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 Precious Materials
Alcide Keranos
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MessageSujet: Precious Materials   Precious Materials EmptyLun 8 Avr - 17:43


La Surface est riche ; ses ressources sont abondantes. Encore faut-il se baisser pour les ramasser.

≋ Octave Keranos ≋ Leçons de la Surface ≋



Il faisait nuit noire. Des vents humides couvraient les Docks de leur étreinte glaciale. Je n’avais pas froid, ma partenaire non plus. Les Valkyries faisaient partie des rares Surfaciennes à résister aux basses températures aussi bien que les Atlantes.
J’avais toutefois un avantage sur Erna : le brouillard n’entravait aucunement ma vision. Nous marchions cependant à l’aveuglette à travers un dédale de containers fraîchement débarqués : l’obscurité restait un adversaire que seule une lumière naturelle ou artificielle pouvait vaincre. Elle couvrait nos déplacements, les sacs suspects que nous portions, et nous ne voulions pas la rompre avec des torches au risque de révéler notre présence.
Les flics patrouillaient rarement dans le coin, mais entre les vigiles et les malfrats qui rôdaient dans ce marché à ciel ouvert, les lieux n’étaient jamais aussi déserts qu’ils paraissaient.

Je marchais en tête, le bruit de nos pas couvert par la bruyante activité maritime à quelques centaines de mètres. Erna feula une imprécation sur les navires humains, vaisseaux de fer moches et malodorants.

— On aurait été plus vite en venant en bagnole, avec Louise pour nous couvrir. Je l’ai vue abattre un type à cinq cents mètres avec une lunette de vision nocturne. Sans plus de bruit qu’un pet de lapin.

Nous en avions discuté deux jours auparavant, quand j’avais obtenu le carnet de livraison d’un informateur. Erna refusait de semer des cadavres sur notre passage. Tant qu’on pouvait l’éviter, du moins. À cause du bienfaiteur qui l’avait recueillie à Europolis, et de la boutique qu’elle gérait, l’armurière entretenait en outre une relation particulière avec les uniformes de l’EPD.
Je n’étais pas en désaccord avec sa vision des choses ; j’entretenais par ailleurs le même genre de rapport avec mes anciens frères d’armes de l’armée européenne.
Malgré tout, j’aurais quand même préféré venir en bagnole tous feux allumés.

— TYD-450278… TYE-02846… encore deux rangées et on sera dans la bonne allée.

Je vérifiai le plan que m’avait fourni l’indic avec une minuscule lampe de poche. Son tuyau avait intérêt à être fiable, ou ce connard subirait la bastonnade de sa vie.
Erna me tannait depuis plusieurs semaines avec ses foutus matériaux rares. Me faisait miroiter les merveilles qu’elle pourrait forger avec des alliages adéquats. Dont, bien sûr, elle ne révélait les secrets à personne. Même pas à moi, surtout pas à moi, semblait-elle vouloir me dire avec son caractère de merde.
J’étais tombé sous le charme des divines dès mon premier voyage diplomatique, mais cette foutue rouquine avait déjà à l’époque un côté pète-couilles qui la distinguait des autres. On s’était mis sur la gueule, et on avait remis ça lorsqu’on s’était retrouvés à Europolis.
Aujourd’hui on était comme cul et chemise. Ou plutôt comme chien et chat, deux espèces qui cohabitaient en s’accrochant de temps à autre.

— Alerte à trente mètres, murmurai-je. Un homme avec une torche.

Je venais d’arrêter Erna, une main ferme capturant son bras.
Nous nous sommes placés en embuscade derrière un container, puis j’ai pointé notre intrus du doigt. Je l’avais repéré en premier grâce à ma vision atlante, mais la Valkyrie avait aussi l’habitude de fouiller les nuits brumeuses dans ses montagnes couvertes de forêts.

— Il va falloir qu’on le neutralise, celui-là. Notre container est à un jet de pierre d’ici.

J’ai approché mon visage du sien. Lui ai soufflé à l’oreille :

— Et ne fais pas comme si ça t’emmerdait. Ce soir, tu espérais plus que simplement te dégourdir les gambettes. Pas vrai ?

Quant à moi, j’espérais voir ma partenaire valkyrie briser quelques os. J’avais toujours raffolé de ce genre de spectacle.

_________________



≈ La paix est une lutte permanente contre notre nature profonde, une peau dont nous recouvrons les os, les muscles et la chair de notre sauvagerie naturelle. ≈ L’instinct de violence coule dans nos veines comme un parasite, attendant la moindre occasion pour alimenter notre colère et la multiplier jusqu’à ce qu’elle explose. ≈ La guerre est la seule chose que nous comprenons vraiment. ≈
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Carys Beyle
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MessageSujet: Re: Precious Materials   Precious Materials EmptyDim 14 Avr - 11:57



T
oute de cuir et de noire vêtue, un sac et un perfecto sur le dos, sous les traits de Carys, Erna ne ressentait pas le froid de la nuit. Sensation familière, elle avait toujours vécu dans les sommets montagneux enneigés. Ce n’était pas une baisse des températures qui allait l’affecter et encore moins l’arrêter. Cela faisait plus de deux semaines qu’elle attendait cette virée. Dès qu’elle avait entendu parler de cette cargaison de métaux, elle avait immédiatement contacté Alcide pour trouver un moyen de s’en emparer. Il n’a pas été difficile à convaincre. Seulement le gonfler tous les jours avec les nombreuses possibilités d’armes et d’armures en tout genre qu’elle pourrait confectionner avec. Lui confectionner. Il fallait bien qu’il ait sa part du marché aussi, elle n’était pas ingrate... Ou si. Tout dépendrait des matériaux en question.

— On aurait été plus vite en venant en bagnole, avec Louise pour nous couvrir. Je l’ai vue abattre un type à cinq cents mètres avec une lunette de vision nocturne. Sans plus de bruit qu’un pet de lapin.

« Tu ne vas pas recommencer avec cette maudite boite en ferraille. On en a déjà discuté » siffla-t-elle.

Avec un tel engin, ils se seraient fait repérer en deux secondes. Ces engins n’étaient absolument pas discrets et Erna ne faisait pas confiance à sa petite protégée humaine. Pourquoi une humaine les aiderait ? Pourquoi la mettre dans la confidence sur leurs activités, leurs plans, leurs projets et surtout leurs identités ? Alcide les mettait en danger. Elle ne connaissait pas Louise, malgré qu’elle connaisse un peu l’histoire qui la liait à Alcide, ce n’était pas une raison suffisante pour lui faire confiance. Erna avait besoin de se faire sa propre idée, son propre jugement, sa propre évaluation. Cette humaine allait devoir faire ses preuves. Ses propres preuves qu’elle aura choisies et qui auront de la valeur aux yeux de la valkyrie. Et pour cela, il fallait du temps. Alors elle avait été catégorique : pas de voiture et donc par conséquent –qu’Alcide l’ait compris ou pas l’importait peu-, pas de Louise.

En apparence docile, Erna le suivit sans broncher. Elle lui faisait confiance pour trouver la cargaison qu’ils recherchaient, surtout à travers ce brouillard. Elle connaissait les atouts de ses alliés et préféra faire confiance à sa vue qu’à la sienne. Il repéra d’ailleurs un type avant même qu’elle ne distingue sa silhouette. Dissimulés derrière un container, Erna pencha légèrement la tête en avant pour apercevoir et observer ledit intrus. Un homme tenant fermement une lampe-torche. La quarantaine, un peu plus grand qu’elle, les épaules carrés et une démarche fluide et assurée. Qui que soit cet homme, il connaissait les lieux, mais n’était ni un vigile ni un flic. Il n’en avait ni l’attitude ni l’uniforme d’ailleurs. A son avis, il n’était pas très futé. En utilisant ainsi sa lampe, il se faisait repéré de loin malgré le brouillard. Soit il était stupide, soit il était bien trop confiant. Dans tous les cas, il était hors de question qu’ils se fassent doubler par un malfrat de bas étage. Ils allaient faire une bonne action en l’arrêtant et s’ils la jouaient finement, ils pourraient peut-être même foutre « l’emprunt » du matos sur son dos. Il se ferrait chopé, la police envisagerait un ou plusieurs complices qui se seront enfuient avec le matériel, mais ne trouverait aucune preuve pour remonter jusqu’à eux. Une possibilité intéressante. Néanmoins, il ne fallait pas se précipiter. Une étape à la fois.

— Il va falloir qu’on le neutralise, celui-là. Notre container est à un jet de pierre d’ici.

« Ça aurait été trop beau de ne croiser personne. »

— Et ne fais pas comme si ça t’emmerdait. Ce soir, tu espérais plus que simplement te dégourdir les gambettes. Pas vrai ?

Vrai. Cependant, si leur petite aventure nocturne se serait déroulé le plus discrètement possible ça lui aurait très bien convenue aussi. Plutôt que de s’enquiquiner et de s’ennuyer avec des délinquants qui n’avaient que de la gueule et peu d’aptitudes au combat. Au vrai combat. Son épiderme réagit alors. Non pas à l’excitation d’un vrai combat en perspective –il n’y avait aucune illusion à se faire là-dessus, mais à la sensation du souffle chaud d’Alcide sur sa peau. Pourtant, son visage resta de marbre.

Erna finit par détourner son regard vers lui. « Tu crois que je ne vois pas clair dans ton jeu ? Tu es si prévisible. » Tous les hommes le sont. Elle approcha davantage son visage du sien, ne laissant que quelques centimètres de distance entre eux. « Dit plutôt que tu meures d’impatience de voir ces gambettes inaccessibles en action. »

Avec ce sourire en coin et ce regard malicieux, Erna cherchait à le troubler, le déstabiliser. Elle le faisait exprès. Elle jouait. Ils jouaient. Depuis leur toute première rencontre, ils s’amusaient, se défiaient et se taquinaient à leur façon. Alcide n’avait pas oublié. Erna non plus. Elle s’en était rendu compte lors de leur retrouvaille en 2048. Elle s’était fait un tel plaisir de rabattre son clapet, ignorant qui il l’était. Ce ne fut que lorsqu’elle le mit à terre qu’ils se reconnurent en même temps et qu’il avait réagit comme à l’époque. Une lueur dans le regard. Inconsciemment, instinctivement, ils avaient reproduits les mêmes gestes, les mêmes prises de combats et les mêmes réactions. Et aujourd’hui ce qui la divertissait, c’était qu’il n’allait pas s’attendre à sa prochaine action.

« Les tiennes d’abord. »

Sans prévenir, joignant le geste à la parole, Erna recula et bouscula l’épaule d’Alcide avec force pour le propulser en dehors de leur cachette. A la vue de tous. A la vue de cet inconnu qui le repéra par ses pas lourdauds et désordonnés de poisson barbotant à la surface. Un sourire amusé aux lèvres, Erna lança un clin d’œil à Alcide avant de s’éclipser. Elle fit le tour du container pour surprendre l’être humain par derrière tandis qu’Alcide jouait l’appât. Une bien belle et séduisante distraction. Il croyait qu’elle n’allait pas comprendre qu’il aurait voulu que ce soit elle? Que ce soit elle qui joue la femme sexy, la femme fatale, l’idiote qui s’était perdue ou encore la princesse en détresse qui aurait besoin d’un chevalier sur son cheval blanc pour venir la secourir ? Et par la même occasion laisser croire à cet abruti sans cervelle (le malfrat) qu’il pourrait en profiter pour se taper un bon coup ? Le coup il allait effectivement se le prendre, mais pas de la façon qu’il aurait rêvé si elle avait joué les potiches de service.

Se trouvant qu’à quelques petits pas du malfrat, ce dernier entend l’écho de ses bottes sur le bitume bien trop tard. A l’instant où il tourna la tête, il eut à peine le temps d’apercevoir sa chevelure de feu qu’il reçu en pleine tête son coup de pied circulaire. Un horrible craquement se fit entendre. Adieu les cervicales. Sans un regard pour la vermine étendue à ses pieds, Erna regarda Alcide.

« Satisfait ? »
WILDBIRD


Citation :
Actions:
Carys/Erna → 8 Points de Baston.
Elle attaque le malfrat → 'SoB Combat Rapproché' coup critique 3 points de dégâts. Le malfrat est mort sur le coup.

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Dernière édition par Carys Beyle le Dim 14 Avr - 19:01, édité 4 fois
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Master of Chaos
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MessageSujet: Re: Precious Materials   Precious Materials EmptyDim 14 Avr - 11:57

Le membre 'Carys Beyle' a effectué l'action suivante : Lancer de dés


'SoB Combat Rapproché' :
Precious Materials 3pt_pe13

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Ne pas contacter par mp s'il vous plaît Smile
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Alcide Keranos
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MessageSujet: Re: Precious Materials   Precious Materials EmptyLun 15 Avr - 23:16



Bon sang, que j’adorais cette Valkyrie. Sa répartie tranchait avec froideur et précision, à l’image des longues épées que les guerrières de son peuple maniaient avec un style inimitable, captivant.
Je manipulais quantité de gens pour atteindre mes objectifs (parfois, l’unique option était la torture ou la mort), mais la plupart du temps Erna voyait clair dans mes intentions. Peu à peu, mes ruses avaient pris la forme de jeux étranges où nous nous affrontions à égalité. J’aimais le combat sous toutes ses formes, plus encore avec un adversaire de force équivalente.
Avec Erna, j’avais trouvé la partenaire idéale.

Ses gambettes inaccessibles glisseraient un jour autour de mes reins, je m’en étais fait la promesse.
Et un Keranos tient toujours ses promesses.

En attendant le moment propice, la brèche où je pourrais m’engouffrer, son visage de glace faisait grimper ma température dès qu’il approchait du mien.
Erna le savait ; comme elle savait que je savais qu’elle savait.
Nul besoin d’observer ce pli malicieux à la commissure de ses lèvres appétissantes, nul besoin du nez proéminent des Keranos pour sentir le coup fourré.

Qu’est-ce que tu mijotes, co…quine

…nasse !

Cette putain de Valkyrie de mes deux m’a bien baisé.
Pas de la façon que j’aurais souhaité, ce qui justifiait le majeur dressé à l’arrière de mon dos.

Propulsé au milieu de l’allée par son bras vigoureux, j’ai fait mine de tituber, imprimant à ma démarche souple de combattant aguerri la maladresse d’un  poisson barbotant à la surface. Ma tête dodelinait comme une girouette soumise à des vents contraires. J’ai croisé le regard jubilatoire d’Erna, répondu à son clin d’œil par un rictus mauvais.

Notre cible força l’allure, dégaina une arme de poing d’un geste assuré.

Tiens, la pègre des Docks a dû recycler ses blancs-becs en farine pour saumons d’élevage. Cet enfoiré a de la bouteille, ça promet un spectacle intéressant.

J’ai emprunté la voix qui me sortait de la gorge après cinq bouteilles de vodka.

— Eh, mon pote ! J’suis comme qui dirait *hips* un peu perdu… Tu saurais pas m’indiquer où s’trouve le Red Fury, par hasard ? Un cargo du Nord à la rob’ *hips* sauvage. J’dois appareiller à 3h, mais tu sais *hips* comment ça s’passe… Une dernière tournée des bars avant d’prendre le grand large…

Il était temps que ma furie rousse rapplique, ou j’allais devoir pousser la chansonnette pour occuper notre homme.

Les larges épaules de ce connard bien charpenté me gâchaient la vue lorsque des bruits de bottes claquant sur le bitume parvinrent à mes oreilles. Les tapageuses activités maritimes semblaient retenir leur souffle, subitement muettes.
Je me suis décalé juste à temps pour voir la gambette sculpturale se lever. Asséner un coup  de pied brutal et précis à l’arrière du crâne. Les cervicales émirent un bruit de crustacés qu’on écrase entre ses mâchoires ; j’en frissonnai de plaisir.
L’homme s’écroula par terre, raide mort.

Le cri perçant d’une mouette fendit l’air. Les bruits mécaniques de zone portuaire envahirent à nouveau l’espace où nous nous trouvions.
Erna me fixait de ses yeux émeraude, sans une lueur de pitié pour en souiller la beauté brute.
Putain, quelle femme.
L’envie de tenir ma promesse se fit plus pressante.

Mais j’étais en mission. Pas dans un pieu à me gratter les couilles sous une tétradose d’amphétamines.
Je répondais à la Valkyrie par un haussement d’épaules.

— Pas mal. (Si Erna attendait mes compliments, elle pouvait se toucher.) Je t’imaginais pas aussi forte du bas que du haut, mais il n’y aurait que ce tas de merde pour s’en plaindre. (Je désignais l’homme à terre.) Tu n’aurais pas repéré une meute de chiens errants, pendant que tu traînassais à faire le tour ? Il y a assez de viande et d’os pour un bon festin, et on se débarrasserait du corps par la même occasion.

En attendant l’hypothétique soutien d’une bande de canidés, j’ai suivi ma procédure habituelle. Fouillé le mort, subtilisé ses papiers et son téléphone, hissé le cadavre encore chaud à l’épaule comme un sac de terreau.

Puis j’ai commencé à avaler la faible distance qui nous séparait de notre container.
Erna marchait à mes côtés.

— En tout cas, je crois que c’est raté pour un interrogatoire. À moins que tu connaisses un rituel valkyrie pour communiquer avec les esprits des morts, on va supposer que des copains à lui tournent dans les environs et vont s’inquiéter de ne pas avoir de nouvelles. Restons vigilants. (Après un silence, puis un regard sur les jambes athlétiques d’Erna : ) De toute façon, même si tu connais un rituel, je suis pas sûr que monsieur Nuque-brisée se montrerait coopératif. Il ne doit pas voir tes gambettes de casse-noix du même œil qu’un guerrier atlante.

Et puis tes dieux sont vraisemblablement morts, me retenais-je d’ajouter.

Je relevai la tête, plissai les yeux pour déchiffrer vers les grandes étiquettes en noir sur fond blanc, tout juste assez lisible dans l’obscurité ambiante.

— TYG-15527… Pactole !

Une chaîne épaisse fixée à l’aide d’un cadenas pendait sur l’ouverture du container.
J’ai fouillé mon sac de ma main libre. Extrait un coupe-boulon que je tendis à Erna.

— À toi l’honneur, partenaire.

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≈ La paix est une lutte permanente contre notre nature profonde, une peau dont nous recouvrons les os, les muscles et la chair de notre sauvagerie naturelle. ≈ L’instinct de violence coule dans nos veines comme un parasite, attendant la moindre occasion pour alimenter notre colère et la multiplier jusqu’à ce qu’elle explose. ≈ La guerre est la seule chose que nous comprenons vraiment. ≈
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Carys Beyle
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MessageSujet: Re: Precious Materials   Precious Materials EmptyDim 21 Avr - 11:18



N
on. Jette-le à l’eau. S’il y a des requins dans les parages, ils n’en feront qu’une bouchée. »

Erna n’en avait que faire du cadavre. Pour elle, ils pouvaient très bien le laisser là, ça l’indifférait totalement. Leurs empruntes n’étaient pas dessus. Enfin peut-être celles d’Alcide qui était entrain de le fouiller, mais pas les siennes en tout cas. Elle s’en soucia tellement peu, qu’elle lui tourna le dos sans jamais le regarder une seule fois, suivant son partenaire pour atteindre leur but : le fameux container.

« Ne dit pas de bêtises » lança-t-elle en le fusillant du regard lorsqu'il mentionna la possibilité d'un rituel. Elle n’était pas une völva et même s’ils en avaient une sous la main, interroger un malfrat ne sera certainement pas une de ses demandes prioritaires. Néanmoins, il avait raison sur une chose : ce type n’était peut-être pas venu seul et si c’était le cas, ça ne lui poserait aucun problème et à lui non plus, elle en était persuadée. Un peu d'action ne ferra que les émoustiller.

« Dans ce cas, espère que les copains de Nuque-brisée débarque d’un moment à l’autre pour te rincer l’œil. »

Elle aimait bien le surnom qu’il avait trouvé, mais elle aimait encore plus qu’ils aient enfin trouvé ce pour quoi ils étaient venus. Ils allaient enfin pouvoir passer aux choses sérieuses. Sans attendre une minute de plus, Erna prit le coupe-boulon, brisa la chaîne et la laissa tomber sur le sol en même temps qu’elle redonna l’outil  à Alcide. Les portes grandes ouvertes, ils firent face à des piles de cartons. A première vue, rien ne laissait croire qu’ils contenaient des matériaux précieux. Il était temps de faire de la place. Erna trouva sans mal l’interrupteur sur le côté pour apporter un peu de lumière à l’intérieur et commença à retirer les premiers cartons pour qu’ils puissent s'engouffrer un peu plus. Après une pile en moins, elle remarqua qu’au fond, les cartons n’allaient pas jusqu’au plafond, ce qui n’avait pas été le cas pour la première rangée qu’ils venaient de retirer. Étrange... C’était comme s’il y avait un creux. Un espace vide. Sans dire quoique ce soit, Erna balança à Alcide un carton qui la dérangeait pour se frayer un passage. Elle poussa, enjamba et se faufila agilement jusqu’au fond du container. Lorsqu’elle arriva derrière la dernière pile, ce qu’elle y découvrit la laissa sans voix.

Impossible…

Pourtant il n’y avait aucun doute possible. Quoiqu’elle pouvait se tromper, mais elle en avait déjà vu auparavant et subit les dégâts en combat d'entraînement aussi. Puis lorsqu’on était forgeron, on avait l’œil pour distinguer les matériaux ainsi que les objets qu’on confectionne avec. Celui-ci était façonné d’une façon unique, un art ancestral qui lui laissait entendre qu’elle ne faisait pas face à une copie. A moins que les humains aient réussi à reproduire cet art. Ce dont Erna doutait fortement puisqu’ils se concentraient plutôt dans les armes massivement destructrices, les armes à feu et autres monstruosités ayant perdu toute l’élégance ainsi que l’art et la manière de se battre. Néanmoins, il n’y avait qu’un seul moyen d’en avoir le cœur net.

« Alcide ». Son ton était sans équivoque, pressant et bien trop calme, car la découverte était impressionnante et inquiétante à la fois. « T’es plutôt trois ou cinq branches ? »

Allait-il comprendre à quoi elle faisait référence ? En l’attendant, Erna s’approcha de plus près de ce qu’elle était à quatre-vingt-dix-neuf pourcent sûre être un trident atlante et s’accroupie pour examiner les moindres détails. Etait-ce un vrai ? Ce ne pouvait être autrement, c’était quasi imperceptible mais plus elle entendait les pas d’Alcide approcher plus les pointes du trident luisaient. Résonnant, comme s’il reconnaissait l’un des siens. Comment était-ce possible qu’un cargo humain puisse posséder une telle arme ? Etait-ce un vestige, un trophée de guerre ou l’antiquité d’un richissime collectionneur ? La présence de cette arme ici soulevait bien des questions. Il allait peut-être falloir creuser un peu plus sur le propriétaire de ce cargo. A l’arrivée de son partenaire, Erna se releva. Rien qu’en croisant son regard, elle comprit tout de suite qu’elle avait vu juste.

Erna recula de quelques pas pour laisser la place à Alcide et contempla les nombreux cartons. Elle ne s’était pas attendue à cette découverte. Erna avait uniquement entendu par hasard une conversation dans sa boutique entre deux types qui parlaient d’une cargaison de matériel, mais il n’avait jamais été mention d’un trident atlante. Elle s’était imaginée au mieux trouver de l’obsidienne et de riches métaux pour créer des alliages essentiels pour la confection de ses armes et ses équipements particuliers, tout au plus.

« On ne va pas pouvoir tout emmener. »

Dans leur tête, il n’avait jamais été question de tout embarquer. Simplement de tout fouiller pour sélectionner que la crème de la crème, mais dorénavant… Le doute persisté sur le contenu des cartons. Ils ne pouvaient tout simplement pas se permettre d’en laisser un, parce qu’ils n’auront pas le temps de tout inspecter correctement. Plus Erna réfléchissait aux possibilités et plus elle voyait Alcide lui reparler de cette foutue bagnole qui, pour le coup, leur aurait été bien utile. Ils ne seraient pas posés de questions et auraient déjà commencé à tout charger dedans.
WILDBIRD

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Alcide Keranos
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MessageSujet: Re: Precious Materials   Precious Materials EmptyLun 22 Avr - 18:52



— Des requins, à Europolis ? (J’ai secoué la tête, l’air de dire : ces femmes des montagnes et leur méconnaissance de la mer…) La plupart portent des costards ou des flingues dans les parages, parfois les deux. Et ils ont mieux à bouffer que de la barbaque humaine.

Cadavre de Nuque-brisée à l’épaule, nous avons marché jusqu’au container. Faute d’autres malfrats pour agiter les gambettes d’Erna – et faute d’occupations plus intéressantes –, je me rinçais l’œil avec ce que la flamboyante Valkyrie daignait exposer de sa personne.

Chaîne coupée, coupe-boulon remis dans le sac, je la laissais inspecter le container pendant que mon regard scrutait les alentours. Si d’autres invités se joignaient à notre petite sauterie, ou plutôt notre pillage, autant ne pas leur offrir l’avantage de la surprise sur un plateau.
Erna et moi étions capables d’écraser une bande de gredins au corps à corps, mais les balles de Uzi nous trouaient la peau comme n’importe qui. Il fallait quand même vider un bon chargeur sur nos robustes carcasses pour abattre chacun de nous.

— Quoi ? dis-je lorsqu’elle m’apostropha. T’as trouvé un rubis qui s’accorde à la couleur de tes cheveux ?

Je la charriais pour le plaisir, cependant le ton de sa voix avait quelque chose d’inhabituel.

— Qu’est-ce que tu me chantes avec ton énigme à la con ?

On s’était déjà engueulés sur sa manière de qualifier les pointes d’un trident, arme qui par définition comporte trois dents. Il n’y avait qu’une Surfacienne vivant au milieu des sapins pour les qualifier de branches. Ses foutus arbres à épines, ça servait à confectionner des arcs et des flèches archaïques, pas de solides tridents atlantes. Et à fabriquer des chaises où poser nos culs.

Une ultime vérification à l’avant et à l’arrière de notre position, puis je me suis engouffré dans le container rempli de caisses et cartons.

— Putain de merde.

Erna m’a montré sa trouvaille.
J’ai examiné l’arme sous tous les angles, évalué son équilibre et sa qualité de fabrication. Mon peuple fabriquait et maniait des tridents depuis les temps antiques : il en existait pléthore de modèles dont celui-ci pouvait faire partie. Depuis que la religion chrétienne avait récupéré le symbole pour en faire l’arme du diable, on en trouvait beaucoup dans la culture occidentale.

— Ça ressemble à un trident de l’Atlantide, mais je ne peux pas être catégorique. L’importateur est peut-être quelqu’un de mon peuple. Un collectionneur ou un concurrent pour toi, avec des moyens plus importants et des sources d’approvisionnement plus légales que les nôtres.

Un rictus déforma mes lèvres ; je reposai l’arme dans sa longue caisse.
S’il s’agissait d’un collecteur ou d’un artisan de mon peuple, l’importateur fricotait sans doute avec le sénateur Perdiccas et les autres enculés qui m’avaient conchié six ans plus tôt.

— Il peut se fourrer son trident dans le cul, si ça lui fait plaisir. On le laisse ici, pour ne pas attirer l’attention sur nous. J’essaierai quand même de remonter cette piste ; voir ce qui mord au bout de la ligne. Concentrons-nous sur les métaux précieux, on croira à du trafic ordinaire pour l’électronique, la bijouterie ou d’autres conneries du même genre. D’ailleurs, ça donne quoi ces cartons ?

On va pas pouvoir blabla…
Évidemment, tête de pioche.
Avec Louise et une bagnole, on ne se trouverait pas comme des cons face à des choix cornéliens. Mais nous nous étions mis d’accord ; je devais assumer la situation autant qu’Erna. On s’accrocherait joyeusement la gueule plus tard, au moment du débriefing.

— On est là, on a des sacs vides et deux paires de bras pour les porter. Alors on fait le plein avec ce qui nous tombe d’utile sous la main. Une fois à l’Armurerie, tu feras l’inventaire de ce que tu possèdes et ce qui te manque. Et pour ce qui te manque, on trouvera un autre pigeon à déplumer. Ce qui est sûr, c’est qu’on ne peut pas se permettre de traîner plus longtemps que nécessaire, de slalomer entre les jambes de la pègre locale avec notre butin à transporter. Et fouiller n’empêche pas de nous creuser les méninges à la recherche d’une meilleure solution.

J’ai dégagé un étroit passage au milieu du container, qui me permettait de surveiller l’allée devant nous tout en explorant les paquets adjacents. Puis commencé à crever les emballages avec un couteau.

— Il y a forcément des étiquettes à l’intérieur qui précisent le contenu. Si j’en vois qui t’intéresse, je te fais signe.

Mes compétences ne s’étendaient pas à l’artisanat, encore moins la forge. Je connaissais néanmoins les rudiments en métallurgie des autres peuples à travers les âges. Nous avions par ailleurs suffisamment préparé cette mission pour reconnaître les noms des matériaux qu’elle recherchait.

— Idem si je trouve un rubis de la couleur de tes cheveux, ou une émeraude qui a le vert de tes yeux. Autant allier l’agréable à l’utile, comme disent les Surfaciens qui savent vivre. D’ailleurs, tu fais aussi dans la joaillerie ? Être en mesure de tuer et de nous défendre importe plus que tout le reste, mais avec tes mains en or, tu pourrais aussi perpétuer un peu de l’art de nos peuples.

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≈ La paix est une lutte permanente contre notre nature profonde, une peau dont nous recouvrons les os, les muscles et la chair de notre sauvagerie naturelle. ≈ L’instinct de violence coule dans nos veines comme un parasite, attendant la moindre occasion pour alimenter notre colère et la multiplier jusqu’à ce qu’elle explose. ≈ La guerre est la seule chose que nous comprenons vraiment. ≈
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Carys Beyle
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MessageSujet: Re: Precious Materials   Precious Materials EmptyMer 24 Avr - 19:22



E
rna tomba des nues. Elle regarda Alcide, incrédule. Est-ce qu’ils venaient bien de voir la même chose ? Comment pouvait-il lui dire de le laisser?! Il ne pouvait pas être sérieux et, pourtant, son expression ne laissa pas place au doute. Il était hors de question de laisser cette arme ici ! L’art ancien était précieux. Aussi bonne forgeronne qu’elle était, sa spécialité était l’art valkyrien ainsi que la modernisation et confection d’armes et d’équipements en tout genre. Pas l’art atlante ou amazonien ! Elle les avait étudié, mais étudié et réalisé n’étaient pas la même chose. Erna serait incapable de créer une arme atlante à la perfection. Là, ils avaient l’opportunité d’être en possession d’un de leur trident et Alcide voulait qu’ils passent à côté uniquement pour ne pas attirer l’attention ? Il ne réalisait pas ou il appréciait trop les armes humaines maintenant. Erna grimaça de dégoût. Non. Ce n’était pas possible. Elle ne pouvait pas laisser cette arme ici. Elle embarquerait le trident avec eux que ça lui plaise ou non ! Alors qu’elle scandalisait silencieusement, Alcide continua de parler tout en fouillant l’intérieur de quelques cartons. Ce qui l’irrita un peu plus.

« Ne me dit pas quoi faire. »

Même s’il n’avait pas tort et qu’il ne lui disait rien de mal, elle n’avait pas envie d’entendre ces conseils. Surtout pas après ce qu’il venait de sous-entendre, car c’était ça qui venait de la titiller et de l’agacer. D’où Alcide décidait tout seul de ne pas emmener le trident ? C’était vrai qu’ils n’avaient pas parlé de ce qu’ils ferraient s’ils trouvaient une telle chose, pour la simple et bonne raison qu’ils ne l’avaient pas envisagé. Et ils n’avaient peut-être pas le temps de tergiverser, sauf que dès qu’il s’agissait d’un objet appartenant à son peuple ou aux peuples alliés, il semblait évident à Erna qu’il fallait l’emmener. Elle ne comprenait pas qu’Alcide ait dit non. Elle aurait dit oui sans hésiter et ce fut ce qu’elle décida de faire. Ils étaient partenaires, il n’était en aucun cas son supérieur et elle non plus. Ils n’avaient donc pas à se donner d’ordre, mais puisqu’il lui avait imposé cette décision incompréhensive pour elle et comme pour braver cette autorité qu’il n’avait pas, Erna empoigna le manche du trident pour l’attirer vers elle.

« Mais puisque tu agis ainsi, je vais en faire autant. Lui, il vient avec nous. Tu n’en veux pas, c’est ton problème. Je le prends. Tu n’as pas à t’en soucier, on ne remontra pas jusqu’à nous à cause de sa disparition, car en quelques jours il ne ressemblera plus à ça. De toute façon, il est hors de question que je le laisse à des humains ou à des traîtres. On ne leur laisse pas ces choses là. Ils nous ont déjà bien assez pris. »

Alcide devait pourtant le savoir. En peu de temps, Erna pouvait modifier un objet au point de ne plus le reconnaître ou de ne plus en laisser une seule trace. Soit en récupérant plusieurs pièces pour les réutiliser différemment et dans d’autres objets, soit en le modifiant ou soit en le fondant. Il y avait d’innombrables possibilités. De toute façon, le trident n’irait nulle part ailleurs qu’avec eux. Ceci remit au clair, Erna dépassa Alcide en le frôlant, à cause de l’étroitesse du chemin entre les cartons ; le provoquant et le défiant du regard, le trident dans sa main droite.

A son tour, Erna se mit à fouiller les cartons. Elle retira son sac à dos, récupéra des gants en caoutchouc et les enfila pour ne pas laisser d’empreintes. N’ayant pas prit de couteau dans son sac, Erna utilisa les pointes du trident pour percer les cartons. Pas si simple dans un container si encombré et rempli. Ici, cette arme se révélait plus encombrante qu’autre chose. Il faudrait qu’elle soit plus petite pour pouvoir l’utiliser ici ou pour simplifier le rangement sur soi et pouvoir ainsi le porter n’importe où et n’importe quand sans difficulté et en toute discrétion. Mais si on réduisait la taille du trident, ce dernier n’aurait plus grand intérêt lors d’un combat. Dans ce cas là, pourquoi ne pas conserver cet avantage pour le combat et lui ajouter cet autre avantage pratique ? L’idée germa dans son cerveau : une arme rétractable. En une fraction de secondes, on pourrait soit l’agrandir, soit la rétrécir. En combat, cette astuce pourrait surprendre l’adversaire et être un véritable atout si on maniait correctement et avec agilité cette arme futuriste. Ça pourrait fonctionner pour ce type d’arme. Ou pour une lance ! Trouvant l’idée pas mal du tout, Erna la conserva dans un coin de sa tête tandis qu’elle déposait le trident à côté d’elle –tout en veillant du coin de l’œil qu’Alcide ne le lui piquerait pas pour l’empêcher qu’elle l’emmène avec eux- pour ouvrir bien en grand son sac à dos et y vider le contenu du carton qu’elle venait d’éventrer. Il contenait des puces et des fils électriques. L’électronique était toujours utile, malgré qu’elle n’en manque pas. En revanche, elle cherchait en priorité des fils d’acier et du titane pour créer des fibres céramiques. Ces derniers lui seront utiles pour solidifier ses alliages métalliques vitreux. Un peu de cuivre se serait pas mal également, mais pour le moment Erna n’en avait pas encore trouvé dans ces cartons. Uniquement des cochonneries et une tonne de polystyrène qu’elle s’amusait à jeter négligemment en direction de l’atlante.

« La joaillerie est un art tout à fait à part dont je ne maîtrise pas vraiment le savoir-faire et je doute que des pierres aussi précieuses puissent se trouver dans ce trou à rat, mais on peut avoir de nouvelles surprises. Fait moi signe si tu trouves des diamants, leur résistance est bien plus intéressante pour nous. Mais en termes de pierres, ou devrais-je plutôt dire de roches, l’obsidienne serait l’idéale. »
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Alcide Keranos
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MessageSujet: Re: Precious Materials   Precious Materials EmptySam 27 Avr - 12:12



Quand Erna avait une idée fixe, lui ôter du crâne tenait du miracle. Même s’il s’agissait d’un trident dont j’étais le plus légitime de nous deux à décider l’avenir.
J’ai plissé les yeux, évalué ce que je gagnerais d’une part à m’opposer à elle, ce que je perdrais d’autre part à la soutenir. Pour réussir à la convaincre, je pouvais invoquer le flic qui l’avait recueillie, un point sensible chez elle. En tant que détective privé – même fantoche – les manières de remonter une piste m’étaient familiers. Pas autant que les enquêteurs de chez la flicaille, mais assez pour m’avertir des indices qui attirent l’attention.
Au final, ça ferait beaucoup de blabla pour un foutu trident auquel elle semblait plus attachée que moi. L’arme brillait dans les affrontements sous-marins, mais que je la jugeais peu efficace à la Surface. Aujourd’hui seul le trident de Poséidon et ses putains de pouvoirs divins m’intéressaient.

— OK. Démerde-toi. Sers-t’en comme fourchette ou portemanteaux si ça te chante.

Erna lui trouva aussitôt une utilité qui me fit secouer la tête avec dédain. Une forgeronne, réduite à ouvrir des cartons avec la pointe d’un trident ? Comme disent les Humains : « Les cordonniers sont les plus mal chaussés. »

Je lui aurais bien confié ma deuxième lame – on ne m’appelait pas l’Espadon sans motif – si cette foutue rousse ne s’amusait pas à balancer des plastiques et particules de calage dans ma direction.

— Putain, Erna, quand tu mets la gueule dans un carton, on dirait une chienne qui boit dans sa gamelle.

J’aurais préféré qu’elle se montre chienne sous d’autres rapports, mais passer son temps à éprouver mes nerfs était probablement sa manière à elle de me témoigner un semblant d’affection. Ou alors je me trompais et Erna n’était qu’une foutue chieuse à plein temps.
L’idée de plonger la lame de mon couteau à travers la paume de sa main m’a traversé l’esprit, mais une alliée comme elle valait bien quelques miettes de polystyrène dans les cheveux.

Mes flatteries sur la qualité de son artisanat, ses cheveux et ses yeux semblables à des pierres précieuses firent chou blanc. J’en poussai un soupir. Apparemment, seuls le métal et la roche enthousiasmaient cette Valkyrie au cœur de glace.

Puisque la joaillerie ne l’intéressait pas, je récoltai en silence un sachet contenant onyx, cornaline, aigues-marines, jaspes et autres pierres semi-précieuses. Ce n’était pas la prise du siècle, mais ça justifiait au moins le déplacement.
Mon regard s’illumina en crevant un lourd paquet rempli de roches diverses, dont certaines de couleur noire.

— Cristaux de tourmaline, lisais-je sur l’étiquette, avec aussi de la noire.

Moins rare et précieuse que l’obsidienne, la tourmaline noire représentait toutefois un substitut convenable.

J’ai glissé le tout dans un sac, levé machinalement les yeux.

— Merde.

Trois silhouettes arrêtées à une cinquantaine de mètres, au bout de l’allée. De chaque côté du croisement en T grossissait le faisceau d’une lampe torche.

J’ai jeté un plastique opaque sur le cadavre de Nuque-brisée, puis me suis redressé sans geste brusque, une poignée de cailloux quelconques en main. Tournant le dos aux nouveaux arrivants, j’ai rejoint Erna qui fouillait une palette, sa longue chevelure rousse pendant au-dessus d’un emballage.
L’espace où nous nous trouvions faisait caisse de résonnance et à cause de l’éclairage, on voyait chacun de nos gestes comme en plein jour. Je ne pouvais donc ni parler fort, ni faire de gestes explicites.
Ou contraire, je pouvais hurler et faire des gestes très explicites afin d’induire nos visiteurs en erreur.

— Embrasse-moi, ma chérie ! On va être riches avec ce pactole !

Sans attendre une réponse de sa part, j’ai jeté les cailloux sous ses yeux ; glissé un bras autour de sa taille, un autre dans son dos. Tête penchée sur le côté, je lui embrassai le cou avec fougue.

— Regarde par-dessus mon épaule, lui murmurai-je à l’oreille. Trois gus, bientôt cinq. On va faire semblant de vouloir s’envoyer en l’air et fermer la porte.

Je dissimulais un flingue sous mon manteau, au cas où. Mais nous étions piégés comme des rats et pas de taille à affronter cinq fils de putes armés dans une fusillade.
Nous pourrions certainement prendre la fuite au prix d’une bastos ou deux chacun, mais alors nous aurions pris tous ces risques pour rien. Je n’aimais pas rentrer bredouille, en outre miss Valkyrie ne voudrait pas repartir sans son foutu trident. Elle allait devoir le mériter – je souriais intérieurement de ma vengeance.

Il ne fallait pas que les canailles s’imaginent qu’on ait remarqué leur présence. J’ai donc entraîné Erna à reculons, serrée contre moi, en cherchant frénétiquement ses lèvres. Glissé mes mains sur ses gambettes à présent accessibles, fermes à souhait ; sur ses hanches et l’arrière de ses hanches.
Elle devait bouillir de faire payer mon audace au centuple. Ou d’aller plus loin, si j’avais réussi à atteindre le feu couvant sous la banquise. Mais j’étais un Keranos, pas le genre d’homme qui pisse dans son froc face à une créature capable de vous briser la nuque entre ses doigts.

J’ai dégagé un bras tout en continuant à la couvrir de baisers fougueux, visage auréolé de sa flamboyante chevelure en pagaille. Refermé maladroitement l’ouverture du container.

Fin du spectacle.
Trop bref à mon goût, mais la suite s’annonçait aussi excitante.

Je lui ai épargné mon sourire triomphant, mais elle n’a pas échappé à une dernière tape sur les fesses.
Afin de la mettre en rogne, évidemment, au point que j’éprouvais un zeste de pitié pour les malheureux qui lui serviraient d’exutoire.

— Prends ça, tes gambettes ne suffiront peut-être pas face à cinq adversaires. (J’ai tendu mon grand couteau de l’armée à Erna.) On dirait que ta petite trouvaille va nous être utile, finalement.

Si notre petit numéro les avait impressionnés (je n’avais pas ménagé mes efforts, pour ma part), les cinq trous du cul avaient dû mater le spectacle à distance en se touchant les boules, nous laissant un délai supplémentaire pour nous préparer.

J’ai fait quelques pas vers l’arrière du container, saisi le trident à son point d’équilibre et l’ai fait tournoyer entre mes doigts. Combien de créatures marines avais-je embrochées avec cette arme ? Combien de poitrines de gladiateurs avais-je perforées de ses dents pointues ? Jamais le trident ne fut mon arme de prédilection, mais je le maniais assez bien pour crever les deux yeux d’un type en un coup – et lui en ouvrir un troisième au milieu.

— On en laisse deux franchir la porte, puis on repeint la paroi du container avec leur sang. Ça te va comme plan ?

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≈ La paix est une lutte permanente contre notre nature profonde, une peau dont nous recouvrons les os, les muscles et la chair de notre sauvagerie naturelle. ≈ L’instinct de violence coule dans nos veines comme un parasite, attendant la moindre occasion pour alimenter notre colère et la multiplier jusqu’à ce qu’elle explose. ≈ La guerre est la seule chose que nous comprenons vraiment. ≈
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