissance du pouvoir dirigeant. Dans un monde idéal, les justiciers comme Vampyr ne devraient pas exister ; mais dans une ville malade comme Europolis, il est le genre de traitement de choc dont nous avions besoin. Dont nous avons encore besoin aujourd’hui, oserai-je ajouter.

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MessageSujet: Re: [Livre I - Terminé] Il ne faut pas dire toute la vérité, mais il ne faut dire que la vérité.   Jeu 5 Avr - 23:19

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Je ne cachais pas à Christopher que je pouvais, si l’envie me prenait, de le tuer avec plus d’aisance que n’importe lequel des malfrats qu’il avait pu croiser. Ce n’était pas mon but bien entendu ! Les Dieux protégeaient les hommes et j’étais censée être la protectrice des Dieux eux-mêmes. J’avais peut-être échoué mais cela ne voulait pas dire que j’allais, en plus de ça, bafouer leur mémoire.
Je venais de dire à cet homme que j’allais l’entraîner et c’était ce que je ferais. Malgré l’angoisse, je ne pouvais m’empêcher de ressentir une certaine impatience. J’aurais moins à me cacher, à gérer ma force et cela me ferait le plus grand bien. Je pourrais une fois de plus être réellement moi-même durant quelques heures.

Pour la suite, je n’insistais pas car je savais que tout ce que je disais me faisait sûrement passer pour une folle aux yeux du lieutenant. Christopher disait avoir l’esprit ouvert mais de mon point de vue, c’était tout le contraire. Il était beaucoup trop terre à terre pour me croire et tout ce que je lui disais restait pour lui dans le domaine des mythes et légendes.
J’en venais à me demander si c’était si grave que ça ? Qu’est-ce qui était le plus dangereux pour moi ? Qu’il me croit ou qu’il me prenne pour une folle endoctrinée ou ayant subi des expériences ? Je n’en savais rien et toutes ces questions s’envolèrent lorsqu’il parla du test ADN.

Je m’intéressais à cela depuis longtemps mais je n’avais jamais pu tenter quoique ce soit car les risques étaient trop dangereux. J’avais vite compris que je vivais dans un monde dit « connecté » et tout ce qui touchait à l’informatique représentait un risque. Le moindre ordinateur ou téléphone pouvait être piraté et il en allait de même des résultats de recherches puisque ces derniers étaient enregistrés sur des supports informatiques. Cependant qui était mieux placé qu’un lieutenant de police pour effacé des données, en dehors de pirates ? Je ne voyais pas.
Totalement captivée, j’écoutais alors l’homme me dire qu’un test était possible et qu’en prenant quelques mesures de sécurité il n’y aurait pas de risques, du moins je comprenais que ces derniers seraient minimes. Puis j’apprenais que le sang n’était pas nécessaire à ce genre de test ce que je ne savais pas. J’allais le lui dire mais Christopher aborda un sujet épineux. Pouvais-je lui accorder ma confiance ? Qu’est-ce qui me prouvait qu’il ne me balancerait pas une fois les preuves obtenues ? Je n’avais aucune certitude et la seule chose qu’il avait à m’offrir c’était sa parole. J’hésitais mais je désirais tellement avoir un allié qui ne soit pas un ancien ennemi que je me disais que je pouvais tenter le coup.



- La valeur d'un homme tient dans sa capacité à donner sa parole et à la respecter, déclarais-je. Mon aînée m’avait dit ça des hommes avant même que je n’en rencontre un seul, expliquais-je. J’espère qu’elle avait raison. Je me taisais et le fixais. Je vais te faire confiance et accepter ce test pour te prouver que je ne te mens, que je ne suis pas folle…


Et pourtant, folle, je l’étais ! Les risques que j’étais sur le point de prendre auraient déclenchés la colère des mes aînées. Mais ces dernières avaient disparues ! J’étais seule et mes choix n’impliquaient plus que moi et personne d’autre.
Puis arriva le moment où je prouvais à Christopher que mêmes mes mœurs ne collaient pas avec ceux des hommes. Cela ne me mettait pas vraiment en danger, je passais juste pour une originale qui aimait la solitude. Je tournais la tête vers l’homme en l’entendant soupirer et sans savoir pourquoi, cela me fit esquisser un sourire. Mon ignorance, ma différence et cette habitude de tout comprendre au premier degré agaçait… Je le savais et c’était ce qui me faisait parler le moins possible en temps normal.
Je haussais les épaules. Je ne pouvais pas dire que je n’appréciais pas une séance de sport ou une bonne douche après ça mais pour le reste… je ne savais pas ! Mon intérêt pour l’art n’était pas feint mais il avait pour but de m’aider à retrouver les Pierres. Dans le cas contraire, je ne savais même pas si je m’y serais intéressée.



- L’art me plait mais mon intérêt est né de mes recherches pour retrouver les Pierres d’Âmes… C’est plus une nécessité qu’un plaisir non ? demandais-je en observant l’homme. Puis je me souvenais d’une chose qui me fit sourire. Je crois que j’aime danser… danser à deux ! Je n’ai pas essayé toute seule, précisais-je. Je me taisais. Qu’est-ce que tu aimes toi ? l’interrogeais-je spontanément.


Après tout il me posait des questions pour en savoir plus à mon sujet, je pouvais me permettre de faire la même chose le concernant. Et mon intérêt n’était pas feint, j’étais réellement curieuse d’en apprendre plus sur cet homme qui tentait de m’aider à trouver un objectif.
Vampyr ! Je n’avais eu aucun mépris, ni aucune admiration pour lui. Il faisait ce qui lui semblait juste ! Il nettoyait la ville de ses malfrats et autres pourritures… pourtant, il était un hors-la-loi. Je n’avais pas vraiment saisi pourquoi mains maintenant je comprenais. Je voyais même où Christopher voulait en venir, du moins c’était ce que je pensais.



- Je vois, dis-je en me redressant et en regardant Christopher dans les yeux. Tu pense que je pourrais me servir de mes capacités pour arranger la situation à Europolis… aider la police mais en restant dans l’ombre. C’est ça ?

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MessageSujet: Re: [Livre I - Terminé] Il ne faut pas dire toute la vérité, mais il ne faut dire que la vérité.   Lun 9 Avr - 19:43

Christopher se frotta les mains lorsque Lily accepta de collaborer au test ADN. Si elle restait outrageusement bornée devant les arguments du policier, elle capitulerait forcément devant les preuves scientifiques de l’analyse ADN. Peut-être pas dès l’annonce des résultats, car les personnes endoctrinées peinaient à sortir du déni, mais la graine du doute serait semée. Une graine vivace qui ne ferait que pousser dans les périodes à venir. La génétique de son propre corps ne pouvait pas la tromper.
Convaincu d’agir pour le bien de son entraîneuse, Chris se réjouissait à l’avance et faisait déjà défiler mentalement les visages de laborantins susceptibles de pouvoir l’aider discrètement.

— Merci de ta confiance. À Europolis, hommes et femmes se valent en termes de respect de la parole donnée, on trouve des gens fiables et des bonimenteurs chez toutes les catégories de population. En ce qui me concerne, je ne te trahirai pas sur cette affaire quoi qu’il en coûte.

Bien entendu, il ne s’attendait pas à ce que le test confirmât la version de la Valkyrie imaginaire. Il donnait rarement sa parole, car la bienveillance passait toujours en priorité. À ses yeux, il était stupide de rester buté et causer du tort pour une histoire de serment. Lorsqu’il s’engageait aussi clairement, c’était avec la conviction d’agir pour le mieux, la certitude que rien ne pourrait lui faire changer d’avis. Sa promesse, c’était un engagement solennel à fournir son aide dans les termes énoncés.
Le policier affichait donc une expression sincère et déterminée, soutenant sans sourciller le regard de Lily.


Les derniers exemples qu’il avait choisis pour expliquer la notion de plaisir, plus proches du mode de vie supposé de l’entraîneuse, semblèrent porter leur fruit.
Chris s’engouffra dans la brèche et répondit à ses questions avec enthousiasme, heureux d’avoir réussi à se faire comprendre.

— Le plaisir et la nécessité peuvent aller de pair. Prends la nourriture et les boissons : ce sont des besoins vitaux, mais on peut choisir de manger et boire ce qui nous fait plaisir. Pas forcément le plus plaisir, car il faut aussi tenir compte de la santé et d’autres facteurs.
Danser est au contraire une activité dispensable pour la plupart des gens, et si tu la pratiques pour le plaisir on peut dire que c’est un loisir, voire une passion si tu aimes vraiment et que cela s’inscrit dans la durée !
De mon côté, je suis plutôt classique et ennuyeux… j’apprécie l’esthétisme simple des arts anciens et les belles symphonies des siècles derniers.


Christopher préféra de ne pas s’attarder sur le sujet. S’il lui annonçait que son cœur vibrait en écoutant l’Adagio en G mineur d’Albinoni, que la Sonate au clair de lune de Beethoven élevait son esprit au-delà de la voûte céleste, ou qu’il sentait une agréable sérénité en parcourant le jardin botanique d’Eden Park, Lily le regarderait comme tout le monde avec les yeux ronds de l’incompréhension ou de la moquerie. Rares étaient les personnes à partager les goûts artistiques du trentenaire ; il s’agissait le plus souvent de snobinards sans autre affinité avec ce banal représentant des classes moyennes, un homme qui se mêlait quotidiennement à la racaille d’Europolis et ne possédait pas le bagage intellectuel des amateurs d’art.

En outre, Christopher n’aimait guère évoquer sa vie privée. Son monde n’avait pas été détruit par une charge nucléaire, mais son univers s’était effondré à la mort de Lauren. Peu après, l’annonce de sa duplicité avait conduit l’amant brisé et trahi à se replier sur lui-même.
Policier, combattant clandestin, paroissien, spectateur anonyme, les principales facettes de son existence (et de sa personnalité) formaient des espaces compartimentés dont lui seul avait une vue générale. Depuis trois ans Chris menait une vie austère et solitaire, sans laisser personne franchir les hautes murailles qu’il avait érigées autour de son intimité.


Heureusement, l’évocation de Vampyr avait mis un sujet plus adéquat sur la table. Au grand plaisir de son élève, Lily avait saisi très vite le sens de ses paroles.
L’officier de police plaça les mains sur ses hanches comme un professeur de sport se livrant à une explication.

— En effet. Sur le terrain, de nombreux méfaits peuvent se résorber sans l’emploi d’armes à feu. C’est même préférable pour éviter de tuer, car les voyous ne sont pas tous des vermines irrécupérables. Certains, surtout parmi les jeunes, ont juste besoin d’un coup de pied au postérieur pour retrouver le bon chemin.
Par ailleurs, tu ne serais pas un cas unique. L’exemple de Vampyr a suscité bien des vocations. Certaines sont maladroites, d’autres trop extrêmes, mais j’ai pu constater que la flamme de l’héroïsme brûle chez une partie de nos concitoyens.
Cela reste une activité risquée, même pour une personne comme toi
(d’un geste de la tête, Chris désigne la blessure par balle sur le bras de Lily). Tous les policiers ne sont pas aussi complaisants que moi, idem pour les civils. Et bien sûr la corruption et l’incompétence sont présentes partout, c’est pourquoi il faut garder un esprit critique en toute circonstance et agir avant tout selon sa conscience.
Mon avis est nécessairement biaisé puisque j’ai choisi ce métier, mais aider les forces de l’ordre à faire régner la justice à Europolis, c’est pour moi un excellent moyen de servir la population, et donc de se sentir utile. Il y a des jours où l’on se sent impuissants, et à certains moments nous le sommes vraiment, mais j’ai la naïveté de croire qu’en unissant leurs forces, les personnes de bonne volonté pourront améliorer les conditions de vie à Europolis.

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MessageSujet: Re: [Livre I - Terminé] Il ne faut pas dire toute la vérité, mais il ne faut dire que la vérité.   Sam 21 Avr - 0:14

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La réaction de Christopher me fit légèrement froncer les sourcils. Il avait l’air réellement enthousiaste que j’accepte de faire ce test ADN… Pourquoi ? Il allait avoir la preuve que son monde n’était pas celui qu’il croyait depuis toutes ces années. Il n’y avait pas de quoi ce réjouir. Puis je comprenais. Il pensait réellement que je n’avais pas toute ma tête et il voulait me prouver que je n’étais qu’une simple humaine folle ou endoctrinée comme il me l’avait dit. Si c’était ça, il allait tomber de bien haut. Malgré ma curiosité je ne cherchais pas à savoir si mon raisonnement était le bon mais cela ne m’empêcha pas de me demander quelle tête il ferait en apprenant la vérité à mon sujet, avec preuves à l’appui.
Pour le reste, je haussais les épaules à ses paroles avant de hocher la tête, d’un comme un accord, lorsqu’il déclara qu’il ne me trahirait pas.



- J’ose espérer que cela est une vérité absolue… Si tu trahissais cette parole tu mettrais plus d’une personne en danger et je suis certaine que ce n’est pas ce que tu veux.


J’étais honnête dans mes paroles car je considérais mon élève comme quelqu’un de bienveillant. Étrange quand on savait la manière dont il avait quitté mon premier cours ! Mais que voulez-vous ? Cela venait peut-être du fait qu’il représentait la justice et qu’il semblait appliquer cette dernière avec le respect qui était dû à l’innocence. Et moi ? Étais-je innocente ? Pas vraiment quand on savait le nombre de soldats que j’avais tué… Que ferait le lieutenant s’il apprenait cela ? Je le dévisageais en me rendant compte que j’ignorais totalement la réponse. Bien sûr, il ne pouvait pas l’apprendre mais tout de même… la question demeurait dans mon esprit et se transformait en ‘Puis-je considérer les hommes comme des alliés ?’ Je pensais alors à Jean et à ce qui s’était passé entre nous…
Puis je revins à la réalité en entendant la voix masculine de Christopher. J’eus un léger rire en entendant les paroles de l’homme concernant la nourriture… S’il savait ! Concernant la danse, je n’avais pas vraiment réessayé car le contexte ne s’y était pas prêter. Pour le reste, je haussais les épaules, sceptique. Je n’étais pas d’accord avec les propos de Christopher mais je choisissais d’expliquer, avant tout, mon rire.



- Concernant la nourriture tu vas me prendre pour une folle, déclarais-je. Enfin, peut-être pas plus que maintenant à vrai dire, précisais-je le regard lourd de sous-entendus voulant dire ‘non ! je ne suis pas tarée !’. Je ne mange rien de… comment vous dites déjà… transformé ou préparé ! Uniquement des viandes, poissons avec des fruits et légumes, et frais uniquement. Je reconnais que certaines choses ont l’air délicieuses, avouais-je. Mais je préfère ne pas manger ce que je ne connais pas. Pensive, je n’abordais pas le sujet de la danse et reportais mon regard sur Christopher après avoir fixé un point invisible un temps. Classique ne veut pas dire ennuyeux… de mon point de vue bien sûr. Je n’ai entendu que quelques symphonies mais je les ai trouvé plus envoûtantes que n’importe quelle musique qu’ils passent dans les pubs à la mode… les rares où j’ai mis les pieds bien évidemment.


Puis je ne disais rien de plus car je ne connaissais pas assez de chose dans ce domaine que j’appréciais pourtant. Et puis l’évocation de Vampyr effaça un peu le reste. Je ne m’étais jamais réellement intéressée à ce personnage, trop occupée à recherche mes sœurs et des pistes pour retrouver les pierres.
Mais là, en cet instant, j’écoutais le lieutenant avec la plus grande attention. Oui, je voulais me sentir utile ! Aider la police de manière indirecte était peut-être la meilleure façon de m’intégrer ou tout du moins de savoir que mon existence en ce monde n’était pas vaine.
Pourtant, après que le représentant de la loi eut fini de parler je ne disais rien. Mon esprit vagabondait alors que je fixais mes mains dont l’une d’elle avait effleuré mon ancienne blessure.



- Il n y a pas que les jeunes qui peuvent être remis sur le droit chemin, déclarais-je soudainement. Un homme qui vole la nourriture qu’il n’a pas les moyens d’acheter pour sa famille n’est pas forcément quelqu’un de mauvais… N’est-ce pas ? Je me taisais, en pleine réflexion. Mais comment savoir lesquels de tous ces malfrats sont réellement mauvais ? Vous autre les hommes, vous avez parfois un comportement tellement étrange qu’il induit en erreur. Toi par exemple, continuais-je, après les paroles que tu as eu avant de partir la semaine dernière… et bien si j’avais suivi ce que l’on m’a enseigné et mon instinct, j’aurais du te tuer. Je le fixais. Mais pourtant nous sommes là et nous discutons…


Alors qu’il représentait, malgré sa parole, un danger ! Mais je ne pourrais rien lui faire… C’était un innocent et mes Dieux protégeaient les hommes. Ces mêmes hommes qui les avaient détruits. Sans m’en rende compte, j’entrouvrais la bouche pour parler et me contentais de soupirer alors que mon regard était toujours posé sur mon élève.


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MessageSujet: Re: [Livre I - Terminé] Il ne faut pas dire toute la vérité, mais il ne faut dire que la vérité.   Lun 23 Avr - 13:54

Le test ADN était à présent dans le sac, bien que Lily manifestait toujours une certaine inquiétude teintée de méfiance.
Le lieutenant de police était familier de ces réactions. Il y était régulièrement confronté avec les indics qui moyennaient leurs informations contre un service rendu (généralement, fermer les yeux sur leurs activités illicites) ou plus rarement rémunération (y compris en drogues issues des saisies… un mal pour combattre un mal plus grand).
Évidemment, Christopher se garda d’évoquer cette comparaison. Certains indics finissaient mal. Très mal. Il en avait même tué de ses propres mains, à l’époque où la mort de Lauren l’avait plongé dans un abyme de folie et de brutalité sauvage.

— On a un accord, se contenta-t-il de confirmer.


Le régime alimentaire de l’entraîneuse ne provoqua aucune réaction de surprise ni même de jugement chez son élève. Au rayon des particularités de la prétendue Valkyrie, celle-ci était sans doute la plus banale et partagée par de nombreux écologistes.
C’est donc avec une parfaite neutralité qu’il réagit aux explications de Lily, imperméable au rire de celle-ci.

— Oh, tu sais, dans notre ville moderne de 12 millions d’habitants, tu es loin d’être la seule. Les citoyens d’Europolis ont la liberté de suivre quantité de régimes alimentaires différents et ne s’en privent pas. Certains bannissent tout produit animal de leur consommation, d’autres se nourrissent uniquement d’aliments crus, il y a aussi les aficionados de cuisine spécifique à une région du monde quelconque. Tant que ce régime te maintient en bonne santé, je n’y vois aucun problème. Ceux qui sont d’un avis contraire sont des attardés, des ignorants, ou des jaloux qui se ruinent la santé en avalant des cochonneries et n’ont pas la volonté de s’en priver.

Christopher suivait lui-même un régime strict afin de rester en forme et optimiser ses performances sportives. Compléments alimentaires, shakes protéinés, tout ce qu’il avalait devait contribuer à le rendre plus fort et plus endurant, dans la salle de sport comme dans l’arène. Tout, ou presque, car il n’avait pas encore franchi la ligne rouge des myriades de produits dopants faciles à se procurer, bien qu’il y songeait sérieusement.

Le musicien amateur poursuivit sur un thème qui lui tenait à cœur, même s’il gardait une réserve sur sa propre sensibilité.

— Si un jour tu souhaites vraiment goûter la musique classique, je te conseille de te rendre à un concert. L’expérience est incomparable. On n’entend plus seulement avec nos oreilles : le corps entier vibre avec les instruments de l’orchestre et s’émeut avec les interprètes. On oublie le public pour s’ouvrir à des horizons bien plus vastes et plus élevés que son environnement immédiat.
Aujourd’hui, pour les gens de ta génération et même la mienne, la norme consiste plutôt à se trémousser sous des lumières stroboscopiques rythmées de sonorités industrielles après avoir avalé un cachet d’ecstasy et plusieurs verres d’alcool. On ne cherche plus à effleurer la suprême beauté en toute conscience, mais à se désinhiber et à s’éclater.


L’Anglais s’exprimait avec la sévérité d’un aristocrate né durant l’époque victorienne plutôt qu’un londonien branché de 36 ans. On ne le surnommait pas « Monk » sans raison.
Outre son éducation, c’est sa quête de calme et de beauté qui expliquait son rejet des pratiques modernes. À trop fréquenter les excès de la société dans ce qu’elle a de plus sordide, il risquait l’overdose en leur permettant de déborder dans sa vie privée.
Pourtant lui aussi s’éclatait à sa façon, en prenant des coups et en cognant ses adversaires dans les souterrains crasseux des arènes clandestines. Mais toujours en pleine conscience, jamais sous l’influence de substances chimiques qui altèrent le comportement.


L’intérêt de Lily pour la justice et les notions de bien et de mal ramenèrent le policier à un sujet plus terre-à-terre. Un thème au cœur de ses préoccupations qui expliquait son expression sérieuse.

— Ton exemple de vol de nourriture est juste, mais heureusement inapplicable à Europolis et même à toute l’Europe. Notre société souffre de bien des maux, la misère y revêt bien des formes, mais grâce aux aides alimentaires personne n’y meurt de faim sauf cas très particuliers.
La question n’est pas tant de savoir si une personne est bonne ou mauvaise. Nous sommes tous les deux à la fois, avec un équilibre qui fluctue selon les circonstances et des myriades d’autres facteurs. L’essentiel, selon moi, est de déterminer si les actes d’un individu nuisent ou non à ses semblables ou à lui-même. Voilà la boussole qui doit nous guider, même elle pointera généralement sur « danger à neutraliser » face à une personne méchante comme une teigne. Tu commettras forcément des erreurs. La justice elle-même commet des erreurs, malgré ses procédures complexes, ses procureurs spécialisés et ses cohortes d’avocats. Il faut les accepter, apprendre à en tirer des leçons et essayer de les corriger dans la mesure du possible. Un de mes professeurs à l’école de police nous répétait toujours : « on ne peut pas nettoyer la merde sans se salir les mains, c’est comme ça, mais vous devez faire tout votre possible pour l’éviter ».
Par contre, si ton « conditionnement » et ton instinct te soufflaient de m’éliminer après mes paroles de la semaine passée, alors tu as effectivement un gros travail à faire pour changer.
(Christopher ne manifeste aucune peur tandis que Lily le fixe du regard, privilège de ceux qui ont vu la mort de près et sont résignés à ne pas faire de vieux os.) Un travail déjà engagé puisque nous sommes ici à discuter, comme tu le soulignes. (Il affiche enfin un sourire.) Et je t’en félicite, d’autant que cette prise de conscience est venue de toi. On peut menacer une personne, la blesser, la mettre derrière le verrou ; même en cas d’erreur elle pourra reprendre le cours de sa vie. Quand on tue quelqu’un, il n’y a pas de retour en arrière possible, alors il faut vraiment être sûr de son coup.

Christopher soupira, puis sa mâchoire se serra en une expression maussade. Les jolis principes qu’il énonçait à Lily, le policier les avait tous enfreints. Plus d’une fois.
Un type comme lui n’avait aucune légitimité pour conseiller qui que ce soit. Un sale con avec un insigne. Voilà comment le flic se considérait, les mauvais jours. Il s’accrochait à un vague espoir de rédemption tel le naufragé à sa bouée de sauvetage, s’imaginant que batailler contre le crime pourrait laver ses péchés.
Sa vie avait de toute façon pris fin le 10 juillet 2046, le jour où Lauren était morte. À présent il faisait de son mieux en attendant que la Faucheuse vienne le chercher à son tour.

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MessageSujet: Re: [Livre I - Terminé] Il ne faut pas dire toute la vérité, mais il ne faut dire que la vérité.   Mar 1 Mai - 23:28

Cours n°2
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Je hochais la tête. Effectivement nous avions un accord et j’espérais qu’il tiendrait sa parole. Si ce n’était pas le cas, je serais en danger car recherchée mais il n’y aurait pas que moi. Lui aussi le serait car je le trouverais et le tuerais s’il jamais l’idée de me dénoncer lui traversait l’esprit. Bien évidement je ne disais pas le fond de mes pensées à voix haute et je ne rajoutais rien à cela. L’accord était passé et seul l’avenir nous dirait ce qu’il allait donner.
Pourtant je ne pouvais m’empêcher de me demander quelle serait la réaction du lieutenant lorsqu’il apprendrait que je ne lui avais pas menti. Il aurait des questions même si je lui en avais déjà dit pas mal… Mais il voudrait des précisions, j’en étais certaine.

Concernant le sujet suivant je remarquais que Christopher restait hermétique à mon rire ! Et dire que l’on disait de moi que je n’avais pas d’humour… le représentant de la loi était dans le même cas visiblement. Mais je n’y prêtais pas attention et lui expliquais mon régime alimentaire que certains pouvaient trouver étrange. Du moins les rares personnes à qui j’avais pu le dire trouvaient ça complètement fou. Rien d’étonnant de la part d’Isa puisqu’elle adorait les gâteaux en tout genre. Cette pensée me fit sourire avant que je ne me concentre à nouveau sur mon interlocuteur qui m’expliquait que mon régime alimentaire n’était pas si étrange que cela.
Contrairement à Christopher je ne considérais pas Isa comme une ignorante ou une attardée… elle avait seulement été surprise et ne m’avait nullement critiqué. Bien sûr, elle tentait toujours de me faire goûter ce qu’elle grignotait quand je descendais boire le café mais la réponse était toujours négative.



- Je ne savais pas tout ça… Je savais que certaines femmes faisaient des régimes stricts pour préserver leur poids mais j’ignorais que certains mangeaient leur nourriture crue, avouais-je. Enfin, ignorer cela n’est pas très grave mais je me rends une fois de plus compte qu’il y a encore beaucoup de chose que j’ignore aux sujets des hommes. Je soupirais. Les Valkyries sont… étaient tellement moins complexes.


Nous avions toutes le même but… devenir des vraies guerrières afin de protéger nos Dieux endormis. Si les hommes étaient compliqués à cerner ce n’était pas sans raison et je le comprenais à présent. Ils avaient dès leur naissance une multitude de choix qui s’offraient à eux, leur destin n’était pas tracé comme l’était le mien. Les choix multiples qui s’offraient à eux les rendaient très différents les uns des autres. Toutes les Valkyries n’étaient pas semblables concernant leur caractère mais le fait que notre but principal soit le même nous unifiait.
Je sortais très vite de ma rêverie lorsque Christopher évoqua la musique classique. Sa façon d’en parler était magnifique et me donnait réellement envie d’aller à un concert mais lequel ? où ? avec qui ? Les bains de foules ce n’était pas mon truc alors aller me trémousser sur une piste de danse sous les effets de drogue et d’alcool, très peu pour moi ! Je secouais la tête.



- Je déteste ces soirées bruyantes et insensées. On ne peut faire un pas sans être harceler par des types qui ne disent vouloir que notre bien mais dont les vraies intentions douteuses se voient comme le nez au milieu de la figure, déclarais-je en fixant ma porte close. Je déteste ça ! Je me sens agressée par ce genre de comportement. Depuis j’évitais ce genre de soirées et lorsqu’Isa voulait qu’on aille boire un verre c’était dans un pub tranquille qu’on le faisait. Puis je posais à nouveau mon regard sur le lieutenant. La façon dont tu parle de ces concerts est magnifique, dis-je pensive. Cela me donne envie de découvrir ça… mais encore faut-il savoir où aller et avec qui. Je me taisais. Les bains de foule ce n’est pas ma tasse de thé, avouais-je. Ou alors il faudrait que je sois la première arrivée et la dernière partie puisqu’on oublie la présence du public, ajoutais-je en reprenant ses mots.


Mais cela étant dit j’envisageais sérieusement d’aller à un concert et je décidais que je me renseignerais dès le lendemain concernant les prochains qui auraient lieu en ville. Du moins je le ferais si le sujet de conversation qui débutait entre Christopher et moi ne me le faisait pas oublier.
Le bien et le mal n’étaient pas faciles à analyser et même si mon exemple tiré d’un autre pays était bon cela ne m’empêchait pas de trouver le concept difficile à comprendre. Tout ce que me disait le lieutenant me prouvait la complexité d’agir sans faire d’erreur, chose impossible selon lui. Je soupirais doucement sans pour autant l’interrompre. Je me concentrais sur chacun des mots qu’il prononçait car je voulais parvenir à comprendre. Puis je notais une chose qui me fit froncer les sourcils. Tuer n’était pas une chose sans conséquence d’après l’homme et cela ne semblait pas être quelque chose d’agréable. Pourtant je me souvenais parfaitement des paroles de Jean…



- Les Valkyries sont nées pour être des guerrières et donc des tueuses… Je suis née pour ça, dis-je en le fixant. Mais tout a changé maintenant que je vis parmi les hommes au lieu de protéger mes Dieux. Mon premier réflexe a été de vouloir te tuer car c’est comme cela que l’on m’a élevé. Mais j’ai su que je n’en ferai rien ! Que deviendrais Europolis si les personnes voulant maintenir la justice se faisaient tuer ? Ce serait le chaos ! Et ça, je l’ai déjà connu et je ne veux pas le revivre à nouveau. Je marquais une pause. Je pense que tu as raison concernant ce que je suis et les compétences que je possède… J’ai la possibilité d’aider à maintenir l’ordre dans cette ville et je pense que c’est ce que je devrais faire.


Je finissais ma phrase au moment même où la sonnerie d’un téléphone portable retentit.


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MessageSujet: Re: [Livre I - Terminé] Il ne faut pas dire toute la vérité, mais il ne faut dire que la vérité.   Jeu 3 Mai - 13:31

Christopher était quelque peu dépité devant tant d’ignorance.
Heureusement, Lily était encore jeune et avait toute la vie devant elle pour s’adapter à son nouvel environnement. Une adaptation somme toute laborieuse : elle résidait quand même à Europolis depuis cinq longues années. Son conditionnement sectaire et la crainte de révéler ses extraordinaires capacités physiques ralentissaient considérablement le processus d’apprentissage.
Le barbu qui ne s’attendait pas à jouer l’anthropologue afficha un sourire rassurant afin de l’encourager.

— On dirait que tu commences à saisir la formidable diversité de l’espèce humaine. Europolis est d’ailleurs le meilleur endroit au monde pour en avoir un aperçu. Une vie entière à étudier les peuplades et les cultures de la planète ne suffirait pas à toutes les connaître. Les groupes qui vivent en réclusion (comme les sectes, pensa-t-il) sont forcément plus homogènes. L’éducation que tu as reçue ne t’a pas préparée à notre cosmopolitisme moderne, mais on t’a quand même inculqué certaines valeurs universelles. Tout le monde ne bénéficie pas de fondations aussi solides pour démarrer dans la vie.

Le policier qu’on surnommait Monk appréciait indubitablement les mœurs de son entraîneuse, proches de son éducation chrétienne et de ses penchants naturels. Il commençait à s’apercevoir des nombreuses affinités qu’il partageait avec Lily malgré leurs origines, leurs parcours et leurs milieux très différents.
À commencer par les loisirs.

— Eh bien sur ce point, tu réagis de façon parfaitement légitime. La plupart des hommes vont dans ce genre d’endroit comme à la pêche, lançant leur hameçon ici et là jusqu’à attraper un poisson.  (Le ton de Christopher devient nettement méprisant.) Vous les femmes n’êtes rien d’autre que — pardonne l’expression — de la chair à baiser pour eux. Au cours des dernières décennies, notre société a certes réalisé d’immenses progrès en matière d’égalité des sexes, mais le chemin reste désespérément long sur le respect d’autrui… (Christopher baisse les yeux dans un soupir de lassitude.)
Tu ne verras jamais pareille attitude dans un concert de musique classique. Ou presque jamais, malheureusement il y a des cons partout. Les spectateurs prennent place sur leur siège et gardent le silence, à l’écoute des interprètes et respectueux des autres auditeurs. Les rares échanges verbaux se font uniquement à voix basse. Je pourrai t’orienter vers de petites salles si tu le souhaites, l’acoustique n’y est pas exceptionnelle, mais le public est restreint, entièrement composé de gens passionnés dont une bonne part de musiciens amateurs. Je suis sûr qu’une de tes amies ou élèves acceptera de t’y accompagner, tu seras plus à l’aise avec une femme que tu connais assise à côté de toi.

En plus du plaisir apporté, le lieutenant estimait que ce genre d’expérience permettrait à la rescapée de secte de mieux s’intégrer dans la société. S’il était désireux de lui apporter son aide, la barrière de sa vie privée l’empêchait de s’impliquer davantage. « Monk » ne sortait jamais accompagné dans ses excursions culturelles et artistiques, à l’expression des enfants de la paroisse qu’il encadrait de temps à autre.

La dernière tirade de Lily confirma que celle-ci était sur la bonne voie. Non parce qu’on l’y avait placée de force, mais grâce une boussole intérieure qui indiquait le pôle de la justice.
C’est ce genre d’attitude qui nourrissait ses espoirs d’un avenir meilleur, d’une possibilité d’inverser le rapport de force qui entraînait Europolis dans les allées sombres d’une société décadente.

— Tu n’imagines pas à quel point tes paroles me réjouissent. Je crois fermement que nous sommes maîtres de nos choix et de nos destins, les « nées pour » sont des prétextes pour justifier nos actes et rester dans notre zone de confort. Tu as su dépasser ton éducation sans pour autant rejeter ses bons aspects, c’est à mon sens une grande preuve de courage et de maturité. À bientôt, Lily, j’espère que tu continueras sur cette voie. N’hésite pas à me contacter en cas de problème.

Le téléphone de Lily avait sonné comme pour mettre fin à cette rencontre intéressante.
Une coach de combat rapproché ultracompétente, un test ADN qui ramènerait une folasse à la réalité, une nouvelle alliée dans la lutte contre le crime, Christopher ne regrettait pas sa venue. Les risques faisaient partie de son quotidien, et il embrassa sa médaille de Saint Martin en quittant les lieux. Une fois encore, sa bonne étoile ou sa défunte mère (ou rien de tout ça, mais il était plaisant d’y croire) avait veillé sur lui.

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