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 I live. I die. I live again.
Ethan Weatherby
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MessageSujet: I live. I die. I live again.   I live. I die. I live again. EmptyDim 14 Avr - 0:20

Où s'arrête la raison ? Où commence la folie ? Ma fille est une amazone, sa mère était une amazone, sa marraine la reine de ma conjointe et de ma fille. Est-ce qu'on est déjà dans la folie à dire cela à voix haute dans son salon en se demandant ce qu'on doit faire avec une telle information ? Anastasie était avec sa gardienne ce soir, celle choisie par Kethryn pour veiller sur elle pendant mes absences et l'amazone désignée était zélée. Hors de question de partir avant l'heure indiquée par la reine, celle où je finissais habituellement. Cela veut dire qu'elle ne partirait pas avant deux bonnes heures encore et il était à peine 23 heures. Si j'étais là, c'est que j'avais donné priorité à rencontrer l'amazone qui devrait désormais garder ma fille. Elle semblait savoir y faire, elle aurait sans doute bien des choses à lui raconter, des histoires plus palpitantes que celle que je lisais à ma fille en ne voulant pas lui faire peur. Ca lui ferait du bien d'avoir une présence féminine régulière et surtout d'avoir une présence d'une personne de son peuple, même si elle ne pouvait pas encore le comprendre.

Puisqu'il me restait deux heures, je décidais de les mettre à profit pour un autre projet que j'avais en tête. Voilà quelques mois désormais que je vivais dans cette grande ville et je n'avais pas pu passer à côté de la criminalité incroyable qui y régnait. Je voulais faire ma part, essayer d'aider comme je le pourrai cette ville. Après tout pendant deux ans ma petite amie m'avait entrainé et même si je n'avais jamais été aussi fort qu'elle, j'avais quelques talents qui pourraient me servir, par exemple je savais me déplacer discrètement, indispensable pour échapper à des pillards, je savais me déplacer rapidement dans des environnements urbains complexes, j'étais en forme physiquement et finalement je savais me défendre un minimum. Ce qui me manquait pour me lancer et bien c'était le courage de le faire. Pas le courage chevaleresque de vouloir faire le bien, celui-là m'habite bien, c'est lui qui me pousse à m'interroger sur ce que je souhaite faire. C'était le courage de le faire malgré Anastasie. Et je crois que pour l'instant ma fille était bien trop importante pour moi. Trop importante pour que j'ose m'y risquer.

Alors qu'est-ce que je faisais là ? A conduire en direction de la mer, une odeur de fumée dans les narines et une femme inconsciente sur la banquette arrière ? J'essaye de faire ma part. Je tente. Enfin je crois. Ma petite balade dans Coal District avait pris une drôle de tournure. Je m'y étais rendu parce que c'est là que la criminalité y était la plus présente, que je voulais simplement la voir, voir de mes yeux si elle était vraiment aussi affirmée que les médias le disait. Je voulais éprouver la véracité de cette criminalité. Ce que j'avais vu confirmait effectivement cette vérité, Coal District est un lieu de criminalité. Facile de reconnaître un vendeur de drogues peu scrupuleux ou un autre se croyant au-dessus des lois. Ils font ça en pleine rue, ne semblent même pas avoir peur. Les gens honnêtes ne semblent plus arpenter les rues. Même moi dans mon jean et hoodie avec ma capuche je dois paraître dangereux et je pourrai me faire arrêter par la police si elle passait. Comment peut-on laisser les choses en venir à ça ? Je ne comprenais pas, Europolis était pourtant une ville où le droit et la justice avaient cours.

Quelqu'un criait à un feu qui se déclarait dans une maison. Enfin ce qui restait d'une maison. C'est un taudis le machin. Ca commençait à fumer méchamment vu de l'extérieur, pas beaucoup de monde qui en sortait. Et s'il y avait quelqu'un dedans ? Une première explosion, petite explosion, quelqu'un crie avoir vu une personne à l'intérieur. Personne ne bouge. Un bref instant je me dis que je vais faire comme les autres. Puis je me souviens que si je n'étais pas entré dans un bâtiment instable, je n'aurai jamais connu Calliope. Je sais que ça ne peut pas être elle mais j'entre dans le bâtiment qui devient lentement une fournaise. Il y a bien quelqu'un, il y a une femme, pas n'importe laquelle, la sirène de la piscine. Elle est en sale état. Le corps transpercé, plusieurs blessures plus petites, elle est trempée, ça pue l'eau de mer. Je la ramasse rapidement, ça devient une habitude et je l'emmène avec moi ça sent fortement le gaz quand je ressors. Elle a l'air vraiment mal, elle respire, ça siffle fort quand elle le fait. Elle est encore vivante. Les secours mettent du temps à arriver ici, la maison brûle de plus en plus vite, il n'en restera bientôt plus rien. Les secours, qu'avait-elle dit la dernière fois ? Pas d'hôpitaux. Cette fois je ne peux pas la ramener chez moi, ça ne va pas aller, je ne peux pas soigner … elle a un trou dans la poitrine, merde. Eloigné de plusieurs mètres de la maison en flammes, je ne sais pas quoi faire, comment réagir. Un bref instant les yeux de la jeune femme s'entrouvrent, le temps d'un murmure, un souffle, un seul mot "Mer".

La mer n'était pas très loin, même si je n'ai aucune idée de ce que je fais là. Ce que je sais c'est que j'ai eu l'impression de voir certaines blessures sur son corps se soigner, comme si l'eau de mer dont elle était trempée quand je l'avais trouvée l'aidait à guérir. Je devais être fou. J'étais parti à l'opposé des secours, jusqu'à un coin un peu à l'écart des zones passantes. La jeune femme dans les bras, je me risquais dans l'eau. L'eau est glacée, chaque pas est un effort, au moins la résistante de l'eau apaise mes bras qui tiennent toujours la jeune femme. Elle est dans l'eau … et maintenant ? Je pose mon index et mon majeur sur son cou, elle respire toujours, très faiblement, toujours d'une respiration sifflante mais elle respire. J'ai de l'eau jusqu'aux genoux avant de les plier m'agenouiller, c'est vraiment glacial, je frissonne et doucement je laisse le corps de la sirène s'immerger. Je maintiens sa tête hors de l'eau d'un bras, mon autre main est placée dans son dos pour ne pas qu'elle s'enfonce trop dans l'eau, ne manquerait plus que je la noie. Qu'est-ce que je fous-là ? Ah oui. Ma fille est une amazone comme sa mère avant elle. Alors pour autant que j'en sache, cette inconnue va peut être se transformer en Ariel et chanter dans quelques minutes. Tout son corps est sous l'eau, sauf son visage mais franchement … Ca n'a pas l'air d'être une réussite.

« Allez quoi. T'es une sale tête, une chieuse, une emmerdeuse, t'as la tête dure comme une bûche en chêne massif durcie par du titane, t'es du type increvable qu'on supporte jusqu'à la fin de ses jours avec son caractère de chien. C'est pas un … putain de trou dans la poitrine qui va te tuer. »

Quoi que je n'ai plus l'impression qu'elle respire, je la cale contre moi pour chercher son pouls sans en faire une noyée, rien de rien. Je panique un peu, bordel de merde, je la ramène d'avantage vers le bord, l'allonge, immergée en grande partie et je commence un massage cardiaque, comme j'ai appris dans le camp de réfugiés.

« Non, non, non, fais pas chier. T'as pas le droit d'être cette connasse-là. Celle qui décide de mourir entre mes bras. »

Bouche à bouche, putain j'ai jamais pratiqué sauf pour m'entrainer, je tente de me souvenir, de faire bien, retour au massage cardiaque, un, deux, trois  et … un souffle, une respiration. Mes mains reviennent sécuriser sa position, elle semble vouloir s'enfoncer dans l'eau, c'est l'impression qu'elle donne.

Où commence la folie ? Quand avec une jeune femme blessée à la poitrine on s'aventure dans l'eau, jusqu'à ce que seul son visage soit encore hors de l'eau et qu'on attend. Qu'on attend quoi ? Je n'en sais rien. Au point où j'en suis … une gifle, un rire, un baiser, un coup de poing … Avec cette femme, impossible de savoir.
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Sorcha Howl
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MessageSujet: Re: I live. I die. I live again.   I live. I die. I live again. EmptyDim 14 Avr - 16:43

Au commencement, il n'y avait que le noir absolu, infini. Mais était-ce vraiment le commencement ?
J'avais l'impression d'être prise en pleine tempête, mon corps ne m'obéissant plus, ballotté au gré des vagues et des courants. Alors je laissais faire les éléments, comme on me l'avait appris. Qui ? Quand ? Où ? Ma conscience me semblait lointaine, tout comme chaque fibre de mon être. Je me sentais moi, mais ne possédait aucune limite à cet être. J'étais à la fois un tout et rien du tout.

Le silence qui m'entourait était aussi calme qu'oppressant. Je ne savais pas encore si je pouvais lui faire confiance, si je pouvais croire qu'il était bienveillant. Et pourquoi donc cherchais-je de la bienveillance ? J'ignorais presque jusqu'au sens profond de ce mot.
Et puis j'ai fini par sentir autre chose, comme une nouvelle entité qui cherchait à malmener la mienne. J'avais l'impression qu'on me bousculait comme les rouleaux qui frappaient la surface de la mer lorsqu'ils s'écrasaient lourdement en explosant d'écume. Un spectacle aussi fascinant que puissant, même si sa beauté ne durait qu'un temps.

Bientôt, je reconnus l'odeur du sel, son goût sur ma langue qui éveilla une palpitation plus rythmée de mon coeur. Et bien que chaque battement me soit plus douloureux, il persistait à tenter de me préserver, de me faire renaître. Pourquoi ? Pourquoi la vie s'acharnait-elle même lorsque l'on ne voulait plus d'elle ? Quelle force suffisamment entière pouvait prendre le dessus sur le désespoir et l'abandon, sur l'échec et la trahison ?
La vie.

Cette chaleur que je sentais contre ma propre peau, dont les sensations petit à petit se redessinaient, était salvatrice. J'avais mal, je souffrais le martyr sans réellement savoir pourquoi et ma douleur était prisonnière de ce corps mort que l'on déplaçait et qui ne réagissait toujours pas. Tout était froid, glacé même. Il n'existait que ce contact tiède, presque chaud et dont je percevais les battements furieux qui pulsaient à travers ce lien.
J'avais soif et j'avais besoin d'eau. Je voulais la mer, question de survie. Un instinct battit de longue date, intuition innée qui donna la force suffisante à mon être pour murmurer un seul et unique mot. Presque un souffle en réalité, une supplique éthérée.

Enfin, après un temps indéfini je sentis avec soulagement le baiser glacé de l'eau. Chacune des cellule de mon corps sembla l'accueillir par une petite fête, un frémissement de l'épiderme imperceptible, une joie de l'union retrouvée. Cette douce étreinte me fit sourire, mais physiquement, rien ne se passait pour autant. J'étais comme coupé de mon corps, coupé de ce monde que je rejetais en masse. Pourquoi déjà, cette aversion ?
Et puis, il y eut cette voix. Une voix masculine dont je ne percevais pas la teneur, juste le ton. La colère principalement ainsi que persévérance.
J'aurais voulu lui répondre, lui dire que je ne comprenais pas mais j'en étais tout bonnement incapable, tant mon esprit était focalisé sur l'eau qui m'enveloppait lentement.
Étrange mélange de picotements et de chatouilles agaçantes, mon corps semblait se délecter de ce que la mer lui faisait subir et persistait à vouloir me laisser dans cet entre-deux, perdue entre sommeil et éveil.
L'horizon me tendait les bras et j'avais le sentiment de pouvoir y plonger tout entière, me laisser emporter par les abysses, fermer les yeux une dernière fois. Cette idée était trop tentante, la découverte de l'inconnu et de ce lieu béni où il n'y avait plus ni souffrance, ni inquiétude.
Je m'y laissais tomber entièrement.

Au dessus de moi, on s'acharna à vouloir me retenir. Mon corps était secoué, encore, violemment. Mes poumons me brûlaient et avec eux, la plaie béante dans ma poitrine, celle de mon épaule et les diverses entailles que ma peau cicatrisait.
On souffla de l'air dans ma bouche, on me força à le prendre, on m'insuffla une nouvelle vie et la douleur qui l'accompagna me fit gémir puis tousser en me brûlant la gorge.
Alors, je papillonnais de mes paupières lourdes dans un effort surhumain, je voulais hurler, je voulais demander pourquoi on m'infligeait pareille torture mais toute cette rage permis seulement à ma bouche de s'ouvrir, telle une carpe et de rester muette.

Je regardais le visage de celui qui me surplombait, entouré par les étoiles dans le ciel. La nuit me voilait une partie de ces traits mais je pouvais dire qu'il était brun, jeune et qu'un éclat étrange brillait dans ses yeux. Par réflexe, ma tête s'inclina très légèrement et mes sourcils se froncèrent. Enfin ma bouche s'arma et demanda :

- Qui êtes-vous ?

Il y eut un silence, puis je tournais mon visage sur le côté pour découvrir le paysage qui m'entourait. La mer, étendue noire et luisante dans la nuit et puis bien plus loin, les lumières de la ville.

- Et où sommes-nous ?

Comme mû par un instinct primaire, mes doigts et mes mains commencèrent doucement à onduler dans l'eau salée.

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Ethan Weatherby
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MessageSujet: Re: I live. I die. I live again.   I live. I die. I live again. EmptyDim 14 Avr - 17:17

Elle est vivante. Bordel. Je ne sais même pas vraiment quoi en croire. Est-ce que je dois me dire que c'est normal vu son entêtement naturel ? Ou est-ce qu'elle avait eu le même caractère dans la mort que dans la vie et finalement en, quelques secondes à peine, la Mort avait-elle décidé qu'elle ne la supporterait pas ? En fait … En réalité … Je m'en moque complètement. Elle est vivante et c'est bien là tout ce qui compte. Elle est loin d'être rétablie, loin d'être remise sur pieds mais elle est vivante et c'est finalement le principal. C'était mon premier massage cardiaque, mon premier bouche à bouche et l'avoir réussi me rassurait un minimum. Même si ça n'avait pas été facile. Placer mes mains sur sa poitrine, sans risquer d'élargir sa plaie avait déjà été une épreuve et poser mes lèvres sur les siennes après notre dernière rencontre … Elle a tout fait pour se rendre détestable la dernière fois, elle a tout mis en œuvre pour que je la haïsse et la maudisse. Elle semblait se complaire à détester les autres et plus encore  à se faire détester. Elle se moquait de la vie et de la mort des autres, quid de la sienne désormais ? Je ne voulais pas être un héros à l'avoir sauvée, si je devais devenir un héros ça serait selon mes termes, quand je me sentirai prêt et ça ne serait sans doute pas avant d'avoir l'assurance que ma fille sache se défendre et qu'elle n'ait plus besoin de moi. Ce qui ne devrait pas prendre plus de sept ou huit ans si je me fiais aux désirs entretenus par la marraine d'Anastasie d'en faire une guerrière de son peuple.

Je ne voulais pas qu'elle me dise "merci" et qu'elle se comporte gentiment avec moi, quand bien même je venais apparemment de lui sauver la vie. Je ne comprenais pas franchement ce qui se passait en ce moment, là sur les docks, dans un coin sombre baigné seulement de la lumière des étoiles et de la lune, je tenais une femme dont le cœur s'était arrêté il y a peu de temps dans l'eau … et elle semblait s'en porter mieux ! Pourtant l'eau avait de quoi geler les os, je commençais à sérieusement avoir froid mais la survivante dans mes bras ne semblaient pas gêné par la température de l'eau malgré son état. Au contraire elle me donnait l'impression d'aller mieux de secondes en secondes ce qui était tout simplement impossible. Le froid de l'eau avec sa blessure, ça aurait dû ne faire qu'accélérer le processus en absorbant ses dernières forces, pas la faire aller mieux. Calliope m'avait dit, le premier soir où elle me parla de ma nature, que je ne savais rien de ce monde et des peuples qui l'habitaient. Elle m'avait alors parlée des amazones mais elle n'avait jamais dit que les amazones avaient des pouvoirs comme celui de se soigner au contact de l'eau. Elle n'avait jamais dit … beaucoup de choses sans doute aucun. Cette jeune femme, comme je l'avais soupçonnée lors de notre première rencontre, elle n'était pas vraiment humaine. Enfin je ne crois pas. Non, je suis sûr que non désormais. Alors elle est quoi exactement ? Je regarde ses blessures, celles qui sont les plus petites semblent se résorber à vue d'oeil, c'est incroyable, c'est incompréhensible. Je sursaute en entendant sa voix.

« Ethan. Je vous ai sorti de l'incendie et je vous ai ...  »

Amenée ici. Dans la mer. Selon votre demande de mourante. Votre dernier souhait. J'étais fou à lier d'avoir obéi à ce qu'elle avait dit, à ce que je croyais avoir vu et dans les mots de Calliope quand elle me disait que ce monde regorgeait de nombreux mystères. Elle aurait dû être mise dans une ambulance pour être soignée, pas emmenée prendre un bain de minuit dans une eau glacée. Encore une fois mon regard glisse sur son corps pour constater qu'elle va de mieux en mieux. C'est incompréhensible, je jurerai même que la plaie sur son épaule est en train de guérir, ce qui est impossible aussi rapidement !

« Vous étiez blessée, vous avez dit vouloir la mer et je … Comment est-ce que ça peut vous soigner ainsi ? »

N'importe qui, normalement constitué, hurlerait en ayant une coupure aussi profonde plongée dans de l'eau salée comme l'est la mer. Pas elle. J'ai de l'eau jusqu'au cou, me tenant debout, je m'étais enfoncé aussi loin que possible. Serrant un peu plus la jeune femme contre moi, je libère ma main qui tenait sa tête comme elle semble reprendre contrôle de son corps. Délicatement je viens verser de l'eau sur sa joue, mon pouce caresse sa peau et fait disparaître une égratignure. Je ne comprends rien à ce qui se passe. Un bruit dérangeant se répercute à mes oreilles, il me faut quelques secondes pour comprendre que c'est celui de mes dents qui claquent entre elles. Je me force à arrêter, les lèvres bleuies par le froid de l'eau. Tenant toujours la jeune femme dans mes bras, ne sachant trop que faire mais ne pouvant que constater qu'elle allait mieux d'instant en instant.

« Vous vous sentez mieux ? »

Mieux que mourante, je veux dire. Ca semblait évident. Chaque minute passée dans l'eau semblait la rétablir. C'était tout simplement incroyable et si je ne le voyais pas de mes yeux, je n'y croirai pas un instant.
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Sorcha Howl
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MessageSujet: Re: I live. I die. I live again.   I live. I die. I live again. EmptyDim 14 Avr - 18:54

Il me regardait quelque peu stupéfait. Était-ce si étrange ? S'attendait-il à ce que je reste dans l’abîme ? Au son de ma voix, je le vis tressaillir et malgré moi, une esquisse de sourire se forma sur mes lèvres. Peur ? Surprise ? J'aurais bien voulu le savoir.
"Ethan".
Ce nom ne me disait rien du tout et durant quelques secondes, je cherchais dans ma mémoire si je connaissais quelqu'un répondant à ce prénom. Je le regardais un peu plus en détail, essayant de mettre un visage sur ce prénom. Rien. Que dalle.
Alors il m'indiqua m'avoir tiré de l'incendie. A ses mots, je sentis mes muscles se tendre, mon corps tout entier se crisper légèrement. Cette contraction ne fit qu'accentuer le picotement profond dans ma poitrine et machinalement je baissais le regard dessus. Je n'y voyais pas grand chose mais il me sembla néanmoins reconnaître une tache de sang qui me couvrait une partie de la poitrine. Un bout de mon débardeur flottait au gré du faible courant créé par le mouvement de nos corps dans l'ondée. La bretelle qui avait été tranchée net. Est-ce que "Ethan" était au courant de ça aussi ?

L'incendie...
Je regardais à nouveau Ethan, j'écoutais ses paroles qui me donnait les indications de ce que j'avais manqué. J'étais blessée et j'ai réclamé la mer. Il m'y a emmené, juste comme ça, contre toute logique. Cette attitude semblait le déstabiliser plus qu'autre chose et à son interrogation sur le comment l'eau de mer pouvait me soigner, je baissais à nouveau le regard sur mon corps, ramenant une main vers moi afin de mieux l'observer à mon tour. L'eau coulait entre mes doigts frêles mais je ne voyais pas la magie qu'il mentionnait.

- Ah...ça, dis-je simplement, ne sachant véritablement pas quoi répondre.

Parce que je n'en savais rien. Peut-être était-ce lui qui hallucinait ? Avait-il pris une drogue quelconque ? Je ne pouvais nier cependant que je me sentais de mieux en mieux alors que son visage à lui devenait de plus en plus pâle, ses lèvres assombries par le froid. Sa mâchoire s'agitait de soubresauts et malgré la chaleur que mon corps dégageait comparativement au sien, force était de constater que lui tremblait comme une petite feuille fragile.
Pourtant, il ne me lâchait pas, me regardant toujours avec cet air inquiet tandis que moi, je me sentais renaître. Je n'avais pas d'explication logique, ni même rationnelle à lui donner, ignorant moi-même quelle était cette étrange connexion avec la mer. Mais elle ne me faisait aucunement peur, au contraire, elle me rassurait, comme si c'était "normal".

La voix de "Ethan" me tira de mes pensées et je répondis machinalement :
- Oui.
Marquant une nouvelle pause, réfléchissant à ce que je pourrais lui dire ou ne pas lui dire, je me mordillais la lèvre inférieure, découvrant ce goût du sang mêlée à celui du sel et surprise, je repris :

- Mais je crois qu'il faut que je reste encore ici. Vous en revanche, vous devriez sortir avant de vous transformer en iceberg.

Je le repoussais doucement, pour qu'il me lâche tout à fait, comme pour lui montrer qu'il pouvait partir en paix. J'aurais pu le remercier, mais je n'en avais même pas eu l'idée pour être tout à fait honnête.
Un léger sourire plaqué sur mes lèvres, je m'immergeais totalement, laissant l'eau m'envelopper tout à fait. Les yeux clos, mon sourire s'élargit laissant le liquide envahir ma bouche, ma gorge, mon être tout entier. Une renaissance, une purification peut-être à proprement parler.
Lorsque je décidais de réapparaître, hors de l'eau, il était encore là, transi de froid.

- Vous feriez mieux de regagner....cette ville.
J'avais beau la pointer du menton, le nom m'avait échappé.

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MessageSujet: Re: I live. I die. I live again.   I live. I die. I live again. EmptyDim 14 Avr - 21:49

L'eau est glaciale, je la sens contre mon corps, comme un étau froid et mortel qui se refermait sur moi. Comment un tel froid pouvait soigner quelqu'un ? Ca n'avait aucun sens et aucune logique, avec cette température les dernières forces de la jeune femme auraient dû fondre comme neige au soleil mais à l'inverse elle semblait se rétablir. Ses blessures semblaient disparaître, je la sentais bouger un peu plus, comme si elle reprenait lentement mais sûrement le contrôle de son corps. A ne rien y comprendre et je n'y comprenais rien. Là, tout de suite, j'aurai bien pu faire avec quelqu'un pour m'expliquer ce qui était en train d'arriver. S'il avait suffis d'eau salé pour soigner Calliope, elle avait tout ce qu'il fallait à portée à Seattle alors pourquoi ne l'aurait-elle pas fait ? Non, cette jeune femme n'est pas une amazone, elle fait parti de ce que ma conjointe m'avait présentée comme étant d'autres mystères, d'autres peuples qui habitaient la Terre sans que je ne le sache. Ca ne me permettait pas de savoir ce qu'elle était exactement mais ça me permettait, plus ou moins, d'accepter que l'eau puisse soigner ses blessures. Autant l'avouer j'étais plus dans le côté "moins" que dans le côté "plus" mais peu importe. Elle voulait la mer avant de s'évanouir, elle a eu la mer et elle avait raison. Aussi débile que le raisonnement qui m'avait conduit ici me semblait à présent.

Un bref instant, j'ai l'impression que la jeune femme se moque de moi avec sa réponse totalement évasive. Elle agissait comme si elle ne savait pas pourquoi l'eau de mer la soignait mais autre chose me chiffonnait, elle agissait comme si elle ne me connaissait pas moi. D'accord notre rencontre n'avait pas été exceptionnellement longue et je n'étais sans doute pas digne d'être remémoré par toutes les personnes que je croise mais quand même. Je l'ai soignée, sans l'emmener à l'hôpital comme elle le demandait, on s'était embrassés, battus, elle m'a foutue KO … Je veux dire … Ce n'est pas comme une nuit passionnée d'amour dont elle se souviendrait parce que j'ai été son moins bon amant mais quand même … Rien de rien ?

Je n'ai rien à lui répondre pour le coup, que répondre à un simple "Ah" qui était en train de semer le doute dans ma tête ? Sa blessure avait provoqué un arrêt de son cœur, que j'avais réussi par chance à relancer mais est-ce que ses blessures auraient provoqué autre chose en elle ? Je lui demande si elle va mieux et elle répond avec la grâce d'un téléphone portable au début du vingt-et-unième siècle d'un seul mot. Elle va mieux mais elle n'est pas en "bon état" pour autant.

« Tant mieux. »

Sa remarque est diablement juste, je vais finir en glaçon si je reste dans l'eau mais il est hors de question de la laisser là, même si elle va de mieux en mieux. Elle ne semblait pas se rendre compte de ce qui lui était arrivé. Elle était morte pendant quelques instants. Si j'avais réussi à redémarrer son cœur, à la faire respirer à nouveau je ne pouvais pas l'abandonner là seule. Pas surtout avec ce sentiment qu'elle était amnésique. J'espérais que ça soit juste un traumatisme lié à ce qui venait de lui arriver et pas autre chose mais … Comment savoir ? Peut-être que si l'eau de mer parvenait à requinquer son corps ça allait également requinquer son esprit et sa mémoire. Qui sait ?

« Ca va aller. Je préfère rester encore un peu et m'assurer que vous alliez bien. »

Je n'avais pas remarquer non plus mais elle était polie. Du moins plus que la dernière fois. Elle était moins agressive, moins mauvaise, quelque chose en elle semblait avoir changé. Sans doute parce qu'elle ne se souvenait plus de tout ? Sa mémoire lui reviendrait je n'en doute pas et elle serait à nouveau aussi polie, le changement était étonnant, loin d'être désagréable et pourtant ce n'était plus elle. La casse-couiller inter-galactique que j'avais rencontré et que je m'étais surpris à apprécier pour son caractère de chien. Elle est comme une sirène dans l'eau, comme si tout était normal mais ça ne l'est pas et je le remarque de plus en plus. Elle ne se souvient pas. Elle ne se souvient plus.

« Je ne peux pas vous laisser là. Vous étiez morte il y a encore quelques minutes et je suis presque sûr que vous ne sauriez pas me dire votre nom ou le nom de votre plat préféré. »
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MessageSujet: Re: I live. I die. I live again.   I live. I die. I live again. EmptyLun 15 Avr - 12:08

Je me laissais aller en arrière, m'enfonçant davantage dans l'eau, le visage offert à la Lune et les yeux clos. La chaleur dégagée par mon propre corps semblait se mêler à l'eau glacée, créant une cocon protecteur que tout mon être réclamait. J'ignorais pourquoi, mais mes sens demeuraient alertes comme s'ils craignaient quelque chose. Pour autant le contact de la mer apaisait mon trouble et mes douleurs qui doucement devenaient simplement de désagréables sensations. J'étais comme anesthésiée, prisonnière de mon corps toujours, mais il était bien moins lourd à porter.

Le jeune homme se tenait toujours là, à portée de bras. Même si je ne le voyais pas, je pouvais sentir sa présence, comme si l'eau me murmurait qu'un intrus s'immisçait dans notre monde. Et je me demandais bien de quel monde il s'agissait. J'aurais du être paniquée, inquiète peut-être à cette idée, mais je ne m'étais jamais senti aussi calme et sereine. Comme si j'étais enfin à ma place.
Il m'assura alors qu'il allait rester encore un peu, pour s'assurer que j'aille bien. Je me redressais lentement et le regardais longuement, intriguée. Pourquoi tant de sollicitude ? Sans m'en rendre compte, je le lorgnais plus comme un prédateur observe une proie potentielle.
M'en rendant compte, je détournais le regard, gênée.

Je ne le reposais sur lui qu'après qu'il eut reprit la parole. Pourquoi ne pouvait-il pas me laisser là ? Qu'est-ce que ça pouvait bien lui faire ? Morte...à ses mots, je portais une main sur sa poitrine, touchais le trou qui subsistait de cette attaque dont je ne me souvenais plus, puis celui de mon épaule qui handicapait mon bras. Qui avait bien pu me faire tout ça et surtout, dans quel but ?
J'avais été morte, mais j'étais revenue à la vie grâce à l'océan et grâce à lui.
Alors je le regardais à nouveau, intriguée de savoir pourquoi il était là, pourquoi il m'avait sauvée. Est-ce qu'il me connaissait ?
Un mince sourire étira mes lèvres lorsque je répondis :

- Bien sur que si...j'adore le requin. Et je m'appelle...

Je m'interrompis et fronçais les sourcils.
- Je m'appelle...
Mais aucun son ne sortit.
Stupéfaite, je relevais des yeux ronds vers le jeune homme.

- Je ne sais plus, bredouillais-je en portant mes doigts à ma bouche.

Et je me rendis compte que je ne savais toujours pas où j'étais, ni ce que j'étais. Perdue dans cet océan bienveillant, la seule bouée à laquelle je pouvais me raccrocher, c'était lui. Mais en avais-je envie ?
Non, quelque chose me retenait. Une intuition, un murmure qui me retenait de me fier à qui que ce soit.
Je sentis le goût âcre de la bile lorsque je pensais à la trahison.
Déglutissant avec difficulté, je m'étendis dans l'eau à nouveau. Je devais rester ici, encore, la guérison devait être ma priorité. Et après ? Je n'en avais pas la moindre idée.


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Ethan Weatherby
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MessageSujet: Re: I live. I die. I live again.   I live. I die. I live again. EmptyLun 15 Avr - 12:38

L'eau était en train de me frigorifier, bon sang ce n'était pas un temps à se baigner et encore moins à prendre un bain de minuit. Pourtant si je me sens de moins en moins bien dans l'eau, la jeune femme semble aller de mieux en mieux. Déjà à la piscine j'avais eu le sentiment que l'eau était son élément, elle s'y déplaçait avec une aisance prodigieuse et une grâce incomparable tandis que je réalisais tant bien que mal la nage du caillou qui essaye de ne pas sombrer. Elle semblait avoir encore du mal à bouger, à se déplacer mais elle semblait aller mieux, ses blessures s'estompaient à vue d'oeil, bientôt il ne resterait que les deux trous dans sa poitrine et son épaule. J'étais stupéfait de ce qui s'apparentait clairement à un miracle pour le commun des mortels. Calliope avait récupéré très rapidement de ses blessures mais la jeune femme était à un autre niveau de récupération dans l'eau. A ce rythme il ne faudrait pas plus d'une dizaine de minutes pour qu'elle soit comme neuve ce qui était surnaturel. Les grands mystères de ce monde dont m'avaient parlé Calliope, ce que j'ignorais encore sur les autres peuples, sur ce que les humains appelaient la magie. Je n'arrivais pas à détacher mon regard de la jeune femme, je revoyais encore mon pouce caresser sa joue et effacer une coupure comme si c'était une petite tâche, je vois ses blessures se résorber à vue d'oeil, c'est impensable et prodigieux dans le même temps, à me faire me demander qu'est-ce que je pourrai encore découvrir.

Je me rendais aussi compte que la jeune femme avait changé, elle avait perdu son caractère fort et arrogant, elle n'avait plus cette fierté supérieure qu'elle arborait la première fois et surtout elle semblait sujette à des trous de mémoire. Alors quand elle me dit que je peux m'éloigner, je refuse en lui faisant remarquer que même si elle allait mieux d'instant en instant, elle était décédée il y a quelques minutes à peine. J'étais heureux d'avoir réussi à la ramener à la vie mais j'apparentais ça plus à de la chance qu'à autre chose, ce massage cardiaque avait eu l'effet escompté et tant mieux mais je n'aurai pas envie de recommencer pour voir si j'y parviendrai une fois de plus. Je regrette de ne pas la connaître mieux pour tester d'avantage sa mémoire. Je sais finalement peu de choses d'elle. Je sais que c'est une forte tête, une emmerdeuse de première, qu'elle embrasse bien, qu'elle sait se battre, qu'elle se soigne au contact de l'eau de mer, qu'elle nage gracieusement et qu'elle est belle. En définitive peu de choses qui puissent lui être utiles.

Elle cherche son prénom, elle bredouille, elle n'arrive pas à trouver son prénom. Son regard est empli de stupéfaction et moi je soupire doucement, détestant avoir vu juste. Elle n'est pas elle-même, pire encore elle ne se souvient pas de son nom, ni sans doute de qui elle est. Elle bredouille, sa façon de porter ses doigts à ses lèvres pourrait presque être mignonne si elle n'était pas le signe d'un malaise évident et d'une inquiétude qui naissait en moi. Calliope n'avait de cesse de le dire. Je suis trop gentil, je m'inquiète trop pour les autres et voilà que je me fais déjà du mauvais sang pour la jeune femme. C'est stupide. Elle m'a donnée toutes les raisons de la détester la dernière fois et elle l'a fait volontairement en plus.

« Vous voyez … Je ne peux pas vous laisser là. Ou iriez-vous ? Vous ne savez même plus comment s'appelle cette ville ou comment vous vous appelez. »

Je la regarde, de la sympathie dans le regard, je me sens mal pour elle, je me sens un devoir envers elle, après tout je l'avais sortie de l'incendie avant de l'amener ici pour qu'elle guérisse, je ne pouvais pas l'abandonner dans la foulée.

« J'ai une chambre libre dans mon appartement. Vous pourrez vous y reposer et y rester le temps que revienne votre mémoire. Je vous y aiderai si je le peux. Après tout c'est la deuxième fois qu'on se croise et c'est la deuxième fois que vous finissez évanouie dans mes bras. »

Un nid à emmerdes. Cette fille est un nid à emmerdes. Je devrai la laisser là et partir. Ca serait : sage, raisonnable, un comportement parfaitement acceptable je lui avais déjà sauvé la vie après tout et ça m'éviterait sans doute bien des problèmes. Mais dans le même temps … Je ne pouvais pas l'abandonner ainsi. Merde. Moi et mon foutu grand cœur.
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MessageSujet: Re: I live. I die. I live again.   I live. I die. I live again. EmptyLun 15 Avr - 14:17

La tête à moitié immergée, j'entendais tout de même les propos qu'il me tenait. Ne pas pouvoir me laisser là, sachant que je n'avais nul part où aller le préoccupait visiblement. L'espace d'un instant, je me demandais s'il ne me voyait pas comme un animal abandonné. Il était prêt à m'aider et au nom de quoi ?
De mon amnésie tout simplement. Je n'arrivais pas à savoir s'il était gentil ou simplement bête.
Peut-être un peu des deux.
Contrariée, je me redressais lentement et croisait à nouveau son regard dans lequel je pus lire toute la sympathie qu'il me renvoyait. Que pouvais-je bien lui dire à présent ? Que j'allais me débrouiller seule ? Quelque chose me disait qu'il ne l'accepterait pas. Dans un geste indécis, en proie à ma gêne, j'avais attrapé une mèche de mes cheveux mouillés que j'entortillais naturellement autours de mon index.
Mon autre bras me faisait toujours mal et je ne pouvais toujours pas le lever correctement. Je préférais le laisser se reposer et ne pas forcer.
Mais le jeune homme en face de moi était de plus en plus pâle, s'il n'attrapait pas une pneumonie avec ça...il pourrait s'estimer chanceux.

Mes yeux s'écarquillèrent face à la suite de ses propos, de plus en plus surprenant. Outre le fait qu'il me proposait de m'héberger, l'indication quant à cette seconde rencontre attisa ma curiosité.

- Alors on se connait ? demandais-je véritablement intriguée.

Et naturellement, je m'étais rapprochée de lui, avide d'en savoir plus. Ma main valide avait accroché son bras. Bon sang qu'il était glacé contrairement à ma paume tiède. Dans ma tête, une multitude de questions se bousculaient, avait-il seulement conscience qu'il possédait peut-être toutes les réponses ?
Je diminuais un peu plus la distance entre nous, ne laissant qu'une trentaine de centimètres d'eau pour nous séparer.

- Que s'était-il passé la première fois ? Pourquoi...et...qu'est-ce que je suis pour vous ?

C'était donc la deuxième fois qu'il me sauvait. Si seulement je pouvais me souvenir du pourquoi...Cette frustration était insupportable et un peu plus, je l'aurais secoué pour lui faire cracher le morceau. Mais je n'étais pas en état.
J'avais tellement hâte qu'il me le dise, tellement hâte que j'étais suspendue à ses lèvres bleuies par le froid. Il fallait qu'il sorte de là, ce n'était pas un endroit pour les gens, comme lui.
Et les gens comme moi? En existait-il d'autres ?
Mon regard balaya la ligne d'horizon sombre de la mer, puis revint sur les lumières de la ville.
Est-ce que quelqu'un m'attendait là-bas ?

A en croire ce que Ethan disait, j'avais le chic pour me mettre dans le pétrin. Par deux fois j'avais atterri dans ses bras inconsciente. Qui étais-je ? et qu'étais-je ? Même si cela me semblait normal de me régénérer dans l'eau, je savais également que ce n'était pas un talent propre aux mortels humains.
Je fermais alors les yeux un court instant, puisant dans mes ressources, cherchant dans ma mémoire ce qu'elle voudrait bien me livrer. Le moindre détail, tout compterait.

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MessageSujet: Re: I live. I die. I live again.   I live. I die. I live again. EmptyLun 15 Avr - 18:23

Son contact contre mon bras est chaud. Comment sa main peut-elle être aussi chaude alors que je suis frigorifié et que l'eau semble plus froide de seconde en seconde. Je n'ai rien contre un bain et minuit, en fait c'est mon premier, mais pas à cette température, là c'était beaucoup trop froid et franchement désagréable. Je ne comprends pas comment l'eau la soigne, l'eau salée sur une blessure ouverte c'est un hurlement normalement pas apaisant et moins encore ça soigne. Je ne sais pas ce qu'elle est, je ne sais pas son nom, ni où elle habitait. Tout ce que je sais d'elle c'est bien peu de chose finalement et ma tête se baisse à sa question, un peu honteux d'en avoir trop dit et, malheureusement, de ne pas avoir beaucoup plus à lui apporter. Je peux lui dire ce que je sais, qu'elle a un caractère de cochon et qu'elle a un don pour s'attirer des ennuis. Qu'elle aime se battre et que tuer ne lui fait pas peur mais ce dernier point peut bien être passé sous silence pour l'instant, c'est qu'il s'agirait de ne pas la terroriser. Evidemment je pourrai aussi imaginer qu'elle ne retrouvera pas la mémoire, que c'est donc une magnifique opportunité qui s'offre à moi de tenter de la ramener un petit peu du bon de la barrière, d'oublier la haine qui semblait la ronger lors de notre dernière rencontre. Ca ne serait pas très honnête vis à vis d'elle et ça me ressemblerait très peu d'agir de la sorte. Elle avait failli mourir, elle était morte d'ailleurs quelques instants et elle avait perdu la mémoire alors ne pas lui dire la vérité ça serait cruel. Aussi cruelle que soit la vérité pour le coup. Je ne dirai pas qu'elle a mérité ce qui lui est arrivé mais comment savoir si elle ne s'était pas attirée toute seule par son attitude ce qui lui est arrivé en fin de compte ?

« On se connait ça serait beaucoup dire mais oui, nous nous sommes déjà rencontrés une fois auparavant. »

De là à affirmer que nous nous connaissions je crois que ça serait beaucoup dire. Elle s'est approchée, moi je suis un peu plus mal à l'aise à cette proximité soudaine, la dernière fois la proximité n'avait pas été que des plus agréables. Je gardais certes un bon souvenir de son baiser mais la suite en revanche ne me laissait qu'un goût amer dans la bouche. Je m'étais amené tout seul ce qui m'était tombé dessus. Et si elle avait fait pareil dans cette maison ? Si elle avait mérité ce qui lui avait été fait ? Après tout, elle l'a dit plus ou moins clairement, la vie, la mort, elle s'en fout.

« Vous avez eu une altercation avec deux crétins à la piscine, ils vous ont attendu quand vous êtes sortie et l'un d'eux a réussi à vous empoisonner avec un couteau. Je vous ai aidé, vous avez voulu partir mais vous vous êtes évanouie en me demandant de ne pas vous emmener à l'hôpital. Alors je vous ai ramené chez moi et je vous ai soigné. Vous n'étiez pas encore rétablie que vous étiez déjà sur le départ. »

Epargnons-lui le baiser parce que je ne me l'expliquais toujours pas, ni notre petit affrontement dans le couloir parce que je ne me l'expliquais pas non plus. Mieux valait rester sobre pour l'instant, les souvenirs lui reviendraient sans doute, elle saurait donc que je n'ai pas menti. J'ai juste omis un ou deux détails qui ne sont pas des plus importants.

« Pour moi vous êtes une inconnue que j'ai soigné, qui s'attire des ennuis avec une aisance remarquable et qui ne m'a même pas dit son prénom. »

Une emmerdeuse quoi. Genre médaillée d'or toute compétition confondue. Les choses malheureusement étaient ainsi, je ne pourrai pas l'aider beaucoup plus pour sa mémoire, sauf à lui dire les quelques traits de caractère que je lui connaissais.

« Vous vous souvenez de quoi que ce soit vous concernant ? »

Bordel, il fait vraiment froid dans l'eau, j'espère qu'elle sera vite rétablie. Je n'entends pas la laisser là, où pourrait-elle aller de toute façon ? Elle semblait plus enclin à écouter et discuter dans son amnésie même s'il persistait des traits de son caractère. J'espérais qu'elle accepterait mon aide.
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MessageSujet: Re: I live. I die. I live again.   I live. I die. I live again. EmptyLun 15 Avr - 19:46

"Nous nous sommes déjà rencontrés une fois".
Je le regardais face à cet aveu, me demandant comment j'avais pu me retrouver deux fois face à cet homme dont j'ignorais tout.
Si je venais de la ville dont les lumières brillaient dans l'obscurité, alors cette ville était immense. Il avait fallut un hasard insolent pour que nos chemins se croisent à deux reprises et qu'il me sauve ces deux mêmes fois.
Alors, curieuse d'en savoir plus, je me contentais de le regarder, d'observer le moindre détail de ses traits qui trahirait une quelconque émotion autre que le froid qui le paralysait un peu plus.
Il semblait gêné et je fronçais les sourcils doucement. Que lui avais-je donc fait ?

Il m'expliqua dans les grandes lignes les circonstances de notre première rencontre. Une altercation à la piscine, une blessure à l'arme blanche, un empoisonnement et puis, de l'aide de sa part, et un court rétablissement. Qu'est-ce que j'avais été foutre la-bas ? De l'eau chlorée quand je pouvais avoir la mer ? C'était invraisemblable. Peut-être mentait-il ? Il n'en avait pas l'air et encore moins de raison de le faire.

Aux propos suivant, je ne pus m'empêcher de faire légèrement la moue. Il disait cela avec une aisance qui me laissait croire qu'il me considérait comme une menace voire un aimant à emmerdes. Pouvais-je lui en vouloir ? D'après ses dires, les deux seules fois où nous nous étions vus avaient été catastrophiques...
Evidemment, je ne lui avais pas donné mon prénom. Était-ce un secret ? C'était tout moi ça, à jouer les mystérieuses, à moins que...mon identité doive réellement rester secrète.
Voilà qui m'aurait pourtant bien arrangé présentement, plutôt que d'être "personne".

Je soupirais doucement, un sérieux vague à l'âme commençant à se faire un chemin en moi. Il me demanda alors de quoi je me souvenais me concernant. Pour toute réponse, je lui offris une regard désabusé et un nouveau soupir plus appuyé.

- Que je peux respirer sous l'eau. Vous pensez que je suis une sorte de mutant génétique à la con ? Une sorte de rescapée du scandale machin ?

Au fond de moi, je savais que ce n'était pas ça. Ma nature était différente, elle était aquatique tout simplement. Je faisais parti d'un peuple ancien et secret. Voilà que je venais de dévoiler des siècles d'existence à Ethan, mais pour une raison qui m’échappait, j'avais le sentiment que je pouvais le lui confier. On ne sauvait pas une personne par deux fois sans avoir un foutrement bon fond.

- Je suppose que vous allez rester dans l'eau jusqu'à ce que j'en sorte ?

Pure rhétorique, je m'attendais déjà à la réponse et à nouveau je me mordillais la lèvre inférieure nerveusement. Détournant le regard, je vins palper ma blessure la plus grave. J'en avais encore pour un moment c'était certain mais au moins, je ne saignais plus. En revanche, je me sentais extrêmement fatiguée, ce qui devait être lié au fait que j'avais perdu pas mal de sang.
Ethan avait de plus en plus de mal à calmer ses frissons, je craignais qu'il ne me claque une hypothermie et ne me sentais pas la force de le traîner sur la plage.

- Bon...commençais-je parce qu'il fallait bien que je dise quelque chose.
Sauf que j'ignorais quoi. Il n'existait pas de vraie entrée en matière pour ce que je m'apprêtais à faire.

D'un mouvement presque fluide, je franchis la distance qui nous séparait, réduisant l'écart entre nos deux corps à peau de chagrin. Mon bras valide vint enlacer son corps, glissant sur ses côtes jusque dans son dos. Je posais le coté de mon visage contre son épaule, cherchant à lui apporter un maximum de chaleur. Malgré nos vêtements, je pouvais sentir le contact de mon corps contre le sien, et étrangement, de pouvoir caler ma tête comme ça permettrait de me reposer contre toute attente. Je fermais les yeux un court moment et les rouvrait pour observer les lumières de la ville, floues, diffuses et colorées.

- Au moins vous ne mourrez pas de froid.

Constat un peu simple mais pas pour le moins vrai. C'était bien le moins que je pouvais faire face à un homme qui n'avait rien demandé et qui risquait l'apoplexie pour sauver mon petit cul.

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MessageSujet: Re: I live. I die. I live again.   I live. I die. I live again. EmptyLun 15 Avr - 20:21

Les choses seraient sans doute beaucoup plus faciles et très différentes en cet instant si elle avait plus loquace lors de notre rencontre passée mais est-ce que ça aurait été vraiment elle de me parler d'elle et de pourquoi elle haïssait la Terre entière ? Le comble c'est que je n'étais même pas sûr de préférer la jeune femme qui me faisait face, plus abordable et sociable où celle à qui j'avais eu "l'honneur" la fois dernière. Etrangement quand je la regardais, que je la sentais douce et gentille, j'avais l'impression que c'était contre-nature pour elle. A moins, évidemment, que ce n'était qui elle était vraiment, avant les événements qui l'avaient blessée et qui avaient fait d'elle la jeune femme froide et impitoyable que j'avais rencontré. Cette explication se tenait si elle se souvenait de tout sauf de sa propre histoire. Alors voilà peut-être le vrai caractère de cette jeune femme, sans la souffrance devenue colère, sans la douleur devenue haine. Une jeune femme ordinaire, sociable, sympathique … Le changement était radical. Et gênant. Ce n'était pas elle, ce n'était pas qui elle était. Ca me faisait mal pour elle. Evidemment elle ne pouvait pas le savoir, ne pouvait pas le comprendre mais la voir ainsi, alors pourtant que la dernière fois j'aurai pu donner de mon temps et mon sang pour qu'elle soit plus douce, cette fois je trouvais cela anormal. A n'y rien comprendre de ce qui se passait dans ma tête.

Alors comment répondre à ses questions ? De façon à la faire perdurer dans cette voie en me disant qu'à la seconde où ses souvenirs reviendraient elle pourrait alors réfléchir à ce qu'elle avait fait quand elle avait oublié ou lui dire la vérité ? Lui dire la vérité en sachant alors que quand ses souvenirs lui reviendraient, elle allait fatalement redevenir celle qu'elle était lors de notre première rencontre. Je préférais celle qu'elle était maintenant mais ce n'était pas elle. Paradoxal et sans doute stupide. Elle me l'avait dit et bien assez répétée, elle n'est pas une bonne personne et j'avais soutenu qu'au fond j'étais persuadé qu'elle pouvait l'être. J'avais peut-être bien ma réponse mais je n'avais plus envie de l'avoir et je n'avais aucune envie, quand elle serait redevenu elle-même, de lui dire "Je te l'avais bien dit".

Ses mots me surprennent. Non seulement elle peut se soigner au contact de l'eau, s'y déplacer avec une aisance prodigieuse mais en plus elle peut respirer sous l'eau ? Décidément, elle a toutes les qualités pour jouer dans le prochain reboot de La Petite Sirène. Sauf le caractère. Pour le caractère on est plus sur un hybride mélange de Ursula et Megara. A méditer quand même. Je secoue la tête à ses questions, peu sûr de moi toutefois.

« Je ne sais pas. Je ne pense pas. Mais ce n'est pas forcément à exclure. Je suis désolé, j'ai bien peu de réponses à vous apporter.  »

Sa question suivante provoque un hochement de tête mais nous connaissions tous les deux la réponse avant qu'elle ne la pose et elle ne tarde pas à venir s'approcher de moi, sans prévenir. J'ai trop froid pour me défendre si c'était pour m'attaquer, après tout elle venait de me dire respirer sous l'eau et c'était loin d'être mon cas. Quoi qu'elle ne semblait pas se souvenir que je nageais avec la grâce d'une pierre ligotée et équipée d'un bac de béton aux pieds. Elle ne fait que se coller contre moi, me surprenant de prévenance et de douceur à mon égard. Si quelques instants je reste interdit et figé, je fini par me détendre, sentant sa tête se poser sur mon épaule, mes bras finissent par l'enlacer, cherchant à augmenter, en bougeant un peu, les zones de contact entre son corps chaud et agréable et le mien frigorifié. Sa tête s'était lovée naturellement sur mon épaule, comme si c'était normal, comme si c'était sa place. Je finis par poser ma tête sur son épaule à elle, luttant pour ne pas claquer des dents contre son oreille. Sa présence me fait du bien, me réchauffe et me fait sentir mieux.

« Merci. »

J'aurai sans doute fini par sortir de l'eau d'ici quelques minutes mais son corps collé contre le mien me permettait de récupérer un petit peu, de me sentir mieux. Je la sens "lourde" contre mon corps, probablement épuisée par ce qui lui était arrivée, par la perte de sang, par ses blessures, par son décès, par son amnésie. Bordel … On pouvait vivre des journées de merde mais la sienne méritait quand même une palme d'or.

« Je vous promets qu'on fera tout pour que vous retrouviez la mémoire. Mais avant ça … ça serait peut-être bien de vous choisir un prénom, si jamais quelqu'un un jour vous le demande. »
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MessageSujet: Re: I live. I die. I live again.   I live. I die. I live again. EmptyLun 15 Avr - 22:21

Au moins nos avis étaient identiques sur la question. Non je n'étais pas un putain de mutant, non je n'étais pas une expérience des vaccins. J'étais une sorte de femme poisson, une sirène peut-être, ce que je trouvais plutôt cool et pratique.
Est-ce que je pouvais chanter ? Bordel j'aurais pu rire de moi-même en cet instant.
Mais je me retins, parce que Ethan venait de m'enlacer à son tour. Au moins voyait-il les efforts que je faisait pour le maintenir au chaud.
Je réprimais même un sourire en le sentant bouger, chercher plus de contact encore. Evidemment, je ne lui facilitait pas la tache, et puis quoi encore !
Mais il me remercia et je trouvais ça pour le moins bizarre.

C'est moi qui aurait du le remercier en réalité mais rien à faire, je n'en éprouvais ni l'envie, ni le besoin. Après tout, je ne l'avais pas appelé au secours et même si je lui devais la vie, dans le fond, je ne lui avait rien demandé.
Pour autant, sa sollicitude me touchait, je ne pouvais le nier. Il avait un petit coté protecteur et bienveillant qui bien qu'il soit ennuyeux, avait son charme.

A force de regarder les lumières de la ville, mes paupières se firent plus lourdes. J'aurais pu dormir sur place. Sans gêne, j'avais laissé mon corps flotter et s'appuyer sur Ethan. Il ne bougeait plus non plus pour des raisons que je jugeais différentes.
Soudain, il parlât à nouveau, me promettant presque qu'il ferait tout pour que je retrouve la mémoire. Bizarrement, je n'en avais pas envie là tout de suite. Je découvrais avec une certaine fascination ce que j'étais, je voulais voir ce dont j'étais capable sans m'appuyer sur des a priori douteux ou ce que j'étais sensée être.
Pouvait-il le comprendre ?
Alors quand il me proposa de me trouver un prénom, je grimaçais. Je n'aspirais qu'à dormir pas à réfléchir en l'état.

- Choisis pour moi, cela m'importe peu, marmonnais-je contre son épaule. Je suis trop fatiguée pour y réfléchir.

Après un nouveau soupir, je me détachais de lui et croisais son regard. Je n'avais pas prévu que nous soyons si proches et j'en fus légèrement surprise, voire troublée.

- Ethan, repris-je. Je suis fatiguée. Je vais passer la nuit ici, guérir entièrement mes blessures. Rentre te mettre au chaud et reviens demain. Si ton offre tiens toujours, je veux bien l'accepter.


Avec la fatigue, je n'avais même pas remarqué que je le tutoyais à présent. C'était plus facile et ça me demandait moins d'efforts. Je voulais juste dormir, explorer un peu ce don qui me permettait de renaître grâce à l'eau. Je commençais à avoir faim aussi mais bizarrement, je ne doutais pas une seule seconde qu'après ma guérison, je pourrais chasser pour me nourrir. Mon corps semblait receler des secrets et des mystères que j'avais hâte de découvrir à nouveau. Lui grelottait et moi je me sentais plus vivante que jamais. Chaque courant d'eau murmurait à ma peau, chaque vaguelette était un chant délicieux, c'était presque comme chez moi. Chez moi...peut-être que l'eau me guiderait jusque là-bas.
Pourquoi étais-je parti ? Les pires scénarios se formèrent dans mon esprit. Avais-je été bannie ? Rejetée ?
Ethan m'avait dit qu'on s'était déjà rencontré, donc j'avais déjà quitté mon foyer avant qu'il ne m'arrive cet incident.
Restait à savoir pourquoi...

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MessageSujet: Re: I live. I die. I live again.   I live. I die. I live again. EmptyMar 16 Avr - 6:03

Je ne crois pas qu'elle était une mutante liée au vaccin universel. Cependant je connaissais très peu la question, je ne m'y étais jamais vraiment intéressé pour être honnête, j'avais eu d'autre priorité et même une fois à Europolis je n'avais pas cherché à me renseigner d'avantage. Je savais que moi j'étais un humain tout ce qu'il y avait de plus ordinaire mais de là à chercher à comprendre comment et pourquoi il y aurait des gens avec des capacités hors normes, ça ne m'avait jamais effleuré. Déjà qu'il fallait que je compose avec le fait de savoir qu'il existait une peuplade constituée exclusivement de représentante de la gente féminine qui formait une troupe de guerrière fabuleuse et que ma conjointe et ma fille en faisaient partie. Alors des mutants ? Non, je ne m'étais jamais intéressé à la question. Pourtant je n'avais pas le sentiment que ça soit le fruit d'une mutation chez elle et je n'avais pas le sentiment qu'elle y croyait un instant elle non plus. Je n'avais pas plus d'explications à lui donner malheureusement, il y avait forcément une raison à ce qu'elle se sente mieux en restant dans l'eau de mer mais je ne l'avais pas, je n'en avais aucune. C'était tout simplement sans logique pour moi mais ça devait l'être forcément d'une façon ou d'une autre. Je ne crois pas franchement à tout ce qui est divin donc j'imagine mal que ça soit Poséidon ou Neptune qui la soigne mais sans doute y a-t-il une explication rationnelle qui lui reviendrait une fois sa mémoire retrouvée.

La jeune femme tout contre moi, cherchant un peu plus de son contact dans une recherche de chaleur, je la sens se lover et se laisser dériver contre mon corps. La résistance de l'eau me facilite grandement de nous soutenir tous les deux même si mes muscles commençaient à me faire savoir que l'eau froide n'était pas mon élément à moi. Tout mon corps me le disait et pourtant l'apport agréable de chaleur en provenance du corps de la jeune femme ne manquait pas de me faire un bien fou. Je doutais pouvoir tenir toute une nuit comme ça toutefois. Le froid me rattraperait avant. Même si son corps était chaud, j'étais trempé et cela atténuait d'ores et déjà le côté agréable de sa chaleur. Je n'avais qu'une envie : rentrer et prendre une douche brûlante.

Lui demandant par quel prénom je pouvais l'appeler elle me dit de choisir pour elle, que ça lui importe peu et que, de toute façon, elle est trop fatiguée pour y réfléchir. Je n'avais aucune idée de ce qui serait un bon prénom pour une sirène. Définitivement pas Sirena, ça c'est sûr et certain. J'y réfléchissais quand la jeune femme reprend la parole. Je m'apprête à lui répondre que je compte bien rester mais aussi volontaire que je sois, cet eau glacé allait finir par me tuer si je restais dedans trop longtemps. Il fallait que je sorte, me sèche et me réchauffe.

« Ca me semble une bonne idée. Je reviendrai demain, c'est promis en début de matinée, mieux ne vaudrait pas que des pêcheurs te trouvent à barboter dans l'eau, ça attirerait une attention que je ne pense pas que tu veuilles. »

Après c'est une grande fille mais je ne suis pas sûr, dans sa situation, qu'attirer l'attention soit la meilleure des choses à faire. Quelqu'un lui avait infligé les blessures que portaient son corps, quelqu'un qui devait la croire morte dans l'incendie où il l'avait abandonnée. Et une jeune femme qui barbote dans une eau aussi froide de bon matin attirerait fatalement l'attention d'un humain et probablement aussi d'autres en quête de savoir à grand renfort de sondes, matériels d'analyse et scalpels.Je me décolle doucement d'elle, engourdie par le froid et dans un geste rassurant dépose un baiser sur son front.

« A demain … Naïa. »

Ok … Je n'avais pas mieux que ça. Un prénom qui provenait de naïade, une nymphe des eaux. Je n'avais finalement pas tant d'imagination que ça mais ce n'était pas grave. Naïa c'est mieux que "Hé", "Truc" ou "La petite sirène".

M'éloignant, l'effort me réchauffe un peu mais pas autant que la douche que je prends une fois chez moi ou la chaleur de ma couette. Et le lendemain, comme promis, juste après les premières lueurs du jour, je suis sur la jetée, m'attendant presque à ne pas la retrouver. Ca serait bien son genre tiens.
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MessageSujet: Re: I live. I die. I live again.   I live. I die. I live again. EmptyMar 16 Avr - 9:24

Au moins Ethan n'était pas aussi borné que j'aurais pu le croire. Toute bienveillance possédait ses limites; celles d'Ethan, physiques, venaient d'être atteintes.
Il me promit de revenir me chercher dès le lendemain matin, assez tôt afin d'éviter les mauvaises rencontres. Je ne pouvais le contredire, même si je comptais rester sous l'eau bien à l'abri des regards.
Je le laissais alors se détacher de moi, amusée de le voir trembloter de nouveau et me demandais combien de temps aurait-il pu encore tenir sans ma proposition.

Je ne m'attendais pas à un baiser sur le front et le regardait, interdite un moment. Peut-être allait-il mettre cette réaction sur le dos du prénom dont il venait de m'affubler. Naïa. Un nom parfait pour un animal de compagnie. La sonorité était cependant jolie et je pouffais doucement avant de plonger entièrement sous l'eau. Je n'étais pas douée pour les au revoir, sans même savoir pourquoi.
Il pourrait de toute façon regagner la plage sans encombre quand à moi, j'avais encore beaucoup à faire.

Enveloppée par la douce étreinte salée, je nageais lentement vers le large. Malgré l'obscurité de l'eau, je voyais foutrement bien, peut-être même mieux qu'en surface.
Je laissais mon bras invalide tranquille, me contentant de me servir de mes jambes et de mon autre bras, en mouvements fluides et léger. Le courant se joignit rapidement à moi pour m'emporter, la marée descendant y aidant grandement.
Jusqu'où irais-je ? Avais-je seulement des limites à mon voyage ? Je l'ignorais mais ce sentiment de liberté était incroyable, irremplaçable. Je me sentais enfin moi-même, grisée par cette nature épurée.
Je croisais quelques poissons qui pour la plupart s'enfuirent mais certains me regardèrent, intrigués.

Après plus d'une heure de nage, j’estimais être suffisamment loin des côtes et je remontais à la surface. La ville illuminait semblait loin, une lueur diffuse flottant sur l'eau.
Que pouvais-je faire à présent pour aider ma mémoire à se souvenir ?
Commencer par me débarrasser de ces vêtements humains. Le pantalon fut le plus facile à retirer, le débardeur un peu moins à cause de mes blessures. Je ne gardais que ma culotte juste parce qu'il me faudrait bien garder quelque chose pour le lendemain.
J'enterrais le reste dans le sol meuble de l'océan et me couchais plus loin, dans un regroupement d'algues qui me bercèrent en caressant ma peau nue au gré du courant.

Combien de temps dura mon sommeil ? Aucune idée, j'avais perdu la notion du temps. En revanche, la couleur de l'eau avait changé, s'éclaircissant presque à vue d'oeil. En surface, le soleil n'allait pas tarder. Il était temps de regagner la jetée. J'effectuais un rapide tour d'observation de mes blessures. Il ne restait plus grand chose, mon épaule était à nouveau fonctionnelle et ma poitrine présentait toujours la trace de l'entaille qu'elle avait subi et qui d'ici peu n'y paraîtrait plus.
Je nageais donc plus vite à mon retour, poussais un peu mes limites, juste pour voir. J'aurais pu faire ça toute la journée et je me promis de revenir très vite.
De ma mémoire, rien n'était revenu. J'ignorais toujours qui j'étais et même ce que j'étais. Si quelqu'un m'attendait en ville ou me cherchait ? Je n'en avais pas la moindre idée et pour être out à fait franche, je m'en fichais bien, à moins que cette personne puisse me révéler les bribes de mon passé.

Arrivée à destination, je me dirigeais vers la jetée toujours sous l'eau. Il y avait une silhouette, seule qui attendait. Je reconnus Ethan dans des affaires propres et sèches. J'espérais qu'il en ait prévu pour moi.
M'approchant au plus près, je sortis la tête de l'eau. Le bruit du clapotis attira son attention et je lui souris.

- Salut ! lançais-je, visiblement de fort bonne humeur.

Un rapide coup d'oeil alentour m'indiqua qu'il n'y avait pas âme qui vive en dehors de nous. Alors je sortis de l'eau avec lenteur, comme si je rechignais à abandonner cet endroit. Glissant mes doigts dans mes cheveux mouillés, je les plaçais sur le côté avant de les essorer, puis secouais doucement la tête pour les replacer.
De ma nudité je n'avais pas la moindre gêne et la vent matinal hérissa ma peau d'un millier de petits frissons. C'était trop bon.

- J'ai faim, lâchais-je d'une voix traînante, une faim de loup.

Et mon sourire se fit plus carnassier. Le ton de ma voix et mon sourire se rapprochaient sans que je ne m'en rende compte, de celle que j'avais été.






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MessageSujet: Re: I live. I die. I live again.   I live. I die. I live again. EmptyVen 26 Avr - 17:41

J'abandonnais l'eau glacée et la jeune femme pour regagner la jetée. Sortir de l'eau me fit d'abord du bien, avant qu'un léger vent ne se lève. En temps normal je n'y aurai sans doute pas prêter attention mais là j'avais l'impression qu'il me glaçait les os et arrivait à souffler un froid polaire à l'intérieur de mon corps. C'était affreux, comme si mon corps avait froid mais de l'intérieur. Je détestais cette sensation. Par chance je n'étais pas garé bien loin et si le siège n'allait clairement pas aimer l'humidité de ma tenue, le chauffage dans la voiture me fit un bien fou. Pourtant même après une douche chaude j'avais encore froid. J'avais froid à l'intérieur de mon corps et la chaleur extérieure amenée par l'eau n'avait fait que chasser temporairement le sentiment de glace. Je repensais un peu à cette rencontre improbable la première fois, je tentais de trouver un indice dans les mots qu'elle avait prononcé, dans ce qu'elle m'avait dit sur elle, pour le peu qu'elle avait pu me dire. Je ne trouvais malheureusement pas grand chose d'intéressant. Elle voulait être solitaire et voulait se faire détester de tout le monde parce que ça l'amusait, que c'était comme un jeu pour elle, un jeu auquel elle semblait d'ailleurs prendre énormément de plaisir. C'était à ne rien y comprendre pour être totalement sincère. Je ne sais pas ce qu'elle voulait exactement et j'avais bien du mal à l'imaginer. Non, ce jour-là elle n'avait rien laissé transparaitre qu'elle semblait déjà savoir. Pire encore si elle était vraiment si solitaire qu'elle le clamait, tomber sur une personne la connaissant serait un hasard sur lequel il valait sans doute mieux ne pas compter. Et cela sans écarter la possibilité qu'elle puisse tomber sur la personne responsable de ses blessures. Ca promettait d'être calme et paisible de lui faire retrouver la mémoire.

Puisqu'elle acceptait mon invitation, j'avais préparé la chambre d'amis après ma douche, ma tête était trop prise par des pensées diverses et variées pour que je puisse dormir de toute façon. M'occuper les mains m'occupait également l'esprit tandis que je réfléchissais à la meilleure façon de procéder. Le mieux serait encore de partir sur ce que nous savions plutôt que des hypothèses. Elle est une excellente nageuse mais si l'eau pouvait suffire à lui ramener la mémoire ça serait déjà fait. Elle est solitaire, dans ce cas cette nuit paisible en compagnie de ses seules pensées aura fait office. Elle sait se battre, chouette idée de lui proposer ça compte-tenu de notre dernier affrontement, j'allais encore en prendre plein la poire. Pas que ça ne serait pas mérité quelque part. Cette jeune femme est un nid à emmerdes, elle me l'a dit plus ou moins implicitement lors de notre première rencontre, elle cherche les ennuis quand elle n'en a pas encore ou qu'elle vient de terminer avec les précédents. Ca a l'air d'être sa façon de vivre, avancer d'ennuis en ennuis, comme une sorte de jeu, de roulette russe pour voir si un jour elle pouvait perdre. Hier ça avait été le cas mais elle avait eu la chance d'être sauvée. Ca ne voulait pas dire qu'elle était hors de danger. C'était pire encore si elle ignorait qui l'avait mise dans cet état parce que cette personne pourrait croiser son chemin sans qu'elle le sache et se prépare à se défendre.

Le lendemain sur la jetée j'ai encore ce sentiment de froid et en voyant l'eau qui s'étend à perte de vue je frisonne de froid. J'ai prévu des vêtements pour la jeune femme, rien de bien exotique, une culotte, un jean et un débardeur, ce qu'elle semblait porter d'habitude. La météo semblait avoir peu d'impact sur elle, ni la température d'ailleurs. Aussi pudique que la première fois, elle exhibe sa poitrine sans aucune pudeur. Elle ne portait qu'un ultime vêtement, je n'étais même pas surpris de la trouver si peu habillé, en fait j'étais heureux qu'elle ne se soit pas dénudée entièrement pour venir me rejoindre.

Tranchant et directe dans sa remarque sur sa faim j'ai le sentiment de l'entendre comme lors de notre première rencontre. Je retrouvais un peu de ce qu'elle était quand nous nous étions rencontrés la première fois. C'est un sentiment qui s'exacerbe encore en voyant l'expression de son visage et ce sourire carnassier à la limite de la folie effrayante. De toute évidence il subsistait encore des choses de son ancienne personne.

« Il y a des vêtements secs et une serviette sur la banquette arrière. Ensuite on pourra trouver un endroit pour prendre un bon petit déjeuner. »

Maintenant qu'elle en parlait, j'avais faim moi aussi, je n'avais pas mangé ce matin, me contentant de prendre soin de Ana avant de la déposer chez sa nourrice amazone et de venir ici. Tandis qu'elle se change, et que je lui tourne le dos pour lui donner quand même un minimum de pudeur qu'elle ne semble pas avoir.

« Quelque chose vous … t'es revenue depuis hier soir ? Un souvenir, quelque chose ? J'ai vu que tes blessures sont presque entièrement soignés, c'est une bonne nouvelle. »

M'installant au volant quand elle prenait place sur le siège passager, je la regarde, ses cheveux trempés lui donnent un air sauvage correspondant parfaitement à ce que je connaissais d'elle jusqu'à maintenant.

« Tu te souvenais aimer le requin hier, est-ce que tu te souviens aussi ce que tu aimes manger au petit déjeuner ? Ca peut peut-être t'aider de renouer avec des habitudes et des choses que tu aimes. »

Et si ça m'évitait de lui dire que le combat est un domaine où elle est talentueuse et que nous nous affrontions à nouveau … ça m'arrangerait.
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MessageSujet: Re: I live. I die. I live again.   I live. I die. I live again. EmptyVen 26 Avr - 21:18

Ethan ne sembla pas surpris de ma mise et au plus profond de mon être, je sentis comme une contrariété. Avais-je espéré qu'il réagisse à ma nudité ? Rien n'était moins sûr. Je me sentais l'âme d'un esprit sans gêne, d'une entité dérangeante et je voulais qu'il soit mal à l'aise. Cette pensée me stupéfia un instant. Étais-je réellement ce genre de personne ?
Il m'annonça qu'il possédait une serviette sèche ainsi que des vêtements dans sa voiture et me tira ainsi de mes rêveries passagères.
Aussi, hochant simplement la tête, je le suivis, un nouveau sourire s'accrochant à mes lèvres lorsqu'il annonça que nous irions manger.
J'avais tellement faim que mon estomac aurait pu gronder comme une pleine tempête en plein milieu de l'océan.

Il m'indiqua sa voiture et je la regardais d'un air franchement dubitatif. Ce genre de véhicule n'avait clairement pas ma préférence mais je ne pouvais pas faire la difficile, d'autant plus qu'il me mènerait à mon prochain repas.
Ethan en sortit les vêtements promis et se retourna. Je secouais la tête doucement, amusé par toute cette mis en scène. Un moment, je fus tentée de lui demander qu'il avait déjà vu une paire de seins et ce que ça lui faisait. Je retirais ma culotte trempée en me demandant s'il oserait regarder, mais Ethan ne me jeta pas même un coup d'oeil. Je me demandais s'il était simplement bien élevé ou juste gay. Haussant les épaules, je me séchais vigoureusement les cheveux, puis ma peau frissonnante en passant le tissu sur chaque centimètre carré avec méticulosité.
Le contact plus rêche m'arracha un nouveau frisson qui me secoua doucement, puis j'abandonnais la serviette sur le dossier du siège. Alors que j'enfilais cette nouvelle culotte, en me demandant d'où il la sortait et comment il avait pu deviner ma taille, Ethan me demanda si j'avais retrouvé quelques souvenirs. A son ton, je le sentais presque plus désespéré que moi, comme s'il espérait que je lui dise que oui, j'avais retrouvé au moins un truc, n'importe quoi.
J'enfilais ensuite le débardeur tout en lui rétorquant :

- Que dalle. Mais j'ai bien dormi et oui, mes blessures sont en bonne voie de guérison.

J'hésitais à lui dire que les algues m'avait câlinée et bercée, que la mer m'avait apaisée, que j'étais certaine que mon foyer se trouvait là-bas. Il ouvrit la portière de sa voiture et j'en fis de même après avoir refermé le bouton de mon nouveau jean juste en dessous de mon nombril, pour venir m'installer sur le siège passager.
Les portes claquèrent et j'attendis qu'il mette le contact, le regard rivé sur le pare-brise. N'entendant rien venir, je finis par tourner mon visage dans sa direction et remarquais qu'il me regardait.
A ses nouveau propos, je ne pus retenir mon sourire. Ethan était si prévenant, si gentil que ça me donnait envie de...

Battant des cils, mon sourire s'élargit, charmeur.
- Peut-être, concédais-je amusée.
Et je sus que j'avais là toute son attention.
- Des hommes...repris-je sur un ton lourd de sous-entendu en le regardant le visage légèrement baissé. Plutôt jeunes...pas très grands...et pas trop maigres...

Pour accompagner mes propos, ma main vint caresser sa cuisse juste à côté avant de la pincer doucement comme si je tâtais la marchandise. Mais face à l'expression d'Ethan, je ne pus retenir le gigantesque éclat de rire qui me secoua vivement. Récupérant ma main, je haussais une épaule en venant attacher ma ceinture.

- Je plaisante Ethan, avec la certitude de devoir me justifier. Je ne me rappelle pas de ce que je mangeais, mais j'ai très envie d'une gaufre, là tout de suite.

Riant toujours, je détournais mon regard puis mon visage en direction de la vitre passager et y posais mon front dessus, laissant mes pensées se perdre durant le lever du soleil entre les bâtiments.

- Putain rassure moi...j'avais le sens de l'humour au moins lors de notre première rencontre ?
Ma voix s'était faite plus terne et tout sourire avait disparu.
Et soudain, le fait de ne pas savoir comme je devais me comporter avec lui m'angoissa. La journée ne faisait que commencer. Je n'avais ni identité, ni argent, ni foyer. Qu'allait-il advenir de moi ? Dans la luminosité de l'aube, je cherchais mes réponses tout en sachant que cette ville ne pourrait peut-être pas m'en donner.

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MessageSujet: Re: I live. I die. I live again.   I live. I die. I live again. EmptyDim 28 Avr - 23:07

Que dalle me dit-elle et je sens une moue s'afficher sur mon visage un bref instant. J'avais espéré que la mer lui permettrait aussi de lui remettre la mémoire en place, vu le miracle que ça avait fait sur son corps j'aurai été à peine surpris qu'elle puisse aussi lui rendre ses souvenirs. Malheureusement ça n'avait pas été le cas et l'énigme que représentait cette jeune femme demeurait toujours entier. Elle avait été une énigme la première fois que je l'avais rencontrée mais là elle franchissait un palier, elle était à un tout nouveau niveau que je n'étais pas sûr de parvenir à suivre. L'aider m'était naturel et dans le même temps son attitude semblait toujours la même, toujours piquante, toujours provocante, je la retrouvais finalement. Etrangement ça me faisait plus plaisir pour elle que ça me gênait pour moi. J'aurai bien aimé la découvrir moins agressive, moins virulente, plus pudique sans doute aussi. Pourtant c'est bien la jeune femme que j'avais rencontré à qui je parle en ce moment, pas une autre plus douce par l'absence de ses souvenirs, de toute évidence son quota bonté était assez bas et avait encore été diminué par ce qui avait dû être une existence pourrie par la vie d'après ce qu'elle avait laissé comprendre et entendre la dernière fois. Au moins ses blessures sont en bonne voie de guérison et ça c'est déjà pas mal finalement. On avait donc le corpore sano, restait à obtenir le mens sana. C'est con. Des blessures je sais les soigner, enfin du moins les plus courantes par celles requérant des savoirs chirurgicaux alors que l'esprit et les souvenirs … Que dalle comme dirait la sirène.

« Ok, c'est déjà bien que tes blessures soient guéries. Et puis tu as l'air en forme.  »

En forme pour faire quoi au juste? Se balader dans les rues d'Europolis en espérant que nous tombions sur quelqu'un qui la connaisse et en croisant les doigts surtout pour que ça ne soit pas celui qui l'a mise dans son état de la veille avant de l'abandonner dans une maison en flamme ? Dans mon dos j'entends la jeune femme abandonner son dernier vêtement avant de se sécher et se rhabiller, je n'avais jamais fait attention au bruit d'une serviette sur un corps humide. Je crois que si je suis si attentif c'est qu'elle serait capable de me dire que je peux me retourner alors qu'elle est encore en tenue d'Eve. Quel que soit le vrai prénom de cette jeune femme. D'ailleurs son prénom, je profite qu'elle se change pour revenir sur le prénom de la veille.

« Je suis désolé pour hier soir. Naïa c'était carrément nul comme prénom, mon cerveau devait être engourdi par le froid. J'ai regardé le calendrier, le jour de notre première rencontre tu aurais été une Justine, aujourd'hui tu serais une Irène. Je pense que c'est plus sage que tu choisisses entre l'un des deux ou le prénom de ton choix. »

Naïa … C'est con sur le moment ça m'avait semblé une bonne idée mais en même temps je la voyais guérir de blessures mortelles sous mes yeux. Je la voyais se soigner et récupérer de blessures qui auraient dû la tuer comme si de rien était. J'avais effacé de mon pouce une égratignure sur son visage juste en y appliquant un trait d'eau de mer. Forcément elle m'avait semblé être une naïade. Mais un prénom ça se décide à tête reposée. Sauf si sa conjointe l'a déjà décidé et qu'on a pas son mot dire ce qui fut mon cas avec Anastasy.

Dans la voiture je retrouve un peu plus de la jeune femme que j'avais connu quand sa main se pose sans prévenir sur ma cuisse, son "trait d'humour" n'est pas franchement des plus amusants de mon point de vue mais une gaufre ça me va plutôt bien pour le coup. Est-ce mal d'avoir espérer qu'elle perde un peu ce côté provocant et piquant qui la caractérisait ? Etait-ce pire encore de trouver que ça lui donnait un charme désirable ?

« Une gaufre, très bon choix. »

Je connaissais un café qui en faisait. Ce n'étaient pas franchement les gaufres les plus légères de la gastronomie, elles étaient un peu trop sucrées et définitivement trop grasses mais elles faisaient du bien. Elles avaient ce côté rassurant et bienfaisant, comme un chocolat chaud fait de chocolat fondu et de lait entier devant la cheminée. C'est stupidement lourd mais incroyablement bienfaisant.

« Je ne sais pas si je qualifierai cela d'humour, où alors un humour qui ne fait rire que toi mais c'était déjà le cas la dernière fois. En fait tu te ressembles énormément, si ça peut avoir un sens de dire ça. Tu étais déjà piquante et provocante lors de notre première rencontre. Ca semble être ta façon de vivre, provoquer les autres, un peu comme un mécanisme de défense pour les faire reculer et les forcer à s'éloigner. Malheureusement pour toi t'es tombé sur un crétin borné et têtu qui n'a pas fait demi-tour. »

Je roule à travers la ville, nous serions vite arrivés.

« Si tu vois quelque chose qui provoque un souvenir ou dont tu te souviens, tu n'hésites pas à me le dire surtout. »
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MessageSujet: Re: I live. I die. I live again.   I live. I die. I live again. EmptyLun 29 Avr - 9:43

C'est marrant, je sentais Ethan presque déçu à côté de moi. J'osais un regard furtif dans sa direction et remarquais ses traits si sérieux qu'ils me donnèrent envie de lui demander s'il était constipé.
Evidemment, je n'en fis rien. Plus je parlais, plus j'avais le sentiment d'envenimer la situation. Peut-être devais-je simplement la fermer en fait ?
Je levais simplement les yeux au ciel lorsqu'il revint sur l'histoire du prénom de la veille. Franchement, je me fichais bien de ce prénom temporaire et j'avais en plus trouvé Naïa assez sympa. Alors qu'il s'en excuse pour me proposer deux autres prénoms issus du calendrier me laissa un peu dubitative. D'un coté, ça m'agaçait qu'il se rétracte sur son choix, de l'autre...il avait quand même pris la peine d'aller fureter dans le calendrier. N'avait-il eu rien d'autre à faire sur le reste de la nuit ?
Relâchant un profond soupir, je pliais mon bras en appui sur la porte et laissais la paume de ma main soutenir mon menton, les yeux rivés vers les lumières de la ville.

J'avais essayé de détendre un peu l'atmosphère, de lui faire une vanne mais même là, sa réaction était restée de marbre. Il avait ignoré mes propos, ignoré mon rire et s'était contenté d'approuver la gaufre.
L'ennui devenait mortel.
Comme pour mieux enfoncer le clou, il reprit la parole pour m'indiquer qu'il trouvait mon sens de l'humour merdique et que à priori, c'était déjà le cas lors de notre première rencontre.

- C'est qu'on a pas le même sens de l'humour, concluais-je simplement sans lui adresser le moindre regard.

Je dois bien avouer que j'étais un peu vexée pour le coup. Il ne s'en rendait pas compte, mais je faisais des efforts malgré ce qu'il m'arrivait. Aurait-il préféré que je pleurniche comme une faible en sanglotant sur mon sort ?
Nous roulions à travers la ville qui s'éveillait doucement. Il voulait que je la regarde, que je lui dise si cette vision pouvait me provoquer un éveil de souvenir, n'importe quoi. Mais mes pensées étaient toutes tournées vers ses mots précédents.
La première fois que nous nous étions rencontrés, mon caractère avait été identique. Je devais m'en réjouir non ? Je fronçais pourtant les sourcils lorsqu'il évoqua cette façon de vivre qui me poussait à forcer les autres à s'éloigner. Je cherchais instinctivement le "pourquoi".
Pourquoi avais-je agi ainsi et surtout, pourquoi ne s'était-il pas éloigné ?
Ces questions en suspens me titillaient.

La voiture s'arrêta enfin et je détachais ma ceinture avant que mes gestes ne s'immobilisent tout à fait. Alors avant qu'il ne quitte l'habitacle, je lui demandais :

- Ethan...qu'est-ce qu'il s'est passé la première fois entre nous ? Tu me parle de provocation, hier tu me parlais de blessures et d'ennuis...quelles ont été les conditions de notre première rencontre ? Tu agis comme si tu t'en inquiétais, comme si tu n'étais même pas surpris de me retrouver dans cet état et pourtant....pourtant tu ignores jusqu'à mon prénom. C'est étrange...tu ne crois pas ? Tu m'as aidé, deux fois, moi une parfaite inconnue et malgré ça, je ne t'ai rien dit sur moi ?

Un nouveau soupir me coupa la parole.

- J'ai l'impression que tu ne me dis pas tout.

Mais j'ignorais encore si c'était volontaire ou non. Pouvais-je pour autant me reposer sur lui ? Pourquoi était-il si enclin à aider une parfaite inconnue, jusqu'à me proposer de m'héberger ? Soudain, je regrettais de l'avoir suivi, d'être ici. J'aurais dû nager jusqu'à l'horizon, disparaître de cette ville. Je levais les yeux sur la vitre, observais les bâtiments à travers la lumière matinale et un étrange sentiment de nausée m'envahit.

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MessageSujet: Re: I live. I die. I live again.   I live. I die. I live again. EmptyMar 30 Avr - 1:06

Finalement elle n'était pas si différente de celle qu'elle avait été lors de notre première rencontre. Je ne sais pas trop si c'est à mon damne et désespoir ou si ça me rassurait quelque part qu'elle ne soit pas trop différente de notre première rencontre. Ses blessures indiquaient clairement un combat, un combat violent et intense, brutal dans lequel elle avait manqué de perdre sa vie, il faudrait son caractère de cochon et sa force pour qu'elle parvienne à se défendre si jamais les choses devaient à nouveau mal tourner pour elle. Après tout je suis presque sûr qu'elle était encore vivante parce qu'elle avait dû échanger avec la Grande Faucheuse dans son style habituel et que cette dernière avait eu peur d'elle. Oui je l'imaginais capable de faire reculer la mort elle-même avec son humour noir, ses remarques grinçantes, ses petits airs supérieurs qui lui allaient beaucoup trop bien en plus. C'était sans aucun doute possible la raison de sa survie : la Mort avait fui en la voyant arriver. Une réflexion que je garderai pour moi mais à laquelle j'aimais bien songer. Si seulement Calliope avait pu faire peur à la mort comme la sirène y était parvenue hier soir. J'espérais encore revoir un jour ma belle amazone, avec son sourire en coin et son assurance à faire trembler une montagne. Je me surprenais parfois à imaginer qu'elle puisse être encore vivante. Si seulement …

Mais pour l'instant il fallait prendre soin des vivants, même si c'étaient de véritables têtes à claque avec un caractère de chien comme la jeune femme sur le siège passager. Elle méritait mon attention, mon temps, ma patience, même si celle qu'elle était aurait sans doute détesté que ça soit le cas. En fait je redoutais qu'elle retrouve la mémoire et se rend compte de l'aide que je lui apporte, elle détestera ça, probablement violemment. Mais je ne peux pas l'abandonner, ce n'est pas ma façon de faire, ce n'est pas ma façon d'être. Je gardais toujours cette amertume d'avoir dû abandonner Calliope derrière, de l'avoir laissée se battre pour permettre à Ana et moi de fuir et survivre.

« Oui ça doit être ça, une incompatibilité d'humour. »

Les rues défilent, je sais où aller pour une bonne gaufre, dans un petit café qui offrait d'excellents petits déjeuners pour pas trop cher. Ca serait le lieu parfait, discret, pas forcément le plus fréquenté parce que son café était juste dans la moyenne, un lieu idéal pour une discussion tranquille en tête à tête. Une discussion sur une mémoire perdue et des souvenirs absents, ça promettait d'être évident comme discussion à tenir ça.

Exactement comme de répondre aux questions posées par la jeune femme alors que je viens de garer la voiture. Elle veut savoir, elle veut que je lui raconte notre première rencontre, je n'en ai pas forcément envie, je n'ai pas envie de tout lui dire du moins sur notre rencontre, de ne pas lui dire qu'elle avait été une … garce ? Est-ce que c'est le bon mot ? Je ne sais pas vraiment mais je ne voulais pas non plus fuir ses questions et lui cacher la vérité. Ce n'était pas par des mensonges que sa mémoire pourrait revenir mais avec la vérité, celle qui la concernait.

« C'est vrai, je n'ai pas tout dit sur notre rencontre. »

C'est que je n'en avais pas forcément très envie pour être vraiment sincère. Je prends une inspiration, tournant la tête vers elle, je me refais le film dans ma tête.

« Nous nous sommes rencontrés à la piscine, tu t'y étais faite aborder par deux lourds et je suis venu t'aider à t'en sortir. Ta réaction a été de t'amuser de mon aide en me disant que tu aurais pu t'en sortir aisément en cassant le poignet d'un des hommes. Tu t'es beaucoup amusée du fait que j'ai voulu t'aider, tu trouvais ça … divertissant je crois. »

Première partie de notre rencontre, celle qui était de loin la plus facile à raconter.

« Ils t'ont attendue à la sortie de la piscine, ils t'en voulaient de la façon dont tu les avais éconduits, j'imagine que tu l'as fait avec ta politesse et ton tact habituels. Je suis venu t'aider à te défendre mais l'un d'eux t'a blessé avec un couteau enduit d'un poison qui t'a fait perdre conscience. Je t'ai ramenée chez moi, je t'ai soignée et ensuite … »

Ensuite ça avait été n'importe quoi, je ne voyais vraiment pas d'autre façon de le dire.

« Chez moi nos façons de voir le monde se sont confrontés, tu voyais tout en noir, comme si le mal était partout et je voyais tout bien trop lumineux pour toi. Alors les choses se sont mal passés quand j'ai essayé de te convaincre que le monde n'est pas tout noir avec un peu plus de noirceur encore, nous nous sommes pris la tête verbalement … puis physiquement dans le couloir où tu m'as … »

Sourire penaud sur le visage pour la rassurer, c'était du passé.

« C'est du passé et l'important c'est que tu retrouves ta mémoire. Mais voilà pourquoi je te dis que tu cherchais absolument à être la méchante de ton histoire, parce que ça te plaisait de ne faire que me provoquer encore et encore, sur tout, sur ma fille, sur ma volonté d'aider les gens, même sur l'aide que je t'apportais. »

Je n'avais pas parlé du baiser, je doutais qu'il soit indispensable d'en faire part.
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Sorcha Howl
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MessageSujet: Re: I live. I die. I live again.   I live. I die. I live again. EmptyMar 30 Avr - 20:36

« C'est vrai, je n'ai pas tout dit sur notre rencontre. »
A ses mots, j'avais froncé les sourcils et avait tourné mon visage vers lui. Nos regards s'étaient croisés, aussi sombres l'un que l'autre.
Qu'avait-il omis ? Que me cachait-il encore? Ma confiance s’effritait à mesure que les secondes s'égrainaient. Sans m'en rendre compte, mon rythme cardiaque s'était accéléré.
Il me relata les circonstances de notre rencontre. Je notais dans ses propos les détails qui auraient dû éveiller mes souvenirs. La piscine, mon amusement face au danger, sa tentative de m'aider mais mon cerveau demeurait lourd et endormi. Même lorsqu'il énonça l'attaque au couteau, le poison, un combat, rien ne revint.

Je déglutis pendant qu'il reprenait son souffle pour poursuivre sa narration.
Nous nous étions disputés avec violence pour des visions différentes du monde, jusqu'à en venir aux mains. J'étais entrain de les regarder ces mains, pourtant frêles et délicates. Étais-je réellement capable de frapper quelqu'un avec ? Mon regard se promena sur mes phalanges, mes ongles fins et brillants comme des écailles de poisson, naturellement nacrés et je repliais les doigts, impuissante lorsqu'il avoua que dans le couloir, j'avais fait quelque chose...quelque chose qu'il n'arrivait pas à énoncer là tout de suite.
L'avais-je battu ? J'aurais bien aimé le savoir, car au fond de moi, je sentais cette puissance qui ne réclamait qu'à s'exprimer. Ethan acheva son histoire et moi avec lorsqu'il parlât de sa fille et de cette volonté à aider les gens.
Mes lèvres se pincèrent naturellement et mes poings se refermèrent, serrés sur mes cuisses.

- Je vois...lâchais-je d'une voix morne.
Et c'est tout ce que je parvins à dire.
J'ouvris la portière et sortis du véhicule. Le café avait l'air sympa, assez minimaliste et plutôt discret. On serait tranquille ici pour manger. Ce matin, j'avais simplement réalisé que j'étais en vie et que mon identité n'avait pas d'importance. Je me sentais bien parce que mon corps avait reconnu l'océan et parce que j'étais indifférente à ce qui avait pu m'arriver. Mais à présent, au contact de Ethan, la nausée persistait.
De ce que Ethan m'apprenait je n'avais pas brillé par ma gentillesse, ni même par ma compassion. En somme, il me dépeignait comme une petite garce égoïste et vraisemblablement tarée de ce que je comprenais. Alors pourquoi m'avait-il aidé ?

Pendant que mes pas me conduisaient à la porte de l'établissement, je ruminais ses paroles, tachant de comprendre ce qu'il s'était passé et surtout, qui j'étais.
Sans le vouloir, j'ignorais le jeune homme, complètement tournée vers mes propres pensées.
C'est le tintement de la clochette quand j'ouvris la porte qui me ramena à la réalité et machinalement, je levais les yeux vers cette dernière.
Comme je m'y attendais, l'endroit était sobre et cosy. Nous nous installâmes à une petite table ronde dans un coin et rapidement un serveur vint prendre notre commande. En dehors de la gaufre, j'ignorais ce qui me faisait envie alors je commandais un café allongé. Les paroles d'Ethan tournaient encore dans mon esprit, forçant ma raison à chaque seconde. Je me penchais un peu plus en avant vers la table et le regardais par en dessous de mes cils noirs. D'une voix suffisamment basse pour que personne ne nous entende, je lançais :

- Après ce café je partirais Ethan. D'après ce que tu m'as raconté...je crois que venir chez toi serait une mauvaise idée. A vrai dire, je ne comprends même pas pourquoi tu me l'as proposé...après ce que je t'ai fait. Soit t'es inconscient soit t'es juste très con. Tu vis avec ta fille et tu es prêt à ramener une nana chez toi avec qui t'as déjà eu des emmerdes ? Y'a rien qui te choque là dedans ?


C'était stupide je le savais. Seule, j'étais entièrement livrée à moi-même. Sans logement et sans argent que pouvais-je bien devenir dans cette ville ? Une pute peut-être ? Même si j'étais à l'aise avec mon corps, j'avais dans l'idée que je préférais choisir les types avec qui je m'envoyais en l'air. L'appât du gain ne fonctionnait pas pour moi, pas sur l'aspect sexuel du moins.
Et pendant que j'y réfléchissais, sans m'en rendre compte, je mordillais ma lèvre inférieure.

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MessageSujet: Re: I live. I die. I live again.   I live. I die. I live again. EmptyMar 30 Avr - 21:29

Avec le recul il était certain que j'aurai tout dû lui dire, garder des choses pour moi n'était pas la bonne façon de l'aider à retrouver la mémoire. Alors mon récit se faisait assez précis, je n'omets que le baiser que nous avions partagé parce que ça n'avait pas franchement été un baiser ayant pour but d'exprimer des sentiments et je doutais qu'il ait eu une importance alors, je doutais plus encore qu'il ait un intérêt désormais. Pourtant je vois bien aux réactions quasi inexistantes qu'elle montre que rien de ce que je lui dis n'éveille quoi que ce soit en elle. Je pourrai lui parler de la pluie, du beau temps, de la théorie des cordes qu'elle aurait sans doute la même tête et les mêmes réactions. Effort vain donc que celui de lui raconter tout cela mais au moins elle savait à quoi s'en tenir, elle savait ce qu'avait été notre première rencontre. Et son talent unique pour s'attirer des ennuis et se faire sauver par mes soins par la même occasion. Je regrettais sincèrement que nous n'ayons pas plus discuté ce soir-là, que nous ne nous soyons pas simplement opposés l'un à l'autre comme deux idiots et que nous ayons pris le temps de nous ouvrir. C'était difficile quand elle semblait vouloir rester fermé et s'abriter totalement mais ça rendrait les choses tellement plus faciles aujourd'hui en fin de compte.

Pourtant rien n'avait changé entre hier et aujourd'hui, j'avais toujours la même envie de l'aider, de tenter de lui porter assistance. Cette première rencontre avait compté de nombreuses erreurs, beaucoup d'illogismes de la part de l'un comme de l'autre. J'avais voulu l'aider à voir le monde autrement je n'avais fait que la confronter finalement, j'avais tenté de percer un peu son armure et j'avais pris une masse pour cela plutôt que de m'armer de patience et de logique. De son côté elle n'avait fait aucun effort mais je n'avais pas eu le sentiment de subir un traitement de "faveur" de sa part mais plutôt d'avoir été traité comme tous les autres. Au moins je savais à quoi m'en tenir avec elle. Tout comme je savais à quoi m'en tenir avec ces poings désormais solidement fermés sur ses cuisses. J'aurai dû lui dire tout ça avant qu'elle ne demande sans doute. Ca la laisse en tout cas drôlement muette, deux petits mots et c'est tout, c'est presque inquiétant.

Nous prenons place dans le café, commandons rapidement et finalement elle prend la parole pour dire des choses pleines de sens contre lesquelles je n'ai pas grand chose à répliquer. La logique ça serait de ne pas la laisser venir chez moi, ça serait de la fuir, ça aurait presque pu être de la balancer dans la mer et de partir sans demander mon reste, sans rester avec elle. Seulement je n'agissais pas ainsi, si je l'avais fait je n'aurai jamais rencontré Calliope, je n'aurai jamais eu ma fille, cela sans parler des autre survivants qui erraient dans Seattle que j'avais guidé jusqu'au camp de réfugiés. Je l'écoute en silence et la laisse conclure. Un sourire un bref instant, bien sûr que ça me choque, je dois être fou ou masochiste.

« Et toi alors ? Tu vas faire quoi au juste ? Errer dans les rues de la ville en espérant que celui qui t'a démoli ne te croise pas ? Que tu vas tomber sur une personne qui te connaisse et t'aime bien ? Je te l'ai dit, je crois pas que tu aies beaucoup d'amis. »

Et revoilà la discussion de sourds qui reprenait et comme la dernière fois, ça ne mènerait à rien. L'affronter de front était peine perdue, ce n'est pas ainsi qu'il fallait faire avec elle. En fait je n'avais aucune idée comment faire avec elle, pour qu'elle s'ouvre un peu. Une chose est sûre, je ne pouvais pas, je ne voulais pas l'abandonner ainsi.

« Je ne sais pas qui tu étais, qui tu es et j'ai peut-être tort de te laisser venir mais je ne peux pas te laisser être seule dehors. Tu as l'air d'une bagarreuse, d'une combattante mais pas d'une folle incapable de gratitude. Même si tu l'exprimes à ta façon, sans vraiment le faire. »

Honnête, trop peut-être mais tant pis.

« Tu as l'air de te battre … Souvent … Ou d'aimer ça en tout cas. Peut-être qu'un combat amical pourrait stimuler ta mémoire en faisant travailler ton corps. Et c'est sans doute une mauvaise idée mais retourner là où je t'ai trouvée pourrait aider ta mémoire. »

Des idées comme ça, un peu en vrac … Et le regret de ne pas avoir mieux su de quoi il retournait avec elle. De ne pas avoir plus échangé avec elle.
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MessageSujet: Re: I live. I die. I live again.   I live. I die. I live again. EmptyMer 1 Mai - 10:51

Le moins que l'on puisse dire, c'est que Ethan était honnête. Un peu trop peut-être. Je levais les yeux au ciel en venant appuyer mon menton sur le dessus de ma main, le coude plié sur la table.
"T'as pas d'amis, personne ne t'aime, t'es seule, t'as l'air d'aimer te battre, tu sais te battre..." tout un blabla qui me laissait dubitative en somme. Pour autant, je n'osais pas le regarder et préférais river mes yeux sur la fenêtre, afin d'observer l'éveil de la ville.
Peut-être parce que, au fond de moi, je savais qu'il avait raison, même inconsciemment. peut-être parce que ça me faisait mal de l'admettre ? Peut-être parce que j'avais envie de lui enfoncer la tête dans le plateau de la table à ce moment précis.
Cette pulsion de violence me surprit suffisamment pour que je m'y intéresse plus profondément.
Mes muscles s'étaient tendus sans que je ne m'en rende compte, mes doigts s'étaient resserrés sur le tissu de mon jean sous la table.

Lorsque je regardais Ethan à nouveau, l'éclat de mes yeux avait changé. Ils brillaient d'une sorte de colère incomprise, comme si mon cerveau n'arrivait pas à faire le point à son sujet. Et malgré moi, mes lèvres s'étirèrent en un sourire en coin lorsqu'il proposa de se battre de manière amicale.
Le fait qu'il me propose cela m'amusait, je ne pouvais pas le nier, surtout après m'avoir avoué que je lui avait cassé la gueule. Soit il était masochiste, soit...je ne sais pas un truc ne tournait pas rond chez lui.
J'ouvris la bouche pour lui répondre, lorsque le serveur revint avec nos commandes.
Et pendant qu'il disposait sur la table nos deux assiettes et nos tasses, je ne quittais pas Ethan des yeux. Sauf quand le serveur nous souhaita un très bel appétit.
Là, je me tournais vers lui et lui offrit un sourire mauvais accompagné d'un regard qui voulait dire que s'il se repointait dans les cinq minutes, je lui enfournais son plateau dans un endroit peu plaisant pour lui, je n'en doutais pas.
Il tourna rapidement les talons, au moins le message avait été bien reçu.

Face à Ethan, je pris ma gaufre en main et mordis dedans à pleines dents. Dans la foulée, un gémissement de bonheur m'échappa. C'était trop bon. Je savourais ma bouchée puis l'avalais, ravivée par le plaisir du sucre.

- C'est gentil à toi de me rappeler à quel point je suis seule et désespérée, repris-je sur le ton de la conversation. On fera ce que tu veux Ethan, se battre si ça peut te faire plaisir, même si j'ignore comment faire là tout de suite...même retourner là où tu m'as trouvé. Après tout, toutes les idées sont bonnes à prendre...

L'idée de me battre me plaisait bizarrement, comme si une partie de moi savait que cette activité m'était propre.
Je bus une gorgée de café et grimaçait sous l'amertume de la boisson avant d'ajouter d'une voix traînante chargée d'ironie :

- T'as vraiment rien d'autre à foutre ? Un boulot ? Ta fille ? Ta femme peut-être ? Plutôt que de te préoccuper d'une femme qui t'a cassé la gueule et qui n'a rien à t'apporter hormis des emmerdes ? Désolée hein, mais je comprends pas.

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MessageSujet: Re: I live. I die. I live again.   I live. I die. I live again. EmptyMer 1 Mai - 11:51

Cette femme c'était le bonheur à l'état pur, tout simplement. Elle était rayonnante, elle irradiait de légèreté, un vrai petit ange … Non … Même en ayant perdu la mémoire elle était toujours la même, toujours la même jeune femme dure, sèche, arrogante et supérieure. Elle n'avait pas changé d'un iota en ayant perdu ses souvenirs. Moi qui pensais que c'était la vie qui l'avait rendu morne et violente, je m'étais trompé lourdement c'est apparemment sa nature, tout simplement. C'est ce qu'elle est, elle est morne, elle est violente, c'est sa nature, ça coule dans ses veines de la plus naturelle des façons. En un sens c'est un peu effrayant je ne peux pas le nier, savoir qu'elle est quelque part proche du mal le plus absolu qu'on puisse trouver, celui qui habite quelqu'un sans raison, sans fondement, simplement parce que c'est ainsi qu'elle aime vivre. Elle a raison, je devrai la fuir, je devrai l'abandonner et la laisser à son sort, c'est la chose raisonnable à faire, c'est la bonne réaction à avoir mais ce n'est pas ainsi que j'ai l'habitude de vivre et de me comporter. L'abandonner serait beaucoup trop simple, beaucoup trop facile et surtout ça serait dangereux pour elle. Elle semblait toujours aussi légère face aux dangers. Et si en sortant elle tombait sur celui qui l'a violentée la veille ? Elle ne semblait même pas réaliser le danger dans lequel elle se trouvait, dans lequel elle pourrait se fourrer si elle arpentait seule les rues de la ville.

Une moue à sa remarque sur ce que je venais de dire, ce n'était pas ce que j'avais voulu dire et elle le sait parfaitement, je le sais parfaitement mais elle le dit quand même, visiblement heureuse de trouver à me répondre. Visiblement rien n'avait changé depuis la dernière fois dans son caractère, elle était toujours la même et le regard qu'elle avait eu pour le serveur n'était qu'un argument de plus qui allait dans ce sens.

« Tu sais très bien que ce n'est pas ce que je voulais dire. T'en fais pas, le combat c'est comme le vélo, ça ne s'oublie pas et j'ai peu de doutes sur le fait que ça te reviendra. »

La mémoire musculaire était souvent une de celles qui fonctionnait le mieux et puis elle n'avait pas oublié comment parler, elle savait sans doute toujours compter ou conduire. Elle ne semblait avoir perdu que les souvenirs la concernant, l'histoire de sa vie et ses aventures et mésaventures. Pourquoi ne puis-je pas m'empêcher d'imaginer qu'elle ait vécu d'avantage de mésaventures que d'aventures d'ailleurs ? Sans doute parce que c'est une forte tête doublée d'une emmerdeuse royale. Mais nous avions nos caractères respectifs et ils se confrontaient encore et encore.

« Si j'ai d'autres choses à foutre. Ma fille par exemple qui est chez sa gardienne pour me permettre de veiller sur toi. Mon boulot auquel il me faudra me rendre ce soir même si je n'ai aucune envie de te laisser seule si c'est pour te retrouver préparée en sashimis dans une maison qui flambe. »

Je lui consacrais du temps et plutôt que d'être agréable et de trouver cela sympathique elle m'en voulait de le faire. Putain les femmes devraient vraiment être livrés avec un manuel.

« Ma femme n'y trouvera rien à redire. Il est rare que les défunts aient à redire sur les choix des vivants. »

Je la regarde dans les yeux en croquant à mon tour dans ma gaufre.

« T'aime entretenir ton côté bad-ass de la jeune femme solitaire et forte que rien n'atteint, comme la dernière fois. Mais j'ai pas changé non plus et je crois toujours que t'as plus besoin d'aide que tu ne t'en rends compte. Je t'oblige pas à accepter mon aide, à venir chez moi et à te laisser aider à retrouver ta mémoire. Tu préfères vagabonder dans les rues pour voir si ça fonctionne, vas-y, éclate-toi. »

Je hausse les épaules en disant cela, elle aimait la confrontation moi ça commençait doucement à me lasser qu'elle agisse toujours de la sorte. Elle pensait toujours mieux s'en sortir toute seule et bien je n'allais pas la contraindre à me "supporter".

« Vas-y, c'est quoi ton plan si tu quittes ce café seule ? Tu vas où ? Tu fais quoi ? Comment tu gagnes de l'argent ? Tu dors où ? Tu te fais entretenir par un riche idiot qui en pince pour tes petits seins alors que tu ne fais que rentrer dans les gens et les provoquer ? T'es belle mais pas assez pour cacher ton caractère de cochon. T'embrasse pas trop mal mais pas assez pour qu'on pardonne tout ce qui sort de ta bouche. »
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MessageSujet: Re: I live. I die. I live again.   I live. I die. I live again. EmptyMer 1 Mai - 21:59

J'avais senti que Ethan perdait patience. Ça se voyait à la manière dont il me regardait, les traits de son visage s'étaient légèrement modifiés. J'ignorais en revanche si je devais m'en réjouir ou non. Il semblait savoir certaines choses à mon sujet, même si elles n'étaient pas très glorieuses. Le fait est que ses propos se contredisaient avec son comportement. A l'écouter, j'étais irascible et insupportable mais dans le même temps, il ne pouvait pas s'empêcher de me venir en aide. Je ne comprenais pas ce comportement et ça m'énervait. A force de me dire ce que j'étais ou ce que je savais faire, la seule envie qui m'habitait était de lui donner à la fois raison et tort.
Enfin presque.
Je n'étais pas une ingrate, du moins je ne le pensais pas. Ethan m'avait sauvé la vie par deux fois, de ce qu'il disait. J'aurais pu le remercier, même la première fois et au lieu de cela, je persistais encore à le tenir éloigner de ma vie, comme si une part de moi me poussait à le rejeter.
Pourquoi ?

Il avait beau se justifier en invoquant que ses propos ne représentaient pas ce qu'il avait voulu dire, j'en doutais mais conservais pour l'instant mon calme en apparence. Intérieurement, je bouillonnais convaincue que cette discussion ne nous mènerait nulle part. Dans le même temps je me demandais comment on avait pu en arriver là. La veille, il avait séjourné dans heures dans l'eau glacée juste pour moi, je l'avais réchauffé du mieux que j'avais pu grâce à ma température corporelle. Le matin même, il était revenu me chercher, m'avait proposé un foyer et de quoi manger et à présent...nous semblions à deux doigts de nous étriper.

Je me demandais s'il cherchait à me faire culpabiliser en me balançant à la gueule le temps qu'il perdait en me venant en aide ou encore la mort de sa femme. Malgré cela, je n'avais pas envie de le prendre en pitié, il ne le méritait pas. Le voir se rebiffer légèrement me fit plaisir mais malheureusement, ce sentiment ne dura pas.
Il se lassait de leur échange et laissait paraître une forme d'ironie accompagnée d'un sentiment de puissance. A juste titre, il avait toutes les cartes en main, quand je n'avais rien. Je me demandais s'il éprouvait une satisfaction à me balancer ces cruelles vérités à la face, en mangeant sa gaufre l'air de rien.

A chacune de ses questions, je serrais les dents un peu plus et sentais mes muscles se tendre. J'étais prête à bondir, à l'attraper à la gorge parce que je ne voulais pas l'entendre, je ne voulais pas qu'il appuie là où ça faisait mal, comme il était entrain de le faire. J'ignorais à quel moment je sortis vraiment de mes gonds. Peut-être lorsqu'il parlât du baiser fantôme.

D'un geste brusque je tapais des deux mains sur la table, à plat. Ma tasse vibra et du café se renversa.

- Qu'est-ce que t'en sais !
braillais-je alors que la seconde d'après, je compris que par ce qui devait s'apparenter au plus grand des hasards, nous nous étions embrassés. Quand ? Où ? comment ? Pourquoi n'en avait-il pas parlé avant ?

Dans le café, les habitués ainsi que le serveur nous regardaient mais franchement, je m'en fichais bien. Je n'avais d'yeux que pour lui, Ethan.
Je me sentais faible et vulnérable et je détestais ça. J'avais beau ordonner à toutes les fibres de mon corps de se souvenir, il ne se passait rien. L'Océan avait guéri mes chairs mais m'avait laissé dans le noir et un profond sentiment d'injustice m'envahit. Tant et si bien, que je sentis les picotements aux coins de mes yeux sombres, annonciateurs de larmes.
Le temps sembla se distendre l'espace de deux battements de coeur, de quoi me donner l'opportunité de faire ce que je n'avais jamais fait, c'était une certitude : prendre la fuite.
Sans réfléchir d'avantage, je me levais d'un bond et me précipitais dehors. Dans ma hâte, je bousculais un homme sur le trottoir qui m'invectiva gratuitement avant de saisir mon poignet.
Mon regard tomba sur sa main qui me tenait puis sur son visage rougit par la colère tandis qu'il me réclamait des excuses. Au fond de moi, je sentis que quelque chose changeait...comme si mon corps se préparait à un affrontement en contractant chacun de mes muscles.


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Les dés :
Sorcha se souvient d'un truc concernant leurs première rencontre si Réussite
Sorcha ne se souvient de rien si echec

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Le membre 'Sorcha Howl' a effectué l'action suivante : Lancer de dés


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